La Muse Rouge … Véronique De Haas

Ce roman policier historique nous entraine dans la France d’entre deux guerres. 

Une plongée dans les bas fond de Paris, la misère, les grèves, la prostitutionle meurtre, les règlements de compte se succèdent !! 

Une analyse juste et réaliste de la corruption, de l’envie de grandeur pour les nantis, de la misère pour le peuple, de la politique chaotique de l’époque. 

Un roman extrêmement bien documenté où l’autrice y aborde des thèmes forts tels que le colonialisme.

Des descriptions de lieux et de situations extraordinairement bien retranscrites. Une immersion totale ! 

Une intrigue où chaque détails comptent ! Un puzzle où l’autrice, sans nous tenir la main ne nous perd pourtant jamais. 

Une écriture harmonieuse et précise ! Quel plaisir ! 

Une petite pensée pour « Les mystères de Paris » d’Eugène Sue.

Un roman distrayant, envoutant et culturel ! 

Conquise

« Elle était si jolie, Gabie, si gaie. Pierrot se contentait de ses sourires et sentait son cœur battre plus vite chaque fois qu’il la croisait. Cependant, sa mort horrible donnait tout à coup à ses pratiques des relents de mystère. Contrairement à ses habitudes, Pierrot n’avait rejoint sa planque que plus tard dans l’après-midi. Son repaire se trouvait à l’extrémité de la voie des Fêtes, un tunnel de métro construit avant la guerre pour relier la porte des Lilas et le Pré-Saint-Gervais. Mais l’aménagement de la ligne était resté inachevé. Pierrot avait investi les lieux. »

« Pierrot reprit le refrain à tue-tête en abordant la rue des Chaufourniers. Rasséréné par le chant, il sautait d’un pied dur l’autre avec entrain. Son oeil saisit, sans y prêter attention, une inquiétante silhouette qui se faufilait prestement, mais il ne vit pas la masse à ses pieds, dans laquelle il buta au point de perdre l’équilibre er de se retrouver cul par terre. » … « D’une main anxieuse, il tâta à l’aveuglette et sentit sur ses doigts une substance poisseuse qu’il testa du bout de la langue. C’était du sang ! Après un examen plus précis, Pierrot dut se rendre à l’évidence : à ses pieds s’étalait un cadavre de femme, un corps déchiqueté, criblé de coups de couteau. Le garçon, tremblant de peur et de dégoût, écarta les cheveux qui masquaient le visage de la malheureuse : Gabie ! L’insoumise et la rebelle. »

« Il essuya sa main pleine de sang sur sa culotte, jeta un dernier regard sur le corps sans vie et partit au pas de charge en direction de la place du Combat. Dans sa précipitation, il ne vit pas l’ombre menaçante émerger d’un obscur renfoncement se glisser furtivement … »

« La peur, tapie au fond de la conscience, au fond du cœur et au fond du ventre, tyran grimaçant et sordide, la peur qui tord les boyaux, à toute heure de la nuit ou du jour, à chaque coup frappé à la porte,, à chaque missive déposée sur le seuil, cette peur, désormais impuissante… »

« La ville grouillait d’espions, de comploteurs, de partisans, de conjurés, qui menaçaient l’ordre public. L’ordre public ne souhaitait pas se salir les mains, travaillait haut et fort à rétablir la prospérité, l’entente entre les peuples et l’harmonie sociale, mais, en sous-main, l’ordre public avait besoin de lui, le spadassin, le tueur à gages, quelqu’un qui ne s’embarrassait pas de scrupules et qui ne posait pas de questions. »

« Tout individu qui commet un crime laisse derrière lui les traces de son passage. De même il emporte avec lui un ou plusieurs indices – si infimes soient ils – provenant de l’endroit en question.

Les transferts d’indices se font dans les deux sens. Donc, il y a toujours quelque chose à chercher et à trouver. La seule limite c’est le manque de perspicacité de celui qui cherche. »

« La misère est toujours effrayante. On peut se réjouir de ne pas la connaître, mais on peut aussi prendre conscience qu’elle est tapie partout, et que n’importe qui peut y sombrer, à n’importe quel moment de sa vie. On n’est jamais à l’abri du malheur, Max, jamais à l’abri d’une perte totale du contrôle de sa vie. C’est peut-être ça qui est le plus effrayant. Être conscient de ça. »

Genre : Roman policier historique

Edition : Fayard

Publié en 2022

Couverture : Le Petit Atelier / Motif : Collection Kharbine Tapabor

Le Prix du Quai des Orfèvres a été décerné sur manuscrit anonyme par un jury présidé par monsieur Christian Sainte, Directeur de la Police judiciaire, au 36, rue du Bastion. Il est proclamé par M.le préfet de Police. Novembre 2021

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