Tragique Escapade … William H.Appleton

Les premiers chapitres … l’auteur nous présente les personnages ! Un Curriculum vitae détaillé et efficace !
Puis on plonge avec curiosité dans l’univers des « gentlemens drivers« , de leurs voitures de collection belles et rutilantes
Jaguar MK II … Rolls Royce Silver Cloud … Citroen SM Maserati … cabriolet Peugeot 403 … Austin Healey … Panhard … Triumph GT …

Un roman policier mais aussi Une balade historiquetouristiqueculinaire et culturelle riche en découvertes …
Un récit avec quelques pointes d’humour … ponctué de blagues « savoureuses » …

Une écriture agréable et « juste » …
Une ambiance à la « Agatha Christie » … petite pensée pour les « Dix petits nègres » … meurtre en « huis clos »

Un rythme tranquille … le flegme britannique est de rigueur … néanmoins les meurtres se succèdent …
un « malaise » à table !! Ou Un empoissonnement ?? un « accident » de voiture !! Ou un sabotage ?? une disparition !! ou un meurtre ??
Le suspect fait-il partie de ces « gentlemens drivers » ??

On y découvre Le Normandy Rétro Show … belle escapade automobile … avec en prime une visite de notre somptueuse NormandieDieppe … Veules Les Roses … Etretat … La Havre … Honfleur … Deauville … Trouville ...
Ainsi que de belles rencontres au fil des pages … Hector Malot … Maurice Leblanc … Alexandre Dumas … Marcel Proust … Marguerite Duras
et puis ces trois chinois qui déambulent au fil des pages ??

Un roman … un policier … un « guide touristique » à découvrir avec son ambiance « So British » …

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p 30 « Exceptionnel pour un citoyen de Sa Gracieuse Majesté de voyager à bord d’un ferry français, mais Edward est très francophile, comme son père d’ailleurs.
– Edward, tu vois pour moi le paradis sur terre ce serait la France, le plus beau pays du monde lui avait dit un jour Sir Jack mais bien entendu peuplé par des britanniques s’était-il empressé d’ajouter. »

p 36 « Le monastère carolingien de Jumièges comme l’abbaye Saint Wandrille a subi les pillages des Vikings et au cours de l’histoire bien d’autres ravages. Cependant, l’abbaye de Jumièges n’a pas eu la chance
de sa voisine car aucune congrégation religieuse n’est revenue dans ses lieux. Ainsi que l’a écrit l’historien Robert de Lasteyrie « l’abbaye de Jumièges reste une des plus admirables ruines qui soient en France. »

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p 38 « Qui connait encore Hector Malot, cet écrivain né à La Bouille le vingt mai mille huit cent trente ?
Et pourtant, il est l’auteur d’un roman paru en mille huit cent soixante-dix-huit, primé par l’Académie française et traduit dans le monde entier.
Quel enfant, quel adulte encore aujourd’hui n’a ressenti de telles émotions en lisant « Sans famille« , les aventure de Rémi le petit garçon abandonné accompagnant sur les chemins de France et d’Angleterre Vitalis son père adoptif et ses
inséparables compagnons le chien savant Capi et le petit singe Joli-coeur. »
… -Voulez-vous souligner qu’au cours de ses soixante romans, votre grand-père a réalisé une véritable photographie de la société française ?
– Absolument lui répond Agnès. Savez-vous qu’il a été le premier auteur à écrire sur les conditions de travail dans les mines ? Dans « Baccarat », il décrit les premiers pas de la révolution industrielle en contant l’histoire d’un industriel du drap à Elbeuf.
– Non qu’il soit financièrement anticlérical, il n’en dénonce pas moins certaines attitudes du clergé ajoute t-elle et il n’oublie pas non plus, dans ses écrits, les malheurs de la guerre de mille huit cent soixante-dix. » …
« -Mon grand-père eut le malchance de se révéler entre Balzac et Zola, deux génies qui ont involontairement fait un grand tord à son talent. »

p 51 « Rouen, le ville aux cents clochers ; l’abbatiale Saint-Ouen, majestueuse et légère avec sa grande tour surmontée de sa célèbre couronne sculptée en dentelles de pierre; Saint-Maclou, de style gothique fleuri que l’on appelait autrefois
« la fille de l’Archevêque »; les églises Saint-Romain, Saint-Joseph, Saint Paul, Saint Hilaire et combien d’autres lieux magnifiques. » …
« –Eh bien Guillaume, la cathédrale de Rouen, c’est bien mais l’abbaye de Westminster, c’est pas mal non plus ironise Edward. »
« -Allez, je termine ma petite leçon d’histoire. Tu vois, la façade principale de la cathédrale est entourée de deux tours. A gauche, la Tour Saint-Romain terminée en mille quatre cent soixante-sept, à droite l’élégante Tour de Beurre construite
de mille quatre cent quatre-vingt-cinq à mille cinq cent sept.
Why the Butter Tower ?
– Parce que celle-ci fut bâtie avec l’argent versé par les bourgeois rouennais à l’Archevêché pour obtenir le privilège de manger du beurre et des aliments gras pendant le Carême alors que cela était interdit. »

p 78 « Une escapade rétro, c’est un cocktail composé d’une très grande dose de bonne humeur, d’une grande dose de gastronomie et d’une dose normale de culture, le tout secoué dans un shaker en chrome étincelant. »

p 87 « Gérard se lève et essaie de prendre son air le plus sérieux :
– En traversant un village enneigé, une Rolls Royce dérape, heurte un mur et se trouve sérieusement endommagée. Le conducteur sort furieux :
Zut !!! Un mois de salaire envolé !
– En attendant les secours, il assiste à l’accident identique d’une Porsche dont le conducteur, en sortant du véhicule, s’exclame :
Flûte !!! Trois mois de salaire envolés !
Soudain, les deux accidentés voient arriver une Simca 1000 qui, n’arrivant pas à freiner, heurte la Rolls et s’écrase sur la Porsche. Le conducteur en sort hébété et gémit :
Merde !!! Deux ans de salaire envolés !!!
Les deux autres se regardent et commentent :
Il faut vraiment être fou pour acheter une voiture aussi chère !!!
Applaudissements pour Gérard !!! « 

p 90 « Charles Henri ne relève pas la tête et reste immergé dans le récipient.
Caroline Roquebrune qui est médecin à tout de suite senti qu’il se passait quelque chose d’anormal. Elle se lève précipitamment et se dirige vers Charles Henri pour lui retirer la tête de la marmite. Ce dernier a les yeux révulsés et vitreux et respire
très difficilement. »

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p 136 « Les vieilles dames quittent Honfleur en direction de Trouville et s’engagent sur la petite route départementale ombragée et vallonnée. Celle-ci longe un moment la pointe de l’estuaire de la Seine puis
oblique vers le Sud-ouest en suivant la Côte Fleurie.
Balade agréable, douceur de vivre, vitesse tranquille qui permet de découvrir au détour d’un virage, à l’intersection d’un chemin creux ces magnifiques chaumières aux faits plantés d’iris. »
… »C’est certain, Blanche Neige doit habiter ici. Mais dans laquelle de ces belles chaumières ? »

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Édition : WHA

Genre : Policier

Publié en 2015

Photo couverture : Nicole Perrimond

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Le charme des après-midi sans fin … Dany Laferrière

Un roman … une autobiographie avec un charme fou …
Une écriture toute en poésie … on se laisse bercer par les mots … et ces petites histoires au quotidien … un rythme qui apaise

On y découvre « Vieux Os » (surnom de l’auteur) arpentant Petit Goâve … la vie presque tranquille de cette petite ville d‘Haïti ou il y a grandit …
Ses moments forts et émouvants avec Da … belle déclaration d’amour et de tendresse à sa grand-mère …
Ses souvenirs avec Frantz et Rico ses deux amis d’enfance … ses premiers émois amoureux pour Vava …
Ses rencontres et ses « questionnements d’adultes » … avec Da et le notaire Loné …

Les jeux qui ponctuent les journées … Le coiffeur et ses concours d’échec  en « concurrence » avec l’épicier et ses dominos

Ce roman est un vrai moment de plaisir .… Une évasion exotique … et tendre
Il y a très longtemps que je souhaitais découvrir Dany Laferrière et j’ai maintenant très envie de retrouver ses autres romans …

Un Hymne à l’Amour … Exotique et Solaire …

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p 70 « La question c’est ; pourquoi faut-il que je quitte mon lit ? Pourquoi n’utilise-t-on pas le
sommeil pour apprendre les choses ? Nous pourrions nous réveiller le matin en sachant sur le bout des doigts le fameux chapitre de grammaire sur
la concordance des temps. Non, je retire ce que je viens de dire. Je ne veux pas qu’on touche à mon sommeil. C’est mon bien le plus précieux. Mon dernier refuge. Personne n’a le droit de pénétrer dans mes rêves.
Tiens, pourquoi le professeur ne vient-il pas nous faire la classe dans notre chambre ? Le docteur vient bien nous voir à la maison. Pourquoi le professeur ne le fait-il pas ? Da va me lancer ; « Espèce de flanc mou (c’est
son insulte favorite), tu inventeras n’importe quoi pour rester au lit. »

p 130 « On marche, un moment, en silence. Le notaire est dans sa tête. Je suis dans la mienne.
– Je sais à quoi tu penses, dit le notaire quand nous arrivons près de l’hôpital.
Je ne dis rien.
– Tu penses à ce que vient de te dire Josaphat ou, si tu veux, Nèg-Feuilles, que tu seras quelqu’un un jour … C’est à ce que tu penses, n’est-ce pas ?
– On me l’avait déjà dit … La vieille Nozéa me l’avait dit, un jour de pluie.
– Eh bien, dit le notaire sur un ton ferme, retire-toi ça de la tête, il ne t’arrivera que ce que tu voudras qu’il t’arrive.
– Comment ça ? dis-je, en relevant la tête vers le notaire.
– Pire que ça, mon ami, dit le notaire en me caressant la tête, personne ne change. Tu es déjà ce que tu seras. »

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p 139 « La seule chose qui me gêne, dis-je en baissant la voix, c’est la façon dont Madame Hermione s’adresse à sa filleule.
– C’est comme ça dans ce pays, mon garçon… Si vous faites des remontrances à quelqu’un,
il trouvera toujours un plus faible que lui pour lui rendre la pareille, et lui aussi trouvera un bien plus faible encore, et ainsi de suite, jusqu’au dernier qui donnera un coup de pied au chien… »

p 153 « On apprend beaucoup sur les gens, rien qu’à les regarder jouer. D’une certaine façon, Pierre-Louis avait raison quant à ma nature profonde. J’aime observer les gens. »

p 155 « Deux yeux me fixent dans la pénombre. Un petit corps d’enfant recroquevillé sur lui-même.
– C’est mon arrière-arrière-grand-mère, dit-elle comme si elle me révélait un trésor caché.
Elle est complètement décharnée. C’est la première fois que je vois quelqu’un de si vieux. Elle n’a que les os et la peau. Une vieille peau toute ridée.
– Elle est dans cette pièce, depuis ma naissance, et même avant … Elle a plus de cent ans. Elle dit que Dieu l’a oubliée sur terre.« 

 

 

p 171 « Da reste assise sur sa chaise de Jacmel (sa préférée), près du feu. Elle a l’air endormie comme ça, mais je sais qu’elle réfléchit. De temps en temps, je l’entends marmonner quelque chose je ne parviens pas à déchiffrer.
Je voudrais avoir des dents dans mes oreilles pour pouvoir mastiquer calmement ce qu’elle dit. » …
« Je passe mon temps à regarder Da. J’aime la regarder. Son visage, complètement fermé. Les lèvres serrées. Des milliers de rides. Les rides en se croisant forment des lettres de l’alphabet ; des F, des Z, des H,
des X, des Y, des T, des I, des L et des K, mais rarement des M, des G ou des Q. Il y a aussi des W, et même un O. »

p 229 « Le gouvernement avait interdit aux gens de donner à leurs enfants toutes sortes de noms à coucher dehors. La plupart du temps, des noms qu’ils ont créés eux-mêmes à partir des évènements de la vie quotidienne.
Par exemple : si l’enfant est né au bord du chemin, on l’appellera Chimin. Si la famille attendait un garçon, cette fois, et qu’il est arrivé une autre fille, ce sera Asséfi. »

Édition : Le Serpent à plumes

Genre : Roman, autobiographie

Publié en 1998

Illustration de couverture : Karen Petrossian, avec Olivier Mazaud et Bernard Perchet

 

La Déferlante … Francine Godin-Savary

Difficile, dès les premières pages … de se plonger dans l’histoire !!
L’auteure plante le décors mais la narration est un peu confuse … beaucoup de personnages qui nous perdent un peu !! Il faut relire certains passages …

Puis les choses s’accélèrent … les évènements se succèdent … encore quelques moments confus mais on plonge néanmoins avec plaisir
dans cette belle épopée familiale.
Les années vingt, trente, quarante, les deux guerres … le retour des soldats blessés et meurtris … puis ceux qui ne reviendront pas, il faut apprendre à vivre sans eux !!
Deux générations qui vont « s’affronter » au fil des pages … au fil du temps …

Tout d’abord 1918, Le château de Warcliffe en Angleterre … où la vie reprend son cours … presque tranquille … après le retour du patriarche Peter !! Puis l’arrivée de Mark, jeune orphelin,
qui va perturber malgré lui la vie enfantine et « naïve » de Paul
Mark découvre au contact de Paul son attirance pour les garçons !!
Puis il y a les jumelles Fanny et Florence … petites sœurs de Mark qui vont à leur manière bouleverser le destin … la vie … de plusieurs personnes !

L’auteure nous propose une belle balade en Angleterre … en Suisse Allemande … en France …
Une écriture dynamique … un rythme agréable …

Une belle « analyse » sur l’homosexualité … sur le « non choix » … sur l’acceptation malgré tout …
Une réalité qui peut être difficile à accepter en ce début de siècle …

Un premier roman … une belle épopée familiale … nimbée d’une note d’érotisme … un bon moment de lecture … malgré une « faiblesse » dans la narration …
Un dénouement très inattendu …

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p 22 « Ce soir là, alors qu’ils se trouvaient dans leur chambre, Peter raconta le goûter à sa femme qui s’était absentée pour une visite de charité avec Laura. …
– Je pense qu’il est « spécial« , conclut-il avec une grimace de dégoût. Rosa pâlit.
– Déjà ? Il est si petit. Six ans et demi. Comment cela se fait il ?
Elle murmura, après quelques secondes de silence.
– On dit que ce sont des garçons élevés dans une atmosphère totalement féminine … Mais il a été en contact avec Tony jusqu’à ses quatre ans.
– Je ne sais pas et je m’en contrefiche ! Demain, j’écris au Ministère des armées. Je ne veux pas qu’il pourrisse Paul !
Je veux des petits fils ! »

p 5 « Octobre 1918 : Château de Warcliffe.
Le clair de lune filtrait à travers les persiennes. Il devait être tard mais Paul ne dormait toujours pas. Il pensait aux événements de la journée.
A son réveil, sa Nanny Nora lui avait annoncé que cette journée serait exceptionnelle. Il ne comprenait pas trop, à trois ans, le sens de ce mot et avait écouté les explications de Nora tandis qu’elle lui donnait son bain.
– Cet après midi, tes parents vont aller à Trawnington. …
– Ils vont à Trawington parce qu’ils vont te ramener un frère.
Paul avait levé ses grands yeux vers elle. Un frère ? Il avait senti une bouffée de joie le submerger.
Un frère ! Quelqu’un pour jouer avec lui.
Sa sœur Laura avait sept ans et Paul la trouvait déjà vieille….
Il faudra l’aimer de tout ton cœur, Mon petit soleil, car c’est un enfant du malheur. Paul avait promis bien qu’il ne comprenne pas le sens complet de la phrase de Nora. »

 

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« Il faudra l’aimer de tout ton cœur, Mon petit soleil, car c’est un enfant du malheur »

p 69 « Début janvier 1930, Mark fit la connaissance de Pierre par l’intermédiaire de Karl. Pierre était un jeune touriste français, à peine plus âgé que Mark. Il lui apprit qu’il avait été, occasionnellement, l’amant de Karl, Mark en fut offusqué. Mais il se promit de ne rien dire à Jérôme.
Pierre lui fit l’amour avec délicatesse, murmurant des mots tendres, l’embrassant sur tout le corps, caressant la moindre parcelle de peau. Quand il le pénétra, Mark se sentit chavirer, des larmes de bonheur dans les yeux. Ainsi, c’était cela toucher le ciel. »

p 133 « Mark leva les paupières et le regarda. Comme s’il doutait. Comme s’il avait encore du mal à croire.
Je suis prêt, dit Paul en repoussant les draps.
– Enfin, murmura Mark.
Le renversant, il se mit à parsemer son visage, son torse,de centaines de petits baisers. Il embrassait et caressait son visage, ses épaules, son torse, son ventre, sans descendre plus bas, jusqu’à ce que Paul, affolé par ce qu’il ressentait, le supplie.
Il le voulait. Il le désirait. Oui ! Il était prêt. Corps et âme.
– Merci ! murmura Mark.
Doucement, il le renversa sous lui continuant à le caresser.
– Tu es vraiment prêt Amour ? demanda Mark alors que ses doigts frôlaient le sexe de Paul, ses testicules puis de l’autre coté, s’aventurant plus avant … »

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p 183 « Peter avait bien été bouleversé d’apprendre la nouvelle. Mais une tentative de suicide devait se taire.
Dès son petit déjeuner terminé, il s’habilla, avec l’aide de James Callaghan, et sonna John Becker pour qu’il sorte la Rolls. Comme tous les matins il allait inspecter ses métairies.
Il n’avait pas l’intention de changer d’un iota sa façon de faire.
A 10h tous les jours, sauf le dimanche, c’était l’heure de l’office religieux, Peter allait chez ses métayers et le fait que son fils soit hospitalisé ne changeait rien à l’affaire. De plus avec ce satané orage de grêle.
Mac Henzie était rentré du mariage en Écosse. …
– Comment va Monsieur Paul ?
Comment pouvait-il savoir ?
– Je l’ai sorti de l’eau. Si c’est pas malheureux. Un chagrin d’amour !
Peter pâlit. Cooper avait-il lu la lettre ? La déferlante de boue approchait dangereusement. »

Édition : Le livre Actualité

Genre : Roman

Publié en 2016

Couverture : Réalisé par les Sentiers du Livre Editions

Dans le jardin de l’ogre … Leïla Slimani

Un roman … Un cri de désespoir … de frustrationd’ennuis !! Un roman sur l’addiction sexuelle où on y découvre l’enfer et l’envers du décors !!
Une fuite en avant … éperdue et destructrice … toujours à la recherche de LA sensation !!
Des envies en partie assouvies mais non réparatrices !! Une vie faite d’obsessionsd’angoisses

Adéle LE personnage central … une maman maladroite … une épouse fuyante et une envie de plaire qui la consume …Une insatisfaction permanente qui la ronge
Les conquêtes … les rendez vous se succèdent avec une éternelle répétition.
L’histoire d’une femme .. mais aussi d’un couple plongé dans la tourmente !! Un couple qui se perd ..

Des chapitres courts qui donnent du rythme …et de l’intensité !!
Une écriture fluide agréable incisive et pleine de sensibilité !!

Une roman « suintant » le désespoir !!
Saura-t-elle dompter ses démons ? Son mari saura t-il la délivrer de ses obsessions ??
Un roman fort … percutant et touchant sur l’addiction sexuelle

Ce roman m’a « réconcilié » avec Leila Slimani ... je n’avais pas vraiment aimé « Une chanson douce » !!

« Elle comprit très vite que le désir n’avait pas d’importance. Elle n’avait pas envie des hommes qu’elle approchait. Ce n’était pas à la chair qu’elle aspirait, mais à la situation. Être prise. Observer le masque des hommes qui jouissent. Se remplir. Goûter une salive.
Mimer l’orgasme épileptique, la jouissance lascive, le plaisir animal. »

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p 13 « Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Adèle a été sage. … Mais cette nuit, elle en a rêvé et n’a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s’est introduit en elle comme un souffle d’air chaud. Adèle ne peut plus penser qu’à ça. …
Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. … dès qu’elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n’être qu’un objet au milieu d’une horde, être dévorée, sucée, avalée
toute entière. Qu’on lui pince les seins, qu’on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l’ogre.« 

p 32 « Ils l’ont vu tapiner derrière le bar avec le jeune garçon. Ils l’ont vu et ne la jugent pas. C’est bien pire. Ils vont croire à présent qu’une complicité est possible, que la familiarité est de mise. Ils vont vouloir en rire avec elle.
Les hommes vont croire qu’elle est coquine, leste, facile. Les femmes la traiteront de prédatrice, les plus indulgentes diront qu’elle est fragile. Ils auront tous tort.« 

p 39 « Adèle a fait un enfant pour la même raison qu’elle s’est mariée. Pour appartenir au monde et se protéger de toute différence avec les autres. En devenant épouse et mère, elle s’est nimbée d’une aura de respectabilité que personne ne peut lui enlever. Elle s’est construit un
refuge pour les soirs d’angoisse et un repli confortable pour les jours de débauche.

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« Il lui a imaginé une nouvelle vie, où elle serait tenue à l’abri d’elle-même et de ses pulsions. Une vie faite de contraintes et d’habitudes. » une maison en province …

p 66 « Ce soir, elle n’arrive pas à exister. Personne ne la voit, personne ne l’écoute. Elle n’essaie même pas de chasser les flashs qui lui déchirent l’esprit, qui lui brûlent les paupières. Elle agite sa jambe sous la table. Elle a envie d’être nue, que quelqu’un lui touche les seins.
Elle voudrait sentir une bouche contre la sienne, palper une présence silencieuse, animale. Elle n’aspire qu’à être voulue. »

p 73 « Adèle a ressenti pour la première fois ce mélange de peur et d’envie, de dégoût et d’émoi érotique. Ce désir sale de savoir ce qu’il se passait derrière les portes des hôtels de passe, au fond des cours d’immeuble, sur les fauteuils du cinéma Atlas, dans l’arrière-salle
des sex-shops dont les néons roses et bleus trouaient le crépuscule. Elle n’a jamais retrouvé, ni dans les bras des hommes, ni dans les promenades qu’elle a faites des années plus tard sur ce même boulevard, ce sentiment magique de toucher du doigt le vil
et l’obscène, la perversion bourgeoise et la misère humaine. »

« Adèle est déjà nue. Elle lui griffe le cou, lui tire les cheveux. Il se moque et s’excite. Il la pousse violemment, la gifle. Elle saisit son sexe et se pénètre. Debout contre le mur, elle le sent entrer en elle. L’angoisse se dissout. Elle retrouve ses sensations. Son âme
pèse moins lourd, son esprit se vide. Elle agrippe les fesses d’Adam, imprime au corps de l’homme des mouvements vifs, violents, de plus en plus rapides. Elle essaie d’arriver quelque part, elle est prise d’une rage infernale.
« Plus fort, plus fort », se met-elle à crier. »

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p 207 « Nue, allongée contre le cadavre, elle caresse sa peau, elle le serre contre elle. Elle pose des baisers sur ses paupières et sur ses joues creusées. Elle songe à la pudeur de son père, à son horreur absolue de la nudité, la sienne, celle des autres. Couché là,
mort, à sa merci, il ne pourra plus opposer aucune résistance à sa curiosité obscène. Elle se penche au-dessus de lui et lentement, elle dénoue le linceul. »

« Elle ne sait pas ce qui fait plaisir à Richard (son mari) . Ce qui lui fait du bien. Elle ne l’a jamais su. Leurs étreintes ignorent toute subtilité. Les années n’ont pas amené plus de complicité, elles n’ont pas émoussé la pudeur. Les gestes sont précis, mécaniques.
Droit au but. Elle n’ose pas prendre son temps. Elle n’ose pas demander. Comme si la frustration risquait d’être si violente qu’elle pourrait l’étrangler.
Leurs corps n’ont rien à se dire. Ils n’ont jamais eu l’un pour l’autre d’attirance ni même de tendresse, et d’une certaine façon cette absence de complicité charnelle les rassure. »

« Les gens insatisfaits détruisent tout autour d’eux. »
« A chaque saison, à chaque anniversaire, à chaque événement de sa vie correspond un amant au visage flou. »

 

Édition : Folio-Gallimard

Genre : Roman

Publié en 2014

 

Ange Galli « Le dernier Requiem pour les morts » … Gilles Leclerc

Et voilà je me suis fait avoir !! Je me suis installée confortablement, m’attendant à retrouver et à savourer la belle plume tout en poësie de Gilles Leclerc
découverte dans Gabriel d’Esneval « Le perce-coeur » son précédent roman … et là surprise !!
Je me retrouve dans une ambiance qui dézingue à tout va !! Une plongée dans un monde « salasso-sexo-humoristico-polardo étrange »

Une enquête menée tambour battant où les victimes « s’entassent » au fil des pages …
Une visite de Toulouse sous de sombres auspices … la ville rose devient rouge sang !! Des règlements de compte … de l’espionnage … des complots …
Des personnages atypiqueshauts en couleur !!
Ange Galli commandant de la police criminelle, efficace… perspicace … sarcastique … forte tête … confiant et sûre de lui …
Guillaume Wisorski fidèle ami et collègue avec son franc-parler bien caustique
La belle Véronica Bonomellicantatrice et peut être tentatrice

Un polar où les gros bras s’affrontent … ponctué de dialogues percutants … forts … incisifs … frappants !! un rythme effréné qui captive …
Une plongée dans la guerre des polices … des services .. la SRPJ de Toulouse … le quai d’orsay .. la DCRI …

Malgré tout on retrouve par moments cette belle plume … et quelques moments de sensualité qui apaisent un peu. Une pause que l’on savoure avant que ne sonne « Le dernier Requiem pour les morts » !!

Enfin un dénouement assez inattendu … où les secrets se cachent là où on ne les attend pas !!!
Un polar tumultueux … un brin masculin !!!

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p 7 « Une lune floue perce l’épaisseur de l’océan laiteux au-dessus de la bonne vieille ville de Toulouse. Le temps s’est calmé, le vent est tombé, il a cessé de sculpter cette inimaginable grisaile.
La neige aussi s’est arrêtée de tomber. Elle a rendu fantomatique tout ce qu’elle a recouvert. La fureur de la tempête de ces derniers jours a déversé d’épais flocons qui se sont accumulés formant un linceul immaculé
sous lequel semble dormir la ville. »

p 11 « Cependant, avant de recevoir l’injection, et que devant ses yeux le rideau noir ne tombe, la victime ressent fortement cette sensation d’être coincée, impuissante, dans une zone intermédiaire entre l’éprouvant
et l’éprouvé, entre la vie et la mort. Elle entend des voix déformées comme un vieux trente-trois tours qui tourne à l’envers, des voix qui l’appellent et qui lui parlent. Elle perçoit des ombres vaporeuses et démesurées tout autour d’elle. Dans
un tunnel de lumière, aussi spectaculaire qu‘effrayant, elle flotte. Elle voit son enveloppe charnelle la quitter. Son propre corps de l’extérieur et son âme être aspirée pour rejoindre les enfers. Mais, comment dire l’indicible, doit- elle
se demander ? Comment parler d’un univers que l’on ne peut pas traduire à cause de son caractère extrême, insolite, sensationnel ? »

p 60 « Wisorsky détendu, au creux de son oreiller, nu comme un anaconda sur la couette (comme « un ver » aurait été un tantinet restrictif.) se lève en bougonnant. La silhouette immense et large d’épaules, avec un tronc d’arbre en guise de cou pour tenir une grosse bouille
à s’attirer la sympathie … mais pas que, selon les circonstances ! … aux yeux écarquillés exprimant un certain mécontentement, au poitrail puissant et à la panse bien rebondie de buveur de bière, traverse la chambre, les bras pendants presque jusqu’à terre, comme ceux d’un gorille. Arrivé
devant le téléphone, avec toute l’élégance rappelant l’époque paléolithique, Wisorsky prend le combiné d’une main tandis que de l’autre, il se gratte la fesse. »

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p 98 « On creuse, on piétine, on œuvre pour le bien de tous, sans faire croire aux contes de fées et on ne lâche rien. C’est ça, le travail d’un flic …  » … « Un flic c’est tout simplement une personne capable de mettre un couvercle sur tout ce qu’est
sa vie pour rester concentré à cent pour cent sur son boulot. C’est un obsessionnel … un être qui a un champ de vision large et qui se focalise sur son enquête en tordant dans tous les sens les indices. Une texture, une couleur, une odeur peuvent déclencher des notes
dans sa tête et c’est ce genre de chose qui fait que c’est un être à part. Ce qui apparaîtra pour le commun des mortels incompréhensibles, pour lui apparaîtra clair comme de l’eau de roche … »

p 148 « – Pardonnez directeur cette intrusion et ce manque d’égards que rien ne saurait excuser, si ce n’est que je ne suis guère attaché aux prérogatives de l’âge ou de la fonction, persifle Galli. De plus, je n’ai jamais trop su où se trouvait la frontière qui sépare le respect de l’insolence.
– Commandant Galli ! La frontière est mince, récrimine Mayeul en esquissant un petit sourire terreux.
La subordination n’est pas la servitude et l’autorité n’est pas la supériorité … « 

p 168 « Consciente de l’immense pouvoir de séduction qu’elle possède et l’effet qu’il a sur les hommes, Véronica Bonomelli, de but en blanc, change d’attitude. Elle troque son innocente coquetterie contre une attitude à la fois envoûtante et lascive. Dans une gestuelle
érotique, en soupirant, elle entortille une mèche de ses cheveux blonds ondulés autour de ses doigts. … Toujours est-il que, même avec la meilleure volonté du monde, il est impossible à Galli de ne pas remarquer la robe en satin rouge fendue haut qui
dévoile sans vergogne les cuisses fermes et galbées de cette femme. Impossible pour lui de ne pas entendre le crissement du nylon des bas noirs lorsqu’elle croise et décroise ses longues jambes. »

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p 196 « Du grand art ! Et j’te jure qu’il ne s’agissait pas de fantasmes paranoïdes … J’te l’promets Ange ! C’n’était pas un débarquement d’la vision … j’n’avais pas la berlue ! Autant d’seins réunis, mis à part sur le calendrier des postes, jamais j’n’avais vu ça. Des rotoplos de toutes sortes.
Des escalopes qui font bravo aux gros et durs, de l’airbag aux gants de toilette, de la montgolfière à la planche à pain … Et des culs, mes aïeuls ! Ouah … De la lune, de la demi-lune, de la pleine lune bien ronde … mais aussi, du croupion avachi,
de la croupe flétrie et du péteux bien potelé comme celui de Perrette dans les fables de Jean de La Fontaine … »

Première rencontre avec l’auteur … au salon du salon de Eu … Mai 2015

Édition : ESNEVAL

Genre : Polar

Publié en 2017

Couverture : RedacNet