Les douze morts de Napoléon … David Chanteranne

Nous connaissons, bien évidemment, Napoléon 1er ! Nous savons tous que Napoléon Bonaparte a fini sa vie exilé sur l’ile de Sainte Hélène.  Mais qui connait réellement les dernières années de sa vie, ses derniers instants, au milieu de nulle part, sur cet îlot perdu

A travers la narration de cet exil, l’auteur nous conte la bravoure de Napoléon, des moments, pour certains méconnus, où il a échappé de justesse à la mort … 

Seul son exil aura raison de lui … 

Cet essai historique est extrêmement bien documenté, ponctué de noms et d’instants clés de la vie de Napoléon. Des extraits de conversation, des écrits de Napoléon, de Chateaubriand, de Stendhal, de Rousseau, … 

Une écriture précise et agréable

Sans être adepte ou spécialiste de Napoléon nous pouvons apprécier cet essai proposé avec clarté sur un rythme enjoué et passionné !

Un essai historique qui sonne comme un roman d’aventure ! 

Un beau moment de lecture … 

Conquise !

P 52 « Louis-Joseph-Narcisse Marchand est le plus connu des douze domestiques autorisés par les Anglais à accompagner le captif à l’autre bout du monde. Il n’aurait jamais pu abandonner l’ancien souverain à son sort. Depuis quatre ans qu’il est au service de Napoléon, sa vie est calquée sur celle de son maître. Né le 28 mars 1791, choisi comme garçon d’appartement à vingt ans et premier valet de chambre depuis 1814, il est discret et efficace. Sa position, il la doit « à son éducation parfaite, à une solide instruction primaire et à sa distinction naturelle qui l’apparentent plus à un secrétaire qu’à un serviteur ». Les autres lui donnent du « Monsieur » lorsqu’ils conversent avec lui. Il est l’ombre de l’homme à la licorne. Il se lève avec lui, passe la journée à ses côtés – depuis la toilette jusque’à l’habillement -, se mue parfois en confident, le prépare le soir venu pour le coucher, avant de l’aider à s’installer dans son lit. 

 p 103  « Sainte-Hélène, 21 novembre 1818, 17h49

Le dernier espoir s’évanouit. Les conclusions rendues par le congrès d’Aix-la-Chapelle, qui a officiellement rétabli la France dans le concert des nations, n’inversent pas les restrictions imposées à Napoléon par le traité de Paris. Dans son intervention, Charles André Pozzo di Borgo, farouche opposant et ambassadeur de Russie en France, a certifié que les rapports alarmants concernant l’état de santé du captif n’étaient que feints et qu’il jouait la comédie. Tous craignent surtout les conséquences de son retour et ne veulent améliorer ses conditions de vie. Chateaubriand redoute notamment l’embrasement du continent européen :

« Né dans une île pour aller mourir dans une île, aux limites de trois continents ; jeté au milieu des mers où Camoëns sembla le prophétiser en y plaçant le Génie des Tempêtes, Bonaparte ne peut se remuer sur son rocher sans que nous en soyons avertis par une secousse ; un pas du nouvel Adamastor à l’autre pôle se fait sentir à celui-ci. Si Napoléon, échappé aux mains de ses geôliers, se retirait aux Etats-Unis, ses regards attachés sur l’Océan suffiraient pour troubler les peuples de l’Ancien Monde ; sa seule présence sur le rivage américain de l’Atlantique forcerait l’Europe à camper sur un rivage opposé. »

Une libération n’est donc pas envisageable. 

Evidemment, tout cela, Napoléon ne l’apprendra que bien plus tard mais, il s’est fait une raison. Son sort est scellé. C’est sur cet îlot perdu, au milieu de nulle part, que sa vie va s’achever. Depuis près de trois ans, il l’a soupçonné, désormais il en a la certitude. » 

P 221   Sainte-Hélène, 5 mai 1821, 17h48

« Le jour commence à tomber sur Longwood. Derrière les persiennes dardent les derniers rayons du soleil. Napoléon vit ses ultimes secondes. Malgré « un léger mouvement dans les prunelles », il ne semble plus rien distinguer, respire à peine. La dernière nuit a été agitée. Au petit matin, enfin, il s’est calmé. Afin de lui permettre de mieux respirer, ses oreillers ont été remontés dans son dos. Il est alors vêtu d’une longue chemise avec un simple gilet de flanelle. Au coin de l’oeil gauche, on distingue une larme. A huit heures, ce sont encore « quelques gémissements ». Puis la respiration s’adoucit. Il cherche de la main à toucher son front. Il est brûlant de fièvre, transpire abondamment. Quelques gouttes d’eau sur ses lèvres n’ont pas paru apaiser sa soif. 

Chacun sait qu’il ne lui reste que quelques instants à vivre. A Plantation House, Hudson Lowe, trop longtemps convaincu qu’il jouait le rôle du malade, a maintenant compris qu’il s’éteint. » 

Edition : Passés composés / Humensis

Genre : Essai historique

Publié en 2021

Couverture : Embarquement de Napoléon à destination de Sainte-Hélène à bord du Bellérophon. Juillet 1815. Peinture de William Quiller Orchardson (1832-1910). Tate Gallery. Londres

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