LE FOOT, ma mère et moi, Azélie … Corinne Lagnier

Un roman avec le goût « sucré » d’une nouvelle

Un roman pétillant et au combien réaliste sur le foot féminin ! Le combat d’Azélie, cette jeune fille qui clame haut et fort son envie d’affirmer sa passion dévorante pour le foot. Avec néanmoins ce questionnement.

Pourquoi le foot et la féminité semble si incompatible ? 

Un livre sur la tolérance, l’acceptation de soi et l’envie d’assumer le regard des autres. Une autobiographie enjouée, tendre et une belle complicité entre une mère et sa fille. L ‘écriture est agréable, fluide, spontanée et enjouée. On sent l’autrice investi et concernée. On perd néanmoins un peu de rythme au milieu du récit !

Les deux derniers paragraphes ne semblent pas indispensables mais c’est, je pense, le choix de l’autrice … alors pourquoi pas ! Une cassure qui peut se discuter … 

Pas besoin d’être adepte de foot pour apprécier ce petit roman écrit sous forme d’autobiographie !

Un premier roman très agréable avec de pertinentes illustrations !

P 18 

« – Allo, Mamie ? C’est Azélie. J’ai une grande nouvelle à t’annoncer !

  • Ah bon ? Que t’arrive-t-il, ma chérie ?
  • – Je me suis inscrite au club de foot. 
  • Allo ?
  • Allo ?
  • Euh … Oui, ma chérie, très bien  

Très bien … Je n’y crois pas une seule seconde. 

C’est fou comment, juste avec le timbre d’une voix, ou de lourds silences, on devine ce que l’interlocuteur qui est au bout du fil pense comme s’il était devant vous. Et là, elle déballe tous ses arguments pour me décourager et je me sens triste. C’est ça ! Le foot ce n’est pas pour les filles. Les filles, ça doit faire de la danse, avoir une démarche distinguée et être habillée comme une princesse. J’ai envie de lui dire : Et pourquoi pas ? Mais je n’ose pas trop car Mamie elle est un peu sévère et elle a toujours raison. Je crois même que Maman n’ose pas non plus la contredire. Je la laisse avec ses idées, si elle croit que je vais capituler … 

Je la laisse dire, si ça lui fait plaisir … Je la laisse parler toute seule … et les mots s’envolent comme des papillons, je ne l’écoute plus jusqu’à ce que je retombe sur terre en entendant : « T’es un garçon manqué ! » 

J’ai senti une petite larme couler sur ma joue et j’ai raccroché. »

P 27 

« PAS SI SIMPLE

Au contraire, et si c’était simple. 

Se « contrefoot » du regard des autres. 

Souvent, quand des adultes se rencontrent entre parents et , même si nous, enfants, on n’a que onze ans, la conversation se termine ainsi : « Qu’est-ce qu’elle veut faire plus tard ? » Comme si notre destin devait être d’ores et déjà scellé. Alors là, avec Maman, c’est presqu’un jeu  Après un petit échange de regards complices, Maman se redresse et affirme avec fierté et un ton un brin provocateur : « footballeuse ! »

C’est alors que l’atmosphère devient soudainement lourde, le silence tombe comme un couperet et un petit rictus commence à se former sur les lèvres de la dame qui a posé la question et qui se demande si c’est du lard ou du cochon. Avec Maman, on attend juste quelques secondes, le temps que la dame s’en retourne pour partager un bon fou rire. »

Edition : Les petit écarts

Illustrations : Ophélie Glorieux

Publié en 2021

Genre : Roman

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