L’aigle et la mouette … Sophie Etienbled

Un polar à la « Julie Lescaut » … à la « Navarro« , »tranquille » mais Efficace !!
Un polar où le passé et le présent se croisent … se mélangent … s’imbriquent …

Des personnages troublants, instables et où les failles sont peut être liées au passé ??
Une balade dans Rouen … Une enquête en Normandie avec un meurtre « sordide » sur l’île Lacroix !!
Une équipe d’enquêteur attachante et dynamique !!

Une écriture fluide , très agréable et teintée de poésie
Des dialogues drôles et pertinents !!
Un rythme soutenu … une intrigue captivante et bien ficelée et un dénouement inattendu

Un joli polar « à la française » !! Une belle surprise …

A découvrir absolument !!

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p 25 « Elle court. Elle a peur. Elle a froid. Elle sent à peine les griffures sur ses jambes, sur ses bras qu’elle a relevés pour se protéger le visage. Les branches la fouettent, les racines la font trébucher, les herbes la blessent,
mais elle court. Elle a un nœud dans la gorge et ne parvient à émettre aucun son. Au creux de son ventre un poing serre ses entrailles. Elle court, elle perd l’équilibre, elle se relève, elle court.« 

p 44 « Il raccrocha, un sourire aux lèvres. La peur transpirait dans son souffle retenu. Elle n’osait plus parler quand il appelait maintenant.
Au début elle s’énervait, criait, quémandait une réponse. Puis elle s’était tue, dominant sa colère, mais pas sa peur qui palpitait. Palpable. Et lui, il jouissait. »

p 48 « Enfin le sang a été recueilli dans une bassine placée sous la gorge.
– ça me rappelle quand on tue le cochon dans mon village des Alpes, dit pensivement Béné. Y a plus que les vieux qui font encore ça.
C’est dégueulasse. Mais, eux, ils ne l’anesthésient pas le cochon, et vous n’pouvez pas savoir comme il gueule !
– Mais là, le tueur n’a pas pris le temps de faire le boudin.
T’es nul, Tim, avec tes plaisanteries à trois balles.
Humour, la belle ! Qu’est-ce que t’es susceptible dès qu’on parle de ton pays. Et puis, c’est toi qui as mis ça sur le tapis.
– On se recentre un peu sur la question, s’il vous plait, rappela Darras.
Jean reprit alors :
– Un autre truc étonnant; on dirait que le gars a eu une mèche de cheveux coupée sur le devant de la tête.
– ça, c’est plus du fétichisme que de la cuisine, ironisa Tim.
– Pourquoi pas de le sorcellerie tant que tu y es ? se gaussa Bénédicte. »

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p 26 « Elle cherche à se glisser dans le tronc, à s’en faire une couverture et elle se bouche les oreilles pour faire taire toutes ces vies inconnues qui l’assaillent par tous les pores.
Elle entend un moment encore l’agitation du monde nocturne qui hante le bois, puis sent qu’elle sombre dans une inconscience bénie. A travers le goulot étroit de sa gorge se fraie enfin un souffle pour le mot qu’elle retient depuis tant de temps : – Maman.

p 59 « Il l’écoutait, fasciné par le jeu de ses doigts qui accompagnait ses paroles. Ses mains voletaient et il était sous le charme même s’il n’était pas sûr de tout comprendre ; elle éclaté de rire devant ses yeux vagues. Alors
elle avait fait dévier la conversation, l’avait interrogé sur les rêves de sa jeunesse à lui et voilà qu’il s’était retrouvé à évoquer l’étrange fascination qu’il avait toujours ressentie face à la mer.
Les bateaux qui quittent les ports, confiant aux vents les rêves qui portent les marins vers des lointains qu’ils n’aborderont peut-être jamais. »

p 65 « – Ils ont fini par partir. J’ai attendu un bon bout de temps pour être certain qu’ils n’allaient pas revenir. Puis je suis sorti de ma couverture et je suis allé voir la petite. Elle bougeait pas, mais elle avait les yeux ouverts.
Elle a levé la main pour cacher son visage en me voyant, elle était terrorisée, mais elle a bien vu que je lui voulais pas de mal. Je l’ai aidée à se relever et elle est partie.
– Et c’est tout ? Béné restait médusée.
– Qu’est-ce que voulez de plus ? Si j’étais Zorro, ça se saurait ! L’était vivante, c’était déjà ça. »

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p 103 « – Enlevez-les, suggéra Mélaine rieuse, et faites comme moi pour ne pas tacher votre bas de pantalon. On va marcher un peu sur le sable. Savez-vous que Gide -qui entre parenthèses est venu à plusieurs reprises à Berneval
visiter son ami Oscar Wilde alors exilé, et oui, il y a eu du beau monde à l’époque ! – bref, Gide s’exclame dans les Nourritures terrestres : A quoi me sert de savoir que le sable des plages est chaud si je ne le sens pas sous mes pieds ?
C’est une pensée qui m’a toujours parlé. Ok, là c’est plutôt le froid qu’on sent, ajouta-t-elle avec une moue moqueuse, mais ensuite on est totalement revigoré. On goûte la sensation délicieuse d’être vivant. »

Edition : Les Editions du Bord du lot

Publié en 2016

Genre : Polar

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Sales Guerres … Laura-Maï Gaveriaux

Un Reportage … un Témoignage … un Carnet de Bord
Il y a, en tout cas deux approches … deux visions dans ce livre !!

L »approche politique » … tout d’abord !!  
Avec La Turquie et  la montée de la « domination » du président Recep Tayyip Erdoğan. Son pouvoir … sa vision … ses actions …
Le conflit et le rapport de force entre l’Etat Turc et le PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan !!
Cette analyse détaillée nous permet de découvrir, plus en profondeur le conflit entre l’Etat Turc et le peuple Kurde, et ses origines !!
On y découvre donc LA grande REPORTERefficace et déterminée !! Un travail de journalisme pointu … organisé … affûté ou rien n’ai laissé au hasard !!

puis en parallèle

LA FEMME solitaire … libre … sensible … au cœur de l’action !!
Son quotidien … ses doutes … ses « rituels » … ses besoins de « repères » malgré tout !!
Ce lien très fort qui la lie à son père. Cet appel journalier comme un pont indispensable vers la France … un bref moment de « retour à la normalité » … p 257
Il y a aussi Tom, Son Ange Gardienp 165
Il y a des moments de doute !! Ne pas trouver le sujet … « le fil à tirer » avec la peur de se perdre !! p 65
Puis avancer sans penser à l’avenir proche … être toujours dans le moment présent !! p 92
Et Une obsession !! Garder son œil de journaliste … ne surtout pas devenir militante …

Enfin ce qui m’a touché est la vision de Laura-Maï sur ces femmes
De réels sentiments de tendressed’admiration … et de respectp 267 et 277

Une vie riche de rencontres !!

Un livre Fort et Enrichissant … à découvrir comme une ouverture sur le monde …

En conclusion de ma chronique … un simple extrait qui caractérise et décrit assez bien « le parcours » de Laura-Maï Gaveriaux …
un extrait d’Alice aux Pays des Merveilles ...
p 161 « «Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
— Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller, dit le Chat.
— Peu importe l’endroit, dit Alice.
— Dans ce cas, peu importe la route que tu prendras, répondit le Chat.
— … pourvu que j’arrive quelque part, ajouta Alice en guise d’explication.
Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps.»
Lewis Carroll,
Alice au pays des merveilles

Sales guerres

p 56 « « D’un mur à l’autre d’une rue, arqués ou arc-boutés, les
pieds poussant un mur et la tête s’appuyant à l’autre, les cadavres, noirs et gonflés, que je devais enjamber étaient tous palestiniens et libanais. Pour moi comme pour
ce qui restait de la population, la circulation à Chatila et à Sabra ressembla à un jeu de saute-mouton. Un enfant mort peut quelquefois bloquer les rues, elles sont si étroites,
presque minces et les morts si nombreux. Leur odeur est sans doute familière aux vieillards : elle ne m’incommodait pas. Mais que de mouches. »

p 65 « C’est pourtant ma manière habituelle de faire, me plonger pendant de longues semaines, vivre un quotidien et, quand je tombe dessus, tirer le fil. Le terrain
est premier, il impose le sujet, il définit l’angle. Mais cette fois, je suis allée en sens inverse. Excès de confiance ? Un peu de facilité, sûrement… Ça n’est
jamais très confortable de commencer par accepter de se perdre. »

p 76 « C’est de Diyarbakir qu’est partie la crise ayant mené à cette fameuse pétition des universitaires, et à leur ostracisation. Après que le processus de paix en
cours depuis 2013 entre l’État turc et le PKK a pâti du contexte régional, des tensions entre la population et la police ont mené, dans une dizaine de villes kurdes, à
de vastes « opérations antiterroristes », ainsi qualifiées par les autorités. La pétition dénonce leur violence, et le fait qu’elles visent indistinctement les civils – ce que les
auteurs qualifient, pour leur part, de « massacre » et de « déportations forcées ». Et puisque les signataires ont trop peur de me parler, je pars à la source du problème. »

 

 

J’ai eu le plaisir et l’honneur de pouvoir échanger et interwiever, en accompagnie de Fred Afdp, Laura-Maï Gaveriaux lors du salon « Edite-le … avec des livres » à Mesnil Esnard !
Une chronique donc très particulière pour moi … (photo Christian Pujol)

p 165 « Tom. C’est lui qui garde un œil sur moi quand je suis seule en vadrouille. Ancien militaire en « opex 1 », observateur des mouvements djihadistes, il a connu le terrain et il est super carré. Les règles sont simples :
quand je pars, je le préviens sur WhatsApp, et je lui donne l’itinéraire. Si la route est dangereuse, je lui envoie ma position toutes les heures, et je le sonne avant tous les checkpoints. Si je ne donne pas signe de vie au moment où je suis censée le faire, c’est lui
qui conserve un mail crypté avec les contacts d’urgence à activer : ceux qui, sur place, seraient les plus utiles pour aider à me retrouver ; l’ambassade ; mes correspondants au Quai d’Orsay. C’est un lien discret mais solide, qui conjure aussi l’isolement mental, inévitable.
M’adresser à quelqu’un et voir une réponse apparaître sur l’écran du portable, ça peut être assez décisif quand je me rappelle que je suis loin de chez moi, sans filet de sécurité. Ça aide à ne pas devenir dingue. En fait, Tom, c’est mon ange gardien. »

p 257 « Je commence par appeler mon père. Je l’appelle toujours à cette heure, en fin de journée, quand il est encore au travail. Et je parle beaucoup. Je crois qu’au fil des années, il a fini par mettre le téléphone sur haut-parleur
pour me laisser débiter tout en continuant de vaquer à ses occupations, entrecoupant mes tirades de quelques monosyllabes habiles … j’ai vraiment besoin de lui parler. Je lui raconte tout, je ne lui épargne presque rien. Je ne sais pas pourquoi j’éprouve le besoin de lui dire quand il y a des combats, quand je
me fais arrêter par les condés, ou quand je prends des risques. Il reste que c’est exactement le même besoin qui me fait aussi lui décrire les paysages incroyables que je vois, les gens merveilleux que je rencontre, et les plats dingues auxquels je goûte.
C’est peut-être une envie de partager les choses mais, plus fondamentalement, j’ai besoin de ces quelques minutes de normalité – une fille qui raconte sa journée à son père. Quant à lui, je crois qu’il se prête à ce rituel en vertu du contrat ; le contrat tacite
qui nous lie : « OK, je t’accompagne dans cette vie que tu as choisie, je te soutiens, je prends sur moi,mais toi, tu rentres. »

Laura et moi

Laura-Maï Gaveriaux et moi lors de l’interview – Photo Fred Afdp (Presse 30) 

p 267 « Yeni Cami / La mosquée neuve !! Je ne serai jamais religieuse. Mais, parfois, je me glisse près des femmes qui viennent prier, souvent à la mosquée d’Eminönü, parce que c’est une de mes préférées à Istanbul.
Je viens juste pour être avec ces femmes et les observer – surtout, croiser leur regard. Elles me voient là, assise avec elles, alors que je n’ai rien à y faire. Profane, gauche.
C’est d’une tendresse pudique qu’elles me regardent, quand leurs yeux rencontrent les miens. C’est qu’aussi je les trouve si belles et captivantes. Les jeunes ont de l’allure ; les plus âgées ont la nonchalance d’une vie déjà bien vécue, et comprise.
Elles sont tellement plus belles, concrètes, amusantes, espiègles et fières que tous ces tristes esprits ne pourront jamais l’imaginer. Sous les voiles, je vois du secret, de la tradition, de l’individualité. Et même quand elles posent le front sur leurs mains graciles,
contre le sol, je ne trouve rien qui porte ici le nom de soumission.
8 April 2016.«

p 277 « Facebook – Laura-Maï Gaveriaux (profil privé)
Je vais vous dire : il y a de beaux hommes dans le coin, mais il n’y a rien de plus magnétique que ces femmes passé minuit. Quand le serveur emmène la bouteille de raki, il la fait claquer sur la table ; ses yeux à elle se ferment
un peu, son allure se compose. Et cette femme, avec son port de tête qui dénote une impérieuse élégance, commence à chanter un air de méandres. Elle balance légèrement, son regard transperce le vide physique devant elle. Elle fume comme par provocation,
et ce n’est pas une posture. Elle se consume. Ça va de soi. Elle sait ce que donne la guerre : son père, son oncle ou son frère y sont morts. Elle pourrait y aller aussi. Les femmes de ce peuple ont appris à se battre – histoire de
prévoir, quand il n’y aura plus d’hommes. Tout se tient dans ce corps, rien ne se fige. C’est la nonchalance mêlée de fierté, qui séduit sans vouloir. Elle est plus que la séduction : elle est le sens et le frisson des chairs qui se livrent à leur mort prochaine.
Elle est la joie forcenée et la mélancolie obstinée.
Elle est très belle.
Elle est kurde, kurde d’Amed.
24 juin 2016″

https://editions-observatoire.com/content/Sales_guerres

p 292 « 30 juin 2016, Lice. Je m’appelle Hantas …. Pourquoi je devrais détester les Turcs ? Ces soldats, ces policiers, ce sont des êtres humains, comme nous. Ils sont pleurés par des gens, ils avaient des rêves, des sentiments. S’ils sont chez nous, aujourd’hui, à commettre
ces crimes, c’est parce qu’un système les y conduit. Haïr les hommes ne produit rien de bon. Ça ne fait que perpétuer la guerre et les mécanismes de domination. Il faut s’attaquer au système : il faut l’étudier, le connaître et
le changer. C’est la seule solution pour arrêter cette violence. La guerre est ce qu’elle est. La guerre, c’est tuer. Nous aussi, nous avons tué. Il n’y a pas de saints dans la guerre. Mais les Turcs ne sont pas mes ennemis. Si,
demain, chacun décide de rendre les armes, je viendrai déposer les miennes, celles de mon frère, celles de tout Lice, à leurs pieds. »

Rencontre avec l’auteure au salon du livre « Edite-le … avec des livres » à Mesnil Esnard (76) … le dimanche 8 Avril 2018 

Editions de L’Observatoires

Publié en 2018 

Genre : Reportage, Témoignage, Essais

 

 

La légende de Keylana … Christelle Muller

Une plongée dans un monde fantastique et « fantasmé » …
Une histoire de légende d’amour ?? Un combat … une quête ??
Que de questions …

On y découvre des personnages « surnaturels » et énigmatiques
Une belle écriture … fluide et agréable même si il m’a manqué un peu d’émotions … et de relief !!
Un rythme intense et mystérieux … où malheureusement on survole un peu les choses …
Je n’ai pas été complètement embarquée par le récit, sans doute du à cette histoire d’amour un peu trop « fleur bleue » mais qui devrait néanmoins
plaire aux jeunes lecteurs !!
J’ai par contre était fascinée par cette histoire de voyage à travers les livres !! Qui n’a pas rêvé de plonger dans son livre préféré ?
Un voyage séduisant … Un doux fantasme !!

Un « bonbon » littéraire où les mots tourbillonnent !! Un moment agréable où le temps reste suspendu …
Un roman fantastique à conseiller à nos jeunes lecteurs …

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p : 5 « Je m’appelle Keylana James et j’ai 21 ans. … Mon histoire était la même que celle de millions de filles de mon âge. J’habitais une petite ville de province, j’allais à l’université pour
étudier la littérature dans l’espoir d’ouvrir un jour une librairie, j’étais amoureuse d’un garçon et mon plus gros problème était de savoir s’il m’inviterait enfin à sortir avec lui.
Je vivais ma vie paisiblement dans l’insouciance, inconsciente des terribles choses qui se passaient tout à côté.
Tout bascula ce 15 juin 2011, jour de mes vingt et un an. »

p 29 « Sur la page, devant mes yeux ébahis, les mots s’animèrent. Les uns à la suite des autres telle une armée de soldats marchant au pas, ils se déplacèrent, doucement d’abord puis
de plus en plus vite, jusqu’à former un tourbillon de mots qui m’aspira. Prise dans cette folie et incapable de m’en échapper, j’étais malmenée, ballottée comme si je me trouvais dans le tambour d’une machine
à laver en plein essorage. Impossible de me raccrocher à quelque chose pour me stabiliser, je ne pouvais rien faire d’autre qu’attendre que ce cauchemar cesse. »

p 48 « Surprise, je bondis du siège et me précipitai à l’endroit exact où il se tenait quelques instants plus tôt. Plus aucune trace. Il s’était volatilisé et personne n’avait rien vu. Personne sauf moi.
Tout à coup, le pendentif vibra contre ma peau et la lumière se fit dans mon esprit. C’était l’homme que j’avais croisé lors du deuxième voyage, l’homme qui m’observait dans la rue bondée.
Et il en était un lui aussi.
Un voyageur … »

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p 59 « – Tu dois savoir que chaque livre est une porte d’entrée vers un nouveau monde et qu’ils sont tous reliés entre eux. Avec un peu d’entraînement, tu voyageras de l’un à l’autre, m’apprit Joshua.
– Que sont-ils ?
– Quand un écrivain écrit une histoire, il crée un monde. Il y a autant de mondes qu’il y a d’histoires, déclara-t-il.
Je ne pus réprimer un hoquet de surprise. Tous ces romans que j’avais dévorés étaient tous des mondes réels ? »

p 100 « Je me ruai sous la douche pour effacer l’odeur pestilentielle de cet endroit, et me lavai plusieurs fois tant elle persistait. J’étais terrorisée. J’avais bien compris qu’il y avait autant de
mondes que de romans, mais je n’avais pas saisi l’étendue de cette information. Je n’avais pas intégré que des monstres de ce genre pouvaient exister en chair et en os, et en 3D, et j’étais loin d’imaginer les créatures,
toutes plus horribles les unes que les autres, qui prenaient vie sous la plume des écrivains. »

p 129 « A l’intérieur, le BooksCafé était plus moderne que je ne l’avais pensé. Je m’étais imaginé un endroit sinistre, froid et peu agréable, je m’étais trompée. La droite du magasin abritait des rayons de livres comme dans
n’importe quelle bibliothèque et l’autre côté plus à gauche recouvrait la partie café avec le comptoir, quelques tables et des fauteuils dans lesquels j’aurais adoré me pelotonner. L’endroit était imprégné d’une
odeur faite d’un mélange de café et de vieux bois. Vraiment très sympathique … si l’on oubliait les voyageurs agressifs tout autour. »

Première rencontre avec l’auteure au salon du livre de Pierre (28) … Février 2018

Publié en 2017

Genre : Roman fantastique jeunesse

 

 

Les Sables d’Iran … Eric de L’Estoile

Un vrai plaisir de retrouver la belle plume d ‘Eric de L’Estoile.
Après « Complot V1« … « TSC, Technicien Scène de Crime » … et « L’Effleure du Mal » (un de mes sublimes coup de cœur)
me voilà, à nouveau embarquéehappée dans cette nouvelle aventure, ce thriller « politico-économique » …
Une plongée « étourdissante » dans un monde fait de légendes Japonaises … de complots … de corruptions … de pouvoir… au milieu d’un conflit Franco-Iranien !!

Des courses poursuites spectaculaires …
Un savant cocktail de … dérapages … de carambolages … de vitesse !

Et puis cette organisation !! Qui se cache derrière « LES Ours » ??
Qui est Mat’Guen ? Toujours présent en cas de danger !!

Une écriture tranchante et précise
Un récit haletant , explosif
Un rythme infernal et époustouflant
Une intrigue savamment ficelée … avec un dénouement surprenant et « gargantuesque »
Des personnages forts et puissants …
Waouh quelle énergie !!! Un thriller « vertigineux » !!

Encore une BELLE surprise littéraire !!!
A « dompter » avec Bonheur !!!

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p 78 « Elle composa un numéro secret. Le numéro d’urgence. Un numéro qui n’existait dans aucun fichier, et qui reliait les « Ours » entre eux. Ils le connaissaient tous par cœur. C’était le lien qui pouvait leur sauver la vie. Un numéro crypté, qui ouvrait
un système de brouillage et qui ne laisserait pas de traces sur le téléphone de l’infirmière. Quelqu’un décrocha sans parler.
– Mat’Guen. J’ai besoin d’aide. » 

p 9 « Il se mit à genoux dans la position des samouraïs, extirpa son Tanto, ce poignard court utilisé dans les combats au corps à corps.
Il saisit l’arme par les deux mains, leva la tête vers les cieux et réclama la clémence pour toutes les victimes de l’infâme Tokugawa. Il se perfora l’abdomen, ce qui libéra son âme,
et rajouta le supplice suprême, le jumonji-giri, en s’ouvrant le ventre de façon verticale, pour marquer sa volonté d’expiation. »

p 47 « Et comme un mauvais pressentiment se transformait souvent en brutale réalité, son portable se mit à sonner. Il affichait le numéro de Tristan. Il décrocha sans un mot. A l’autre bout de la ligne, une voix inconnue, hargneuse, lui adressa la parole :
– Commissaire Khalen, je n’ai pas le plaisir de vous connaître, mais j’ai entendu parler de vous. Je suis le commandant Bourdon, de la DCRI. On vient de retrouver le véhicule de Tristan Marshall dans la forêt de
Saint Etienne Du Rouvray, près de l’établissement psychiatrique. Il s’est tiré une balle dans la bouche. »

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p 129 « La Subaru revint sur lui. Djamel slaloma entre les véhicules de plus en plus nombreux, freinant, accélérant. Le second radar de Quevilly les flasha alors qu’il roulait sur la bande d’arrêt d’urgence. Il sourit en pensant
à la tête du contrôleur de gestion du commissariat quand il allait recevoir les contraventions.
Un nouveau coup de feu éclata, et explosa le pare-brise avant. Djamel manqua deux voitures qui s’écrasèrent contre le béton du terre-plein central. Bourdon était complètement déchaîné. Une seconde balle frôla la tête de Djamel. Elle
s’encastra dans la voiture qui le précédait en blessant le conducteur qui partit dans une terrible embardée, poussant deux véhicules dans un grincement de ferraille et de tôles froissées. »

p 138 « Tout était littéralement en miettes. Aucun organe ne résistait à une telle énergie. Même si les vêtements retenaient en partie les matières organiques, la tête n’était qu’un vulgaire amas de chairs et d’os en poudre.
Les côtes thoraciques se retrouvaient éparpillées au milieu des poumons déchiquetés et baignant dans le sang, le cœur avait implosé, dispersé en petits bouts rouges parmi les lambeaux de l’estomac. Une bouillie informe. Les membres
pendaient comme des guimauves molles et distendues. »

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p 170 « Dumontier n’avait pas pu résister. Une rencontre en direct, d’homme d’affaire à homme d’affaires. Entre personnes du même milieu, désireux de réaliser un deal hors du commun. Sans intermédiaire.
L’apanage des grands. Comme le coup de téléphone de téléphone de Kennedy à Khrouchtchev. Ce Fontvieille, petit industriel fortuné et provincial, venait de gagner des points dans son estime.
Bien qu’il ne doute pas de sa supériorité, il s’amusait de voir ces petits coqs jouer dans la cour des grands. Celui-ci avait de la classe. »

p 221 « L’esprit obnubilé par l’absence de sa maîtresse, Benjamin avait du mal à se concentrer. Alexis lui avait confié une tâche importante qu’il arrivait péniblement à mener à son terme. Aucune information concrète ou structuré. Depuis
Fukushima, il savait qu’un adversaire sans pitié l’attendait de l’autre côté du clavier. L’autre le traquait. Différents proxys (des serveurs qui permettaient de circuler en changeant d’adresse IP pour éviter de remonter à l’ordinateur initial)
avaient été brûlés par le virus Fukushima. Il sentait les lance-flammes lécher ses arrières. »

Première rencontre avec l’auteur … au Salon du livre de Veules Les Roses … en Juillet 2015 

Edition 20-15

Genre : Thriller

Publié en 2018