De Garance à Noir d’Aniline … Murielle Rousselin-Vaudor

Un début de roman ou l’auteure plante le décor … introduit les personnages, nombreux mais liés par la même histoire, la vie dans les Indienneries de Rouen

Un roman historique avec comme fil conducteur la famille Rondeaux , famille de notable et propriétaire d’Indienneries
Une plongée dans la fin du XIX è siecle … 30 ans d’histoires vécus à Rouen … le HoulmePissy Pôvillela Seine Inférieur …

On revit à travers les personnages quelques moments important de cette époque … l’Exposition universelle de 1867 … la guerre Franco- Prusse, l’occupation … mai 1868 la visite de Napoléon III à la cathédrale de Rouen … l’apogée de
l’industrie textile puis son déclin …
Un roman historique bien documenté et précis dans les faits, historiques et techniques de l’impression du textile …

Une belle écriture … fluide et précise
Un récit minutieux ou se côtoient, se croisent , se jaugent …les patrons … et les ouvriers !!
On découvre la vie au quotidien des notables … des patrons … des ouvriers … des fermiers … la vie rurale est omni présente …

Une belle fresque pittoresque où se mêlent sentiment et histoire
Un roman qui m’a particulièrement intéressé ayant travaillé quelques années dans un laboratoire de colorants textiles !! Teinture du textile et du cuir …

Un très bon moment de lecture …

DSC_7372 final mini

p 13 « De loin, l’immense bâtiment ressemble à une arène, une arène coulée dans le verre et sertie de fer. … L’imposante construction qui couvre actuellement une grande partie du Champ de Mars, non seulement
regroupe les toutes dernières inventions, les dernières avancées de la science et de la technique, mais présente également un vaste panorama des us et coutumes pratiqués un peu partout dans les autres pays. En venant ici,
tout homme né en Europe et vivant au XIX ème siècle doit pouvoir à la fois s’étonner et s’instruire, mais aussi s’amuser et découvrir d’autres manières de vivre, de penser et d’appréhender le vaste monde. Tels sont les objectifs
que se sont fixés les organisateurs de l’Exposition universelle de 1867, voulue trois ans plus tôt par Napoléon III. »

p 30 « En plus des quelques jolies choses pouvant intéresser nos affaires, indique Henry, nous avons vu au Palais, dans la Galerie des Matières Premières, un nouveau métal qui était présenté. Cette invention qui est de
couleur grise, très légère et pourtant résistante, s’appelle « aluminium« . Je pense qu’elle va être très importante dans les années qui viendront. De nombreux objets utilisés dans la vie quotidienne pourront être fabriqués
dans cette matière, car au contraire du fer, l’aluminium ne rouille pas … »

 

DSC_7364 final mini

p 57 « Dans le but de réorganiser l’armée, le 7 octobre, un homme politique nommé Léon Gambetta s’est enfui de Paris en ballon pour rejoindre Tours. … Mais les Prussiens continuent de gagner du terrain, malgré la résistance et la bravoure de nos soldats.
Ainsi le 27 septembre, la ville de Strasbourg qui était assiégée depuis le 20 août et qui a subi depuis cette date de lourds bombardements, a dû capituler … Le 28 septembre, des soldats prussiens ont été signalés aux environs de Mantes, une
ville près de Paris. Aux dernières nouvelles, ils ont été vus dans le département de l’Eure, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas loin de chez nous … « 

p 85 « L’ancien à peine parti, le contremaître Picot met le jeune Deleau tout de suite dans le bain. Tout d’abord, il demande à voir son livret d’ouvrier, document que tout salarié doit avoir en sa possession sous peine
d’être considéré comme vagabond par la maréchaussée. »

p 86 « Avant de passer à l’impression, la toile doit subir toute une série de lavages et de séchages. De sa propreté et de la finesse de son grain vont dépendre la qualité du motif imprimé et sa résistance aux lavages ultérieurs.
De même, la toile n’est pas colorée directement, elle reçoit le plus souvent un traitement chimique, « le mordant« , qui va permettre de mieux fixer la couleur, puis elle est plongée dans un ou plusieurs bains de teinture. »

DSC_7633 final mini

p 99 « Au même moment, à quelques kilomètres de là, Henry Rondeaux et Jean Reber se trouvent dans la cuisine aux couleurs. Pour la circonstance, les deux hommes ont tombé la veste, retroussé leurs manches et ont ceint un grand tablier qui va protéger leurs
habits des taches éventuelles et autres éclaboussures. Cette cuisine aux couleurs est un laboratoire qui permet de fabriquer les colorants et les solutions servant à l’impression des toiles. C’est une grande pièce avec une double porte donnant sur la cour,
source d’aération indispensable pour évacuer le plus gros des odeurs tenaces des teintures et autres éléments chimiques. »

p 130 « –Angélie, va donc mettre le reste du lait au cellier !
– Et toi l‘Jules, au lieu d’béer aux corneilles, vas donc nous remplir les deux choquets d’cidre, c’est qu’i’fait soif ! lance le père qui s’est saisi du gros pain et du grand couteau posés sur le buffet. Il en coupe méthodiquement une grosse tranche à chacun, sauf aux
deux plus petits qui n’en auront que la moitié d’une. Ce sont eux qui arrivent enfin, courant et riant, suivis de leur grand frère, qui tient à deux mains sa casquette pleine de cerises.
– J’ai l’dessert ! Comme y avait une poule de partie de côté des Roger et qu’i’ restait des cerises dans le haut d’l’arbre qu’a les branches qui viennent cheu nous, j’me suis servi !
– T’as ben fait mon gars ! C’est pour la fourche que j’lui ai prêtée et qu’i’m’a jamais rendue ! »

moda-charm-pack-rouenneries-deux-group

Les Rouenneries : Toile en laine ou en coton, d’abord fabriquée à Rouen, où dominent des couleurs comme le rose, le violet et le rouge et dont les dessins ou les reliefs résultent de la disposition des fils teints avant le tissage.

Première rencontre avec l’auteure … au Festival du livre et des arts dans tous ses états à Dieppe … Avril 2017

Éditions de la Rue

Genre : Roman Historique

Publié en 2014

Escales Photographiques … Stéphane L’Hôte

Une Escale photographiquecolorée … épicée … passionnée … passionnante

Un beau carnet de voyage … où l’auteur nous fait découvrir à travers ses Sublimes photos ...la Namibie, le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Maroc, la Jordanie, l’Inde et le Vietnam …

On plonge dans un monde parfumé … où se mêlent … souvenirs de voyages … anecdotesrencontres avec la population … découverte de différentes ethnies tribus … dans des villages … au bord des fleuves … dans le désert …
ou en pleine brousse …
Une belle immersion au cœur de l’Afrique et de l’Asie …
Puis il y a ces histoires … ces rites sacrés, le site de Dafra et ses silures sacrés … ces danses au rythme du djembé … ces rituels avec la Danse des masques… ces fêtes … comme la fête du Holi …

On y découvre également LE photographe Stéphane L’Hôte (photo-journaliste) … ses envies … ses aspirations … sa passion … sa « boulimie » d’images et puis ses voyages avec Christophe Ronel un peintre ou il doit apprendre à se poser
(le peintre ayant besoin de plus de temps ) !! Observer autrement et laisser l’image venir à lui …
On ressent au fil des pages … ses moments de contemplation … d’extase … de crainte … de respect … d’étonnement …

Un Bel « album photographique » à installer confortablement dans sa bibliothèque et à feuilleter quand l’envie de s’évader se fait sentir !!! De belles sensations !!

En bonus un film portrait de Stéphane L’Hôte
« je retranscris ce que je vis, le sens du partage, le goût du rire , le sourire, la faculté de recevoir … »
« Mes photographies, bien que moins spectaculaires, racontent une histoire, mon histoire, et c’est cela qu’il faut que je continue à faire. Il y a tant de très bons photographes qui ont déjà tout fait. Il faut être soi-même,
ne pas se comparer aux autres. La photographie, comme la peinture, est une question de goût et de sensibilité. »

DSC_7226 final mini
« Je suis un chasseur de l’instant »

p 20 « La photographie animalière m’a toujours attiré. Quand j’étais plus jeune, je me voyais chasseur d’images, parcourant la jungle à la recherche de gros animaux.
Imprégné comme je l’étais à la fois des films de Tarzan et des récits de voyages de mon grand-père, cette découverte de l’Afrique, de ses parcs et de sa savane aura tenu toutes ses promesses. »

La Côte d’Ivoire « En acceptant cette mission, j’étais curieux de voir comment j’allais trouver un pays autrefois prospère après 10 ans de guerre et de pillage. Comment la population allait m’accueillir, moi le blanc avec mes
appareils photos. … Quand on arrive dans des villages reculés, on ne sait jamais ce qui nous attend. Ici en Côte d’Ivoire, il n’y a pas eu de touristes depuis plus de 10 ans et les jeunes enfants n’ont jamais vu un blanc. Je n’ai pas compté le nombre de fois ou ils se sont mis à hurler en voyant ma peau.
C’est fou comme la guerre peut tout bouleverser et recréer tant de barrières. »

DSC_7231 1 mini
Belle dédicace !!

Mali « A Mopti, je fais la rencontre de Sékou, un jeune garçon plein d’idées et volontaire. La rencontre sera brève.
Il veut me présenter son oncle et discuter avec moi d’un projet qui lui tient à cœur. La rencontre a lieu et je comprends qu’il a besoin d’argent pour se lancer dans le tourisme, en marge de ses études. L’argent est le nerf de la guerre en Afrique, comme partout,
mais on vous sollicite sans cesse. Je refuse de lui donner de l’argent.
Pourtant je crois en ce jeune garçon et lui propose de l’aider à développer son activité en lui envoyant des tirages photos qu’il pourra revendre aux touristes. … Deux semaines après mon retour, il recevra une centaine de photos signées de beaux paysages et
les vendra avec un bon bénéfice. … il continue de développer ses activités de guide en menant en parallèle ses études.
Cet épisode est important, car mon attachement à l’Afrique et ma facilité de m’y intégrer sont liés à des moments comme celui là. Il est en effet primordial de toujours tenir ses promesses. Le fait de les tenir vous donne un statut particulier. La parole est quelque chose de sacré. »

« Après des heures sur le fleuve, c’est un changement total qui nous attend. Pour atteindre la mythique ville de Tombouctou, plusieurs heures de voiture sont nécessaires dans des paysages extraordinaires. Le désert du Gourma et les monts Hombori sont un plongeon dans l’univers des westerns.  »
« Fondées entre le XI e et le XIIe siècle sur la route des caravanes, Tombouctou fut pendant très longtemps une cité prospère regorgeant d’écoles et d’intellectuels.
Ses riches marchands financèrent les copies de livres de toutes sortes. Je suis stupéfait de découvrir ces manuscrits très anciens, d’une valeur intellectuelle inestimable, conservés dans une cabane comprenant quelques vitrines. »

Maroc « Il est des villes dont le nom est déjà en soi une invitation au voyage. C’est le cas de Fez et de Meknès, deux villes du Nord du Maroc, au riche passé. Pour ce périple, j’étais accompagné de mon ami et peintre Christophe Ronel, avec qui je voyage souvent. …
Quand on voyage avec un peintre, il faut savoir que ce dernier aura besoin de temps pour son travail sur le terrain. Je suis d’habitude impatient, toujours en mouvement; l’obligation d’attendre au même endroit m’aura permis de travailler d’une autre façon. En fait, j’ai appris, grâce aux séjours
avec ce peintre, à ne pas chercher une image à faire mais à attendre que l’image vienne à moi. J’ai réalisé dans les souks de Fez et Meknès parmi les plus belles images que j’ai jamais faites, tout simplement en attendant assis dans une ruelle. »

Jordanie « Ma première grande claque a eu lieu au Mont Nébo, qui offre un point de vue magnifique. C’est ici que Moïse est censé avoir contemplé la terre promise et où l’on dit que repose sont corps.
Je me rends compte que certaines terres sont si riches de symboles qu’on y ressent presque une certaine gêne. …Après Moïse et Jésus, c’est au tour de Lawrence d’Arabie de faire son apparition dans la poursuite de mon voyage. Décidément, la Jordanie restera pour moi comme le
pays du cinéma et de l’image. »

Première rencontre avec l’auteur … au Festival du livre dans tous ses états à Rouxmesnil Bouteille … avril 2016

Édition : Les Éditions du Pince – Oreille

Genre : Carnet de voyage – photographie

Publié en 2017

 

Vous n’aurez pas ma haine … Antoine Leiris

Vendredi 13 novembre 2015 Concert au Bataclan … L’imprévisible … la Barbarie … des vies basculent … la vie d’Antoine et Melvil vacillent et « s’écroulent » … Hélène ne rentrera pas !!!

Un témoignage … un appel … un cri ... d’un homme à la femme qu’il aime … d’un petit garçon à sa maman !!
p 63 « Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir,
vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a faits à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. »

Pendant 10 jours … après le drame … Antoine raconte sa détresse … celle de son fils … leurs tentatives pour rester debout et tenter de vivre avec ce grand vide …
Un objectif … Se régler telle un métronome sur le rythme de bébé … et avancer … p 69

Puis cette lettre de Melvil (17 mois) à sa maman le jour de l’enterrement …

Un témoignage bouleversant … mais d’une grande tendresse …

DSC_6808 final A4 mini

p 15 « Attentat au Bataclan. »
Coupure son. Je n’entends plus dans ma poitrine que mon cœur qui tente de s’échapper. Ces deux mots résonnent dans ma tête comme un écho qui semble ne jamais vouloir se terminer. Une seconde
comme une année. Une année de silence, plantée là, dans mon canapé. Ce doit être une erreur. Je vérifie que c’est là qu’elle est allée, je peux me tromper, avoir oublié. Le concert est bien au Bataclan. Hélène est au Bataclan.« 

p 23 « J’attends, moi aussi. Une sentence. Quelques hommes en colère ont fait entendre leur verdict à coups d’armes automatiques. Pour nous, ce sera la perpétuité. Mais je ne le sais pas encore. On chante avant d’aller dormir.
On se dit qu’elle va passer la porte de la chambre et reprendre avec nous le dernier couplet. On se dit qu’on va bien finir par nous appeler. On se dit qu’on va bien finir par se réveiller.
Melvil s’est endormi. Le téléphone sonne. C’est la sœur d’Hélène.
« Antoine, je suis désolée … » »

p 30 « Je le colle contre mon corps, coincé entre mes jambes, pour qu’il me ressente, qu’il me comprenne. Il a passé neuf mois dans le ventre de sa mère à l’écouter vivre, son cœur battait le rythme de ses journées, ses mouvements
étaient un voyage, ses paroles la musique de sa vie naissante. Je veux qu’il entende, l’oreille collée à ma poitrine, ma voix lui dire mon chagrin, qu’il sente mes muscles tendus par la gravité de l’instant, que les battements de
mon cœur le rassurent, que la vie continuera. »

DSC_6307 final mini
p 28 C’est l’histoire d’une jolie coccinelle dans un merveilleux jardin. Tous les insectes qui y butinent admirent sa bonté. C’est la plus belle et le plus sage. … Mais un jour, cette petite coccinelle se pose par hasard sur le nez crochu d’une sorcière. »

p 39 « Peu de gens comprennent que je passe si vite sur les conditions dans lesquelles Hélène a été tuée. On me demande si j’ai oublié ou pardonné. Je ne pardonne rien, je n’oublie rien, je ne passe sur rien et surtout pas si vite.
Lorsque chacun sera retourné à sa vie, nous vivrons toujours avec. Cette histoire, ce sera notre histoire. La refuser serait se renier. Même si son corps osseux a la froideur d’un cadavre, son baiser le goût du sang encore chaud
et ce qu’elle me murmure à l’oreille la beauté glaçante d’un requiem funèbre, je dois l’embrasser. Je dois entrer dans cette histoire. »

p 63 « Je pensais que si un jour la lune disparaissait, la mer se retirerait pour qu’on ne la voie pas pleurer. Que les vents cesseraient de danser. Que le soleil ne voudrait plus se lever.
Il n’en est rien. Le monde continue de tourner, ... »

p 64 « Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. … Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours,
et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »

p 69 « Depuis vendredi, le seul maître du temps c’est Melvil. En chef d’orchestre, il rythme nos vies à la baguette. Les réveils, les repas, les siestes, les couchers. Qu’importent les heures,
il décide quand l’univers doit se lever, et je m’y plie pour que son monde reste intact. Tous les jours, je joue la même symphonie dont il est le métronome, prenant bien soin de respecter
chaque note. Lever. Câlin. Petit déjeuner. Jeux. Promenade. Musique. Déjeuner. Câlin. Dodo. Lever. Goûter. Promenade. Courses. Musique. Bain. Soins. Dîner. Histoires. Câlin. Dodo. »

Édition : Fayard

Genre : Récit

Publié en 2016

Les Demoiselles de Beaune de Karine Lebert

Une belle histoire … Un roman historique où … dès les premières pages l’auteure plante le décor … la BourgognePhilippe Le Bon … la construction des hospices de Beaune
on découvre la vie dans les contrées … les campagnes bourguignonnes !!! les nobles … la petite bourgeoisie mais aussi les « petits gens » … les fermiers … les vignerons … les ouvriers
Une épopée historique … qui nous conte la vie … le destin des femmes au XV ème siècle … leur condition dans la société de l’époque …

Puis il y a la naissance de Balbine … le personnage central … sa vie troublée … élevée par sa mère Marguerite et son beau-père Achille. Elle découvrira en grandissant le nom de son véritable père !!
Il y aura La RochetteLes Joinville … un tournant bouleversant dans sa vie de jeune femme …
Puis Il y a sa passion et son dévouement pour les hospices de Beaune …son envie et sa vocation pour soigner et apprendre les plantes qui apaisent !!
On découvre ainsi son quotidien dans les hospices … la bonté du bienfaiteur Nicolas Rolin et de sa femme Guigone De Salins … la vie des Dames hospitalières dignes et dévouées … consacrées aux souffreteux !!
Et puis sa rencontre avec Maric Lambert le médecin des hospices !! Cette rencontre va t’elle changer son destin !? Y aura t’il une délivrance ?

Des personnages forts qui ont jalonné la vie de Balbine
Marguerite sa mère forte et volontaire
Jeanne née d’un viol … passionnée aussi par les plantes médicinales
Guillaume de Joinville … son secret lourd à porter !! Ce secret qui le hante et accélérera peut être sa perte !!
Alix … fougueuse … impêtueuse …
Hermione … une amie fidèle

Un beau roman malgré un début « tranquille » et « narratif » ou il m’a manqué de l’émotion dans l’écriture … puis le rythme s’accélère … Balbine est devenue dame – hospitalière … l’écriture se pose et là l’émotion
nous transperce … on se retrouve embarqué et envouté par cette épopée !!
Une fin surprenante et inattendue … Une « volte face »… un tournant étonnant !!

Un très bon moment de lecture … où le roman et l’histoire de France se mêlent et s’emmêlent … pour le bonheur du lecteur !!!

DSC_6769 1 A4 sign mini
Les plantes … les herbes médicinales …

p 18 « Certes, elle avait du mal à imaginer ce que représentaient ces fameux hospices mais elle savait déjà qu’elle n’oublierait jamais cette journée, les joues rouges d’Achille, la gaieté de sa mère,
le rire d‘Isabeau, les battements de cœur du bébé. Et même le regard insistant de l’inconnu au chaperon blanc …
Une fois devenue une très vieille dame, longtemps après, elle se le rappellerait : c’est en ce jour du 4 août 1443 que s’était jouée toute sa vie. »

p 75 « Élève douée, Balbine n’éprouva pas de difficulté à assimiler les leçons du père Henriot qui la couvrait de compliments et avec lequel elle entretenait des liens très amicaux. De même, son corps, habitué aux travaux physiques, s’acclimata vite aux leçons d’équitation
auxquelles elle prit beaucoup de plaisir. Moins aisées furent celles inculquées par Hermione, danses et bonnes manières qui malmenaient sa patience. Elle était consciente de la nécessité de savoir se tenir en société, néanmoins elle rageait du peu de considération qu’on
prêtait aux femmes et l’absence de liberté qui pouvait enlever tout éclat à leur existence. Au moins, dans son propre milieu, elles travaillaient, ce qui n’était pas le cas au sein de la bourgeoisie et de la noblesse où elles se voyaient relégués dans le rôle restreint d’épouse et de mère.
Balbine n’était pas venue ici pour se voir mariée de force à un inconnu et mettre un enfant au monde tous les ans. »

p 77 « Hermione avait marqué sa désapprobation à la voir lire de tels sujets par un échange incisif avec son beau-frère. Sa bienveillance avait laissé place à un courroux qu’elle estimait légitime, une jeune fille à la réputation sans tache n’étant pas censée se délecter de l’histoire de Tristan et Yseult
telle que la racontait Thomas d’Angleterre dans son Tristan. Toutefois, Guillaume s’était montré inflexible et la jeune femme avait dû accepter sa défaite, son avis comptant pour rien dans les décisions prises par les mâles de la famille. »

DSC_6767 final mini

p 81 « Sa première pensée fut de tout avouer à Hermione quand elle remonterait après le bain – ce bain qui était à l’origine du crime car Balbine avait oublié toute prudence dans le plaisir suscité par l’eau, dévoilant à Audouin sa quasi-nudité, achevant de lui faire perdre le sens commun.
Puis la jeune fille songea au scandale qui résulterait de ses accusations. … Si ce crime était rendu public, elle ne trouverait plus de mari ; pire, elle ne pourrait plus jamais prétendre à la fonction de dame hospitalière puisque ces dernières se devaient d’être chastes et
de bonne réputation. Personne aux hospices ne se porterait garant d’une femme à laquelle la virginité avait été ravie lors d’un viol dont toute la ville se ferait l’écho. »

p 143 « La nouvelle se répandit comme un souffle glacé dans la ville de Beaune : le chancelier avait rendu son âme à Dieu ! Nicolas Rolin était mort à l’âge canonique de quatre-vingt-six ans ! C’était en hiver 1462, un triste jour de janvier. Tout le mois qui suivit, aux hospices, on n’entendit
plus que larmes et prières, car les malades autant que les sœurs avaient perdu leur bienfaiteur. On disait que Guigone était éperdue de chagrin. »

p 146 « Jehan Royer avait été recruté en tant qu’apothicaire tout simplement parce que son échoppe était située sur le pont aux Chèvres, près des hospices. Ainsi, il approvisionnait l’hôpital en substances de toutes sortes, et se chargeait de leur transformation
en remèdes. Un chirurgien-barbier, maitre Symon Magnien avait également été adjoint aux hospices, mais Balbine n’était pas attirée par sa profession. Décidément, elle préférait les plantes. »

DSC_6780 final mini

p 166 « Balbine recula vers la porte en bredouillant un remerciement et s’éloigna dans les couloirs d’un pas vif. Jamais elle n’avait éprouvé un tel bien-être. Il lui semblait qu’elle emportait avec elle une force nouvelle, assez grande pour effacer toutes les fatigues et tous les doutes.
D’où lui venait-elle ? Peut-être devrait-elle s’en confesser au père spirituel pour l’avoir accueillie en elle, pour ne pas s’être dérobée aux regards de cet homme qui n’avait rien d’un prêtre ? »

p 169 « Depuis la mort de son père, en 1467, Charles le Téméraire était à la tête du duché de Bourgogne. Animé par de hautes ambitions, il désirait dans ses rêves les plus fous octroyer une couronne à son duché qu’il jugeait bien dérisoire. Mais en cette année 1470, Balbine
ne se doutait pas que l’accession de cet homme allait précipiter la chute de la Bourgogne. »

DSC_6774 final mini

p 224 « Jadis, Balbine lui avait laissé son carnet des simples. Jeanne avait ainsi mémorisé les usages des potions médicamenteuses, leurs bienfaits, leurs dangers, si bien qu’aujourd’hui elle était capable de retranscrire l’ouvrage dans sa totalité. A son inclination
pour l’exotisme et les voyages était venue se greffer cette ferveur envers les plantes médicinales. »

p 225 « C’en était fini de la grandeur bourguignonne. Après les règnes successifs des Valois, de Philippe le Hardi, de Jean sans Peur, de Philippe le Bon puis de Charles le Téméraire, d’un peu plus d’un siècle de souveraineté, de magnificence et de progrès, le désastreux siège de Nancy,
en 1477, donna lieu à une bataille sanglante, un vrai massacre pour l’armée du Duc de Bourgogne, décimée par celle du duc de Lorraine. »

Édition : Presse de la cité

Genre ; Roman historique

Publié en 2017