Vous n’aurez pas ma haine … Antoine Leiris

Vendredi 13 novembre 2015 Concert au Bataclan … L’imprévisible … la Barbarie … des vies basculent … la vie d’Antoine et Melvil vacillent et « s’écroulent » … Hélène ne rentrera pas !!!

Un témoignage … un appel … un cri ... d’un homme à la femme qu’il aime … d’un petit garçon à sa maman !!
p 63 « Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir,
vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a faits à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. »

Pendant 10 jours … après le drame … Antoine raconte sa détresse … celle de son fils … leurs tentatives pour rester debout et tenter de vivre avec ce grand vide …
Un objectif … Se régler telle un métronome sur le rythme de bébé … et avancer … p 69

Puis cette lettre de Melvil (17 mois) à sa maman le jour de l’enterrement …

Un témoignage bouleversant … mais d’une grande tendresse …

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p 15 « Attentat au Bataclan. »
Coupure son. Je n’entends plus dans ma poitrine que mon cœur qui tente de s’échapper. Ces deux mots résonnent dans ma tête comme un écho qui semble ne jamais vouloir se terminer. Une seconde
comme une année. Une année de silence, plantée là, dans mon canapé. Ce doit être une erreur. Je vérifie que c’est là qu’elle est allée, je peux me tromper, avoir oublié. Le concert est bien au Bataclan. Hélène est au Bataclan.« 

p 23 « J’attends, moi aussi. Une sentence. Quelques hommes en colère ont fait entendre leur verdict à coups d’armes automatiques. Pour nous, ce sera la perpétuité. Mais je ne le sais pas encore. On chante avant d’aller dormir.
On se dit qu’elle va passer la porte de la chambre et reprendre avec nous le dernier couplet. On se dit qu’on va bien finir par nous appeler. On se dit qu’on va bien finir par se réveiller.
Melvil s’est endormi. Le téléphone sonne. C’est la sœur d’Hélène.
« Antoine, je suis désolée … » »

p 30 « Je le colle contre mon corps, coincé entre mes jambes, pour qu’il me ressente, qu’il me comprenne. Il a passé neuf mois dans le ventre de sa mère à l’écouter vivre, son cœur battait le rythme de ses journées, ses mouvements
étaient un voyage, ses paroles la musique de sa vie naissante. Je veux qu’il entende, l’oreille collée à ma poitrine, ma voix lui dire mon chagrin, qu’il sente mes muscles tendus par la gravité de l’instant, que les battements de
mon cœur le rassurent, que la vie continuera. »

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p 28 C’est l’histoire d’une jolie coccinelle dans un merveilleux jardin. Tous les insectes qui y butinent admirent sa bonté. C’est la plus belle et le plus sage. … Mais un jour, cette petite coccinelle se pose par hasard sur le nez crochu d’une sorcière. »

p 39 « Peu de gens comprennent que je passe si vite sur les conditions dans lesquelles Hélène a été tuée. On me demande si j’ai oublié ou pardonné. Je ne pardonne rien, je n’oublie rien, je ne passe sur rien et surtout pas si vite.
Lorsque chacun sera retourné à sa vie, nous vivrons toujours avec. Cette histoire, ce sera notre histoire. La refuser serait se renier. Même si son corps osseux a la froideur d’un cadavre, son baiser le goût du sang encore chaud
et ce qu’elle me murmure à l’oreille la beauté glaçante d’un requiem funèbre, je dois l’embrasser. Je dois entrer dans cette histoire. »

p 63 « Je pensais que si un jour la lune disparaissait, la mer se retirerait pour qu’on ne la voie pas pleurer. Que les vents cesseraient de danser. Que le soleil ne voudrait plus se lever.
Il n’en est rien. Le monde continue de tourner, ... »

p 64 « Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. … Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours,
et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »

p 69 « Depuis vendredi, le seul maître du temps c’est Melvil. En chef d’orchestre, il rythme nos vies à la baguette. Les réveils, les repas, les siestes, les couchers. Qu’importent les heures,
il décide quand l’univers doit se lever, et je m’y plie pour que son monde reste intact. Tous les jours, je joue la même symphonie dont il est le métronome, prenant bien soin de respecter
chaque note. Lever. Câlin. Petit déjeuner. Jeux. Promenade. Musique. Déjeuner. Câlin. Dodo. Lever. Goûter. Promenade. Courses. Musique. Bain. Soins. Dîner. Histoires. Câlin. Dodo. »

Édition : Fayard

Genre : Récit

Publié en 2016

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