La Puissance de la Joie … Frédéric Lenoir

Un hymne à la joie … peut-être un peu trop spirituel
même si l’on ne découvre rien de vraiment nouveau … relire  ces paroles de sagesse … nous rappelle que le bonheur n’est peut être pas si loin …

Une « remise en mémoire » agréablesimple … et tranquille … qui peut donner envie de creuser un peu plus … la philosophie

Des références Spinoza, Dalaï Lama , Tchouang-tseu, Jésus, Nietzsche, Bergson, Socrate, Montaigne ….

Une petite référence à Christophe André... psychiatre … un des auteurs du livre « Trois amis en quête de sagesse » (voir article 2) … qui m’avait séduite par ses analyses … plus cartésiennes … plus scientifiquesmoins spirituelles

Frédéric Lenoir est un bel auteur … mais j’ai surtout été conquise par Nina et L’âme du monde … deux autres de ses livres …

p 49 « Nietzsche a aussi insisté, … sur le lien entre l’art et la joie. Il existe à cet égard chez Nietzsche une sorte d’esthétique de la joie : par l’acte créatif, l’art constitue
l’expérience privilégiée de la joie et nous offre le modèle d’une vie réussie qui consiste, à travers un processus permanent d’auto création, à faire de sa vie une œuvre d’art.« 

« J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant » Jacques Prévert

p 57 « Quand je me promène, mes sens sont en éveil, je guette un rayon de soleil dans un sous-bois, un mouvement de houle sur l’océan, une perspective qui s’ouvre au hasard d’une randonnée en montagne. Regarder, écouter,
toucher, sentir, goûter ; c’est avant tout ce qui prédispose à la joie, lui donne l’opportunité

d’advenir. »

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p 13 « Je tenterai de montrer, de manière très concrète, qu’il existe trois grandes voies d’accès à la joie. Tout d’abord, un chemin qui favorise son émergence à travers
des attitudes telles que l’attention et la présence, la confiance et l’ouverture du cœur, la gratuité, la bienveillance, la gratitude, la persévérance dans l’effort, le
lâcher-prise ou encore la jouissance du corps. Deux autres voies, ensuite, nous conduisent à expérimenter une joie plus durable : un chemin de déliaison, c’est-à-dire de
libération intérieure, qui nous permet de devenir de plus en plus nous-même et, inversement, un chemin de reliaison, d’amour, qui nous permet d’être accordés au monde
et aux autres de manière pleine et juste. »

p 22 « Deux siècles avant Aristote, en Inde cette fois, le Bouddha avait lui-même expérimenté les extrêmes avant d’en constater la vacuité. Avant de devenir un grand sage, Siddharta,
c’est son nom, était un prince qui s’étourdissait de plaisir, sans pour autant être heureux. Après avoir abandonné son titre, sa famille et ses biens, il a rejoint, dans les forêts du nord de
l’Inde, un groupe d’ascètes qui vivaient dans la mortification. Mais, après dix ans passés à leurs côtés, il a constaté qu’il n’était pas plus heureux. Ces deux expérience l’ont amené vers la « voie
du juste milieu », celle de la tempérance et de l’équilibre, qui est aussi source de bonheur. »

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p 23  » Être sage, c’est consentir à la vie et l’aimer comme elle est.C’est ne pas vouloir à tout prix transformer le monde selon ses propres désirs.C’est se
réjouir de ce qu’on a, de ce qui est là, sans toujours désirer davantage ou autre chose.
Cette belle formule attribuée à Saint Augustin le résume bien : « Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède déjà. » « 

p 67 « Ouvrir son cœur, c’est accepter de vivre dans une certaine vulnérabilité, accepter la possibilité de tout accueillir, y compris celle d’être blessé. C’est prendre
le risque de vivre pleinement. Or, nous préférons bien souvent nous cloisonner, nous protéger, nous contenter de survivre. »

p 88 « L’expérience taoïste du lâcher-prise nous met dans la joie du flux. En y consentant, on accepte d’accompagner le mouvement de la vie, d’épouser ses formes jaillissantes, parfois surprenantes. On accepte de prendre le risque de vivre en permanence déstabilisé.
Et si la vie ne suit pas le cours qu’on souhaiterait, peut-être avons-nous un message à en tirer ? »

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Portait de Denis Félix

p 106 « Une fois qu’on a compris qu’il est stupide et vain de vouloir être aimé par tout le monde, on est déchargé d’un grand poids. Et cela est valable dans toutes les situations
professionnelles. Quand un collègue ne nous apprécie pas, c’est son problème, pas le nôtre. Il a peut être des raisons justes ou injustes, légitimes,
peu importe ! Il est impossible de vivre dans la joie si l’on est en permanence dépendant de la critique ou des jugements des autres. »

On confond souvent indifférence et détachement.Le philosophe Nicolas Go l’analyse très justement :
 » Alors que l’indifférence est un laisser être par absence d’amour, le détachement est un lâcher-prise par excellence d’amour, amour sans possession. »

C e qui fait la valeur d’une vie n’est pas la quantité de choses que nous y avons accomplies, mais la qualité de présence qu’on aura placée dans chacune de nos actions.

Il nous faut réapprendre à voir, à toucher, à regarder, à sentir, mais aussi à ressentir intérieurement, à ne pas nous couper de nos émotions.Pour cela, il faut aussi savoir donner du temps aux choses.

Édition : Fayard

Genre : Essai philosophique

Publié en 2015

Le chat silence … Marie Murski

Un conte magnifique … où se mêle le désespoir … la détresse … le tourment … la violence « silencieuse » et « insinueuse » …
Une errance … un mal « morbide » qui ronge

Deux femmes … Fiona et Thérèse … deux écorchées vives … « ligotées » à leurs secrets !!
Une quête de vérité pas vraiment consciente … et sans doute la recherche d’une paix intérieure …

Et puis toutes ces histoires … d’escalier au fond de la pharmaciede lettre non reçue … de manèges …  de ventre qui s’arrondit … et PetitDo dans tout ça … avec ses bobos … ses sept peaux et ses égratignures !!

Et peut être … enfin … Pierre !! Sera t’il apaiser toutes les souffrances ? Apporter une note d’espoir ?

Un roman fort … et émouvant … d’une immense sensibilité

Une écriture subtile et sublime … tant elle nous transperce … et nous transporte
Un beau coup de cœur

« Sage-femme, l’auteure a entouré la naissance d’un enfant qu’elle n’a jamais oublié. Un petit inconnu dans la nuit.
Des années plus tard ce roman est écrit, et Fiona, l’héroïne, pose la question :
– C’est quoi un enfant monstre ?
Peut-il naitre, réussir à venir jusqu’à nous, et pourquoi ?
Peut-on l’aimer sans mesure ?
Cette interrogation fait frémir tout parent en devenir.
La réponse pourrait être : nul être humain ne vient pour rien sur la terre.« 

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Ses sept peaux … et ses égratignures  …

p 25 « Elle écoutait les mouettes crier dans la rue, fermait les yeux. Sa main se levait, atteignait sa nuque. Ses doigts prenaient place : les deux derniers
s’appuyaient sur le renflement osseux du crâne, tandis que le majeur opérait déjà sur la plaie. Un bien-être l’envahit quand la simple douleur apparut et qu’elle sentit le sang venir
sous son ongle. »

p 34 « Les réprimandes qu’elle s’adressait glissaient sur son visage, légères comme la pluie. Plus profond, provoquant un remous qui lui soulevait le cœur, elle pensait : « Ils
sont morts et maintenant, que deviennent les regards ? » Elle cherchait les regards, ceux qu’ils avaient à table ; celui de Fanny venait vite, très net, tandis que dans le visage de son père, elle ne trouvait
plus rien, ni chair, ni couleur, ni paroles, et ce vide penchait avec la tête, rejoignait les yeux qui glissaient jusqu’à s’évanouir eux aussi. Elle fouillait sa mémoire, tâtonnait, s’approchait une
seconde de la forme des yeux et s’égarait dans une foule de regards inconnus. Elle s’arrêta sur le trottoir. « Alors. Que deviennent les choses maintenant ? Que devient-on ? Rien. Le vide.
Comme avant. Et moi avec mes peaux … je continue, je blesse, j’écorche. Comme avant. Quel vide partout. Il faut que je parte d’ici. »

p 38 « La plaie de son ventre était brûlante. Elle posa sa main à plat dessus, pressa avec légèreté. … Elle sentait, sous sa paume, bomber cette chose informe qui voulait encore devenir sa peau malgré des
étages de chair déchirée et refermée vaille que vaille. Des langues de sang tâtonnant l’une vers l’autre, alvéoles suintantes laissées en attente puis oubliées dans la fièvre du but à atteindre. Avancée têtue des langues
cent fois désagrégées et arrachées par l’ongle, qui ne cédaient pas, qui, après un temps de souffle dans le désordre brûlant des restes de tissus, se rassemblaient, drainant au passage la moindre survivance, le
moindre battement. Puis, écrasées les unes contre les autres, se chevauchant sans merci, s’engouffraient dans le seul ruisselet possible afin d’atteindre le lieu de leur plénitude ; la peau, si infime soit-elle, à recommencer. »

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p 54 « Avez-vous vu les mouettes ? Elles marchent à présent dans la rue. Ne s’élèvent plus. C’est à cause du vent qui n’a pas de sens. Voulez-vous me dire d’où vient ce vent ? Je ne comprends plus rien. Mon ventre se remplit de douleur.
Je voudrais marcher comme les mouettes, au ras du bitume. Accrocher le sol comme elles. Et m’en tenir là. »

p 79 « PetitDo regardait sa peau se refaire. La peau avait poussé la blessure vers le dehors, vers un espace froid qui l’avait desséchée.
Étirée, fine, d’un rose pâle à reflets bleus, régnante, silencieuse, obstinée, la peau réorganisait ses étages. »

p 86 « – Quand même, si un manège devait avoir une odeur, ça pourrait bien être celle-là. Ni très propre, ni très sale.
Une odeur de dorures écaillées, avec des ritournelles et des légers tournis …« 

p 87 « – J’aime être ici avec vous. Des heures et des heures. Je suis ici comme à l’intérieur de moi-même. Comme dans une pensée à moi. ça ne dure qu’une seconde, une pensée. Ici, dans cette seconde,
on vogue toute la nuit. Nos ailes sont repliées, on n’a pas besoin de s’en servir, on n’y songe même pas. On est dans ma pensée, bien sagement mises, et c’est elle voyage.
Se peut-il qu’on attende quelque chose ? »

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p 128 « Des jours sans rien sentir et je me dis : Est-ce mort ? Depuis le temps que rien ne bouge … Non. Reviennent les minutes de mollesse, quelque chose qui voudrait devenir poing, qui s’affaisse, qui ne peut pas … Il a du mal à vivre
lui aussi. Il a sans doute un cœur qui bat. Et c’est là qu’est le problème : un cœur qui bat. Il en est des cœurs comme des machines. Savent-ils ce qui se passe autour ? Toute
cette misère ? Non, ils poursuivent, ils s’entêtent, ils battent sans compter. A moins qu’on ne les transperce … « 

p 185 « Alors qu’elle le lavait, il lui sembla voir une lueur différente dans son œil, elle le caressait comme le faisait l’épicière, elle huilait sa peau, la lueur revint.
« Un peu d’os tourmentés, pensait-elle, si peu de chair, trop de peau, tout de travers, démantibulé, désarticulé, disloqué, tout comme jeté là en désordre, comment peut-il ? »

http://www.leveilnormand.fr/2013/11/21/portrait-de-marie-murski-auteur-du-roman-le-chat-silence/

Première rencontre avec l’auteure … au salon du livre de Andé … en octobre 2015

Edition : Léandre

Genre : Roman

Publié en 2013

L’inspectrice perd la tête … Philippe Kauffmann

Un livre … un polar complétement déjanté !! teinté d’humour grinçant … de fatalisme et sans doute de réalisme !!

2035 … la France est devenu un état fédéral … Les États Unis D’Europe !!
On ne mange plus de porc ou de bœuf mais … des insectes !! Élevages intensifs !!
et toujours les chinois présents … et bien présents !!
La Tour Eiffel a aussi quitté le Champs de Mars … tout s’achète !!

Des noms « abracadantesque » …
Jean-Phyl Maypomp, Louis Khatorz, l’agent Labanda Basile, José-Pat Ledire, …

Des personnages néanmoins réalistes … une enquête « qui nous grignote l’esprit » … et un dénouement … et un dénouement ….. !!

Quel plaisir aussi de retrouver Frangipane … une inspectrice hors paire … qui a su trouver enfin un échappatoire à la gente masculine !!!
un livre plein d’humour et qui fait du bien … enfin presque !!!
et teintée d’une note « philosophique »
p 25 « Laisse – moi te confier un secret : on a tous deux vies … et la deuxième commence le jour où on réalise qu’on n’en a qu’une. »

A découvrir … A découvrir ……..

Et Autres épopées de Frangipane … « L’inspectrice à le nez fin »« L’inspectrice coince la bulle »

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p 13 «  »Moi capitaine je résoudrais toutes les enquêtes qui me seraient confiées. »
« Moi capitaine je …… »
« C’est bon, c’est bon, l’interrompit Louis Khatorz, en tout cas je constate que vous êtes la reine de l’anaphore. »
« L’âne à qui ? »
« L’anaphore, Frangipane, c’est une figure de style que vous maniez sans le savoir. »
« Et, c’est bien ça ? » »

p 17 « N’ayant pas d’affaire importante à traiter actuellement ils avaient été affectés à la surveillance des manifestations. Elles étaient de plus en plus nombreuses car bien
que l’Europe soit devenue fédérale depuis une décennie, la concurrence effrénée des nouveaux pays émergents africains mettait à mal l’économie de chaque pays et le
France n’y faisait pas exception. Quasiment tous les corps de métier étaient touchés. »

p 18  » – Les boulangers ont des problèmes croissants.
– Chez EDF les syndicats sont sous tension.
– Les éleveurs de chien sont aux abois.
– Les cheminots craignent pour leur train de vie.
– Les pédicures doivent travailler d’arrache-pied.
– Les vendeurs de pneus sont crevés.
– Les ambulanciers ruent dans les brancards.
– Les pêcheurs haussent le ton.
– Les marchands d’oiseaux se font de mouron.
– Les gynécologues sont au fond du trou.
– Les prostituées sont dans une mauvaise passe.
Bref la situation sociale est très tendue et le gouverneur de
l’état de France quasiment impuissant. Le président des états unis d’Europe, lui, affiche au contraire un optimisme qu’il tente de faire partager. En vain. »

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p 41 « Vous n’ignorez pas que demain le Gouverneur sera à Rouen pour une visite de trois jours, histoire d’inaugurer le douzième pont. »

p 76 « A la radio passait Justin Bieber qui, comme Franck Michaël au début du siècle, faisait le bonheur des troisième et quatrième âges. »
Dans sa boite boîte aux lettres elle avait trouvé en arrivant une offre d’abonnement à un club de lecture qui lui offrait en cadeau un premier livre. Elle ouvrit le petit carton et découvrit
le dernier roman de Philippe K. »

p 93  » « Ma femme s’appelait Isabelle Denuit. »
« Et alors … ? »
 » Ce nom ne vous dit rien ? Son père était le roi de la conserve. Vous n’avez jamais entendu parler des boîtes Denuit ? »

p 107 « Cet après-midi là elles burent concomitamment puis alternativement à la source de la vie. C’était doux, bon et chaud. Comme Frangipane manquait d’expérience Capucine guidait ses gestes. Elle n’avait jamais
connu une telle volupté. Cela pris du temps avant que le volcan ne se calme et que la lave ne se tarisse, après quoi elles sombrèrent ensemble dans la béatitude. C’était l’amour velours. »

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p 218 « En fait il s’était produit sur Paris au cours des derniers mois deux choses capitales : d’abord le Champ de Mars était vide car un homme d’affaires chinois s’était offert la tour
Eiffel. … La tour avait donc été démontée, transportée jusqu’à Shanghai et remontée sur place.
Or il se trouve que deux ans plus tôt, en juin 2033, Johnny Hallyday donnait un concert au stade de France pour son quatre-vingt-dixième anniversaire.
C’est au moment où il attaquait une de ses plus belles chansons « J’ai oublié de vivre » qu’il s’était écroulé sur scène … le dieu du rock avait rendu l’âme. ….
Une pétition circule pour que sa dépouille soit transférée au Panthéon mais l’assemblée refuse. Alors le lobby pro-Johnny ne lâche pas le morceau et après bien des tractations il obtient qu’on élève en lieu et
place de la tour une statue géante du rocker tant aimé. »

Première rencontre avec l’auteur … au salon du livre de Franqueville Saint Pierre … en Novembre 2014

Édition : Péca

Genre : Polar

Publié en 2015

Le silence d’Amarine …Carole Duplessy-Rousée

Un roman …
Une histoire de famille faite de secret … de trahison

et Béatrix au cœur de la tourmente
Un voyage dans le temps …au cœur de la guerre … de l’occupation …d’événements tragiques dont la rafle
du Vel D’Hiv
Des voyages à New York … en Corse

Des découvertes étonnantes et tragiques
Que de mystères ... dans les souvenirs d ‘Amarine … des paroles … des mots … des noms qui s’échappent sans aucune explication logique …. et puis le silence
ou elle replonge dans ce monde peuplé de fantômes !!

Des personnages attachantscomplexestroublés … et tous très présents dans l’histoire !!
Nath personnage déprimé et effacé … qui après bien des tourments retrouve gout à la vie et s’épanouit enfin grâce à sa peinture … et ses nouvelles amitiés
Clara sauvage, forte  et révoltée … qui s’apaise et se laisse « apprivoiser » …
Une belle histoire d’amour entre Béatrix et sa grand mère Amarine
Une relation conflictuelle entre Béatrix et Alban, son frère jumeau … Et si Alban en savait plus qu’il ne le prétend ??

Et ce collier … d’Où vient-il ??

Quel plaisir de se promener à Saint Vaast la Hougue, Tatihou, Barfleur, Cherbourg !!
p 320 « Il y a dans la Manche, des couleurs uniques !
– Il y a aussi du ciel gris et de la pluie, grogna Bob.
– C’est vrai mais, quand le soleil est là, la lumière est telle que ça rachète les mauvais jours. »

et enfin Un dénouement surprenant en deux temps … deux vérités qui se croisent et se rejoignent …

Un roman à découvrir ou il m’a néanmoins manqué un peu de rythme et de relief dans l’écriture !!

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p 25 « Un vent terrible soufflait sur le Cotentin et Béatrix fut giflée par une bourrasque lorsqu’elle descendit de la voiture. Elle releva le visage au lieu de le cacher dans son écharpe, souriant aux éléments,
les défiant de son regard sombre. Elle aimait cette violence dont le climat était capable en bord de mer. Cela ne l’effrayait pas. Bien au contraire. Elle communiait avec ces forces que l’homme ne pouvait dompter. La terre et le ciel partageaient sa colère. « 

p 70 « –Odile a déjà rencontré Sola, elle aussi ?
_ Bien sûr.
Odile et Clara connaissent Yardena ?
Les yeux de la vieille dame clignotèrent plusieurs fois de suite. Elle réfléchissait, parcourait son passé. Cela exigeait un effort considérable. Mais il y avait autre chose …
il y avait aussi de la peine.
– Non. Yardena est morte, il y a longtemps …
– Mais tu leur parles d’elle sans doute ?
Le regard d‘Amarine se perdit vers la fenêtre. Il était noyé de chagrin. Elle observa le jour qui déclinait puis baissa la tête. Elle posa sa main droite sur la gauche, caressa ses doigts, fit rouler son alliance qu’elle n’avait jamais quittée. La bague était trop
grande maintenant mais elle ne perdait pas. Ses articulations déformées empêchaient l’anneau de franchir la phalange.
– Je crois … oui, j’ai dû raconter cette histoire à Clara … »

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p 186 « Rue de Lancry, elle fit une halte dans une boulangerie et acheta du pain frais. Pour le diner, elle ferait des œufs à la coque ! Elle salivait déjà en imaginant les mouillettes tartinées de beurre qu’elle
plongerait dans le jaune de l’œuf légèrement salé. Elle avait appris à savourer des plaisirs sommaires … Ensuite, elle sortirait ses pinceaux. Elle avait en tête une idée qu’elle
voulait réaliser, en poser au plus vite les premiers traits … comme le musicien qui fredonne le début d’une mélodie et griffonne les notes initiales sur une partition … Elle avait déjà un titre pour cette
toile qui n’était encore que dans les cheminements de son esprit. »

p 214 « Elle n’écoutait plus qu’elle et son être qui se calmait doucement. Elle percevait les battements de son cœur, comme s’il revenait à la vie. Elle aurait pu s’endormir là, sur une banquette de cuir, entre deux tables, certaine
que le diable ne viendrait pas la troubler. Il ne la dérangerait plus. Ce soir, elle lui avait fermé sa porte. »

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p 343 « – N’allume pas la lumière surtout ! Maintenant ferme les yeux ! … ça y est ! Tu peux les ouvrir. D’où vient la nuit ?
Surpris par la question, Adrian sursauta, s’apprêtant à répondre qu’elle venait du ciel. Il sourit en contemplant les flots. La mer était déjà plus sombre que le ciel …
– Je n’avais jamais fait attention à cela, murmura-t-il, étonné.
Parce que tu n’en avais encore jamais pris le temps. « 

p 278 « Nath était radieuse. Elle paraissait avoir oublié ses angoisses. Durant ces derniers jours, elle avait été fébriles, inquiète, se posant mille questions sur cette exposition qui approchait,
qu’elle attendait et redoutait à la fois. La veille au soir, quand elle était venue accrocher les toiles, aidée par Bob, elle était gauche tant elle était tourmentée. Elle laissait tomber les crochets,
recommençait dis fois la même opération, tournait en rond sans être efficace. Bob l’avait contrainte à s’asseoir et il avait terminé de fixer les tableaux tandis qu’elle torturait ses doigts dont elle ne savait plus que faire. Il avait eu beau chanter, grimacer
comme un clown, lui répéter que tout irait comme sur des roulettes, elle ne s’était pas déridée ! »

Rencontre avec l’auteure au salon du livre d’Igoville … en Janvier 2016

Édition : Pigmalion

Genre : Roman

Publié en 2014

Des chauves-souris, des singes et des hommes … Paule Constant

Un conte satirique … empreint de fatalisme
Un village … une chauve-souris … une petite fille … Un grand singe … de jeunes garçons … une malédiction ?? de la sorcellerie ?? une épidémie ???

Un voyage au cœur de l’Afrique … au bord du fleuve Ebola … au sein de la tribu des Boutouls et des humanitaires … des religieuses …
un médecin … un sociologue … un interprète … pensant sauver des vies … dans ce décor de désolation

Des vies … des destins qui se croisent … Olympe, Agrippine, Virgile, Docteur Désir, sœur cimetière… Thomas … une errance pour tous …
une détermination qui s’effrite au cours du temps …
Des morts … une épidémie ? des phénomènes inexpliqués ? une campagne de vaccination … des manques de médicaments … de matériels …

l’auteure nous laisse réfléchir sur le bienfait de la présence occidentale en Afrique !!

Une belle écriture entre poésie et cynisme !!

Un conte ou pourquoi pas un thriller !! Avec une question … Quelle est la cause de tous ces morts ???

p 25 « Elles aiment à la même heure du jour se lever, nourrir les enfants, aller puiser l’eau, parler, parler pour écraser l’inconnu comme elles broient les graines avec leurs pilons, …
Elles permettent aux serpents de venir téter les vaches, aux vampires de saigner les troupeaux, aux caïmans de garder dans leur ventre le corps d’un enfant qui blanchit quand on le ramène à la vie.
Elles acceptent que des poissons violent les filles qui restent trop longtemps à laver leur linge sur le bord de la rivière, pour leur faire un enfant de lune aux yeux rouges, aux cheveux blancs. Mais
elles refusent qu’un étranger les pique avec une aiguille de fer pour leur inoculer une sorcellerie dont elles ne connaissent rien et dont elles n’ont pas l’antidote. »

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p 22 « Les gens qui ne voyagent pas racontent et inventent pour explorer un univers qu’ils ne connaissent pas. Ils lui donnent un commencement,
une fin et entre les deux tissent, chacun à sa façon, la toile du conte collectif. »

p 55 « Il y a toujours des césariennes le soir, expliqua la Sœur tourière. On a attendu toute la journée et on ne veut pas y passer la nuit. Vous savez ce qu’on dit, la nuit ne doit pas tomber deux fois
sur une femme qui accouche. »

p 56 « Les grands malades étaient envoyés à l’hôpital de brousse tenu avant la décolonisation par des médecins militaires et après, dans les hôpitaux de la capitale. Le
malade était convoyé dans des pirogues aux noms crépusculaires, Volonté de Dieu, Dieu est grand, Dieu sauve l’Afrique. Ceux qui le voyaient partir couché n’avaient pas grand espoir
de le voir revenir debout. »

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p 70 « … dans les années cinquante, la pensée coloniale abandonnait le paternalisme. Elle se voulait moderne et imaginait une politique de développement qui s’appuyait,
nouvelle méthode de coercition, sur la vaccination de masse. Contre l’indigène, on ne brandissait plus la pétoire mais la seringue. On lui promettait la santé et on le rendait malade.
L’empire était en pleine mégalomanie, la puissance médicale naissante confortait le politique … « 

p 89 « A la Mission, seules les Sœurs étaient enterrées, les nombreux défunts étaient emportés par leurs familles qui leur dispensaient des rites funéraires dans leurs villages.
Néanmoins le cimetière restait instructif. Aucune religieuse n’avait fait de vieux os. …
– Preuve, avança Agrippine, que les soignantes mourraient dans la même proportion que les soignés.
… – Le réservoir de virus, précisa Agrippine à l’intention de Virgile, se trouve chez les grands singes de la forêt. Les épidémies chez les singes précèdent généralement les épidémies humaines. »

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p 111 « Et pendant que les petites Sœurs procéderaient à la vaccination, Agrippine consulterait avec l’aide de Thomas. Elle verrait des malades si anciens qu’ils seraient
devenus la maladie, toute la maladie comme incrustée dans un corps dont elle s’était emparée et qu’elle ne lâcherait plus, moins pour en venir à bout et le tuer que pour
rester accrochée sur l’individu qui la transmettrait. Il n’y a rien que les maladies aiment tant que d’être transportées d’hôpital en hôpital mais quand elles n’en ont pas
l’occasion, de village en village. Elles ne sont pas contre les balades en forêt et les croisières en pirogue. Les maladies souffrent de solitude, un malade n’est pas assez.
Elles adorent les rêves-parties. »

p 119 « Bien sûr, partout où elle était allée, elle avait croisé des enfants merveilleux, seuls, malades, abandonnés ou simplement offerts par leur mère, les bras tendus.
Bien sûr, elle avait été tentée de les emporter, de les sauver, de les cacher. Et chaque fois, se raisonnant, au nom de quoi ? de la loi ? de ce qui se fait ou ne se fait pas, aussi ridicule et révoltant que les principes d’un guide de bonnes manières à l’usage des humanitaires,
elle les avait laissés dans l’entassement d’un orphelinat, seuls sur le trottoir, dans les bras d’une mère qui n’en pouvait plus, et dans le meilleur des cas au bord de la mort sur un lit d’hôpital dont le drap
leur servirait de linceul. »

http://www.franceinfo.fr/emission/le-livre-du-jour/2015-2016/le-livre-du-jour-2015-2016-du-09-05-2016-09-05-2016-06-57

Édition : Gallimard

Genre : Roman, Conte, Thriller

Publié en 2016

Le Balcon … Cécile Delile

Une belle histoire … autour de la célèbre toile … Le Balcon … de Manet.
La relation entre Édouard Manet et Berthe Morisot … tout en finesse … en subtilité … en suggestion …
Un peintre et son modèle … un maitre et son élève … un amant et sa maitresse ?     Une complicité et une passion

Puis l’ ascension fulgurante de Berthe Morisot … la première femme peintre impressionniste

Un beau roman ou nous croisons aussi … de grands personnages … ZolaBaudelaireMonetRenoirFautin-Latour
Une plongée dans le monde des impressionnistes ... du café Guerbois … des conversations d’artistes … des rancœurs … des jalousies
on découvre la grande amitié qui unissait Manet et Baudelaire

L’amour et la complicité de Berthe Morisot pour sa sœur Edma !!

Du plaisir et de la poésie … ou l’on se laisse porter au gré des pages dans le monde « enchanteur » et incompris
des débuts de l’impressionnisme

Une écriture fluide, poétique et envoutante

Un magnifique roman à découvrir

et qui m’a donné envie d’en savoir plus sur cette période … en faisant un tour à Giverny (76)  dans la maison
de Monet ou deux belles toiles de Berthe Morisot sont exposées (dans la chambre de Monet) … et d’aller découvrir l’exposition au Musée des Beaux-Arts de Rouen
sur « Manet, Renoir, Monet et Morisot …  » (jusqu’au 26 septembre 2016) …

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p 32 « Zola entra en soulevant son chapeau sous les applaudissements et les cris de ses amis.
La langue que parle Manet est une langue nouvelle, faite de simplicité et de justesse, vous n’avez qu’à suivre, dit-il avec éloquence.

p 49 « Soleil acide, ciel bleu, mer identique, quelques bateaux se reposent après la pêche animée du matin, dans le port de Lorient. C’est dans cette lumière froide et saturée qu’Edma
s’est installée pour poser, les nuages mouchetés assortis aux plis de sa robe. En face, Berthe aspire la mer, les odeurs, les voiles, les coques et les briques des murets.
Elle avale les formes avec une souplesse et une agilité qui l’étonnent elle-même, …
Elle retourne vite à sa palette, les bleus, les ocres se fondent à son désir et les noirs prennent vie miraculeusement au milieu de l’eau, entre les barques rangées comme des petits soldats.
Quelle belle journée ! »

Le balcon
« Le Balcon » de … Manet

p 66 « La musique de la rue était perceptible à travers la vitre, l’homme était en jaquette et la femme nue. La peau claire, le brun de sa chevelure, marquaient violemment sa présence au milieu des bouquets éparpillés.
Il fit tomber sa jaquette et le bruit du dehors laissa la place au mouvement de deux corps amoureux.
Berthe se rhabilla, elle rajusta les plis de sa robe, fit patiemment le tour de la pièce et se dirigea d’un souffle léger vers le sofa grenat? Les bras dépliés prête à s’envoler, le soulier pointé et le regard troublé, elle offrit au peintre l’éclat
de sa beauté. »

p 70 « Pourquoi lui cacher, Berthe chassait de son esprit tous ses embêtements, elle avait le don de transformer le réel dès qu’elle entrait dans une pièce et donnait à chacun l’envie violente de lui appartenir. Peu
d’êtres en sont capables, seul ce tendre Baudelaire à travers la force de leur amitié l’avait autant touché, dans la « décrépitude » de son art comme dans son intimité.
Il était mort en septembre et Berthe était apparue quelques semaines après, comme si la lumière de cet ami avait resurgi sous sa robe. Baudelaire et femme à la fois, voilà ce qu’il aimait chez elle. »

Le repos Berthe Morisot par Manet
« Le repos » … Berthe Morisot de … Manet

p 75 « Finir un tableau est toujours un moment qu’il attend avec impatience et qu’il redoute aussi. Il panique, ses mains transpirent, son souffle s’accélère, son visage se crispe, débordé par un insatiable désir de perfection et perdu
dans sa passion. C’est comme si tout était à recommencer à la prochaine toile, une immense vague balayant les formes, les objets et laissant le vide ressurgir jusqu’au moment où la couleur renaîtra de sa main. Le charme
de la peinture n’est-il pas fait d’indécision et d’hésitation ? Sans la beauté de Berthe aurait-il goûté à ce double enchantement ? »

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p 87 « Le modèle est nu et la toile est vide. Berthe s’est déshabillée sans réfléchir dans un geste pressé pour le suivre, lui appartenir, que son regard la pénètre des pieds jusqu’à la chevelure. Elle attend impatiente,
quelques gouttelettes glissent sur son front et sa cheville tremble, mais elle garde la pose assise sur le tabouret de l’atelier. »

p 134 « – Vous semblez accablée mon cher, pourtant les Tuileries sont si gaies ce matin.
– C’est Baudelaire, la musique me rappelle sa compagnie et ses douces paroles. Il aimait cet endroit où nous discutions autour des tables rondes pendant des heures. Enivrez-vous mon ami, me disait-il, «  Il faut être
toujours ivre, tout est là, c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve … De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise mais enivrez-vous ! »
– Vous l’avez peint ici, cherchez bien derrière les buissons, vous allez le trouver. Je sais qu’il n’est pas loin. »

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« Une femme à la toilette » de … Berthe Morisot

http://www.ouest-france.fr/bretagne/becherel-35190/portrait-de-femme-le-balcon-de-cecile-delile-4126107

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Éditions du petit Pavé

Genre : Roman

Publié en 2015

La plume de ma vie … Anne-M’Harry

Un Témoignage grave, poignant et touchant ! Une émotion à fleur de peau !
Une enfance saccagée … un début de vie cauchemardesque … avec un père, un « géniteur » destructeur … et dévastateur !

Un parcours « au milieu » .. des services sociaux … des gendarmes …
Un destin torturé … néanmoins jalonné de belles rencontresun papy et une mamie … une « sœur de cœur » … des éducateurs … Un professeur …

Une écriture fluide et agréable en début de livre … malheureusement plus « précipitée » en fin de livre !!
Les évènements se précipitent et le récit devient un peu moins précis !!
De très Belles Illustrations que l’on découvre au fil des pages …

Un Témoignage saisissant de Vérité

Une vie au bord du précipice !!!!

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p 17  » Et si ...
Et si j’avais eu une enfance dite »normale », vivre dans l’insouciance en laissant glisser les jours heureux. Accueillir mon père les bras ouverts en courant vers lui « Papa !!! » …
Et si j’avais été tout simplement aimée
On n’y pense pas mais l’amour c’est important pour un enfant, c’est la base d’une vie. Se sentir protégé, rassuré, consolé, épaulé, écouté, bref, des petites choses de tous
les jours si banales et pourtant si importantes.
« Et si j’avais eu des copines qui venaient à la maison pour jouer avec moi, partager mon gâteau d’anniversaire … » oups ! Mes mots d’enfance s’échappent de ma plume.
Et si ...
Et si mon enfance avait été comme cela, serais-je qui je suis ?
Aurais-je mon recul pour vous écrire ?
Aurais-je ma sensibilité ?
Nul ne le sait …
Et si ...
Avec des « si » je réécrirais mon histoire tout en gardant mon savoir, je profiterais de ces instants d’insouciance, de rires, de joies et surtout d’amour … »

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p 19 « Roger et Henriette ont changé ma vie ; enfin j’avais un papy et une mamie qui m’aimaient, je n’étais plus seule, je pouvais compter sur quelqu’un. Une complicité était née entre nous au plus grand bonheur de Maman.
Après ma journée d’école, je partais chez Henriette pour faire mes devoirs, mon goûter m’attendait à table, c’était tout simple, un petit pain au lait, trois bonbons de couleurs pour les yeux et le nez et deux gâteaux en guise d’oreilles.
Je n’avais jamais eu un quatre heures original, une souris faite maison avec un bol de chocolat.« 

p 31 « Mme Ball (professeur au collège) avait signalé ma détresse aux services sociaux, ce qui n’arrangeait rien puisque mon tendre père disait que je faisais cela pour faire mon intéressante. …
L’année scolaire recommença au collège … et je n’avais plus ma prof en cours, ça me rendait triste. A mon avis, elle a dû se sentir trop investie par mon cas et avait voulu se protéger en m’éloignant, chose que je comprends maintenant. A cette
époque je ne comprenais pas et je me sentais abandonnée …. « 

p 28 « Le lendemain matin, je me levai difficilement, j’avais des douleurs de partout. On m’accusait d’avoir frappé Maman, j’étais sur le « cul » car la veille on m’accusait d’avoir caché une bouillotte….Plus rien n’était
comme avant, entre le cousin qui me violait et le géniteur qui me tabassait, je me murais dans mon silence. Je ne voulus plus parler à personne ... »

p 41 « Au début je croyais que j’étais juste abusée, or lors d’un reportage télé sur le sujet, je compris que j’étais victime de viols. Les gendarmes ont effectué une enquête … Lors de mon audition, j’ai été filmée car j’étais mineure ;
sur la vidéo je décrivais mon calvaire, les détails, les lieux. Bref tout …
La gynécologue avait constaté que mon hymen avait été arraché et que j’avais une longue cicatrice suite à un déchirement vaginal. On était accompagné par une gendarme et maladroitement,
Maman avait dit : »Ah, c’est vrai quand même ! ». Sur le coup cela m’avait vexée car je croyais qu’elle doutait toujours de ma parole. »

p 61 « Un soir, en revenant du poulailler, je vis Maman arriver en pleurs de la laiterie. Sur le coup je me demandai ce qu’elle avait et je courus vers elle afin de savoir ce qui c’était passé.
Le fou l’avait poussée violemment dans le caniveau, elle était tombée et avait failli heurter de la tête une barre de fer. Ce soir-là Maman avait vraiment eu peur pour sa vie. Elle me dit : « je ne sais pas ce qui lui a pris … il devient fou ! »
Je ne savais pas comment la consoler, j’étais partagée entre peine et colère. »

Genre : Témoignage

Publié en 2016