Le Gendre Idéal … Gilles Delabie

Dès les premières pages nous sommes happés par cette ambiance … par ce saut dans le temps !!
Les années 60 … la guerre d’Algérie, enfin, les « événements » d’Algérie !! (p 30)
Ces « événements » vu de la Normandie, de Rouen puis … en parallèle tous ces meurtres qui s’enchaînent …

On se laisse embarquer par une écriture pertinente et vive
Un récit ou les protagonistes s’entrechoquent … et se percutent !!
Un monde où l’on se remet tout doucement de la grande guerre … où les « Boches » sont encore bien présents dans les esprits !!
Une « balade » entre roman historique … « conflit » politique … et polar !!

Une « dénonciation » de la haine … de l’abject … de la bêtise humaine … du « patriotisme fou » … avec un brin de fatalisme !! ou de réalisme !??
Un livre fort qui bouscule les convictions …
avec un petit clin d’œil au « Radeau de la méduse » de Géricault !!

Quel vrai bonheur de retrouver le style très particulier de Gilles Delabie !!
Je me suis délectée de cette rage … et de cette indignation !!

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p 29 « Il s’était même mis à en bricoler tout seul du malheur, et du comme il faut. Son mariage avec Clémence par exemple … L’union de la bourgeoisie et du fonctionnaire.
Ce n’est pas beau l’amour des fois. Ça vous tire une de ces gueules. Trente-trois ans … Il y avait eu du malheur, mais c’est le pire qui les avait lessivés, essorés, achevés. Ils avaient dû rendre les armes avec un divorce de convenance.
Quelle importance ? Leur fils Marc était mort. Cette mort-là les avait contaminés. Elle pesait de tout son vide comme un souffle phtisique, un vent mauvais qui soufflait à tous les points cardinaux de leur existence, il leur fallait se maintenir, s’accrocher
au pont, coûte que coûte. Pour Marianne leur fille, qui tissait son fil invisible, ultime cordon les rattachant à un quotidien pas trop bancal. Elle leur épargnait le désastre. »

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p 30 « Si la vie n’était pas toujours de la tarte, on se dépêchait, malgré tout d’éliminer les convives qui réclamaient leur part. Et quand il y avait trop de clients devant la pâtisserie, on faisait de la guerre pour préserver la vitrine … Gros
ou demi-gros, dans l’abattage, faut que ça débite. Sauf qu’aujourd’hui, on nommait ça autrement … Comment appelaient-ils cela déjà ? Ah oui ! Des « événements »! Les mômes partaient faire deux ou trois ans d’événements, là-bas, dans la France de derrière la Méditerranée.
On y mourrait tout pareil que quand ça s’appelait guerre, sauf que c’était pas de la guerre vu que c’étaient des « événements » … ou bien du « maintien de la paix« . Parfait ! Épatant ! Avec « maintien de la paix », on appréciait le sens salutaire de la mission,
dans l’esprit garde-champêtre oriental. C’était plus rassurant. Et puis … on conservait le côté boy-scout de l’expédition. Si le projet paraissait ludique pour les générations d’anciens troufions « qui en avaient bavé pour de vrai », il demeurait instructif pour
leurs fistons, dans le registre « les voyages forment la jeunesse …« . Ah oui! Une sacrée aventure qu’on leur avait organisée à nos jeunots ! »

p 41 « Aussi braves soient-ils, les homosexuels ne pouvaient prétendre à une existence paisible. » … « On pouvait les rejeter, les bannir, les moquer, les déporter, les interner, avec une bonne conscience, non dénuée d’un certain
humanisme -humanisme pétri de morale chrétienne et de rigueur scientifique.
D’éminents psychiatres décrivaient, avec grande précision, les tares psychiques responsables de leur déviance. Si le diagnostic était établi, le traitement restait à pourvoir. Le mariage était à l’évidence le meilleur remède. Le Petit séminaire s’avérait également curatif. »
… « Ces désaxés devaient songer à ne pas entacher la réputation de leurs proches, la morale l’exigeait. Dans leur grande majorité, tous s’y employaient. Il fallait leur reconnaître cette qualité : les pédérastes demeuraient des êtres éminemment sensibles. Fussent-ils sujets
à tous les calembours, moqueries et autres railleries ... Car le rire est le propre de l’homme, n’est-ce pas ? Ils n’en demeuraient pas moins forts discrets. Des « vieux garçons » inoffensifs. »

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p 115 « Legendre abandonnait sa posture de directeur. Sous son costume amidonné, son ton devint presque humain, de cette humanité dont sont dépourvus pics et sommets de toute hiérarchie.
Il faut qu’il soit fou … Comprenez-vous ? La police se doit d’appréhender un aliéné, ce qu’il est d’ailleurs. Si possible en douceur, mais au grand jour … Ainsi le public en sera informé comme il convient.
– Comme il convient …
– Je ne vais pas vous apprendre la vie, Bouvier ! Lorsqu’on a de la merde jusqu’au cou, le problème n’est pas de savoir qui vient de chier, mais de vidanger proprement …
Legendre devenait poète.
– Torcher le cul de la République a toujours été notre affaire …, ajouta Bouvier.
L‘allégorie n’était décidément pas le fort de la Maison.
– Officiellement, un de nos hommes a perdu les pédales et il convient à nos services de faire le nécessaire.
– Je comprends … »

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p 311 « – Sauf que là, c’est nous les Boches ! C’est moi ! Ce sont mes hommes … On applique les mêmes méthodes pour tous ces bougnoules … Ce ne sont pas des tendres non plus, vous savez … Ils ont tué mon fils à petit feu; lorsqu’on l’a retrouvé,
il ne pesait pas plus de trente kilos et son corps était couvert de plaies. L’armée a fait sceller son cercueil par égard pour sa mère. Oui, ils sont comme ça les Arabes, durs et sournois. Au fond d’eux, ils ne pensent qu’à nous crever …
Jeunes ou vieux, le bonhomme et sa moukère, ils n’ont que la haine dans la peau …
Il faut dire qu’on ne s’est pas toujours bien comportés … Quand on a eu besoin d’eux sur le front, on était bien contents qu’ils se prennent du plomb à notre place et il paraît que ce n’étaient pas les plus dégonflés … Mais c’est une sale race, je peux vous le dire …
Entre eux aussi, ils se comportent comme des rats… »

Edition : Cogito

Publié en 2018 

Genre : Polar 

Illustration Nicolas Koch 2018/ Fotolia

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Le frisson de l’ange … Céline Ruquiet Gaudriot

Un polar qui nous transporte en Normandie
Un début de livre où l’auteure plante le décor, tisse l’intrigue !!
L’enquête progresse, nous sommes tout de suite embarqués, il règne néanmoins un sentiment de « distance », une enquête presque sans état d’âme, les sentiments … semblent futiles !!
C’est précis, concis et efficace
Puis les sentiments, les sensations apparaissent … avec subtilité !!
Aurais-je « décrypté » l’univers … de l’auteure ?

L’écriture est fluide … subtile avec, juste une pointe de poésie savamment dosée … où les personnages, les relations humaines y sont dépeint avec « parcimonie »
Le rythme est soutenu … l’ intrigue est très bien ficelée, on est happé par cette ambiance où rôde,  un secret de famille bien étrange ??

On découvre aussi avec fascination, Sotteville les Rouen …son histoire … son château … son marché , cette micro société avec ses codes …

Une belle surprise littéraire !!

Un polar entre finesse et efficacité !!

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p 24 « Cécile regarde par la fenêtre, ses yeux sont rivés sur le bal d’un oiseau qui tournoie dans le ciel, un goéland peut-être, un goéland venu du Havre et
qui continue sa course vers Paris. Tous les éléments de l’enquête sont là dans sa tête et ses yeux vagues cherchent une piste dans le ciel blanc de ce mois d’avril :
un homme roux qui ne l’était pas, un homme malade qui marche alors qu’il ne le devrait pas, un mot, un prénom, Masséo, qui ne fait référence à rien, du plomb, un
minuscule pavé de céramique bardé de signes runiques … et un homme qui se meurt …« 

p 33 « Le lieu est fascinant, on a l’impression de plonger dans des temps reculés, voire même dans un monde décalé et fantastiques. C’est le noir absolu, le
faisceau de la lampe torche balaie les parois creusées il y a plus de 500 ans. Certains silex qui affleurent sont comme des gargouilles grimaçantes.
Ce qui surprend le plus, c’est le silence, un silence humide et profond, rien ne bouge. Tobbias se sent entouré par des présences anciennes qui se révèlent à lui grâce aux mots gravés sur les parois … »

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p 49 « Un quartier sur un marché, c’est une zone délimitée par les étals, une sorte de micro société qui se crée au fil du temps. Les commerçants s’inventent une nouvelle famille
composée des proches voisins d’étal. Et, plus on s’éloigne de son étal, plus on sort du cœur de son quartier, moins l’on se sent chez soi, même si des fils sont tendus entre différents quartiers. »

p 66 « Je sais, affirme Cécile, c’est l’ancien parc des Marettes dont une partie est occupée maintenant par le Bois de la Garenne. Regarde, on voit le château ici, il a été détruit en 1961, je le sais car c’est l’année de mariage de mes parents.
ça a été quelque chose à l’époque, je crois. Et la place de l’Hôtel de ville date de cette époque, tu vois le château était en bas vers la rue Garibaldi. Le magnifique parc arboré autour de la bâtisse faisait vingt-huit hectares au XVIIe,
au moment de sa construction. Je ne sais pas si tu te souviens, mais on a abattu en 2011 un platane sur la place car il était attaqué par un champignon. Eh bien, cet arbre faisait partie du parc ! »

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p 83 « Maman est née en 1932 à Sotteville. Ses parents tenaient une boutique, place de l’ancienne mairie. Elle me racontait qu’elle adorait aider les commerçants à installer leur étal les jours de marché, en échange d’une pièce. Elle aimait
l’ambiance et l’effervescence qui s’en dégageaient. Puis, vint la guerre, avec son lot de destructions, de peur, de flammes, de trahisons et de misère. Sotteville a été gravement touchée, les bombardements dans la nuit du 18 au 19 avril 1944 furent les
plus terribles. La ville était méconnaissable, la place n’était plus qu’un trou béant, la maison de Jeanine a été complètement soufflée. »

p 125 « Il lève sa main droite, celle qui n’est pas en contact avec Cécile et l’avance vers le visage de la lionne dans ses draps blancs. Il replace une petit mèche qui tombe sur son front et en profite pour lui caresser graduellement la joue.
Il sent la délicate carnation de sa peau, elle frémit sous ses doigts. Cécile ferme les yeux. Ce geste ne dure que quelques instants, l’un et l’autre en savourent chaque millisecondes. Un long picotement les transperce de là où leur peau
se touche jusque vers leur ventre, il y surgit une volée d’étincelles ... »

Edition : Yübi

Publié en 2017

Genre : Polar

Illustration couverture : Céline Ruquier Gaudriot

La Princesse Elodie De Zébrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi … de Pierre Thiry

Je découvre avec plaisir l’univers de Pierre Thiry … un univers qui invitent à la rêverie ...

Une plongée délicieuse dans un monde enchanté et féerique … l’histoire d’une princesse rêveuse et de son chien, Augustin espiègle et attachant
Un monde où les vagues murmurent … les cailloux restent silencieux … les robes grattent … les vaches se mettent en colère … et où les sirènes chantent avec merveille !!
Un livre « interactif » … où nos jeunes lecteurs y apportent leur touche colorée
Un joli conte plein de poésied’espièglerie et de rencontres insolites et où l’écriture ondule au fil des pages …
Tous les « ingrédients » se mélangent avec délice pour plaire à nos jeunes lecteurs …

Mais Y a t’il un message derrière ce joli conte ?

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« Elodie de Zébrazur était une petite princesse. Elle habitait dans un joli château entre la mer et la forêt. De la fenêtre de sa chambre on voyait la mer. De la porte-fenêtre on voyait se dresser la forêt
avec de grands arbres. Ils se balançaient parfois un peu lorsque le vent soufflait mais ils restaient immobiles et silencieux pour apporter leur ombre rafraîchissante quand le soleil brillait. »

Les belles illustrations de Samar et Hani Khzam

« Au bord de la mer, Augustin, le chien qui faisait n’importe quoi était un peu plus sage. Mais il essayait quand même de faire n’importe quoi. Il aboyait contre les vagues.
Mais les vagues n’avaient pas peur du tout. Elles avançaient et reculaient avec majesté en chantant le chant que chantent les vagues. »

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Ce spectacle était même extraordinaire lorsqu’on prenait le temps de le regarder, car dans l’océan qui faisait face à cette plage, il se passait des choses surprenantes que très peu de gens savent car ils n’ont pas lu ce livre.

Edition : BoD

Genre : Album enfant

Illustrations : Samar et Hani KHzam

 

 

Les Amants de l’été 44 … Karine Lebert

Un roman d’amour … un roman historique … une épopée familiale

Au fil des pages … Un vrai plaisir de passer d’une époque à l’autre … 19442000 et de
suivre le déroulement d’une même histoire à travers deux personnages différents, liés par le sang …
L’une se raconte, l’autre est en quêtePhilippine et Gemma

On y découvre un pan de l’histoire, l’après-guerre et « l’occupation » américaine !! Les GI’s pas toujours respectueux et bienveillants !!
La famine … la misère dans les villages Normands. Une vie d’après guerre rude et faites de désillusions
Puis ces femmes normandes éprisent et mariées à des GI’s, les « war brides« . Trouveront elles le bonheur ?? Partiront elles en Amérique ??

Une écriture agréablejuste … et envoûtante … avec des personnages attachants, forts et « vivants » …
Un rythme rapide, enthousiasmant et un récit qui nous embarque dans une autre époque … où les secrets et les non dit sont tenaces !!

J’ai adoré me laisser bercer au rythme de ces deux femmes … de découvrir la Normandie à travers leurs regards …
un vrai bonheur teinté néanmoins de frustration en constatant que la suite serait dans le Tome 2 !!!
Un joli coup de cœur …

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p 12 « Des jeunes femmes passèrent devant eux avec des poussettes ; elles se dirigeaient vers les jeux d’enfants où elles s’installeraient sur des bancs pour discuter de
problèmes étrangers à l’univers de Gemma. Elle ne les enviait pas : comment pouvait-on se satisfaire d’être uniquement mère et épouse ?« 

p 64 « Nous sortons peu, repliées sur notre peine silencieuse. Je refuse de prêter attention aux règlements de comptes qui s’opèrent dans le village sinistré : les femmes tondues, les vengeances personnelles,
justifiées ou pas. Je me contente de parcourir le premier numéro du Pays d’Auge qui parait le 2 septembre : « Le capitaine de service de la sécurité anglaise interdit formellement que des sanctions soient prises contre les
femmes susceptibles d’avoir eu des complaisances envers les Allemands. Seules les autorités anglaises et la gendarmerie française ont qualité pour répression. » »

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p 225 « Décidément, la Normandie recelait des lieux d’exception ! Gemma ne s’attendait pas à découvrir un patrimoine aussi pittoresque en arrivant à Barfleur, lieu classé comme l’un des « plus beaux villages de France« . Face au petit port
de pêche, les maisons en granit s’alignaient. Tout en pestant pour trouver une place de stationnement, la jeune femme longea une église qui lui parut curieuse avec son clocher sans flèche.
A son sommet, flottait le drapeau normand. En sortant de sa voiture elle huma avec plaisir l’air marin puis se dirigea vers l’église Saint-Nicolas située tout au bout du village. On l’aurait presque cru fortifiée. »

p 95 « Mon père n’est pas saoul comme certains GI’s le croient, il est furieux et désespéré. Il a prononcé chevinguegomme. Pourtant, ni ma mère ni moi n’avons envie de rire. Nous sommes bouleversées.
J’ai appris qu’on a distribué aux GI’s un manuel dans lequel les Normands sont décrits comme « réservés et taciturnes ». Ils doivent penser que mon père a des origines méditerranéennes pour se montrer aussi expansif et même vindicatif ! »

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p 143 « Dans tout le pays, l’état de grâce qui a suivi la libération s’essouffle. Les Français ont faim et soif, l’économie est au point mort. Les gens manquent de tout : de blé, de beurre, de viande, de charbon, de vêtements …
J’ai lu dans Le Pays d’Auge le témoignage d’une Rouennaise disant qu’elle souffre davantage de la faim aujourd’hui que durant l’occupation. Il y a des manifestations et même des pillages à Marseille, à Paris et à Lyon.
A la campagne, la situation est moins pénible, surtout pour ceux, comme nous, auxquels les Américains apportent leur aide. Mais il y a quand même trop de différences entre les Normands et les Alliés.
Partout règnent un sentiment d’injustice et de la rancœur.
– Une seconde occupation nous prend en otage, déclare mon oncle Henri. »

p 197 « Je sais aussi par Ethan que des tracts ont été lancés sur la ligne de front proposant aux Allemands de capituler contre des soins. Est-ce juste ou pas ? Pas pour les Français ! Des mots affreux
m’arrivent aux oreilles : plus de mille prostituées, des truands, arme au poing. Un trafic sans fin. Une ville livrée à la racaille. Des rues chaudes. Du sang sur le trottoir … Je voudrais me boucher les oreilles et hurler que ce n’est pas vrai.
Hélas, je sais qu’il y a une part de vérité dans ces plaintes. Beaucoup de GI’s ont un comportement déplorable. Mais Ethan n’appartient pas à cette catégorie. »

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Phare de Gatteville

p 263 « Les autres war brides, curieuses, bavardent, frémissantes de vie et de questions, se rassemblent autour de moi comme si j’étais la gardienne de leur troupeau d’oies. En effet, ça caquette fort. Je suis cependant conquise par leur évident bonheur d’être là. J’espère bientôt leur ressembler. »

Edition : Presse de la cité collection Terres de France

Genre : Roman historique

Publié en 2018

L’aigle et la mouette … Sophie Etienbled

Un polar à la « Julie Lescaut » … à la « Navarro« , »tranquille » mais Efficace !!
Un polar où le passé et le présent se croisent … se mélangent … s’imbriquent …

Des personnages troublants, instables et où les failles sont peut être liées au passé ??
Une balade dans Rouen … Une enquête en Normandie avec un meurtre « sordide » sur l’île Lacroix !!
Une équipe d’enquêteur attachante et dynamique !!

Une écriture fluide , très agréable et teintée de poésie
Des dialogues drôles et pertinents !!
Un rythme soutenu … une intrigue captivante et bien ficelée et un dénouement inattendu

Un joli polar « à la française » !! Une belle surprise …

A découvrir absolument !!

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p 25 « Elle court. Elle a peur. Elle a froid. Elle sent à peine les griffures sur ses jambes, sur ses bras qu’elle a relevés pour se protéger le visage. Les branches la fouettent, les racines la font trébucher, les herbes la blessent,
mais elle court. Elle a un nœud dans la gorge et ne parvient à émettre aucun son. Au creux de son ventre un poing serre ses entrailles. Elle court, elle perd l’équilibre, elle se relève, elle court.« 

p 44 « Il raccrocha, un sourire aux lèvres. La peur transpirait dans son souffle retenu. Elle n’osait plus parler quand il appelait maintenant.
Au début elle s’énervait, criait, quémandait une réponse. Puis elle s’était tue, dominant sa colère, mais pas sa peur qui palpitait. Palpable. Et lui, il jouissait. »

p 48 « Enfin le sang a été recueilli dans une bassine placée sous la gorge.
– ça me rappelle quand on tue le cochon dans mon village des Alpes, dit pensivement Béné. Y a plus que les vieux qui font encore ça.
C’est dégueulasse. Mais, eux, ils ne l’anesthésient pas le cochon, et vous n’pouvez pas savoir comme il gueule !
– Mais là, le tueur n’a pas pris le temps de faire le boudin.
T’es nul, Tim, avec tes plaisanteries à trois balles.
Humour, la belle ! Qu’est-ce que t’es susceptible dès qu’on parle de ton pays. Et puis, c’est toi qui as mis ça sur le tapis.
– On se recentre un peu sur la question, s’il vous plait, rappela Darras.
Jean reprit alors :
– Un autre truc étonnant; on dirait que le gars a eu une mèche de cheveux coupée sur le devant de la tête.
– ça, c’est plus du fétichisme que de la cuisine, ironisa Tim.
– Pourquoi pas de le sorcellerie tant que tu y es ? se gaussa Bénédicte. »

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p 26 « Elle cherche à se glisser dans le tronc, à s’en faire une couverture et elle se bouche les oreilles pour faire taire toutes ces vies inconnues qui l’assaillent par tous les pores.
Elle entend un moment encore l’agitation du monde nocturne qui hante le bois, puis sent qu’elle sombre dans une inconscience bénie. A travers le goulot étroit de sa gorge se fraie enfin un souffle pour le mot qu’elle retient depuis tant de temps : – Maman.

p 59 « Il l’écoutait, fasciné par le jeu de ses doigts qui accompagnait ses paroles. Ses mains voletaient et il était sous le charme même s’il n’était pas sûr de tout comprendre ; elle éclaté de rire devant ses yeux vagues. Alors
elle avait fait dévier la conversation, l’avait interrogé sur les rêves de sa jeunesse à lui et voilà qu’il s’était retrouvé à évoquer l’étrange fascination qu’il avait toujours ressentie face à la mer.
Les bateaux qui quittent les ports, confiant aux vents les rêves qui portent les marins vers des lointains qu’ils n’aborderont peut-être jamais. »

p 65 « – Ils ont fini par partir. J’ai attendu un bon bout de temps pour être certain qu’ils n’allaient pas revenir. Puis je suis sorti de ma couverture et je suis allé voir la petite. Elle bougeait pas, mais elle avait les yeux ouverts.
Elle a levé la main pour cacher son visage en me voyant, elle était terrorisée, mais elle a bien vu que je lui voulais pas de mal. Je l’ai aidée à se relever et elle est partie.
– Et c’est tout ? Béné restait médusée.
– Qu’est-ce que voulez de plus ? Si j’étais Zorro, ça se saurait ! L’était vivante, c’était déjà ça. »

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p 103 « – Enlevez-les, suggéra Mélaine rieuse, et faites comme moi pour ne pas tacher votre bas de pantalon. On va marcher un peu sur le sable. Savez-vous que Gide -qui entre parenthèses est venu à plusieurs reprises à Berneval
visiter son ami Oscar Wilde alors exilé, et oui, il y a eu du beau monde à l’époque ! – bref, Gide s’exclame dans les Nourritures terrestres : A quoi me sert de savoir que le sable des plages est chaud si je ne le sens pas sous mes pieds ?
C’est une pensée qui m’a toujours parlé. Ok, là c’est plutôt le froid qu’on sent, ajouta-t-elle avec une moue moqueuse, mais ensuite on est totalement revigoré. On goûte la sensation délicieuse d’être vivant. »

Edition : Les Editions du Bord du lot

Publié en 2016

Genre : Polar

Sales Guerres … Laura-Maï Gaveriaux

Un Reportage … un Témoignage … un Carnet de Bord
Il y a, en tout cas deux approches … deux visions dans ce livre !!

L »approche politique » … tout d’abord !!  
Avec La Turquie et  la montée de la « domination » du président Recep Tayyip Erdoğan. Son pouvoir … sa vision … ses actions …
Le conflit et le rapport de force entre l’Etat Turc et le PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan !!
Cette analyse détaillée nous permet de découvrir, plus en profondeur le conflit entre l’Etat Turc et le peuple Kurde, et ses origines !!
On y découvre donc LA grande REPORTERefficace et déterminée !! Un travail de journalisme pointu … organisé … affûté ou rien n’ai laissé au hasard !!

puis en parallèle

LA FEMME solitaire … libre … sensible … au cœur de l’action !!
Son quotidien … ses doutes … ses « rituels » … ses besoins de « repères » malgré tout !!
Ce lien très fort qui la lie à son père. Cet appel journalier comme un pont indispensable vers la France … un bref moment de « retour à la normalité » … p 257
Il y a aussi Tom, Son Ange Gardienp 165
Il y a des moments de doute !! Ne pas trouver le sujet … « le fil à tirer » avec la peur de se perdre !! p 65
Puis avancer sans penser à l’avenir proche … être toujours dans le moment présent !! p 92
Et Une obsession !! Garder son œil de journaliste … ne surtout pas devenir militante …

Enfin ce qui m’a touché est la vision de Laura-Maï sur ces femmes
De réels sentiments de tendressed’admiration … et de respectp 267 et 277

Une vie riche de rencontres !!

Un livre Fort et Enrichissant … à découvrir comme une ouverture sur le monde …

En conclusion de ma chronique … un simple extrait qui caractérise et décrit assez bien « le parcours » de Laura-Maï Gaveriaux …
un extrait d’Alice aux Pays des Merveilles ...
p 161 « «Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
— Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller, dit le Chat.
— Peu importe l’endroit, dit Alice.
— Dans ce cas, peu importe la route que tu prendras, répondit le Chat.
— … pourvu que j’arrive quelque part, ajouta Alice en guise d’explication.
Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps.»
Lewis Carroll,
Alice au pays des merveilles

Sales guerres

p 56 « « D’un mur à l’autre d’une rue, arqués ou arc-boutés, les
pieds poussant un mur et la tête s’appuyant à l’autre, les cadavres, noirs et gonflés, que je devais enjamber étaient tous palestiniens et libanais. Pour moi comme pour
ce qui restait de la population, la circulation à Chatila et à Sabra ressembla à un jeu de saute-mouton. Un enfant mort peut quelquefois bloquer les rues, elles sont si étroites,
presque minces et les morts si nombreux. Leur odeur est sans doute familière aux vieillards : elle ne m’incommodait pas. Mais que de mouches. »

p 65 « C’est pourtant ma manière habituelle de faire, me plonger pendant de longues semaines, vivre un quotidien et, quand je tombe dessus, tirer le fil. Le terrain
est premier, il impose le sujet, il définit l’angle. Mais cette fois, je suis allée en sens inverse. Excès de confiance ? Un peu de facilité, sûrement… Ça n’est
jamais très confortable de commencer par accepter de se perdre. »

p 76 « C’est de Diyarbakir qu’est partie la crise ayant mené à cette fameuse pétition des universitaires, et à leur ostracisation. Après que le processus de paix en
cours depuis 2013 entre l’État turc et le PKK a pâti du contexte régional, des tensions entre la population et la police ont mené, dans une dizaine de villes kurdes, à
de vastes « opérations antiterroristes », ainsi qualifiées par les autorités. La pétition dénonce leur violence, et le fait qu’elles visent indistinctement les civils – ce que les
auteurs qualifient, pour leur part, de « massacre » et de « déportations forcées ». Et puisque les signataires ont trop peur de me parler, je pars à la source du problème. »

 

 

J’ai eu le plaisir et l’honneur de pouvoir échanger et interwiever, en accompagnie de Fred Afdp, Laura-Maï Gaveriaux lors du salon « Edite-le … avec des livres » à Mesnil Esnard !
Une chronique donc très particulière pour moi … (photo Christian Pujol)

p 165 « Tom. C’est lui qui garde un œil sur moi quand je suis seule en vadrouille. Ancien militaire en « opex 1 », observateur des mouvements djihadistes, il a connu le terrain et il est super carré. Les règles sont simples :
quand je pars, je le préviens sur WhatsApp, et je lui donne l’itinéraire. Si la route est dangereuse, je lui envoie ma position toutes les heures, et je le sonne avant tous les checkpoints. Si je ne donne pas signe de vie au moment où je suis censée le faire, c’est lui
qui conserve un mail crypté avec les contacts d’urgence à activer : ceux qui, sur place, seraient les plus utiles pour aider à me retrouver ; l’ambassade ; mes correspondants au Quai d’Orsay. C’est un lien discret mais solide, qui conjure aussi l’isolement mental, inévitable.
M’adresser à quelqu’un et voir une réponse apparaître sur l’écran du portable, ça peut être assez décisif quand je me rappelle que je suis loin de chez moi, sans filet de sécurité. Ça aide à ne pas devenir dingue. En fait, Tom, c’est mon ange gardien. »

p 257 « Je commence par appeler mon père. Je l’appelle toujours à cette heure, en fin de journée, quand il est encore au travail. Et je parle beaucoup. Je crois qu’au fil des années, il a fini par mettre le téléphone sur haut-parleur
pour me laisser débiter tout en continuant de vaquer à ses occupations, entrecoupant mes tirades de quelques monosyllabes habiles … j’ai vraiment besoin de lui parler. Je lui raconte tout, je ne lui épargne presque rien. Je ne sais pas pourquoi j’éprouve le besoin de lui dire quand il y a des combats, quand je
me fais arrêter par les condés, ou quand je prends des risques. Il reste que c’est exactement le même besoin qui me fait aussi lui décrire les paysages incroyables que je vois, les gens merveilleux que je rencontre, et les plats dingues auxquels je goûte.
C’est peut-être une envie de partager les choses mais, plus fondamentalement, j’ai besoin de ces quelques minutes de normalité – une fille qui raconte sa journée à son père. Quant à lui, je crois qu’il se prête à ce rituel en vertu du contrat ; le contrat tacite
qui nous lie : « OK, je t’accompagne dans cette vie que tu as choisie, je te soutiens, je prends sur moi,mais toi, tu rentres. »

Laura et moi

Laura-Maï Gaveriaux et moi lors de l’interview – Photo Fred Afdp (Presse 30) 

p 267 « Yeni Cami / La mosquée neuve !! Je ne serai jamais religieuse. Mais, parfois, je me glisse près des femmes qui viennent prier, souvent à la mosquée d’Eminönü, parce que c’est une de mes préférées à Istanbul.
Je viens juste pour être avec ces femmes et les observer – surtout, croiser leur regard. Elles me voient là, assise avec elles, alors que je n’ai rien à y faire. Profane, gauche.
C’est d’une tendresse pudique qu’elles me regardent, quand leurs yeux rencontrent les miens. C’est qu’aussi je les trouve si belles et captivantes. Les jeunes ont de l’allure ; les plus âgées ont la nonchalance d’une vie déjà bien vécue, et comprise.
Elles sont tellement plus belles, concrètes, amusantes, espiègles et fières que tous ces tristes esprits ne pourront jamais l’imaginer. Sous les voiles, je vois du secret, de la tradition, de l’individualité. Et même quand elles posent le front sur leurs mains graciles,
contre le sol, je ne trouve rien qui porte ici le nom de soumission.
8 April 2016.«

p 277 « Facebook – Laura-Maï Gaveriaux (profil privé)
Je vais vous dire : il y a de beaux hommes dans le coin, mais il n’y a rien de plus magnétique que ces femmes passé minuit. Quand le serveur emmène la bouteille de raki, il la fait claquer sur la table ; ses yeux à elle se ferment
un peu, son allure se compose. Et cette femme, avec son port de tête qui dénote une impérieuse élégance, commence à chanter un air de méandres. Elle balance légèrement, son regard transperce le vide physique devant elle. Elle fume comme par provocation,
et ce n’est pas une posture. Elle se consume. Ça va de soi. Elle sait ce que donne la guerre : son père, son oncle ou son frère y sont morts. Elle pourrait y aller aussi. Les femmes de ce peuple ont appris à se battre – histoire de
prévoir, quand il n’y aura plus d’hommes. Tout se tient dans ce corps, rien ne se fige. C’est la nonchalance mêlée de fierté, qui séduit sans vouloir. Elle est plus que la séduction : elle est le sens et le frisson des chairs qui se livrent à leur mort prochaine.
Elle est la joie forcenée et la mélancolie obstinée.
Elle est très belle.
Elle est kurde, kurde d’Amed.
24 juin 2016″

https://editions-observatoire.com/content/Sales_guerres

p 292 « 30 juin 2016, Lice. Je m’appelle Hantas …. Pourquoi je devrais détester les Turcs ? Ces soldats, ces policiers, ce sont des êtres humains, comme nous. Ils sont pleurés par des gens, ils avaient des rêves, des sentiments. S’ils sont chez nous, aujourd’hui, à commettre
ces crimes, c’est parce qu’un système les y conduit. Haïr les hommes ne produit rien de bon. Ça ne fait que perpétuer la guerre et les mécanismes de domination. Il faut s’attaquer au système : il faut l’étudier, le connaître et
le changer. C’est la seule solution pour arrêter cette violence. La guerre est ce qu’elle est. La guerre, c’est tuer. Nous aussi, nous avons tué. Il n’y a pas de saints dans la guerre. Mais les Turcs ne sont pas mes ennemis. Si,
demain, chacun décide de rendre les armes, je viendrai déposer les miennes, celles de mon frère, celles de tout Lice, à leurs pieds. »

Rencontre avec l’auteure au salon du livre « Edite-le … avec des livres » à Mesnil Esnard (76) … le dimanche 8 Avril 2018 

Editions de L’Observatoires

Publié en 2018 

Genre : Reportage, Témoignage, Essais

 

 

La légende de Keylana … Christelle Muller

Une plongée dans un monde fantastique et « fantasmé » …
Une histoire de légende d’amour ?? Un combat … une quête ??
Que de questions …

On y découvre des personnages « surnaturels » et énigmatiques
Une belle écriture … fluide et agréable même si il m’a manqué un peu d’émotions … et de relief !!
Un rythme intense et mystérieux … où malheureusement on survole un peu les choses …
Je n’ai pas été complètement embarquée par le récit, sans doute du à cette histoire d’amour un peu trop « fleur bleue » mais qui devrait néanmoins
plaire aux jeunes lecteurs !!
J’ai par contre était fascinée par cette histoire de voyage à travers les livres !! Qui n’a pas rêvé de plonger dans son livre préféré ?
Un voyage séduisant … Un doux fantasme !!

Un « bonbon » littéraire où les mots tourbillonnent !! Un moment agréable où le temps reste suspendu …
Un roman fantastique à conseiller à nos jeunes lecteurs …

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p : 5 « Je m’appelle Keylana James et j’ai 21 ans. … Mon histoire était la même que celle de millions de filles de mon âge. J’habitais une petite ville de province, j’allais à l’université pour
étudier la littérature dans l’espoir d’ouvrir un jour une librairie, j’étais amoureuse d’un garçon et mon plus gros problème était de savoir s’il m’inviterait enfin à sortir avec lui.
Je vivais ma vie paisiblement dans l’insouciance, inconsciente des terribles choses qui se passaient tout à côté.
Tout bascula ce 15 juin 2011, jour de mes vingt et un an. »

p 29 « Sur la page, devant mes yeux ébahis, les mots s’animèrent. Les uns à la suite des autres telle une armée de soldats marchant au pas, ils se déplacèrent, doucement d’abord puis
de plus en plus vite, jusqu’à former un tourbillon de mots qui m’aspira. Prise dans cette folie et incapable de m’en échapper, j’étais malmenée, ballottée comme si je me trouvais dans le tambour d’une machine
à laver en plein essorage. Impossible de me raccrocher à quelque chose pour me stabiliser, je ne pouvais rien faire d’autre qu’attendre que ce cauchemar cesse. »

p 48 « Surprise, je bondis du siège et me précipitai à l’endroit exact où il se tenait quelques instants plus tôt. Plus aucune trace. Il s’était volatilisé et personne n’avait rien vu. Personne sauf moi.
Tout à coup, le pendentif vibra contre ma peau et la lumière se fit dans mon esprit. C’était l’homme que j’avais croisé lors du deuxième voyage, l’homme qui m’observait dans la rue bondée.
Et il en était un lui aussi.
Un voyageur … »

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p 59 « – Tu dois savoir que chaque livre est une porte d’entrée vers un nouveau monde et qu’ils sont tous reliés entre eux. Avec un peu d’entraînement, tu voyageras de l’un à l’autre, m’apprit Joshua.
– Que sont-ils ?
– Quand un écrivain écrit une histoire, il crée un monde. Il y a autant de mondes qu’il y a d’histoires, déclara-t-il.
Je ne pus réprimer un hoquet de surprise. Tous ces romans que j’avais dévorés étaient tous des mondes réels ? »

p 100 « Je me ruai sous la douche pour effacer l’odeur pestilentielle de cet endroit, et me lavai plusieurs fois tant elle persistait. J’étais terrorisée. J’avais bien compris qu’il y avait autant de
mondes que de romans, mais je n’avais pas saisi l’étendue de cette information. Je n’avais pas intégré que des monstres de ce genre pouvaient exister en chair et en os, et en 3D, et j’étais loin d’imaginer les créatures,
toutes plus horribles les unes que les autres, qui prenaient vie sous la plume des écrivains. »

p 129 « A l’intérieur, le BooksCafé était plus moderne que je ne l’avais pensé. Je m’étais imaginé un endroit sinistre, froid et peu agréable, je m’étais trompée. La droite du magasin abritait des rayons de livres comme dans
n’importe quelle bibliothèque et l’autre côté plus à gauche recouvrait la partie café avec le comptoir, quelques tables et des fauteuils dans lesquels j’aurais adoré me pelotonner. L’endroit était imprégné d’une
odeur faite d’un mélange de café et de vieux bois. Vraiment très sympathique … si l’on oubliait les voyageurs agressifs tout autour. »

Première rencontre avec l’auteure au salon du livre de Pierre (28) … Février 2018

Publié en 2017

Genre : Roman fantastique jeunesse