L’aigle et la mouette … Sophie Etienbled

Un polar à la « Julie Lescaut » … à la « Navarro« , »tranquille » mais Efficace !!
Un polar où le passé et le présent se croisent … se mélangent … s’imbriquent …

Des personnages troublants, instables et où les failles sont peut être liées au passé ??
Une balade dans Rouen … Une enquête en Normandie avec un meurtre « sordide » sur l’île Lacroix !!
Une équipe d’enquêteur attachante et dynamique !!

Une écriture fluide , très agréable et teintée de poésie
Des dialogues drôles et pertinents !!
Un rythme soutenu … une intrigue captivante et bien ficelée et un dénouement inattendu

Un joli polar « à la française » !! Une belle surprise …

A découvrir absolument !!

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p 25 « Elle court. Elle a peur. Elle a froid. Elle sent à peine les griffures sur ses jambes, sur ses bras qu’elle a relevés pour se protéger le visage. Les branches la fouettent, les racines la font trébucher, les herbes la blessent,
mais elle court. Elle a un nœud dans la gorge et ne parvient à émettre aucun son. Au creux de son ventre un poing serre ses entrailles. Elle court, elle perd l’équilibre, elle se relève, elle court.« 

p 44 « Il raccrocha, un sourire aux lèvres. La peur transpirait dans son souffle retenu. Elle n’osait plus parler quand il appelait maintenant.
Au début elle s’énervait, criait, quémandait une réponse. Puis elle s’était tue, dominant sa colère, mais pas sa peur qui palpitait. Palpable. Et lui, il jouissait. »

p 48 « Enfin le sang a été recueilli dans une bassine placée sous la gorge.
– ça me rappelle quand on tue le cochon dans mon village des Alpes, dit pensivement Béné. Y a plus que les vieux qui font encore ça.
C’est dégueulasse. Mais, eux, ils ne l’anesthésient pas le cochon, et vous n’pouvez pas savoir comme il gueule !
– Mais là, le tueur n’a pas pris le temps de faire le boudin.
T’es nul, Tim, avec tes plaisanteries à trois balles.
Humour, la belle ! Qu’est-ce que t’es susceptible dès qu’on parle de ton pays. Et puis, c’est toi qui as mis ça sur le tapis.
– On se recentre un peu sur la question, s’il vous plait, rappela Darras.
Jean reprit alors :
– Un autre truc étonnant; on dirait que le gars a eu une mèche de cheveux coupée sur le devant de la tête.
– ça, c’est plus du fétichisme que de la cuisine, ironisa Tim.
– Pourquoi pas de le sorcellerie tant que tu y es ? se gaussa Bénédicte. »

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p 26 « Elle cherche à se glisser dans le tronc, à s’en faire une couverture et elle se bouche les oreilles pour faire taire toutes ces vies inconnues qui l’assaillent par tous les pores.
Elle entend un moment encore l’agitation du monde nocturne qui hante le bois, puis sent qu’elle sombre dans une inconscience bénie. A travers le goulot étroit de sa gorge se fraie enfin un souffle pour le mot qu’elle retient depuis tant de temps : – Maman.

p 59 « Il l’écoutait, fasciné par le jeu de ses doigts qui accompagnait ses paroles. Ses mains voletaient et il était sous le charme même s’il n’était pas sûr de tout comprendre ; elle éclaté de rire devant ses yeux vagues. Alors
elle avait fait dévier la conversation, l’avait interrogé sur les rêves de sa jeunesse à lui et voilà qu’il s’était retrouvé à évoquer l’étrange fascination qu’il avait toujours ressentie face à la mer.
Les bateaux qui quittent les ports, confiant aux vents les rêves qui portent les marins vers des lointains qu’ils n’aborderont peut-être jamais. »

p 65 « – Ils ont fini par partir. J’ai attendu un bon bout de temps pour être certain qu’ils n’allaient pas revenir. Puis je suis sorti de ma couverture et je suis allé voir la petite. Elle bougeait pas, mais elle avait les yeux ouverts.
Elle a levé la main pour cacher son visage en me voyant, elle était terrorisée, mais elle a bien vu que je lui voulais pas de mal. Je l’ai aidée à se relever et elle est partie.
– Et c’est tout ? Béné restait médusée.
– Qu’est-ce que voulez de plus ? Si j’étais Zorro, ça se saurait ! L’était vivante, c’était déjà ça. »

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p 103 « – Enlevez-les, suggéra Mélaine rieuse, et faites comme moi pour ne pas tacher votre bas de pantalon. On va marcher un peu sur le sable. Savez-vous que Gide -qui entre parenthèses est venu à plusieurs reprises à Berneval
visiter son ami Oscar Wilde alors exilé, et oui, il y a eu du beau monde à l’époque ! – bref, Gide s’exclame dans les Nourritures terrestres : A quoi me sert de savoir que le sable des plages est chaud si je ne le sens pas sous mes pieds ?
C’est une pensée qui m’a toujours parlé. Ok, là c’est plutôt le froid qu’on sent, ajouta-t-elle avec une moue moqueuse, mais ensuite on est totalement revigoré. On goûte la sensation délicieuse d’être vivant. »

Edition : Les Editions du Bord du lot

Publié en 2016

Genre : Polar

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Sales Guerres … Laura-Maï Gaveriaux

Un Reportage … un Témoignage … un Carnet de Bord
Il y a, en tout cas deux approches … deux visions dans ce livre !!

L »approche politique » … tout d’abord !!  
Avec La Turquie et  la montée de la « domination » du président Recep Tayyip Erdoğan. Son pouvoir … sa vision … ses actions …
Le conflit et le rapport de force entre l’Etat Turc et le PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan !!
Cette analyse détaillée nous permet de découvrir, plus en profondeur le conflit entre l’Etat Turc et le peuple Kurde, et ses origines !!
On y découvre donc LA grande REPORTERefficace et déterminée !! Un travail de journalisme pointu … organisé … affûté ou rien n’ai laissé au hasard !!

puis en parallèle

LA FEMME solitaire … libre … sensible … au cœur de l’action !!
Son quotidien … ses doutes … ses « rituels » … ses besoins de « repères » malgré tout !!
Ce lien très fort qui la lie à son père. Cet appel journalier comme un pont indispensable vers la France … un bref moment de « retour à la normalité » … p 257
Il y a aussi Tom, Son Ange Gardienp 165
Il y a des moments de doute !! Ne pas trouver le sujet … « le fil à tirer » avec la peur de se perdre !! p 65
Puis avancer sans penser à l’avenir proche … être toujours dans le moment présent !! p 92
Et Une obsession !! Garder son œil de journaliste … ne surtout pas devenir militante …

Enfin ce qui m’a touché est la vision de Laura-Maï sur ces femmes
De réels sentiments de tendressed’admiration … et de respectp 267 et 277

Une vie riche de rencontres !!

Un livre Fort et Enrichissant … à découvrir comme une ouverture sur le monde …

En conclusion de ma chronique … un simple extrait qui caractérise et décrit assez bien « le parcours » de Laura-Maï Gaveriaux …
un extrait d’Alice aux Pays des Merveilles ...
p 161 « «Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
— Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller, dit le Chat.
— Peu importe l’endroit, dit Alice.
— Dans ce cas, peu importe la route que tu prendras, répondit le Chat.
— … pourvu que j’arrive quelque part, ajouta Alice en guise d’explication.
Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps.»
Lewis Carroll,
Alice au pays des merveilles

Sales guerres

p 56 « « D’un mur à l’autre d’une rue, arqués ou arc-boutés, les
pieds poussant un mur et la tête s’appuyant à l’autre, les cadavres, noirs et gonflés, que je devais enjamber étaient tous palestiniens et libanais. Pour moi comme pour
ce qui restait de la population, la circulation à Chatila et à Sabra ressembla à un jeu de saute-mouton. Un enfant mort peut quelquefois bloquer les rues, elles sont si étroites,
presque minces et les morts si nombreux. Leur odeur est sans doute familière aux vieillards : elle ne m’incommodait pas. Mais que de mouches. »

p 65 « C’est pourtant ma manière habituelle de faire, me plonger pendant de longues semaines, vivre un quotidien et, quand je tombe dessus, tirer le fil. Le terrain
est premier, il impose le sujet, il définit l’angle. Mais cette fois, je suis allée en sens inverse. Excès de confiance ? Un peu de facilité, sûrement… Ça n’est
jamais très confortable de commencer par accepter de se perdre. »

p 76 « C’est de Diyarbakir qu’est partie la crise ayant mené à cette fameuse pétition des universitaires, et à leur ostracisation. Après que le processus de paix en
cours depuis 2013 entre l’État turc et le PKK a pâti du contexte régional, des tensions entre la population et la police ont mené, dans une dizaine de villes kurdes, à
de vastes « opérations antiterroristes », ainsi qualifiées par les autorités. La pétition dénonce leur violence, et le fait qu’elles visent indistinctement les civils – ce que les
auteurs qualifient, pour leur part, de « massacre » et de « déportations forcées ». Et puisque les signataires ont trop peur de me parler, je pars à la source du problème. »

 

 

J’ai eu le plaisir et l’honneur de pouvoir échanger et interwiever, en accompagnie de Fred Afdp, Laura-Maï Gaveriaux lors du salon « Edite-le … avec des livres » à Mesnil Esnard !
Une chronique donc très particulière pour moi … (photo Christian Pujol)

p 165 « Tom. C’est lui qui garde un œil sur moi quand je suis seule en vadrouille. Ancien militaire en « opex 1 », observateur des mouvements djihadistes, il a connu le terrain et il est super carré. Les règles sont simples :
quand je pars, je le préviens sur WhatsApp, et je lui donne l’itinéraire. Si la route est dangereuse, je lui envoie ma position toutes les heures, et je le sonne avant tous les checkpoints. Si je ne donne pas signe de vie au moment où je suis censée le faire, c’est lui
qui conserve un mail crypté avec les contacts d’urgence à activer : ceux qui, sur place, seraient les plus utiles pour aider à me retrouver ; l’ambassade ; mes correspondants au Quai d’Orsay. C’est un lien discret mais solide, qui conjure aussi l’isolement mental, inévitable.
M’adresser à quelqu’un et voir une réponse apparaître sur l’écran du portable, ça peut être assez décisif quand je me rappelle que je suis loin de chez moi, sans filet de sécurité. Ça aide à ne pas devenir dingue. En fait, Tom, c’est mon ange gardien. »

p 257 « Je commence par appeler mon père. Je l’appelle toujours à cette heure, en fin de journée, quand il est encore au travail. Et je parle beaucoup. Je crois qu’au fil des années, il a fini par mettre le téléphone sur haut-parleur
pour me laisser débiter tout en continuant de vaquer à ses occupations, entrecoupant mes tirades de quelques monosyllabes habiles … j’ai vraiment besoin de lui parler. Je lui raconte tout, je ne lui épargne presque rien. Je ne sais pas pourquoi j’éprouve le besoin de lui dire quand il y a des combats, quand je
me fais arrêter par les condés, ou quand je prends des risques. Il reste que c’est exactement le même besoin qui me fait aussi lui décrire les paysages incroyables que je vois, les gens merveilleux que je rencontre, et les plats dingues auxquels je goûte.
C’est peut-être une envie de partager les choses mais, plus fondamentalement, j’ai besoin de ces quelques minutes de normalité – une fille qui raconte sa journée à son père. Quant à lui, je crois qu’il se prête à ce rituel en vertu du contrat ; le contrat tacite
qui nous lie : « OK, je t’accompagne dans cette vie que tu as choisie, je te soutiens, je prends sur moi,mais toi, tu rentres. »

Laura et moi

Laura-Maï Gaveriaux et moi lors de l’interview – Photo Fred Afdp (Presse 30) 

p 267 « Yeni Cami / La mosquée neuve !! Je ne serai jamais religieuse. Mais, parfois, je me glisse près des femmes qui viennent prier, souvent à la mosquée d’Eminönü, parce que c’est une de mes préférées à Istanbul.
Je viens juste pour être avec ces femmes et les observer – surtout, croiser leur regard. Elles me voient là, assise avec elles, alors que je n’ai rien à y faire. Profane, gauche.
C’est d’une tendresse pudique qu’elles me regardent, quand leurs yeux rencontrent les miens. C’est qu’aussi je les trouve si belles et captivantes. Les jeunes ont de l’allure ; les plus âgées ont la nonchalance d’une vie déjà bien vécue, et comprise.
Elles sont tellement plus belles, concrètes, amusantes, espiègles et fières que tous ces tristes esprits ne pourront jamais l’imaginer. Sous les voiles, je vois du secret, de la tradition, de l’individualité. Et même quand elles posent le front sur leurs mains graciles,
contre le sol, je ne trouve rien qui porte ici le nom de soumission.
8 April 2016.«

p 277 « Facebook – Laura-Maï Gaveriaux (profil privé)
Je vais vous dire : il y a de beaux hommes dans le coin, mais il n’y a rien de plus magnétique que ces femmes passé minuit. Quand le serveur emmène la bouteille de raki, il la fait claquer sur la table ; ses yeux à elle se ferment
un peu, son allure se compose. Et cette femme, avec son port de tête qui dénote une impérieuse élégance, commence à chanter un air de méandres. Elle balance légèrement, son regard transperce le vide physique devant elle. Elle fume comme par provocation,
et ce n’est pas une posture. Elle se consume. Ça va de soi. Elle sait ce que donne la guerre : son père, son oncle ou son frère y sont morts. Elle pourrait y aller aussi. Les femmes de ce peuple ont appris à se battre – histoire de
prévoir, quand il n’y aura plus d’hommes. Tout se tient dans ce corps, rien ne se fige. C’est la nonchalance mêlée de fierté, qui séduit sans vouloir. Elle est plus que la séduction : elle est le sens et le frisson des chairs qui se livrent à leur mort prochaine.
Elle est la joie forcenée et la mélancolie obstinée.
Elle est très belle.
Elle est kurde, kurde d’Amed.
24 juin 2016″

https://editions-observatoire.com/content/Sales_guerres

p 292 « 30 juin 2016, Lice. Je m’appelle Hantas …. Pourquoi je devrais détester les Turcs ? Ces soldats, ces policiers, ce sont des êtres humains, comme nous. Ils sont pleurés par des gens, ils avaient des rêves, des sentiments. S’ils sont chez nous, aujourd’hui, à commettre
ces crimes, c’est parce qu’un système les y conduit. Haïr les hommes ne produit rien de bon. Ça ne fait que perpétuer la guerre et les mécanismes de domination. Il faut s’attaquer au système : il faut l’étudier, le connaître et
le changer. C’est la seule solution pour arrêter cette violence. La guerre est ce qu’elle est. La guerre, c’est tuer. Nous aussi, nous avons tué. Il n’y a pas de saints dans la guerre. Mais les Turcs ne sont pas mes ennemis. Si,
demain, chacun décide de rendre les armes, je viendrai déposer les miennes, celles de mon frère, celles de tout Lice, à leurs pieds. »

Rencontre avec l’auteure au salon du livre « Edite-le … avec des livres » à Mesnil Esnard (76) … le dimanche 8 Avril 2018 

Editions de L’Observatoires

Publié en 2018 

Genre : Reportage, Témoignage, Essais

 

 

La légende de Keylana … Christelle Muller

Une plongée dans un monde fantastique et « fantasmé » …
Une histoire de légende d’amour ?? Un combat … une quête ??
Que de questions …

On y découvre des personnages « surnaturels » et énigmatiques
Une belle écriture … fluide et agréable même si il m’a manqué un peu d’émotions … et de relief !!
Un rythme intense et mystérieux … où malheureusement on survole un peu les choses …
Je n’ai pas été complètement embarquée par le récit, sans doute du à cette histoire d’amour un peu trop « fleur bleue » mais qui devrait néanmoins
plaire aux jeunes lecteurs !!
J’ai par contre était fascinée par cette histoire de voyage à travers les livres !! Qui n’a pas rêvé de plonger dans son livre préféré ?
Un voyage séduisant … Un doux fantasme !!

Un « bonbon » littéraire où les mots tourbillonnent !! Un moment agréable où le temps reste suspendu …
Un roman fantastique à conseiller à nos jeunes lecteurs …

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p : 5 « Je m’appelle Keylana James et j’ai 21 ans. … Mon histoire était la même que celle de millions de filles de mon âge. J’habitais une petite ville de province, j’allais à l’université pour
étudier la littérature dans l’espoir d’ouvrir un jour une librairie, j’étais amoureuse d’un garçon et mon plus gros problème était de savoir s’il m’inviterait enfin à sortir avec lui.
Je vivais ma vie paisiblement dans l’insouciance, inconsciente des terribles choses qui se passaient tout à côté.
Tout bascula ce 15 juin 2011, jour de mes vingt et un an. »

p 29 « Sur la page, devant mes yeux ébahis, les mots s’animèrent. Les uns à la suite des autres telle une armée de soldats marchant au pas, ils se déplacèrent, doucement d’abord puis
de plus en plus vite, jusqu’à former un tourbillon de mots qui m’aspira. Prise dans cette folie et incapable de m’en échapper, j’étais malmenée, ballottée comme si je me trouvais dans le tambour d’une machine
à laver en plein essorage. Impossible de me raccrocher à quelque chose pour me stabiliser, je ne pouvais rien faire d’autre qu’attendre que ce cauchemar cesse. »

p 48 « Surprise, je bondis du siège et me précipitai à l’endroit exact où il se tenait quelques instants plus tôt. Plus aucune trace. Il s’était volatilisé et personne n’avait rien vu. Personne sauf moi.
Tout à coup, le pendentif vibra contre ma peau et la lumière se fit dans mon esprit. C’était l’homme que j’avais croisé lors du deuxième voyage, l’homme qui m’observait dans la rue bondée.
Et il en était un lui aussi.
Un voyageur … »

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p 59 « – Tu dois savoir que chaque livre est une porte d’entrée vers un nouveau monde et qu’ils sont tous reliés entre eux. Avec un peu d’entraînement, tu voyageras de l’un à l’autre, m’apprit Joshua.
– Que sont-ils ?
– Quand un écrivain écrit une histoire, il crée un monde. Il y a autant de mondes qu’il y a d’histoires, déclara-t-il.
Je ne pus réprimer un hoquet de surprise. Tous ces romans que j’avais dévorés étaient tous des mondes réels ? »

p 100 « Je me ruai sous la douche pour effacer l’odeur pestilentielle de cet endroit, et me lavai plusieurs fois tant elle persistait. J’étais terrorisée. J’avais bien compris qu’il y avait autant de
mondes que de romans, mais je n’avais pas saisi l’étendue de cette information. Je n’avais pas intégré que des monstres de ce genre pouvaient exister en chair et en os, et en 3D, et j’étais loin d’imaginer les créatures,
toutes plus horribles les unes que les autres, qui prenaient vie sous la plume des écrivains. »

p 129 « A l’intérieur, le BooksCafé était plus moderne que je ne l’avais pensé. Je m’étais imaginé un endroit sinistre, froid et peu agréable, je m’étais trompée. La droite du magasin abritait des rayons de livres comme dans
n’importe quelle bibliothèque et l’autre côté plus à gauche recouvrait la partie café avec le comptoir, quelques tables et des fauteuils dans lesquels j’aurais adoré me pelotonner. L’endroit était imprégné d’une
odeur faite d’un mélange de café et de vieux bois. Vraiment très sympathique … si l’on oubliait les voyageurs agressifs tout autour. »

Première rencontre avec l’auteure au salon du livre de Pierre (28) … Février 2018

Publié en 2017

Genre : Roman fantastique jeunesse

 

 

Les Sables d’Iran … Eric de L’Estoile

Un vrai plaisir de retrouver la belle plume d ‘Eric de L’Estoile.
Après « Complot V1« … « TSC, Technicien Scène de Crime » … et « L’Effleure du Mal » (un de mes sublimes coup de cœur)
me voilà, à nouveau embarquéehappée dans cette nouvelle aventure, ce thriller « politico-économique » …
Une plongée « étourdissante » dans un monde fait de légendes Japonaises … de complots … de corruptions … de pouvoir… au milieu d’un conflit Franco-Iranien !!

Des courses poursuites spectaculaires …
Un savant cocktail de … dérapages … de carambolages … de vitesse !

Et puis cette organisation !! Qui se cache derrière « LES Ours » ??
Qui est Mat’Guen ? Toujours présent en cas de danger !!

Une écriture tranchante et précise
Un récit haletant , explosif
Un rythme infernal et époustouflant
Une intrigue savamment ficelée … avec un dénouement surprenant et « gargantuesque »
Des personnages forts et puissants …
Waouh quelle énergie !!! Un thriller « vertigineux » !!

Encore une BELLE surprise littéraire !!!
A « dompter » avec Bonheur !!!

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p 78 « Elle composa un numéro secret. Le numéro d’urgence. Un numéro qui n’existait dans aucun fichier, et qui reliait les « Ours » entre eux. Ils le connaissaient tous par cœur. C’était le lien qui pouvait leur sauver la vie. Un numéro crypté, qui ouvrait
un système de brouillage et qui ne laisserait pas de traces sur le téléphone de l’infirmière. Quelqu’un décrocha sans parler.
– Mat’Guen. J’ai besoin d’aide. » 

p 9 « Il se mit à genoux dans la position des samouraïs, extirpa son Tanto, ce poignard court utilisé dans les combats au corps à corps.
Il saisit l’arme par les deux mains, leva la tête vers les cieux et réclama la clémence pour toutes les victimes de l’infâme Tokugawa. Il se perfora l’abdomen, ce qui libéra son âme,
et rajouta le supplice suprême, le jumonji-giri, en s’ouvrant le ventre de façon verticale, pour marquer sa volonté d’expiation. »

p 47 « Et comme un mauvais pressentiment se transformait souvent en brutale réalité, son portable se mit à sonner. Il affichait le numéro de Tristan. Il décrocha sans un mot. A l’autre bout de la ligne, une voix inconnue, hargneuse, lui adressa la parole :
– Commissaire Khalen, je n’ai pas le plaisir de vous connaître, mais j’ai entendu parler de vous. Je suis le commandant Bourdon, de la DCRI. On vient de retrouver le véhicule de Tristan Marshall dans la forêt de
Saint Etienne Du Rouvray, près de l’établissement psychiatrique. Il s’est tiré une balle dans la bouche. »

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p 129 « La Subaru revint sur lui. Djamel slaloma entre les véhicules de plus en plus nombreux, freinant, accélérant. Le second radar de Quevilly les flasha alors qu’il roulait sur la bande d’arrêt d’urgence. Il sourit en pensant
à la tête du contrôleur de gestion du commissariat quand il allait recevoir les contraventions.
Un nouveau coup de feu éclata, et explosa le pare-brise avant. Djamel manqua deux voitures qui s’écrasèrent contre le béton du terre-plein central. Bourdon était complètement déchaîné. Une seconde balle frôla la tête de Djamel. Elle
s’encastra dans la voiture qui le précédait en blessant le conducteur qui partit dans une terrible embardée, poussant deux véhicules dans un grincement de ferraille et de tôles froissées. »

p 138 « Tout était littéralement en miettes. Aucun organe ne résistait à une telle énergie. Même si les vêtements retenaient en partie les matières organiques, la tête n’était qu’un vulgaire amas de chairs et d’os en poudre.
Les côtes thoraciques se retrouvaient éparpillées au milieu des poumons déchiquetés et baignant dans le sang, le cœur avait implosé, dispersé en petits bouts rouges parmi les lambeaux de l’estomac. Une bouillie informe. Les membres
pendaient comme des guimauves molles et distendues. »

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p 170 « Dumontier n’avait pas pu résister. Une rencontre en direct, d’homme d’affaire à homme d’affaires. Entre personnes du même milieu, désireux de réaliser un deal hors du commun. Sans intermédiaire.
L’apanage des grands. Comme le coup de téléphone de téléphone de Kennedy à Khrouchtchev. Ce Fontvieille, petit industriel fortuné et provincial, venait de gagner des points dans son estime.
Bien qu’il ne doute pas de sa supériorité, il s’amusait de voir ces petits coqs jouer dans la cour des grands. Celui-ci avait de la classe. »

p 221 « L’esprit obnubilé par l’absence de sa maîtresse, Benjamin avait du mal à se concentrer. Alexis lui avait confié une tâche importante qu’il arrivait péniblement à mener à son terme. Aucune information concrète ou structuré. Depuis
Fukushima, il savait qu’un adversaire sans pitié l’attendait de l’autre côté du clavier. L’autre le traquait. Différents proxys (des serveurs qui permettaient de circuler en changeant d’adresse IP pour éviter de remonter à l’ordinateur initial)
avaient été brûlés par le virus Fukushima. Il sentait les lance-flammes lécher ses arrières. »

Première rencontre avec l’auteur … au Salon du livre de Veules Les Roses … en Juillet 2015 

Edition 20-15

Genre : Thriller

Publié en 2018

 

Seuls les enfants savent aimer … Cali

Janvier 1975 ...
« L’heure que je n’ai pas vécue. Ton enterrement. Ils m’ont dit de rester à la maison, et je me retrouve là, dans ta chambre, près du lit. Je vois leur peine. Et leurs larmes sous le soleil.
Je vois à travers le volet mal fermé. ça pleure, ça gémit, ça se tient par les mains. Les uns derrière les autres, à petits pas. » p 11
Bruno 6 ans … observe le cortège, le cœur serré et sans comprendre ce refus …
Il comprendra … plus tard … au fil des jours, qu’il ne reverra plus JAMAIS sa maman !!
Il va devoir vivre avec cette douleur … ce manque … et cette incompréhension déchirante !!
Mais comment peut on vivre sans sa maman quand on a que 6 ans ?? p 78

Un cri … Un hymne à l’amour… Un amour « viscéral » … pour sa maman !!
Des mots d’enfant qui oscillent entre désespoirrévolte et « joie d’enfants »

Un livre à l’image de Cali écorchétorturétendre et lumineux
Une belle plume toute en poésie … « frivole » … parfois tranchante souvent troublante !!
On découvre à travers ce livre les failles et les « inspirations » de Cali …  ses textes  … et ses ballades qui nous emportent …

Un livre à fleur de peau … des chuchotements … des baisers … et la vie continue malgré tout …
p 171 « Chaque recoin de la vie, pour peu que l’on gratte un peu, regorge d’instants merveilleux.« 

cali

p 37 « L’été dernier, c’était un soir, plus de lumières dans la maison. Pas grave. Tu as pris ma main et m’as raconté des histoires de « quand tu étais petite« . Une lampe à gaz ronronnait à côté de nous, et par sa lumière
légèrement saccadée je te voyais conter tes récits comme dans un vieux film. Tu as posé ton châle rouge sur mes épaules quand je me suis endormi sur tes genoux. Autour de nous régnait une odeur de feuilles et d’herbes
qui montait de la forêt et pénétrait dans le moindre recoin de notre demeure. Une odeur de promesses d’été. Tu me manques à crever, maman. Jusqu’à quand vas-tu mourir ? »

p 46 « Alexandre est Sandro, mais c’est avant tout mon Alec. On va tout partager lui et moi, tu sais. Tout. Secrets, pluies et chagrins, joies immenses comme minuscules. Quand il fait beau, c’est-à-dire
presque tout le temps, on prend les vélos, on fonce sur les petites routes autour du village. On coince des bouts de carton pliés sur les pare-boue et ça pétarade comme une moto.
Le carton tape sur les rayons et on se retrouve sur un vrai chopper… on joue aussi au foot dans le grand parc qui borde sa maison. »

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Samedi 24 Mars 2018 … Rencontre avec Cali à L’Armitière à Rouen …

p 67 « Ce soir, le coin de mes lèvres a touché le coin des lèvres de Carol Bobé. Pour de vrai. Oh juste le coin de ses lèvres. Je n’ai pas pu y demeurer ; je n’avais plus assez d’air. Je reviendrai. Craché, juré. Je
redescends de la haute montagne, d’un Everest d’enfance. J’ai les yeux brûlés. Ai-je le droit d’être si heureux ? »

p 70 « Sans dire un mot, j’enlace Alec.  » … « Je le serre fort. Il ne se dégage pas. Ses bras sont libres ; ils ne me retiennent pas. Il est là, avec son corps, son petit corps, collé au mien. Pas besoin de parler. Il sent ma vie griffée de l’intérieur. J’ai envie
de pleurer dans ses bras larges comme le vent, de pleurer dans ses bras de meilleur ami.« 

p 73 « Ton enterrement s’éloigne un peu plus chaque jour. Ce que je sens, ce que je ressens, ce sont ces jours qui glissent les uns sur les autres. Chacun efface le précédent. Pourtant je distingue tout avec précision.
Je suis toujours derrière ces volets, me demandant si je passerai toute ma vie caché – à regarder la procession. »

 

p 77 « La nuit se réveille avec ses grands voiles d’obscurité. Elle rend silencieuses les choses en les touchant du bout de ses doigts. Je rentre dans ma maison triste. Je devrais du moins. Je ne veux pas, maman. J’aimerais respirer ta robe à carreaux.
Ils l’ont aussi brûlée ta robe de printemps. Ce que j’ai de toi ? Une photo. Tu souris devant les marches de l’école. Tes cheveux ne sent pas les tiens sur cette image. Tu portes une drôle de perruque rousse ; on voit bien qu’elle est fausse.
Tu as passé tes sourcils au crayon. Il me reste ça. Je rentre, me jette sur le lit, j’enfouis mon visage sous les couvertures. Je suis tout petit et je pleure, longtemps, tellement longtemps. Je suis plein de larmes, je suis trop plein de toutes ces larmes,
je voudrais me vider. Il y en a toujours de nouvelles. »

p 78 « Pourquoi ne puis-je pas pleurer davantage ? Oh pardonne-moi d’avoir certains jours le corps trop sec, de ne pas sentir la douleur me frapper des pieds à la tête, de ne pas savoir pleurer mieux. Est-ce parce que tu n’es pas tout à fait
partie ? Pas encore ? Tu n’es juste pas là quand je voudrais que tu sois là. Tu te tiens dans l’ombre du jour, et je ne peux être avec toi. La mort n’existe pas. C’est ça,maman ? La mort n’existe pas. Maman ? »

p 65 « Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
A chaque seconde le cœur d’un enfant explose. »

Edition : Cherche Midi

Genre : Roman autobiographie

Publié en 2018

 

Vol MH370 Une vie détournée … Ghyslain Wattrelos (Gaëlle Legenne)

8 mars 2014 … le vol MH370 de la Malaysia Airlines vient de disparaître !! Plus de signaux !! Il décollait de Kuala Lumpur pour Pékin !!
Ghyslain Wattrelos vient de perdre sa femme, Laurence et deux de ses enfants, Hadrien et Ambre … passagers du Boeing 777 …
Il reste seul avec son fils, Alexandre !! Seul et dans l’incompréhension la plus totale !!
« Comment un Boeing 777, avec toute sa technologie et dans cette zone très contrôlée peut -il disparaître en quelques secondes ?? »
Il y avait à bord 227 passagers et 12 membres d’équipage …
Une enquête est ouverte …Une enquête avec en toile de fond … mystère … mensonge … malaise … politique et diplomatie !!

Et le combat va commencer !! Il va falloir s’acharner pour, peut être découvrir un jour la vérité et essayer de saisir l’impensable !!
Se battre malgré la douleur … avec des émotions « explosives » et à fleur de peau !!
Se battre aussi au quotidien, avec l’administration française pour des « histoires » de certificats de décès non rédigés …

Heureusement il y a les amis … la famille … les collègues … Des mains tendues qui permettent de tenir debout … chancelant mais debout …

Puis toutes ses incohérences dans l’enquête … Tous ces Etats impliqués qui ne dévoilent rien et dont le leitmotiv est « On ne sait pas où est passé le vol MH370″ !!…

Il est très difficile de « résumer » un tel livre … de retranscrire cette multitude d’émotions … ces émotions, ces sensations qui nous submergent , nous bouleversent, nous révoltent
mais des émotions qui ne sont rien comparées à celle ressenties par Ghyslain Wattrelos et son fils Alexandre
Un témoignage poignant et bouleversant …. Un témoignage pour HURLER haut et fort !! « Mais où a pu disparaître le vol MH370 ?? »
puis un souhait … un espoir … Dire à ceux qui savent qu’il est peut être temps de parler …

Ghyslain Wattrelos

p 19 « Le consul s’approche de moi.
Ghyslain, il est arrivé quelque chose à ta famille.
Leur avion s’est abîmé en mer.
Mon ami me serre dans ses bras.
Une lame de fond s’empare de mon estomac. À vrai dire, je ne sais pas si c’est une lame de fond ou juste un coup de poignard bien sec. Mais quelque chose s’empare de moi.
Ma gorge est nouée. Le consul continue de me parler. Je ne l’entends plus, ses paroles sont comme brouillées. J’ai compris l’essentiel. J’aimerais tellement que le
monde s’arrête, juste un instant. Je tourne le dos. Je n’arrive plus à les regarder.
Le MH370 a disparu.
Laurence, Hadrien et Ambre ont disparu.
Je vacille. Je m’assieds sur une chaise noire de bureau, je reste muet, interdit. Les mains sur les accoudoirs, je fais doucement tournicoter les petites roues. »

p 65 « Le Dr Schmit m’affirme que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est entretenu avec son homologue malaisien afin de faire le point sur l’avancée
des opérations de recherche. » … « Le Dr Schmit tente sincèrement de m’apporter des réponses, même si ce dossier est opaque, pour lui comme pour moi.
Avec le temps, nos échanges se sont espacés. Petit à petit, j’ai moins entendu parler de ce « monsieur Psy » comme je l’appelais, même s’il n’était pas psy en tant
que tel. » … » J’ai oublié beaucoup de choses, mais ce Dr Schmit, je m’en souviens. Il m’a parlé pendant de longues semaines. Ses réponses étaient intelligentes,
concernées. Cet homme m’a aidé. J’ai croisé son nom par hasard, fin janvier 2015, dans un article du Figaro, peu de temps après les attentats de Charlie Hebdo. Interrogé par une journaliste, il explique
les difficultés de son métier. Un sacerdoce. Mobilisée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la cellule interministérielle dont il fait partie informe, porte et aide les familles endeuillées. Au milieu de l’article, le médecin du
Quai d’Orsay évoque son pire souvenir. Sans doute parce que la journaliste lui a posé la question. « Mon pire souvenir, c’est celui du vol MH370 de la Malaysia Airlines. Parce que trop de questions restèrent
en suspens…» répond-il. »

DSC_7310 Final Wattrelos mini
p 79 « Je repense à un poème signé mère Teresa et récité il y
a quelques heures, lors de la cérémonie.

p 100 « « La Malaysia Airlines a le profond regret de vous annoncer qu’il faut considérer, selon toute vraisemblance, que le vol MH370 a été perdu et qu’aucun de ses
occupants n’a survécu. Comme vous l’entendrez dans l’heure prochaine par la bouche du Premier ministre malaisien, nous devons désormais accepter que toutes les
preuves suggèrent que l’avion s’est écrasé dans le sud de l‘océan Indien. »
Ce 24 mars 2014, les familles des deux cent trente neuf passagers du vol MH370, où qu’elles se trouvent sur la Terre, ont reçu au même moment ce macabre SMS. »

p 129 « Le collectif « Voice370 » est juridiquement créé début mai 2014. La plateforme a pour vocation d’être la porte-parole des familles des deux cent trente-neuf passagers
et membres d’équipage. De nombreuses familles chinoises n’ont pas d’accès à Internet. Et quand elles en ont un, les restrictions gouvernementales
leur interdisent certaines initiatives. Comme celle de s’exprimer à leur guise sur le Web. Facebook, Google, Twitter sont aussi censurés. Le site de l’association
Voice370, décliné sur Facebook, est hébergé au Canada mais géré depuis Kuala Lumpur. Je m’aperçois à quel point il est difficile de communiquer avec les
Chinois et de les associer à notre combat. »

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p 158 site mh370france.com « La plateforme anglophone Voice370 est indispensable, mais il est grand temps de disposer d’un site accessible en français. La France a besoin de connaître notre
histoire. Le président François Hollande ne s’est toujours pas exprimé, nos lettres restent sans réponse et nos nombreuses réunions, au Quai d’Orsay comme au BEA, sont une mascarade. Sur le site du ministère français, il
n’y a toujours rien sur la disparition du MH370. »

p 159 « Un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, doté des dernières technologies, s’est volatilisé. Voilà quatre mois que ma vie a basculé.
J’ai beau me le répéter, je ne m’y résous pas. Je comprends que je dois communiquer. Il y a une omerta autour de cette enquête, un maximum de personnes doit le savoir.
Je n’ai plus le droit de me taire. Je n’ai plus le droit de me réfugier dans l’anonymat. Je dois m’adresser à ceux qui savent. Les inviter doucement à parler. Peut-être. »

p 203 « On sait désormais que l’avion a coupé son système de transpondeur après un dernier contact avec le sol, empêchant dès lors toute possibilité de le localiser. On sait également que le système
dit « ACARS » a été désactivé. L’ACARS, Aircraft Communication Addressing and Reporting System, permet de transmettre des informations sur l’état de l’avion au centre de maintenance de la compagnie aérienne.
A-t-il été coupé plus tôt ? Sur ce point, on ne sait pas si l’ACARS a été coupé avant ou après le transpondeur ni même avant le dernier contact radio.
Problème électrique ? Si cela avait été le cas, une batterie de secours aurait permis de maintenir quelques systèmes de transmission.
Ce sont finalement les radars militaires malaisiens qui ont repéré ce demi-tour complet de l’avion et orienté les recherches vers le détroit de Malacca.
Il y a huit mois, c’est après un cafouillage sidérant de sept jours que les autorités malaisiennes ont accouché de cette première conclusion. Sept longs jours pour confirmer ce qu’elles savaient depuis le début.
Ce serait donc bien la route qu’aurait empruntée le MH370, à l’opposé de son plan de vol. Voilà pour la version officielle.
Et depuis, c’est le black-out. Dans cette zone frontière contrôlée par plus de douze radars de trois pays différents, un avion de plus de deux cents tonnes doté d’une technologie infaillible s’est donc volatilisé. »

 

http://www.parismatch.com/Actu/International/Crash-du-vol-MH370-Ghyslain-Wattrelos-seul-contre-un-secret-d-Etat-1466615

Edition : Flammarion

Publié en 2018 

Genre : Témoignage

Tu m’en diras des nouvelles … Régine Thieulent-Torréton

Des nouvelles, courtes et percutantes
Des histoires tendrestouchantescocassestroublantes
Des instants de vie banals ou parfois un peu insolites …

Une écriture légère et « volatile » … douce et « sans jugement » … on pose les mots tout simplement …
mais le ton peut aussi se durcir et l’écriture devient un peu plus incisive … un peu plus mordante … et arrivent les coups de gueule !!

Et peut être une question ?? Doit on vraiment se fier aux apparences ?? Le jugement est-il vraiment nécessaire ?

Un joli moment de lecture … une petite « friandise » sauce aigre-douce … que j’ai savouré avec plaisir ... un sourire au coin des lèvres …

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p 99 La foire à tout, même au pire « Dans l’allée d’en face, un peu sur sa droite, ses yeux s’arrêtèrent sur celui qui devait être le vendeur. Le regard aimanté, elle n’arrivait plus à se détacher de l’exposant, tant elle était étonnée : un Noir
Un Noir, ici, en pleine campagne, dans un bourg d’à peine mille habitants ! Décidément, cette foire porte bien son nom ! Elle finit par détourner le regard pour examiner la jeune femme qui semblait l’accompagner. Elle était blanche. Quelle idée de
se mettre avec un étranger ! continua-t-elle de pense. Voilà que maintenant les noirs quittent la ville pour venir s’installer dans ce qu’il reste de nature ! Bon, celui-là est métis, c’est déjà ça ! « 

p 60 Césario « Le musicien l’écoutait entre deux passages d’un site à un autre. Mais c’est à quelques mètres de l’ancien beffroi de la ville qu’il eut cette réflexion, levant les yeux vers la grosse horloge qui donne son nom à la rue :
– Tu vois, je suis comme elle. Une seule aiguille tourne sur le cadran, ainsi les minutes ne cherchent pas à rattraper les heures. Je n’ai jamais cherché à rattraper mes émotions, ou plutôt, j’ai choisi de ne pas le faire.
J’ai toujours poursuivi ma route, passant souvent au même endroit, toujours libre de ne m’arrêter qu’une seconde, une minute ou une heure. Mon temps se calcule en croches, en noires, en blanches et … en silence. »

 

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p 86 Pomme d’Amour « Un brouillard étrange voile ses yeux … La nuit, le ciel, un monde ailleurs, et là, sur cette terre, dans cette ville, sur un quai de la Seine, lui, clochard sans famille, sans ami, sans amour, seul au milieu de la fête foraine … Les
tentacules du grand manèges s’élancent vers les nuages, elles montent, descendent, virevoltent, reculent. Ses idées se brouillent. Il avance vers d’autres attractions. La Chenille Infernale tourne à toute vitesse, vite, très vite, toujours plus vite
et dans sa tête les idées se mélangent, s’entrechoquent, tourbillonnent.
Des lumières clignotent, mille étoiles multicolores scintillent, brillent encore, rouges, orange, vertes … Des lueurs blanches crépitent dans sa tête. Flash ; éblouissement. Flash-back ; étourdissement. Souvenirs, souvenirs … douleur. »

p 91 Le train des apparences « Un homme arrive à ma hauteur avec de gros gants de cuir, en plein été. Une réincarnation de « Jack l’Éventreur »? Il marche doucement, son pas est anormalement lent. Il regarde les gens. Repère-t-il sa proie ? Son regard est
glauque.
Baisser les yeux, surtout ne pas croiser les siens. Sait-on jamais ? J’ai envie de fuir comme un chat qui sent le poivre. Tu es folle, que t’arrive-t-il, ce n’est pas la première fois que tu prends le train ? Pourquoi tant de méfiance ? J’ai l’imagination qui court
à la vitesse du TGV ! Il est passé … Il avance sur le quai … Sauvée ! »

Edition : Cogito

Genre : Nouvelles

Publié en 2017