La Puissance de la Joie … Frédéric Lenoir

Un hymne à la joie … peut-être un peu trop spirituel
même si l’on ne découvre rien de vraiment nouveau … relire  ces paroles de sagesse … nous rappelle que le bonheur n’est peut être pas si loin …

Une « remise en mémoire » agréablesimple … et tranquille … qui peut donner envie de creuser un peu plus … la philosophie

Des références Spinoza, Dalaï Lama , Tchouang-tseu, Jésus, Nietzsche, Bergson, Socrate, Montaigne ….

Une petite référence à Christophe André... psychiatre … un des auteurs du livre « Trois amis en quête de sagesse » (voir article 2) … qui m’avait séduite par ses analyses … plus cartésiennes … plus scientifiquesmoins spirituelles

Frédéric Lenoir est un bel auteur … mais j’ai surtout été conquise par Nina et L’âme du monde … deux autres de ses livres …

p 49 « Nietzsche a aussi insisté, … sur le lien entre l’art et la joie. Il existe à cet égard chez Nietzsche une sorte d’esthétique de la joie : par l’acte créatif, l’art constitue
l’expérience privilégiée de la joie et nous offre le modèle d’une vie réussie qui consiste, à travers un processus permanent d’auto création, à faire de sa vie une œuvre d’art.« 

« J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant » Jacques Prévert

p 57 « Quand je me promène, mes sens sont en éveil, je guette un rayon de soleil dans un sous-bois, un mouvement de houle sur l’océan, une perspective qui s’ouvre au hasard d’une randonnée en montagne. Regarder, écouter,
toucher, sentir, goûter ; c’est avant tout ce qui prédispose à la joie, lui donne l’opportunité

d’advenir. »

la-puissance-de-la-joie

p 13 « Je tenterai de montrer, de manière très concrète, qu’il existe trois grandes voies d’accès à la joie. Tout d’abord, un chemin qui favorise son émergence à travers
des attitudes telles que l’attention et la présence, la confiance et l’ouverture du cœur, la gratuité, la bienveillance, la gratitude, la persévérance dans l’effort, le
lâcher-prise ou encore la jouissance du corps. Deux autres voies, ensuite, nous conduisent à expérimenter une joie plus durable : un chemin de déliaison, c’est-à-dire de
libération intérieure, qui nous permet de devenir de plus en plus nous-même et, inversement, un chemin de reliaison, d’amour, qui nous permet d’être accordés au monde
et aux autres de manière pleine et juste. »

p 22 « Deux siècles avant Aristote, en Inde cette fois, le Bouddha avait lui-même expérimenté les extrêmes avant d’en constater la vacuité. Avant de devenir un grand sage, Siddharta,
c’est son nom, était un prince qui s’étourdissait de plaisir, sans pour autant être heureux. Après avoir abandonné son titre, sa famille et ses biens, il a rejoint, dans les forêts du nord de
l’Inde, un groupe d’ascètes qui vivaient dans la mortification. Mais, après dix ans passés à leurs côtés, il a constaté qu’il n’était pas plus heureux. Ces deux expérience l’ont amené vers la « voie
du juste milieu », celle de la tempérance et de l’équilibre, qui est aussi source de bonheur. »

lenoir_02

p 23  » Être sage, c’est consentir à la vie et l’aimer comme elle est.C’est ne pas vouloir à tout prix transformer le monde selon ses propres désirs.C’est se
réjouir de ce qu’on a, de ce qui est là, sans toujours désirer davantage ou autre chose.
Cette belle formule attribuée à Saint Augustin le résume bien : « Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède déjà. » « 

p 67 « Ouvrir son cœur, c’est accepter de vivre dans une certaine vulnérabilité, accepter la possibilité de tout accueillir, y compris celle d’être blessé. C’est prendre
le risque de vivre pleinement. Or, nous préférons bien souvent nous cloisonner, nous protéger, nous contenter de survivre. »

p 88 « L’expérience taoïste du lâcher-prise nous met dans la joie du flux. En y consentant, on accepte d’accompagner le mouvement de la vie, d’épouser ses formes jaillissantes, parfois surprenantes. On accepte de prendre le risque de vivre en permanence déstabilisé.
Et si la vie ne suit pas le cours qu’on souhaiterait, peut-être avons-nous un message à en tirer ? »

frederic-lenoir-denis-felix-800x1024-1000x1000
Portait de Denis Félix

p 106 « Une fois qu’on a compris qu’il est stupide et vain de vouloir être aimé par tout le monde, on est déchargé d’un grand poids. Et cela est valable dans toutes les situations
professionnelles. Quand un collègue ne nous apprécie pas, c’est son problème, pas le nôtre. Il a peut être des raisons justes ou injustes, légitimes,
peu importe ! Il est impossible de vivre dans la joie si l’on est en permanence dépendant de la critique ou des jugements des autres. »

On confond souvent indifférence et détachement.Le philosophe Nicolas Go l’analyse très justement :
 » Alors que l’indifférence est un laisser être par absence d’amour, le détachement est un lâcher-prise par excellence d’amour, amour sans possession. »

C e qui fait la valeur d’une vie n’est pas la quantité de choses que nous y avons accomplies, mais la qualité de présence qu’on aura placée dans chacune de nos actions.

Il nous faut réapprendre à voir, à toucher, à regarder, à sentir, mais aussi à ressentir intérieurement, à ne pas nous couper de nos émotions.Pour cela, il faut aussi savoir donner du temps aux choses.

Édition : Fayard

Genre : Essai philosophique

Publié en 2015

Le chat silence … Marie Murski

Un conte magnifique … où se mêle le désespoir … la détresse … le tourment … la violence « silencieuse » et « insinueuse » …
Une errance … un mal « morbide » qui ronge

Deux femmes … Fiona et Thérèse … deux écorchées vives … « ligotées » à leurs secrets !!
Une quête de vérité pas vraiment consciente … et sans doute la recherche d’une paix intérieure …

Et puis toutes ces histoires … d’escalier au fond de la pharmaciede lettre non reçue … de manèges …  de ventre qui s’arrondit … et PetitDo dans tout ça … avec ses bobos … ses sept peaux et ses égratignures !!

Et peut être … enfin … Pierre !! Sera t’il apaiser toutes les souffrances ? Apporter une note d’espoir ?

Un roman fort … et émouvant … d’une immense sensibilité

Une écriture subtile et sublime … tant elle nous transperce … et nous transporte
Un beau coup de cœur

« Sage-femme, l’auteure a entouré la naissance d’un enfant qu’elle n’a jamais oublié. Un petit inconnu dans la nuit.
Des années plus tard ce roman est écrit, et Fiona, l’héroïne, pose la question :
– C’est quoi un enfant monstre ?
Peut-il naitre, réussir à venir jusqu’à nous, et pourquoi ?
Peut-on l’aimer sans mesure ?
Cette interrogation fait frémir tout parent en devenir.
La réponse pourrait être : nul être humain ne vient pour rien sur la terre.« 

dsc_4254-final
Ses sept peaux … et ses égratignures  …

p 25 « Elle écoutait les mouettes crier dans la rue, fermait les yeux. Sa main se levait, atteignait sa nuque. Ses doigts prenaient place : les deux derniers
s’appuyaient sur le renflement osseux du crâne, tandis que le majeur opérait déjà sur la plaie. Un bien-être l’envahit quand la simple douleur apparut et qu’elle sentit le sang venir
sous son ongle. »

p 34 « Les réprimandes qu’elle s’adressait glissaient sur son visage, légères comme la pluie. Plus profond, provoquant un remous qui lui soulevait le cœur, elle pensait : « Ils
sont morts et maintenant, que deviennent les regards ? » Elle cherchait les regards, ceux qu’ils avaient à table ; celui de Fanny venait vite, très net, tandis que dans le visage de son père, elle ne trouvait
plus rien, ni chair, ni couleur, ni paroles, et ce vide penchait avec la tête, rejoignait les yeux qui glissaient jusqu’à s’évanouir eux aussi. Elle fouillait sa mémoire, tâtonnait, s’approchait une
seconde de la forme des yeux et s’égarait dans une foule de regards inconnus. Elle s’arrêta sur le trottoir. « Alors. Que deviennent les choses maintenant ? Que devient-on ? Rien. Le vide.
Comme avant. Et moi avec mes peaux … je continue, je blesse, j’écorche. Comme avant. Quel vide partout. Il faut que je parte d’ici. »

p 38 « La plaie de son ventre était brûlante. Elle posa sa main à plat dessus, pressa avec légèreté. … Elle sentait, sous sa paume, bomber cette chose informe qui voulait encore devenir sa peau malgré des
étages de chair déchirée et refermée vaille que vaille. Des langues de sang tâtonnant l’une vers l’autre, alvéoles suintantes laissées en attente puis oubliées dans la fièvre du but à atteindre. Avancée têtue des langues
cent fois désagrégées et arrachées par l’ongle, qui ne cédaient pas, qui, après un temps de souffle dans le désordre brûlant des restes de tissus, se rassemblaient, drainant au passage la moindre survivance, le
moindre battement. Puis, écrasées les unes contre les autres, se chevauchant sans merci, s’engouffraient dans le seul ruisselet possible afin d’atteindre le lieu de leur plénitude ; la peau, si infime soit-elle, à recommencer. »

dsc_4235-final

p 54 « Avez-vous vu les mouettes ? Elles marchent à présent dans la rue. Ne s’élèvent plus. C’est à cause du vent qui n’a pas de sens. Voulez-vous me dire d’où vient ce vent ? Je ne comprends plus rien. Mon ventre se remplit de douleur.
Je voudrais marcher comme les mouettes, au ras du bitume. Accrocher le sol comme elles. Et m’en tenir là. »

p 79 « PetitDo regardait sa peau se refaire. La peau avait poussé la blessure vers le dehors, vers un espace froid qui l’avait desséchée.
Étirée, fine, d’un rose pâle à reflets bleus, régnante, silencieuse, obstinée, la peau réorganisait ses étages. »

p 86 « – Quand même, si un manège devait avoir une odeur, ça pourrait bien être celle-là. Ni très propre, ni très sale.
Une odeur de dorures écaillées, avec des ritournelles et des légers tournis …« 

p 87 « – J’aime être ici avec vous. Des heures et des heures. Je suis ici comme à l’intérieur de moi-même. Comme dans une pensée à moi. ça ne dure qu’une seconde, une pensée. Ici, dans cette seconde,
on vogue toute la nuit. Nos ailes sont repliées, on n’a pas besoin de s’en servir, on n’y songe même pas. On est dans ma pensée, bien sagement mises, et c’est elle voyage.
Se peut-il qu’on attende quelque chose ? »

dsc08446-final

p 128 « Des jours sans rien sentir et je me dis : Est-ce mort ? Depuis le temps que rien ne bouge … Non. Reviennent les minutes de mollesse, quelque chose qui voudrait devenir poing, qui s’affaisse, qui ne peut pas … Il a du mal à vivre
lui aussi. Il a sans doute un cœur qui bat. Et c’est là qu’est le problème : un cœur qui bat. Il en est des cœurs comme des machines. Savent-ils ce qui se passe autour ? Toute
cette misère ? Non, ils poursuivent, ils s’entêtent, ils battent sans compter. A moins qu’on ne les transperce … « 

p 185 « Alors qu’elle le lavait, il lui sembla voir une lueur différente dans son œil, elle le caressait comme le faisait l’épicière, elle huilait sa peau, la lueur revint.
« Un peu d’os tourmentés, pensait-elle, si peu de chair, trop de peau, tout de travers, démantibulé, désarticulé, disloqué, tout comme jeté là en désordre, comment peut-il ? »

http://www.leveilnormand.fr/2013/11/21/portrait-de-marie-murski-auteur-du-roman-le-chat-silence/

Première rencontre avec l’auteure … au salon du livre de Andé … en octobre 2015

Edition : Léandre

Genre : Roman

Publié en 2013

L’inspectrice perd la tête … Philippe Kauffmann

Un livre … un polar complétement déjanté !! teinté d’humour grinçant … de fatalisme et sans doute de réalisme !!

2035 … la France est devenu un état fédéral … Les États Unis D’Europe !!
On ne mange plus de porc ou de bœuf mais … des insectes !! Élevages intensifs !!
et toujours les chinois présents … et bien présents !!
La Tour Eiffel a aussi quitté le Champs de Mars … tout s’achète !!

Des noms « abracadantesque » …
Jean-Phyl Maypomp, Louis Khatorz, l’agent Labanda Basile, José-Pat Ledire, …

Des personnages néanmoins réalistes … une enquête « qui nous grignote l’esprit » … et un dénouement … et un dénouement ….. !!

Quel plaisir aussi de retrouver Frangipane … une inspectrice hors paire … qui a su trouver enfin un échappatoire à la gente masculine !!!
un livre plein d’humour et qui fait du bien … enfin presque !!!
et teintée d’une note « philosophique »
p 25 « Laisse – moi te confier un secret : on a tous deux vies … et la deuxième commence le jour où on réalise qu’on n’en a qu’une. »

A découvrir … A découvrir ……..

Et Autres épopées de Frangipane … « L’inspectrice à le nez fin »« L’inspectrice coince la bulle »

dsc_3479-final

p 13 «  »Moi capitaine je résoudrais toutes les enquêtes qui me seraient confiées. »
« Moi capitaine je …… »
« C’est bon, c’est bon, l’interrompit Louis Khatorz, en tout cas je constate que vous êtes la reine de l’anaphore. »
« L’âne à qui ? »
« L’anaphore, Frangipane, c’est une figure de style que vous maniez sans le savoir. »
« Et, c’est bien ça ? » »

p 17 « N’ayant pas d’affaire importante à traiter actuellement ils avaient été affectés à la surveillance des manifestations. Elles étaient de plus en plus nombreuses car bien
que l’Europe soit devenue fédérale depuis une décennie, la concurrence effrénée des nouveaux pays émergents africains mettait à mal l’économie de chaque pays et le
France n’y faisait pas exception. Quasiment tous les corps de métier étaient touchés. »

p 18  » – Les boulangers ont des problèmes croissants.
– Chez EDF les syndicats sont sous tension.
– Les éleveurs de chien sont aux abois.
– Les cheminots craignent pour leur train de vie.
– Les pédicures doivent travailler d’arrache-pied.
– Les vendeurs de pneus sont crevés.
– Les ambulanciers ruent dans les brancards.
– Les pêcheurs haussent le ton.
– Les marchands d’oiseaux se font de mouron.
– Les gynécologues sont au fond du trou.
– Les prostituées sont dans une mauvaise passe.
Bref la situation sociale est très tendue et le gouverneur de
l’état de France quasiment impuissant. Le président des états unis d’Europe, lui, affiche au contraire un optimisme qu’il tente de faire partager. En vain. »

dsc_3467-1-1-final

p 41 « Vous n’ignorez pas que demain le Gouverneur sera à Rouen pour une visite de trois jours, histoire d’inaugurer le douzième pont. »

p 76 « A la radio passait Justin Bieber qui, comme Franck Michaël au début du siècle, faisait le bonheur des troisième et quatrième âges. »
Dans sa boite boîte aux lettres elle avait trouvé en arrivant une offre d’abonnement à un club de lecture qui lui offrait en cadeau un premier livre. Elle ouvrit le petit carton et découvrit
le dernier roman de Philippe K. »

p 93  » « Ma femme s’appelait Isabelle Denuit. »
« Et alors … ? »
 » Ce nom ne vous dit rien ? Son père était le roi de la conserve. Vous n’avez jamais entendu parler des boîtes Denuit ? »

p 107 « Cet après-midi là elles burent concomitamment puis alternativement à la source de la vie. C’était doux, bon et chaud. Comme Frangipane manquait d’expérience Capucine guidait ses gestes. Elle n’avait jamais
connu une telle volupté. Cela pris du temps avant que le volcan ne se calme et que la lave ne se tarisse, après quoi elles sombrèrent ensemble dans la béatitude. C’était l’amour velours. »

dsc_3498-1

p 218 « En fait il s’était produit sur Paris au cours des derniers mois deux choses capitales : d’abord le Champ de Mars était vide car un homme d’affaires chinois s’était offert la tour
Eiffel. … La tour avait donc été démontée, transportée jusqu’à Shanghai et remontée sur place.
Or il se trouve que deux ans plus tôt, en juin 2033, Johnny Hallyday donnait un concert au stade de France pour son quatre-vingt-dixième anniversaire.
C’est au moment où il attaquait une de ses plus belles chansons « J’ai oublié de vivre » qu’il s’était écroulé sur scène … le dieu du rock avait rendu l’âme. ….
Une pétition circule pour que sa dépouille soit transférée au Panthéon mais l’assemblée refuse. Alors le lobby pro-Johnny ne lâche pas le morceau et après bien des tractations il obtient qu’on élève en lieu et
place de la tour une statue géante du rocker tant aimé. »

Première rencontre avec l’auteur … au salon du livre de Franqueville Saint Pierre … en Novembre 2014

Édition : Péca

Genre : Polar

Publié en 2015