Seuls les enfants savent aimer … Cali

Janvier 1975 ...
« L’heure que je n’ai pas vécue. Ton enterrement. Ils m’ont dit de rester à la maison, et je me retrouve là, dans ta chambre, près du lit. Je vois leur peine. Et leurs larmes sous le soleil.
Je vois à travers le volet mal fermé. ça pleure, ça gémit, ça se tient par les mains. Les uns derrière les autres, à petits pas. » p 11
Bruno 6 ans … observe le cortège, le cœur serré et sans comprendre ce refus …
Il comprendra … plus tard … au fil des jours, qu’il ne reverra plus JAMAIS sa maman !!
Il va devoir vivre avec cette douleur … ce manque … et cette incompréhension déchirante !!
Mais comment peut on vivre sans sa maman quand on a que 6 ans ?? p 78

Un cri … Un hymne à l’amour… Un amour « viscéral » … pour sa maman !!
Des mots d’enfant qui oscillent entre désespoirrévolte et « joie d’enfants »

Un livre à l’image de Cali écorchétorturétendre et lumineux
Une belle plume toute en poésie … « frivole » … parfois tranchante souvent troublante !!
On découvre à travers ce livre les failles et les « inspirations » de Cali …  ses textes  … et ses ballades qui nous emportent …

Un livre à fleur de peau … des chuchotements … des baisers … et la vie continue malgré tout …
p 171 « Chaque recoin de la vie, pour peu que l’on gratte un peu, regorge d’instants merveilleux.« 

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p 37 « L’été dernier, c’était un soir, plus de lumières dans la maison. Pas grave. Tu as pris ma main et m’as raconté des histoires de « quand tu étais petite« . Une lampe à gaz ronronnait à côté de nous, et par sa lumière
légèrement saccadée je te voyais conter tes récits comme dans un vieux film. Tu as posé ton châle rouge sur mes épaules quand je me suis endormi sur tes genoux. Autour de nous régnait une odeur de feuilles et d’herbes
qui montait de la forêt et pénétrait dans le moindre recoin de notre demeure. Une odeur de promesses d’été. Tu me manques à crever, maman. Jusqu’à quand vas-tu mourir ? »

p 46 « Alexandre est Sandro, mais c’est avant tout mon Alec. On va tout partager lui et moi, tu sais. Tout. Secrets, pluies et chagrins, joies immenses comme minuscules. Quand il fait beau, c’est-à-dire
presque tout le temps, on prend les vélos, on fonce sur les petites routes autour du village. On coince des bouts de carton pliés sur les pare-boue et ça pétarade comme une moto.
Le carton tape sur les rayons et on se retrouve sur un vrai chopper… on joue aussi au foot dans le grand parc qui borde sa maison. »

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Samedi 24 Mars 2018 … Rencontre avec Cali à L’Armitière à Rouen …

p 67 « Ce soir, le coin de mes lèvres a touché le coin des lèvres de Carol Bobé. Pour de vrai. Oh juste le coin de ses lèvres. Je n’ai pas pu y demeurer ; je n’avais plus assez d’air. Je reviendrai. Craché, juré. Je
redescends de la haute montagne, d’un Everest d’enfance. J’ai les yeux brûlés. Ai-je le droit d’être si heureux ? »

p 70 « Sans dire un mot, j’enlace Alec.  » … « Je le serre fort. Il ne se dégage pas. Ses bras sont libres ; ils ne me retiennent pas. Il est là, avec son corps, son petit corps, collé au mien. Pas besoin de parler. Il sent ma vie griffée de l’intérieur. J’ai envie
de pleurer dans ses bras larges comme le vent, de pleurer dans ses bras de meilleur ami.« 

p 73 « Ton enterrement s’éloigne un peu plus chaque jour. Ce que je sens, ce que je ressens, ce sont ces jours qui glissent les uns sur les autres. Chacun efface le précédent. Pourtant je distingue tout avec précision.
Je suis toujours derrière ces volets, me demandant si je passerai toute ma vie caché – à regarder la procession. »

 

p 77 « La nuit se réveille avec ses grands voiles d’obscurité. Elle rend silencieuses les choses en les touchant du bout de ses doigts. Je rentre dans ma maison triste. Je devrais du moins. Je ne veux pas, maman. J’aimerais respirer ta robe à carreaux.
Ils l’ont aussi brûlée ta robe de printemps. Ce que j’ai de toi ? Une photo. Tu souris devant les marches de l’école. Tes cheveux ne sent pas les tiens sur cette image. Tu portes une drôle de perruque rousse ; on voit bien qu’elle est fausse.
Tu as passé tes sourcils au crayon. Il me reste ça. Je rentre, me jette sur le lit, j’enfouis mon visage sous les couvertures. Je suis tout petit et je pleure, longtemps, tellement longtemps. Je suis plein de larmes, je suis trop plein de toutes ces larmes,
je voudrais me vider. Il y en a toujours de nouvelles. »

p 78 « Pourquoi ne puis-je pas pleurer davantage ? Oh pardonne-moi d’avoir certains jours le corps trop sec, de ne pas sentir la douleur me frapper des pieds à la tête, de ne pas savoir pleurer mieux. Est-ce parce que tu n’es pas tout à fait
partie ? Pas encore ? Tu n’es juste pas là quand je voudrais que tu sois là. Tu te tiens dans l’ombre du jour, et je ne peux être avec toi. La mort n’existe pas. C’est ça,maman ? La mort n’existe pas. Maman ? »

p 65 « Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
A chaque seconde le cœur d’un enfant explose. »

Edition : Cherche Midi

Genre : Roman autobiographie

Publié en 2018

 

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Vol MH370 Une vie détournée … Ghyslain Wattrelos (Gaëlle Legenne)

8 mars 2014 … le vol MH370 de la Malaysia Airlines vient de disparaître !! Plus de signaux !! Il décollait de Kuala Lumpur pour Pékin !!
Ghyslain Wattrelos vient de perdre sa femme, Laurence et deux de ses enfants, Hadrien et Ambre … passagers du Boeing 777 …
Il reste seul avec son fils, Alexandre !! Seul et dans l’incompréhension la plus totale !!
« Comment un Boeing 777, avec toute sa technologie et dans cette zone très contrôlée peut -il disparaître en quelques secondes ?? »
Il y avait à bord 227 passagers et 12 membres d’équipage …
Une enquête est ouverte …Une enquête avec en toile de fond … mystère … mensonge … malaise … politique et diplomatie !!

Et le combat va commencer !! Il va falloir s’acharner pour, peut être découvrir un jour la vérité et essayer de saisir l’impensable !!
Se battre malgré la douleur … avec des émotions « explosives » et à fleur de peau !!
Se battre aussi au quotidien, avec l’administration française pour des « histoires » de certificats de décès non rédigés …

Heureusement il y a les amis … la famille … les collègues … Des mains tendues qui permettent de tenir debout … chancelant mais debout …

Puis toutes ses incohérences dans l’enquête … Tous ces Etats impliqués qui ne dévoilent rien et dont le leitmotiv est « On ne sait pas où est passé le vol MH370″ !!…

Il est très difficile de « résumer » un tel livre … de retranscrire cette multitude d’émotions … ces émotions, ces sensations qui nous submergent , nous bouleversent, nous révoltent
mais des émotions qui ne sont rien comparées à celle ressenties par Ghyslain Wattrelos et son fils Alexandre
Un témoignage poignant et bouleversant …. Un témoignage pour HURLER haut et fort !! « Mais où a pu disparaître le vol MH370 ?? »
puis un souhait … un espoir … Dire à ceux qui savent qu’il est peut être temps de parler …

Ghyslain Wattrelos

p 19 « Le consul s’approche de moi.
Ghyslain, il est arrivé quelque chose à ta famille.
Leur avion s’est abîmé en mer.
Mon ami me serre dans ses bras.
Une lame de fond s’empare de mon estomac. À vrai dire, je ne sais pas si c’est une lame de fond ou juste un coup de poignard bien sec. Mais quelque chose s’empare de moi.
Ma gorge est nouée. Le consul continue de me parler. Je ne l’entends plus, ses paroles sont comme brouillées. J’ai compris l’essentiel. J’aimerais tellement que le
monde s’arrête, juste un instant. Je tourne le dos. Je n’arrive plus à les regarder.
Le MH370 a disparu.
Laurence, Hadrien et Ambre ont disparu.
Je vacille. Je m’assieds sur une chaise noire de bureau, je reste muet, interdit. Les mains sur les accoudoirs, je fais doucement tournicoter les petites roues. »

p 65 « Le Dr Schmit m’affirme que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est entretenu avec son homologue malaisien afin de faire le point sur l’avancée
des opérations de recherche. » … « Le Dr Schmit tente sincèrement de m’apporter des réponses, même si ce dossier est opaque, pour lui comme pour moi.
Avec le temps, nos échanges se sont espacés. Petit à petit, j’ai moins entendu parler de ce « monsieur Psy » comme je l’appelais, même s’il n’était pas psy en tant
que tel. » … » J’ai oublié beaucoup de choses, mais ce Dr Schmit, je m’en souviens. Il m’a parlé pendant de longues semaines. Ses réponses étaient intelligentes,
concernées. Cet homme m’a aidé. J’ai croisé son nom par hasard, fin janvier 2015, dans un article du Figaro, peu de temps après les attentats de Charlie Hebdo. Interrogé par une journaliste, il explique
les difficultés de son métier. Un sacerdoce. Mobilisée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la cellule interministérielle dont il fait partie informe, porte et aide les familles endeuillées. Au milieu de l’article, le médecin du
Quai d’Orsay évoque son pire souvenir. Sans doute parce que la journaliste lui a posé la question. « Mon pire souvenir, c’est celui du vol MH370 de la Malaysia Airlines. Parce que trop de questions restèrent
en suspens…» répond-il. »

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p 79 « Je repense à un poème signé mère Teresa et récité il y
a quelques heures, lors de la cérémonie.

p 100 « « La Malaysia Airlines a le profond regret de vous annoncer qu’il faut considérer, selon toute vraisemblance, que le vol MH370 a été perdu et qu’aucun de ses
occupants n’a survécu. Comme vous l’entendrez dans l’heure prochaine par la bouche du Premier ministre malaisien, nous devons désormais accepter que toutes les
preuves suggèrent que l’avion s’est écrasé dans le sud de l‘océan Indien. »
Ce 24 mars 2014, les familles des deux cent trente neuf passagers du vol MH370, où qu’elles se trouvent sur la Terre, ont reçu au même moment ce macabre SMS. »

p 129 « Le collectif « Voice370 » est juridiquement créé début mai 2014. La plateforme a pour vocation d’être la porte-parole des familles des deux cent trente-neuf passagers
et membres d’équipage. De nombreuses familles chinoises n’ont pas d’accès à Internet. Et quand elles en ont un, les restrictions gouvernementales
leur interdisent certaines initiatives. Comme celle de s’exprimer à leur guise sur le Web. Facebook, Google, Twitter sont aussi censurés. Le site de l’association
Voice370, décliné sur Facebook, est hébergé au Canada mais géré depuis Kuala Lumpur. Je m’aperçois à quel point il est difficile de communiquer avec les
Chinois et de les associer à notre combat. »

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p 158 site mh370france.com « La plateforme anglophone Voice370 est indispensable, mais il est grand temps de disposer d’un site accessible en français. La France a besoin de connaître notre
histoire. Le président François Hollande ne s’est toujours pas exprimé, nos lettres restent sans réponse et nos nombreuses réunions, au Quai d’Orsay comme au BEA, sont une mascarade. Sur le site du ministère français, il
n’y a toujours rien sur la disparition du MH370. »

p 159 « Un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, doté des dernières technologies, s’est volatilisé. Voilà quatre mois que ma vie a basculé.
J’ai beau me le répéter, je ne m’y résous pas. Je comprends que je dois communiquer. Il y a une omerta autour de cette enquête, un maximum de personnes doit le savoir.
Je n’ai plus le droit de me taire. Je n’ai plus le droit de me réfugier dans l’anonymat. Je dois m’adresser à ceux qui savent. Les inviter doucement à parler. Peut-être. »

p 203 « On sait désormais que l’avion a coupé son système de transpondeur après un dernier contact avec le sol, empêchant dès lors toute possibilité de le localiser. On sait également que le système
dit « ACARS » a été désactivé. L’ACARS, Aircraft Communication Addressing and Reporting System, permet de transmettre des informations sur l’état de l’avion au centre de maintenance de la compagnie aérienne.
A-t-il été coupé plus tôt ? Sur ce point, on ne sait pas si l’ACARS a été coupé avant ou après le transpondeur ni même avant le dernier contact radio.
Problème électrique ? Si cela avait été le cas, une batterie de secours aurait permis de maintenir quelques systèmes de transmission.
Ce sont finalement les radars militaires malaisiens qui ont repéré ce demi-tour complet de l’avion et orienté les recherches vers le détroit de Malacca.
Il y a huit mois, c’est après un cafouillage sidérant de sept jours que les autorités malaisiennes ont accouché de cette première conclusion. Sept longs jours pour confirmer ce qu’elles savaient depuis le début.
Ce serait donc bien la route qu’aurait empruntée le MH370, à l’opposé de son plan de vol. Voilà pour la version officielle.
Et depuis, c’est le black-out. Dans cette zone frontière contrôlée par plus de douze radars de trois pays différents, un avion de plus de deux cents tonnes doté d’une technologie infaillible s’est donc volatilisé. »

 

http://www.parismatch.com/Actu/International/Crash-du-vol-MH370-Ghyslain-Wattrelos-seul-contre-un-secret-d-Etat-1466615

Edition : Flammarion

Publié en 2018 

Genre : Témoignage

Tu m’en diras des nouvelles … Régine Thieulent-Torréton

Des nouvelles, courtes et percutantes
Des histoires tendrestouchantescocassestroublantes
Des instants de vie banals ou parfois un peu insolites …

Une écriture légère et « volatile » … douce et « sans jugement » … on pose les mots tout simplement …
mais le ton peut aussi se durcir et l’écriture devient un peu plus incisive … un peu plus mordante … et arrivent les coups de gueule !!

Et peut être une question ?? Doit on vraiment se fier aux apparences ?? Le jugement est-il vraiment nécessaire ?

Un joli moment de lecture … une petite « friandise » sauce aigre-douce … que j’ai savouré avec plaisir ... un sourire au coin des lèvres …

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p 99 La foire à tout, même au pire « Dans l’allée d’en face, un peu sur sa droite, ses yeux s’arrêtèrent sur celui qui devait être le vendeur. Le regard aimanté, elle n’arrivait plus à se détacher de l’exposant, tant elle était étonnée : un Noir
Un Noir, ici, en pleine campagne, dans un bourg d’à peine mille habitants ! Décidément, cette foire porte bien son nom ! Elle finit par détourner le regard pour examiner la jeune femme qui semblait l’accompagner. Elle était blanche. Quelle idée de
se mettre avec un étranger ! continua-t-elle de pense. Voilà que maintenant les noirs quittent la ville pour venir s’installer dans ce qu’il reste de nature ! Bon, celui-là est métis, c’est déjà ça ! « 

p 60 Césario « Le musicien l’écoutait entre deux passages d’un site à un autre. Mais c’est à quelques mètres de l’ancien beffroi de la ville qu’il eut cette réflexion, levant les yeux vers la grosse horloge qui donne son nom à la rue :
– Tu vois, je suis comme elle. Une seule aiguille tourne sur le cadran, ainsi les minutes ne cherchent pas à rattraper les heures. Je n’ai jamais cherché à rattraper mes émotions, ou plutôt, j’ai choisi de ne pas le faire.
J’ai toujours poursuivi ma route, passant souvent au même endroit, toujours libre de ne m’arrêter qu’une seconde, une minute ou une heure. Mon temps se calcule en croches, en noires, en blanches et … en silence. »

 

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p 86 Pomme d’Amour « Un brouillard étrange voile ses yeux … La nuit, le ciel, un monde ailleurs, et là, sur cette terre, dans cette ville, sur un quai de la Seine, lui, clochard sans famille, sans ami, sans amour, seul au milieu de la fête foraine … Les
tentacules du grand manèges s’élancent vers les nuages, elles montent, descendent, virevoltent, reculent. Ses idées se brouillent. Il avance vers d’autres attractions. La Chenille Infernale tourne à toute vitesse, vite, très vite, toujours plus vite
et dans sa tête les idées se mélangent, s’entrechoquent, tourbillonnent.
Des lumières clignotent, mille étoiles multicolores scintillent, brillent encore, rouges, orange, vertes … Des lueurs blanches crépitent dans sa tête. Flash ; éblouissement. Flash-back ; étourdissement. Souvenirs, souvenirs … douleur. »

p 91 Le train des apparences « Un homme arrive à ma hauteur avec de gros gants de cuir, en plein été. Une réincarnation de « Jack l’Éventreur »? Il marche doucement, son pas est anormalement lent. Il regarde les gens. Repère-t-il sa proie ? Son regard est
glauque.
Baisser les yeux, surtout ne pas croiser les siens. Sait-on jamais ? J’ai envie de fuir comme un chat qui sent le poivre. Tu es folle, que t’arrive-t-il, ce n’est pas la première fois que tu prends le train ? Pourquoi tant de méfiance ? J’ai l’imagination qui court
à la vitesse du TGV ! Il est passé … Il avance sur le quai … Sauvée ! »

Edition : Cogito

Genre : Nouvelles

Publié en 2017

Au Revoir là-haut … Pierre Lemaitre

La guerre 14-18, Le dernier combat !!
Les ordres sont clairs … Récupérer aux mains des « Boches » la côte 113 !!
et là, tout bascule pour Albert et Edouard
Deux destins à jamais liés par ce même événement … des destins qui s’enlacents’entrechoquentse déchirent … tentent de s’ignorer mais feront front ensemble …

Un récit … une épopée … un périple où le temps semblent futile …
Un monde sans pitié … ou le désespoir est palpable.
Il faut organiser l’après guerre !! La démobilisation pour « les vivants » …
Puis tous ces morts à inhumer … toutes ces familles en attente de corps … le début d’un scandale sanitaire !!

Des personnages puissants, forts et pour certains excentriques
Un rythme intense et palpitant ...
Une écriture saisissantesubtilepoétique et crue

Parisla misère … une pensée pour « Les mystères de Paris » d’Eugéne Sue !! Une belle référence … Un livre sublime …
« Au Revoir là haut »Un chef d’oeuvreUn choc … Un roman écrit avec Talent … Un plaisir jubilatoire

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« ces croix Blanches dans ces grandes nécropoles … En mémoire … « 

« Il savait que la guerre n’était rien d’autre qu’une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre quatre ans tenait fondamentalement du miracle. »

p 50 « Pradelle est un homme vraiment inquiétant, personne ne peut l’encadrer. Il confirme l’adage selon lequel le véritable danger pour le militaire, ce n’est pas l’ennemi, mais la hiérarchie. »

p 90 « En le tenant contre lui, Albert se dit que pendant toute la guerre, comme tout le monde, Edouard n’a pensé qu’à survivre, et à présent que la guerre
est terminée et qu’il est vivant, voilà qu’il ne pense plus qu’à disparaître. Si même les survivants n’ont plus d’autre ambition que de mourir, quel gâchis…« 

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p 116 « Il n’y a pas si longtemps qu’on avait enfin permis à Edouard de se regarder dans une glace. Evidemment, pour les infirmières et les médecins qui avaient récupéré un blessé dont le visage n’était qu’une immense plaie de chairs sanglantes où ne subsistaient
plus que la luette, l’entrée d’une trachée et, à l’avant, une rangée de dents miraculeusement indemnes, … »

Elle avait les yeux bleus, bon, à vous, ça ne vous dit rien, mais pour Albert, ces yeux-là, c’était le gouffre, un précipice. Tenez, prenez sa bouche et mettez-vous un instant à sa place, à notre Albert. De cette bouche, il
avait reçu des baisers si chauds et tendres, qui lui soulevaient le ventre à exploser, il avait sentit sa salive couler en lui, il l’avait bue avec tant de passion, elle avait été capable de tels prodiges que Cécile n’était
pas seulement Cécile. C’était… Alors, du coup, elle pouvait soutenir que la guerre, on n’en ferait qu’une bouchée, Albert avait tellement rêvé d’être une bouchée pour Cécile …

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Ma petite dédicace …

« Tous ces dessins, une centaine, avaient été réalisés ici, sur le front, dans les tranchées,  » … » Un trait lancé à la va-vite devenait le profil harassé d’un jeune soldat, trois lignes et c’était un visage exténué aux yeux hagards, ça vous arrachait le ventre. Presque rien, à la volée, comme en passant, le moindre coup de crayon saisissait
l’essentiel, la peur et la misère, l’attente, le découragement, l’épuisement, ce carnet, on aurait dit le manifeste de la fatalité.
En le feuilletant, Albert en eut le cœur serré. parce que, dans tout cela, jamais un mort. Jamais un blessé. Pas un seul cadavre. Que des vivants. C’était plus terrible encore parce que toutes ces images hurlaient la même chose : ces hommes vont mourir.« 

« .. depuis qu’il était revenu d’entre les morts, il savait qu’une peur indéfinissable, vibrante, presque palpable, était peu à peu venue l’habiter. A quoi s’ajoutaient les effets dévastateurs de son ensevelissement. Quelque chose de lui était encore sous la terre,
son corps était remonté à la surface, mais une partie de son cerveau, prisonnière et terrifiée, était demeurée en dessous, emmurée. Cette expérience était marquée dans sa chair, dans ses gestes, dans ses regards. »

 

 

 

Janvier 2018 … Présentation de son dernier roman « Couleurs de l’incendie » à l’Armitière à Rouen … 

« Voilà comment ça finit, une guerre, mon pauvre Eugène, un immense dortoir de types épuisés qu’on n’est même pas foutu de renvoyer chez eux proprement. Personne pour vous dire un mot ou seulement vous serrer la main. Les journaux nous avaient
promis des arcs de triomphe, on nous entasse dans des salles ouvertes aux quatre vents. L’affectueux merci de la France reconnaissante
(j’ai lu ça dans le Matin, je te jure, mot par mot) s’ est transformé en tracasseries permanentes, on nous mégote 52 francs de pécule, on nous pleure les vêtements, la soupe et le café. On nous traite de voleurs.« 

p 419 « Le rapport entrait dans des considérations techniques particulièrement morbides, expliquant que, « ne disposant ni de connaissances anatomiques, ni de matériel adapté, le personnel en était réduit à fracasser les os du tranchant de la pelle ou d’un coup de
talon sur une pierre plate, parfois à la pioche ; que, même ainsi, il n’était pas rare qu’on ne puisse faire tenir les restes des hommes trop grands dans ces cercueils trop petits, qu’on y entassait alors ce qu’on pouvait et qu’on déversait les surplus dans un cercueil servant de poubelle,
qu’une fois plein on refermait avec la mention « soldat non identifié »... »

« Je te donne rendez-vous au ciel
où j’espère que Dieu nous réunira.
Au revoir là-haut, ma chère épouse… »

Derniers mots écrits par Jean Blanchard,
le 4 décembre 1914

Genre : Roman

Publié en 2013 Prix Goncourt

Couverture : Laurent Lufroy

 

Humour Noir à Boulets Rouges

Tome 3 !!
Et voilà !! Stéphane Maillot est passé du côté obscur !!
Ses positions sont toujours très tranchées, énoncées avec ferveur et revendiquées sans état d’âme !! Mais la radicalisation le guette !! (p : 3 )
On y retrouve une écriture tranchante, mordante et sans appel … on grince des dents et on rit jaune …
Les mots jonglent au gré des humeurs de l’auteur !!

Un esprit vive et affûté est « primordial » pour suivre le récit !! (cf: un comprimé d’aspirine peut aussi être nécessaire !! )
Une interaction « sympathique » se fait avec le lecteur !! Surtout avec le lecteur « un peu limité« , celui qui a du mal à suivre et à dénouer les pensées … le raisonnement … la réflexion de l’auteur !! (p: 143)

L’auteur y aborde des thèmes forts tels que … « Comment différencier un hamster mâle d’un hamster femelle » … « Comment reconnaître un chat Breton d’un chat ordinaire » … …
Une histoire de babouche … de mule … de charentaise … et de tong !!
Mais qu’on ne s’y trompe pas !! Rien n’est anodin … il y a toujours un sens à ses allusions au premier abord surprenantes !! Rien n’est laissé au hasard !! Il faut juste suivre le cheminement !! (cf l’aspirine !! )

Des sujets récurrents  et prédominants, la religion, la politique et Les femmes !! Et oui Les femmes ont l’air de poser quelques soucis à l’auteur !! La conclusion avec celles ci, n’a sans doute pas toujours été celle espérée !! A méditer !!
Enfin ce désamour ne concerne qu’ une certaine catégorie de femmes !! Ouf !! Oserais – je dire !!

Pour résumé, un livre « déconseillé » aux femmes … aux catholiques et autres religieux … aux adeptes de la « Manif pour tous » … aux ados … aux escargots Sénestre … aux sensibles
C’est un livre où, une fois la dernière page tournée … on ne sait si on a aimé, ou pas ?? Un livre vous l’aurez bien compris , qui laisse perplexe mais qu’il est néanmoins avisé de découvrir !!! 🙂
Très percutant !!

Et si c’était vrai !!! A méditer !! 

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p 11 « Une chose est sûre cependant, c’est qu’il semble bien que les femmes aient, de tout temps, préféré les choses frivoles et cultivé la curiosité maladive …. »

p 3 « Alors pourquoi ce titre : « Humour Noir à Boulets Rouges » ? Premièrement, … « …  » … Secundo, aussi parce qu’avec le temps, mon assurance s’affirmant ; tout comme mon expérience en tant qu’auteur et chroniqueur,
la couleur de certaines de mes colères et de mes « coups de gueule » correspond de plus en plus à l’expression populaire « tirer à boulets rouges » sur quelqu’un ou sur quelque chose. Je confesse une certaine radicalisation personnelle ces derniers temps, que j’assume pleinement. »

p 61 « Il faut bien admettre aussi que les hommes se montrent souvent maladroits. Il leur a pourtant été souventes fois répété depuis leur mariage : « Pour faire durer votre couple, ayez des rapports
sexuels au moins trois fois par semaine … Et si possible, au moins une fois avec votre femme ! ». Mais que voulez-vous, l’homme est un étourdi et se montre volage parfois. C’est ainsi ! »

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p 112 « Mais, nul doute qu’une fois arrivé au Paradis, notre Cathare calciné -comme notre pucelle d’Orléans et nos templiers arthritiques- n’ont pas manqué de déclarer leur flamme à Dieu. Car, comme il est dit dans toute bonne publicité cléricale : « DIEU
VOUS AIME ! « . Mais la publicité, entre nous, n’est-ce pas du mensonge organisé destiné aux plus crédules et aux plus naïfs ? »

p 114 « Rendons-nous compte : Dieu prête vie ! Sous-entendu qu’il peut la reprendre à tout moment ! La vie, pour Dieu, c’est comme un leasing ou une location de voiture longue durée. Tant que tu remplis les conditions, tu y as droit.
Le jour où tu les remplis plus, Dieu, il te reprend ce qu’il t’a prêté : la vie ! « . Rien que ça ! C’est quand-même pas rien. »

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p 8 « Le « canon féminin » a cette particularité avérée de susciter un vif intérêt chez les hommes en raison de son affolante plastique et d’une intelligence physique qui ne manquent pas d’exacerber le goût masculin immodéré
et bien connu de tout mâle pour l’esthétisme quand il le croise.
En revanche, le « canon féminin » suscitera d’emblée une vive et unanime réprobation de la part de toutes les autres femmes. » …
C’est pour ces raisons que les autres femmes s’adonneront alors entre elles sans retenue, avec zèle et âpreté, à leurs deux occupations favorites : la critique perfide et le jalousie. » 

 

p 134 « Mais, au final, quel mal font les LGBT à la société, ces gens qui revendiquent leur droit à la différence sexuelle ? Qui dérangent-ils ? Si ce n’est quelques vieux réactionnaires aux convictions religieuses viscérales, à
quelques intégristes monothéistes à la morale psychorigide et restrictive, à quelques témoins de Jehova qui n’ont lu et ne liront jamais qu’un seul et unique livre dans toute leur misérable existence terrestre, à quelques
vieux bourgeois et notables qui ont décrété une fois pour toute que ces pratiques entre des hommes ou des femmes du même sexe, sont contre-nature et immorales en vertu des sacro-saints principes judéo-chétiens
sans réels fondements. »

p 143 « Mais imaginons un instant ce qu’il pourrait advenir d’une personne bisexuelle n’élevant que des escargots sénestres en Bourgogne, qui souffrirait de dextrocardie, qui serait gauchère contrariée depuis sa plus tendre enfance avec quelques tendances
schizophréniques, gauche de la main droite bien que fort peu adroite de la main gauche et qui se regarderait dans un miroir en présence d’un(e) ami(e) transexuel(le) ne souffrant de rien mais aimant pédaler en marche arrière sur un vélo à
la selle inversée pour tenter d’avancer tout droit (3)?
Cela ouvre quelques perspectives, non ? Et ça donne une vision bien différente des choses, n’est-ce pas ?
3 . L’auteur déconseille fortement aux personnes fragiles intellectuellement de tenter de visualiser la scène décrite ci-dessus. Ce, afin de ne pas plus aggraver leur état mental déjà durement éprouvé par la lecture d’un tel ouvrage. »

Première rencontre avec l’auteur-humoriste au salon du livre de Pitres … en décembre 2016

Edition 20-15

Publié en 2018

Genre : Humour Noir

 

 

Oscar … Christine Lebel

Oscar … le destin d’un petit chiot
Ses premières semaines à la ferme entouré de sa maman et de ses frères et sœurs … puis la séparation et la découverte de sa nouvelle famille
il devra alors s’adapter et comprendre les codes et les habitudes de chacun …

Un joli récit … une vision attendrissante de ce jeune chiot sur le monde des humains … et sa découverte de la vie …
Une écriture fluide et très agréable

Des moments tendres, cocasses et un peu « angoissants » …
Une belle histoire à faire découvrir à nos jeunes lecteurs …

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p 7 « Tout commença pour moi un jour de septembre alors que je n’avais que quatre mois. je vivais à ce moment-là dans une ferme avec ma mère, un caniche
de couleur abricot, et mes cinq frères et sœurs. J’avais vaguement entendu le maître dire qu’il était temps pour nous, les petits chiots, de trouver un autre toit.
Je ne comprenais pas ces paroles et continuais à jouer avec insouciance dans le foin. »

p 8 « Pour finir, la petite fille se dirigea vers moi et me prit dans ses bras. Elle dit à ses parents :
« C’est celui-ci que je veux ! »
Tout alla très vite ! Sans même me reposer au sol, ils m’emmenèrent. J’ignorais alors que je ne reverrais plus jamais ma famille. »

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p 35 « J’étais très surpris de voir autant de personnes entassées les unes à côté des autres. De grandes niches en tissus étaient installées un peu partout. Paul appelait cela « des tentes« . Je compris que les gens dormaient dedans.
C’était un drôle d’endroit. « 

p 42 «  »ça suffit, Oscar ! Allons, secoue-toi ! brailla-t-il un après midi. Tu es amoureux, et alors ! Tu en connaîtras d’autres des Angie; elle n’est pas seule au monde. »

p 47 « – Avoue plutôt que tu n’aimes pas les minets ! Tu sais, je suis habitué. …
… Je l’écoutais me raconter sa vie de chat. Finalement, il m’amusait et je le trouvais même sympathique. »

Première rencontre avec l’auteure … en septembre 2017 … au Quai des livres à Rouen …

Edition : Minerve et Bacchus

Publié en 2017

Roman jeunesse