Tu m’en diras des nouvelles … Régine Thieulent-Torréton

Des nouvelles, courtes et percutantes
Des histoires tendrestouchantescocassestroublantes
Des instants de vie banals ou parfois un peu insolites …

Une écriture légère et « volatile » … douce et « sans jugement » … on pose les mots tout simplement …
mais le ton peut aussi se durcir et l’écriture devient un peu plus incisive … un peu plus mordante … et arrivent les coups de gueule !!

Et peut être une question ?? Doit on vraiment se fier aux apparences ?? Le jugement est-il vraiment nécessaire ?

Un joli moment de lecture … une petite « friandise » sauce aigre-douce … que j’ai savouré avec plaisir ... un sourire au coin des lèvres …

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p 99 La foire à tout, même au pire « Dans l’allée d’en face, un peu sur sa droite, ses yeux s’arrêtèrent sur celui qui devait être le vendeur. Le regard aimanté, elle n’arrivait plus à se détacher de l’exposant, tant elle était étonnée : un Noir
Un Noir, ici, en pleine campagne, dans un bourg d’à peine mille habitants ! Décidément, cette foire porte bien son nom ! Elle finit par détourner le regard pour examiner la jeune femme qui semblait l’accompagner. Elle était blanche. Quelle idée de
se mettre avec un étranger ! continua-t-elle de pense. Voilà que maintenant les noirs quittent la ville pour venir s’installer dans ce qu’il reste de nature ! Bon, celui-là est métis, c’est déjà ça ! « 

p 60 Césario « Le musicien l’écoutait entre deux passages d’un site à un autre. Mais c’est à quelques mètres de l’ancien beffroi de la ville qu’il eut cette réflexion, levant les yeux vers la grosse horloge qui donne son nom à la rue :
– Tu vois, je suis comme elle. Une seule aiguille tourne sur le cadran, ainsi les minutes ne cherchent pas à rattraper les heures. Je n’ai jamais cherché à rattraper mes émotions, ou plutôt, j’ai choisi de ne pas le faire.
J’ai toujours poursuivi ma route, passant souvent au même endroit, toujours libre de ne m’arrêter qu’une seconde, une minute ou une heure. Mon temps se calcule en croches, en noires, en blanches et … en silence. »

 

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p 86 Pomme d’Amour « Un brouillard étrange voile ses yeux … La nuit, le ciel, un monde ailleurs, et là, sur cette terre, dans cette ville, sur un quai de la Seine, lui, clochard sans famille, sans ami, sans amour, seul au milieu de la fête foraine … Les
tentacules du grand manèges s’élancent vers les nuages, elles montent, descendent, virevoltent, reculent. Ses idées se brouillent. Il avance vers d’autres attractions. La Chenille Infernale tourne à toute vitesse, vite, très vite, toujours plus vite
et dans sa tête les idées se mélangent, s’entrechoquent, tourbillonnent.
Des lumières clignotent, mille étoiles multicolores scintillent, brillent encore, rouges, orange, vertes … Des lueurs blanches crépitent dans sa tête. Flash ; éblouissement. Flash-back ; étourdissement. Souvenirs, souvenirs … douleur. »

p 91 Le train des apparences « Un homme arrive à ma hauteur avec de gros gants de cuir, en plein été. Une réincarnation de « Jack l’Éventreur »? Il marche doucement, son pas est anormalement lent. Il regarde les gens. Repère-t-il sa proie ? Son regard est
glauque.
Baisser les yeux, surtout ne pas croiser les siens. Sait-on jamais ? J’ai envie de fuir comme un chat qui sent le poivre. Tu es folle, que t’arrive-t-il, ce n’est pas la première fois que tu prends le train ? Pourquoi tant de méfiance ? J’ai l’imagination qui court
à la vitesse du TGV ! Il est passé … Il avance sur le quai … Sauvée ! »

Edition : Cogito

Genre : Nouvelles

Publié en 2017

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