Le baiser du canon de Robert Vincent

Un polar à la « Roger Rabbit » … Des personnages « mi-humains » … « mi-cartoon »
Le tournage d’un épisode d’une série policière … et tout bascule
Une histoire ou la réalité … la fiction …  le cinéma se mélangent …

Une promenade étonnante … dans les rues Havraises ...

Des personnages atypiques et haut en couleurs !!
Le commandant George Faidherbefantasque mais néanmoins efficace et pertinent ... un brin naïf peut être avec la gent féminine !! ou alors subjugué par la belle réalisatrice !!
Séverine Feuillade réalisatrice … femme volontaire , autoritaire , déterminée … séductrice ... qui assume sa libido et sa féminité … Des scènes « presque » sensuelles
Lalouette journaliste du « Havrais pressé » … toujours présent au « bon » moment … envieux et « gentiment malfaisant »
Trois électriciens … trois gaillards à la voix de Duffy Duck !! des triplés sans doute !!
et Albala ce voyant albinos … bien étrange qui gonfle tel un Diodon

Des voyants, des mages … des histoires d’argent … Pourquoi vouloir éliminer Mr Aba Albala ?? En sait il trop ?? Et Faidherbe ??? Pourquoi est-il mêlé, malgré lui à ce « complot » ?

Une écriture très agréable loufoque et imagée

Des clins d’œil à des séries TV … « Les mystères de l’Ouest » … »L’amour du risque » … « l’homme de l’Atlantide » …

Un VRAI polar .. une intrigue bien ficelée … et un dénouement digne des plus grands polars du cinéma … et de la littérature bien sûr …
Des vrais méchants … des balles qui sifflent … des règlements de compte … des meurtres … un réseau bien organisé …

Un rythme effréné et haletant ...
Un livre à dévorer !! Croustillant … et saupoudré de Folie « meringuée » enfin non … « maitrisée » …

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p 34 « Il décide de s’assurer que Séverine Feuillade assortit ses mots de son geste délicat habituel quand elle s’énerve. C’est surtout ce qui lui plaît en elle, sans qu’il sache bien pourquoi. Il glisse
sa longue silhouette entre deux curieux, pivote légèrement pour faire levier, les deux autres s’écartent comme les coquilles d’une huitre sous l’effet du couteau. La jeune
femme est penchée en avant, en chemisier blanc. Par transparence, il laisse deviner un soupçon de soutien-gorge noir.
Étonnante légèreté d’habillement par ce temps frisquet, mais plutôt agréable à la vue. George Faidherbe sourit intérieurement en constatant que la main gauche de la jeune femme ne cesse
d’aller au-dessus de son oreille menue pour y remettre en place cette mèche à l’indiscipline imaginaire. »

p 45 « Ce flic semble un peu con à la jeune femme mais il lui a tapé dans l’œil. En plus, elle n’a jamais connu de rouquin, et elle trouve drôle et excitant qu’on lui tire dessus dans le scénario.
Tous ses amants de tournages – un par film, pas plus – ont eu droit à un caméo, une apparition furtive comme en faisait Hitchcock dans ses films. Elle a décidé qu’il serait le prochain accroché
à son tableau de chasse. Aucun ne lui résiste de toute façon. Il est parfois plus difficile de s’en débarrasser car après le tournage, elle congédie ces intermittents de l’amour et passe au film
suivant et donc à l’amant suivant. Son projet secret est de monter les apparitions de ses conquêtes afin de créer un film expérimental, dans l’esprit de la séquence des baisers coupés de
Cinéma Paradisio ou un Warhol ultramoderne à la manière de Kiss. Prix de festival indépendant assuré. »

p 49 « Je suis à Jésus ? » aurait demandé sa grand-mère en rouvrant les yeux en pareilles circonstances. Georges Faidherbe est athée, il les referme aussitôt. Le tangage du transport lui donne
l’impression d’un voyage vers l’île des morts. Le plus effrayant, c’est un visage apparu dans son éclair de conscience quand les sirènes hurlaient. Celui du docteur Pinson, un des deux légistes
qu’il fréquente par obligation professionnelle et avec lequel il a le moins d’affinités. Faidherbe est donc bien mort et en passe d’être autopsié, sans anesthésie. Être disséqué par Pinson et garder sa conscience, c’est vraiment l’horreur. »

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p 58 « A l’étage, trois bonhommes virevoltent au milieu de l’ex-commisariat devenu en un temps record une pièce à usage polyvalent. Ils rangent le matériel de cinéma à toute vitesse, comme après un mauvais coup. …
Les trois manutentionnaires se retournent. Même taille, même corpulence râblée aux muscles rebondis sous les mêmes tee-shirts bariolés de couleurs. Même tête aussi; pas de menton, un gros nez, des grandes
oreilles décollées, des yeux légèrement bridés, un crâne d’obus rasé surmonté d’un mini-bonnet rouge. Des types étranges, aussi amusants qu’inquiétants, des triplés sûrement tant leur ressemblance est grande.
– Vous partez déjà ? demande le policier.
– On va tourner des extérieurs … dit l’un, d’une voix fluette, comme ayant subi un traitement à l’hélium. « 

p 72 « – Du renfort ? Pour courser un mort-vivant. Je vais me faire charrier ?
– Tu n’as donc pas vu qu’il a doublé de taille et de volume, ton albinos. Regarde, il ne tenait plus dans l’armoire.
– Oh, putain ! Comme un diodon ! s’exclame Fésol.
– Qu’est-ce que c’est que ce truc ? demande l’interne.
– Un poisson épineux qui gonfle en cas de danger, explique le capitaine Fésol, pêcheur passionné. »

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p 105 « A l’étage, il croise son médecin légiste préféré, le docteur Léonard Foutel.
– On m’a dit que vous étiez tombé entre les mains de Pinson.
L’autre légiste est le grand rival de Foutel, qui fait courir sur lui la rumeur que Pinson s’est rabattu sur la médecine parce qu’il avait échoué au CAP de charcutier. »

p 126 « Quand Georges Faidherbe lève les yeux, Séverine est complètement nue devant lui, intégralement épilée, un revolver à la main droite et une cravache dans la main gauche.
La belle est disciple de Sacher-Masoch. Le policier va passer un drôle de quart d’heure. Il n’a jamais pratiqué le sadomasochisme et ne s’est même jamais posé la question de savoir
s’il y prendrait goût. Trop tard, il n’a plus le temps de réfléchir.
– Qu’est-ce que ? … réussit-il à articuler.
– Viens, mon lézard, l’invite la jeune femme avec des yeux de braise. Ne te bile pas pour ça … »

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p 177 « Place au jeu. Cette fois, c’est moi qui commence. Tu n’as pas de latex chez toi, je parie.
– Une combinaison de surf, ça ira ?
Qu’il est con ! Enlève-moi cette chemise.
On y est. Elle s’est approchée de lui le filet à la main, se colle contre son corps, l’embrasse, se retire soudain puis l’enveloppe avec le filet. Il est bientôt saucissonné comme il faut et poussé sur le lit.
– J’ai l’impression d’être une rosette de Lyon sur l’étal du charcutier, arrive-t-il à articuler, oppressé par les liens.
– Ne t’inquiète pas, je gère, le rassure sa partenaire.
Elle est montée à califourchon sur lui et donne des témoignages de satisfaction.
– Eh bien, voilà ce qu’il te fallait, c’est beaucoup mieux aujourd’hui, dit-elle, appréciant sa mâle vigueur sous elle, qui se dresse à travers les mailles de la corde. »

Première rencontre avec les auteurs … le Quai des livres à Rouen en … septembre 2014

Édition : Cogito

Genre : Polar 

Publié en 2016

Illustration couverture : La Plume Numérique

Interview Radio France Bleu ….

https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-et-vous-l-invite/normandie-rouen/vincent-lissonet-et-christian-robert-pour-le-baiser-du-canon-editions-cogito

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Le Tigris dans l’oreille d’ Odile Marteau Guernion

Une plongée dans le monde d’Anna Le Goff, inspectrice et responsable d’une équipe d’enquêteur …
Une plongée dans le monde du gothique … et du suspens !!
Un polar où se mêle rancœurvengeancejalousie … règlement de compte …

L’enquête nous emmène en Bretagne, Saint Brieuc, Binic … mais aussi en Normandie, à Etretat et le Havre

Une écriture fluide et efficace
Des chapitres courts qui donnent du rythme
Des phrases courtes qui nous laisse « en alerte » …

Que de questions !!
Pourquoi ce coquillage ? Ce tigris … trouvé sur les victimes ?
Pourquoi ces jeunes filles ont elles fait ce choix ?? Si choix il y a !!
Pourquoi cette mise en scène ?

Les personnages Yann Postic et Jean Christophe Lefèvreinstables … et bien étranges !! Ou n’est-ce qu’apparence ??

L’auteure reste « fixée » et imperturbable sur l’histoire et le déroulement de l’enquête … pas ou peu de débordement dans la vie privée et intime des personnages … Dommage à certains moments …

Un clin d’œil à … Arsène Lupin lors de leur visite à Etretat et à … l’Ankou légende Bretonne sur la mort …

Une affaire « bien ficelée » … Une équipe d’enquêteur soudée et efficace !!

Un roman où plane « psychologie mortuaire » … Mal-être adolescent … et où le Gothique trouve sa place …

Beau polar même si il m’a manqué de la « profondeur » et des détails … dans le récit !! « Relation ado » entre Anna et Yann pas assez explicite …
Un étonnant dénouement !!

Polar à découvrir … au rythme d’une danse macabre !!! 

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p 31 « Antoine, était déjà là, de la musique s’échappait du premier étage. Anna grimpa l’escalier, elle se sentait lasse, comment allait-elle aborder le sujet ? Elle poussa lentement la porte de la chambre de son fils. Rivé
sur l’écran de son ordinateur, il tournait le dos à l’entrée.
– Tu peux rentrer maman, assieds-toi. Anna s’exécuta, enjamba les multiples objets qui jonchaient le sol et machinalement tira sur la couette avant de s’asseoir sur le lit. Elle laissa passer un court instant.
– Antoine, je.
– Je suis au courant, maman. Ne te fatigue pas. Il s’était tourné vers elle et lui avait pris les mains comme si c’était lui l’adulte et elle l’enfant. Je sais qu’elle est morte, ça a déjà fait le tour des réseaux sociaux. »

p 55 « ça sentait le café dans la salle du staff. Anna, les cheveux en bataille et le regard vide était déjà sur place depuis tôt le matin. La nuit avait été courte, la lecture scrupuleuse de nombreux articles sur le mouvement
Gothique l’avait quelque peu éclairée. L’équipe arriva en ordre dispersé. Marie-Jeanne dans ses tenues toujours un peu excentriques, portait ce matin une jupe d’un bleu électrique et un pull en coton bleu ciel et comme
à son accoutumée un foulard de couleur criarde autour du cou. Elle avait un dossier sous le bras qu’elle déposa sur le petit bureau. Yves Legodinec, une brindille au coin de la bouche, montra son nez vers sept heures trente tandis que
Dominique Pastor, pour sa part, n’arriva qu’un quart d’heure plus tard en traînant les pieds qu’il avait de taille démesurée. Il avait la tête à l’envers comme chaque matin que Dieu faisait. Une main dans son blouson, il avait l’habitude de
se frotter l’estomac comme Napoléon l’eut fait mais il était loin d’avoir son envergure.
Anna bipa Champotier, déjà dans les murs, qui plaisantait gaiement avec l’agent de faction du rez-de-chaussée. Celui-ci grimpa la volée de marches et s’affala dans un fauteuil au fond de la pièce. Sa décontraction, ne l’avait jamais quittée malgré les années,
c’était peut-être ce qui expliquait que le temps ne semblait pas avoir d’emprise sur lui. »

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p 65 « Anna se sentait prise entre deux feux. L’envie de le suivre et l’irrésistible désir de fuir. Revoir un amour de jeunesse après autant d’années n’était pas une bonne idée et tous les voyants clignotaient à tout va dans son cerveau. Il était là, devant elle, le
visage à peine éclairé par un lampadaire asthmatique, son sourire franc et charmeur aux lèvres. Anna se sentait fondre, perdue, elle sentait son corps se réveiller, ses reins s’électriser. Elle ignora les voyants et suivit son copain de lycée jusque chez lui. Cette
nuit-là, Anna ne rentra chez elle qu’aux premières lueurs du jour. »

p 77 « Les oies Bernaches se rassemblaient au bord de l’eau, elles se laissaient flotter et bringuebaler par les vagues mais jamais ne heurtaient les rochers. Allaient-elles déjà partir ? Il était bien tôt. Anna, assise sur le sable regardait ce spectacle qui lui apportait
le calme dont elle avait besoin. Le temps n’était pas fameux et la plage du Moulin était peu fréquentée en ce jour d’été. Ses pensées vagabondaient d’un sujet à l’autre, puis, le visage d’Estelle Jourdaine fit son apparition entre les vagues.
Anna secoua la tête machinalement comme pour chasser cette vision affreuse. A quoi pouvait bien penser une gamine de seize ans pour préférer se plonger dans les eaux froides plutôt que de mordre la vie à pleines dents ? Qu’est-ce qui clochait pour qu’elle prenne
une telle
décision ? Ses parents avaient l’air on ne peut plus normaux, une famille classique en somme. Anna, les yeux fermés, tenta de se mettre dans la peau de cette jeune Gothique, s’imagina flotter quelques temps à la surface de l’eau, les bras en croix. »

p 88 « – … Vous savez ce que c’est que l’intersigne ? D’après Anatole Le Braz, ce sont des signes avertisseurs. Les intersignes annoncent la mort. Il part du principe que personne ne meurt sans que quelqu’un en ait été informé dans son entourage. Si
on faisait un tant soit peu attention, on sentirait ces signes. ça peut être un courant d’air, un bruit quelque chose. Et, l’ANKOU, vous connaissez des légendes de l’Ankou, vous êtes bretons, vous devez savoir ?
– Est-ce que tu connais les livres de Victoria Francès, on les a trouvés chez Estelle ? ça te dit quelque chose ?
– Oui, alors, ce n’est pas spécifiquement breton mais on peut faire des liens avec les légendes bretonnes sur la mort. De toute façon, Estelle était du genre gothique donc ce genre de bouquins ce n’est pas étonnant qu’elle les ait en sa possession. Vous
savez le mouvement gothique, historiquement parlant, remonte au romantisme noir du 19 ème siècle. Victorienne en somme, parce que c’est surtout en Angleterre qu’il prend ses racines. Plus près de nous, nous avons connu les Punks qui cultivaient un esthétiques noir et décalé. »

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p 95 « Kelly entra dans la maison sur la pointe des pieds. Minuit était passé depuis plusieurs heures. N’ayant trouvé personne pour la raccompagner, son sac sur le dos, Kelly avait emprunté la petite route pour rentrer chez elle. Elle se sentait épuisée, puante, le corps
souillé. Son joli chemisier noir qu’elle était si fière de porter l’après-midi même avait subi le même outrage que son corps. Chacun de ses pas était une souffrance mais Kelly avançait, reniflait, avait envie de mourir mais avançait. La nuit l’enveloppait de son grand manteau noir;
c’était presque un réconfort, cette nuit chaude comme il en existait parfois lorsque la température n’était pas plus clémente la nuit que le jour. »

p 97 « Devant le miroir de l’armoire, elle avait de nouveau scarifié ses bras. Les dernières cicatrices à peine refermées s’étaient ouvertes laissant couler le sang salvateur. Seules ces blessures infligées soulageaient ses angoisses. Après avoir entouré ses bras fins
et meurtris dans de longues bandes de gaze, elle trouvait enfin le sommeil. Le calme ne durait pas et les scarifications devenaient de plus en plus rapprochées. »

p 139 « Les livres, son seul univers, son refuge. La vie de … se résumait à ses lectures. Il ressentait une tranquillité d’esprit en se réfugiant dans les histoires des autres. Il était enfin quelqu’un d’autre., il endossait la personnalité de ces héros de papier.
Il avait bien essayé d’en écrire mais n’arrivait pas au-delà de quelques pages, son imagination s’essoufflait rapidement et le courage lui manquait amèrement. … Il allait bientôt avoir cinquante ans et le bilan de sa vie se résumait en un seul mot ; fiasco !
Il n’en était pas fier et en ressentait une amertume qui ne le quittait plus depuis le départ de sa dernière compagne. Plutôt beau garçon, il était encore un homme agréable à regarder, mais quand il posait son regard sur son reflet dans le miroir, il ne
voyait que les erreurs qu’il avait accumulées tout au long de sa vie et qui provoquait des ruptures à tous les niveaux. « 

Première rencontre avec l’auteure … Festival du livre et des arts dans Tous ses Etats à Dieppe … Avril 2017

Edilivre Édition

Genre : polar

Publié en 2016

Réalisation de la couverture : Laureline Guernion

Les derniers sentiments Cathares de Christel Lacroix

Une Belle balade dans le temps et l’espacede nos jours à 1244
Présent !! Passé !! Y-a-t’il un lien ?

Une visite historiquepittoresque dans le sud de la France … Carcassonne … Toulouse … Puivert … Montségur … Montolieu … Paradou … La Provence … l’Aude …

Deux histoires d’amour … deux époques … une correspondance épistolaire … une rencontre … DES rencontres … Aldelia … Pierrick … Albane … Alex … Eulalie … Cassandra … Cassiopé … Guillaume …

Un héritage … un coffret en bois … un parchemin cathare … un « caillou du bonheur » … une bague … Et deux mondes se percutent !! Un secret de famille … une destinée liée depuis plus de 7 siècles !!!

On est tout de suite plongé dans un monde mystique et presque fantastique

Mars 1244 … Le château de Montségur … La fin des cathares …leurs « massacres … leurs « exterminations » … Montségur « le brasier de l’inquisition » …
Oppression des cathares par les troupes royales catholiques (p : 206)

Le château de Montségur emblème de la foi cathare …une religion riche en philosophie … en bonté d’âmes … Les « Bons Hommes » … « Les Parfaits » (p : 62)

La foi inébranlable cathare … fière … déterminée … prête à se sacrifier …
Une belle leçon de vie et de détermination …

Des personnages pittoresques, mystiques et forts de leur conviction … des personnages nimbés de mystères …

Une histoire qui nous envoûte … nous ensorcelle … nous emporte et nous transporte avec bonheur … une belle leçon d’espoir …
une histoire à méditer même le livre terminé et refermé …

Une écriture tout en poésie

Un livre captivant … Un « message d’humanité » ...

Mon joli coup de cœur … empreint de féerie … et d’émotions

« Ten përdu, jhamâi së rëcobro. » Le temps perdu ne se retrouve jamais.

« Amors, qui la semenes » … Si l’on pouvait semer l’amour.

p 271 « C’est peut être l’Occitanie qui a inventé l’Amour. Avec une langue ronde et profonde dont les deux lettres sont des luminaires : O comme la rondeur de l’astre solaire et C comme le croissant de lune. »

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Albane et Alex … la Rencontre

p 43 « Ce matin Gaëtan m’a conté la lune, sa rondeur, sa force et puis il m’a parlé de sa forêt où il avait pu remplir son panier de magnifiques lactaires. Gaëtan a toujours une imagination débordante
et à lui tout seul il peut donner la vie à toute une forêt de champignons ; ainsi donc, comme les hommes, il me raconta qu’il y avait les vrais champignons, ceux que l’on cherche tous à tout prix
tellement ils sont bons et puis quand on les a trouvés on ne s’en séparerait pour rien au monde. Et puis il y a les faux, ceux qui se montrent sous leurs vrais jours, exhibant des chapeaux farfelus ou des couleurs exotiques.
Mais les plus pernicieux sont ceux qui font semblant d’être vrais et les reconnaître demande des années d’expérience, parfois même toute une vie. Ceux-là sont les plus dangereux. Tel l’être humain qui, de par sa
fausseté, aura provoqué chez nous le désenchantement, ce champignon peut aussi nous être fatal. »

p 51 « Dans ces lettres je peux exister véritablement et m’y montrer telle que je suis. J’écris ici avec mon cœur et mon âme, je suis la vraie Albane, celle que peut-être personne ne connaît. Dans la vraie vie, on doit rester formaté si l’on veut s’adapter
ou s’intégrer à la société, on doit sans cesse faire des compromis avec ses émotions. Nous adaptons nos sentiments en permanence, nous ménageons ceux que nous aimons ou que nous côtoyons, nous
jouons mille petits rôles en même temps pourvu que la pièce finale que l’on nomme vie ait l’air d’être réussie, nous faisons attention de ne pas tomber ni d’un côté ni de l’autre en regardant bien devant soi. »

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Les plantes … Eulalie … Aldelia

p 62 « Ces bons Hommes comme on les nomme, n’ont besoin d’aucun édifice ni d’aucun rite pour faire passer leur courant de pensée, car justement leur ultime but est de transmettre leur philosophie de vie et non de la vivre de manière isolée. Ils
n’adorent pas d’icônes, ne se considèrent pas soumis à Dieu. Ils ne se prosternent devant aucune statue, ni instrument de torture telle que la croix où Jésus fut crucifié ; ils ne récitent aucune prière infondée dans un langage qui leur serait inconnu. Seuls quelques lives et quelques mots prononcés
à voix haute suffisent à nourrir leur religion. Selon eux, tous les êtres de la Création, toutes les races d’êtres humains mais aussi d’animal relèvent de la grâce de Dieu. Ils ne cultivent pas le sentiment de peur de l’Enfer ou du Jugement dernier ; pour eux, tous seront sauvés par la volonté de Dieu,
même si pour se faire ils doivent être voués à vivre maintes existences avant de rejoindre cet état de grâce. »

p 65 « Guillaume d’Orliac et son épouse Malvina habitent le donjon de Montségur auprès de Raimon de Pereille et de sa famille, ainsi que de quelques chevaliers parfois accompagnés de leurs dames. Aldelia, elle, a préféré aménager dans la maison de sa
grand-mère Eulalie, à la mort de celle-ci. La promiscuité des familles dans le donjon, son froid glacial en hiver et le nombre de messages et de sergents d’armes à certaines heures dans ce fief du commandement militaire, l’ont très vite
menée à prendre cette décision. Aldelia a donc élu domicile dans une maison en contrebas du donjon où de nombreux malades peuvent lui rendre visite pour se faire soigner. Son « don des plantes » commence à être connu au delà des portes de Montségur, ce qui ne fait qu’attiser les craintes de Guillaume pour son unique fille. »

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p 73 « Elle considère cette bague comme son véritable trésor et y tient comme à la prunelle de ses yeux. Elle ne connait pas vraiment son histoire car Eulalie n’a hélas pas eu le temps de la lui conter. Mais elle reste toutefois persuadée que cet anneau
est intimement lié à son passé et à celui de sa famille. Toute en bronze, un étrange écusson y est gravé, représentant des branches d’olivier et de laurier emmêlés. Cette tresse végétale incrustée dans le métal a ému
Aldelia la première fois qu’elle l’a observée. Depuis elle est devenue son trésor intemporel car elle sait que d’autres l’ont porté avant elle. Elle a parfois l’impression que cet anneau est un passeur dans le temps, mais un passeur de quoi ? De quel message ? De quel secret ? »

p 206 « Elle baisse les yeux au sol, sa main gauche se crispe sur son « caillou de bonheur« , elle va quitter à jamais Montségur, mais une partie de son cœur restera ici à jamais attachée. En contrebas, le brasier poursuit
sa folle destruction, l’odeur âcre qui s’en dégage est suffocante. Il ne restera bientôt plus rien de cette démence humaine. Les croisés sont toujours présents dans l’enceinte du château comme pour admirer jusqu’au bout leur œuvre destructrice et s’en
rassasier de mille détails. Les braises achèveront de s’éteindre, les souvenirs de ces Parfaits cathares s’envoleront, leurs vies perdues n’auront servi à rien si ce n’est à satisfaire des ambitieux idéaux, victimes de la croisades levée contre eux. …
De ce brasier éphémère et insensé, elle (Aldelia) gardera toujours les flammes en pensées et elle se jure au fin fond de son âme d’honorer la mémoire de ses frères et sœurs cathares, autant qu’elle le pourra, afin de donner un sens profond à leur mort.« 

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p 253 « Elle comprend qu’à travers toutes les histoires du passé, contées de bouche à oreille à la veillée, dessinées à l’encre d’enlumineur sur des parchemins ou sculptées à même la pierre, nous ne mourrons jamais. Elle sait qu’elle va avoir beaucoup de mal
à traduire ce message en mots, car il s’imprime au delà du dicible et de l’entendement, et il y a des ressentis qui ne peuvent pas se dire ni s’entendre, seul le cœur a le pouvoir de les percevoir, si il est véritablement ouvert. Il lui faudra ouvrir bien des cœurs, ...  »

 

http://christellacroix.blogspot.fr/p/les-derniers-sentiments-cathares.html

Édition : Ovadia Au pays Révé

Genre : Roman historique

Publié en 2016

La mémoire en pointillés d’ Annie Pétrel-Mathieu

Un roman … une balade … des instants de vie … de bonheur … de souffrances … de tristesses … des moments volés … des instants présents que l’on savoure … installé dans sa bulle !

Dès les premières pages … une sensation … une plénitude … une envie de se laisser bercer par les mots … leurs sonorités … leurs musicalités … Une belle farandole

Chaque chapitre, son souvenir … son moment de vie …son « instant présent » … la « narration en fractionné »

Une écriture agréable et toute en poésie ...

Des personnages attachantsLéna, libraire à Volone sur la Côte d’Opalegourmande et qui fond devant un millefeuille … une « amoureuse » des chaussures … mais des chaussures que l’on porte !!
Puis Léna et Philippe … Un amour doux, complice, « prisonnier » … peut être à sens unique … Une envie de transgresser les interdits mais …

et Jeanne … avec sa mémoire « faite d’oubli » … le puzzle de sa vie qui s’effrite …

Cette belle histoire de Georges et Marie … un doux fantasme

Jacques un ancien marin « un peu bourru » … et poète à sa manière !!

Des jolis clins d’œil par ci par là … à des artistes … des musiciens … des écrivains … des poètes

Peut être quelques petites longueurs entre le mariage de Philippe et la rencontre avec Mathieu !!! ou un moment où je n’ai pas réussit à m’isoler dans ma bulle !!

Un beau roman à croquer et à « mâchouiller » avec douceur … des morceaux de vie à savourer avec gourmandises …

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p 30 « J’adore regarder les chaussures ! Mais pas celles que l’on voit dans les vitrines, non, celles que les gens portent aux pieds, dans la rue ! … Tu n’imagines pas ce que l’on peut apprendre des gens uniquement en regardant leurs
chaussures. Il y a les chaussures qui cachent, celles qui dévoilent ; les discrètes, les timides, les voyantes, les agressives, les provocatrices; les osées aux nu-pieds indécents et aux ongles colorés. Il y en a de toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs …

p 19 « Hansel et Gretel ne sont pas bien loin. Cette maison de pain d’épices, aux fenêtres sucrées, est un délice pour les yeux. … Je m’en éloigne donc souvent avec regrets, en me concentrant sur le maillot de bain
de cet été, de peur que ses pâquerettes ne se transforment en marguerites voire définitivement en tournesols. »

p 36 « La mer est toujours là, à la fois immuable et changeante.
Parfois elle est d’huile, parfois elle se met en mouvement, et ses vagues s’ourlent d’écume sous le souffle du vent. De silencieuse, elle se met à rugir ou à crier son désespoir à tous vents.
En variations de gris ou de bleus, du bleu opaline aux bleus sombres des jours d’hiver, elle se teinte aussi de couleurs argentées et de lueurs phosphorescentes baignée dans les reflets de la lune. A d’autres moments,
elle se pare d’une robe orange doublée de velours rouge aux couchers du soleil, parfois aussi elle semble se noyer dans le ciel et ils ne font plus alors qu’un seul et même élément.
Elle vous berce dans ses bras ou se fait menaçante jusqu’à engloutir les bateaux et emporter les marins. »

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Le Printemps …

p 37 « Jeanne, ma tante, avait soixante et un ans quand la nouvelle est tombée comme un couperet, il y a plus de cinq ans maintenant. Il y a eut d’abord les paroles maladroites et les mots oubliés, ces mots simples qui se
cherchent mais qui s’échappent pourtant. Et, peu à peu, ce furent les vêtements retrouvés dans le réfrigérateur ou les chaussures dans le placard de la cuisine. A l’annonce du diagnostic, elle est resté sans voix. Ses lèvres et ses mains se sont mises à
trembler, son regard s’est embué, mais elle est restée incroyablement digne.
C’est comme si on l’avait tout à coup amputée d’une partie d’elle-même. Combien de temps encore avant de sombrer dans les profondeurs de l’oubli ? Urgence à retenir les instants qui bientôt, inexorablement, n’existeraient plus, même dans les recoins les plus secrets de
sa mémoire. Les tiroirs se videraient les uns après les autres, avec leur contenu triste ou gai.« 

p 41 « Revenons donc aux doux sons de … « coquelicots« . C’est rond comme un bonbon, rouge comme un sirop, doux comme une caresse. Ce mot sent bon le printemps, il a aussi un goût d’été. La bouche forme un bel arrondi pour le prononcer, comme un baiser. »

p 67 « Il y a des moments de bonheur faits de rien ; un regard, un sourire, un silence ou une conversation ordinaire, un souffle d’air dans les cheveux, une sensation diffuse de bien-être, un cœur tout gonflé d’on ne sait quoi, une joie indescriptible qui nous habite soudain.
Un pas grand-chose, un tout petit moment de rien mais l’on voudrait pourtant qu’il nous hante pour l’éternité. Et l’on se dit alors que, s’il n(y avait qu’un seul instant dont on aimerait se souvenir avant de rendre le dernier soupir, ce serait certainement, parmi tous, celui-là.
Fixer cette image sur une pellicule et la laisser défiler, inlassablement, avant de fermer les yeux.« 

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p 71 « Il m’habite étrangement, maladivement, obsessionnellement.
Cet amour est écrit à l’encre sympathique pourtant ce que mon esprit tente de contrôler, mon corps lui n’y parvient pas. Il éveille en moi des émotions dont je ne soupçonnais pas même l’existence.
Je ne connais pas la chaleur de ses mains, ni le goût de ses lèvres, ni l’ivresse de ses bras.
Il ne me touche pas, pourtant je sens ses mains sur ma peau.
Il ne me touche pas, pourtant je sens son souffle me parcourir.
Il ne me touche pas, pourtant je sens sa chaleur quand il est à côté de moi.
C’est un amour à distance, un corps à corps platonique. C’est une trilogie du corps, du cœur et de la raison.
Ma raison, qui se délite parfois, me rattrape pourtant toujours … et grâce à elle mon corps recouvre un peu de ses esprits. »

p 130 « Jeanne porte en elle les stigmates de la maladie. Elle est déjà si loin. Des expressions fugitives naissent et meurent sur son visage qui, d’une minute à l’autre, semble passer du rire aux larmes, comme le font parfois les nouveaux-nés.
Cette maladresse qui l’envahit et la vide d’elle-même, elle qui organisait des repas de fêtes inoubliables, ces repas qui sont maintenant aux portes de l’oubli. … Son regard, jusqu’alors si plein d’elle, a changé. Il est devenu incertain.
Comme le ferait un oiseau, il se met à voler de-ci de-là, s’égare, se pose parfois et reprend son envol, insaisissable.« 

p 201 « Je suis à la terrasse d’un café avec Mathieu. Je porte une robe à fleurs aux couleurs de l’été, elle flotte au vent. Je regarde les gens passer. Tous ces destins qui se croisent, comme ça, sans un regard. Toutes ces histoires
qui n’existeront pas, tous ces rendez-vous manqués ! La vie est-elle donc ainsi faite ? Être condamnés à se croiser sans se rencontrer jamais ? Sans que personne ne vous percute ni n’entre en résonance avec votre cœur ? Avec mon cœur ?« 

Première rencontre avec l’auteur … au salon du livre d’Igoville en janvier 2017

Édition : Assyelle

Genre : Roman

Publié en 2014