Le Tigris dans l’oreille d’ Odile Marteau Guernion

Une plongée dans le monde d’Anna Le Goff, inspectrice et responsable d’une équipe d’enquêteur …
Une plongée dans le monde du gothique … et du suspens !!
Un polar où se mêle rancœurvengeancejalousie … règlement de compte …

L’enquête nous emmène en Bretagne, Saint Brieuc, Binic … mais aussi en Normandie, à Etretat et le Havre

Une écriture fluide et efficace
Des chapitres courts qui donnent du rythme
Des phrases courtes qui nous laisse « en alerte » …

Que de questions !!
Pourquoi ce coquillage ? Ce tigris … trouvé sur les victimes ?
Pourquoi ces jeunes filles ont elles fait ce choix ?? Si choix il y a !!
Pourquoi cette mise en scène ?

Les personnages Yann Postic et Jean Christophe Lefèvreinstables … et bien étranges !! Ou n’est-ce qu’apparence ??

L’auteure reste « fixée » et imperturbable sur l’histoire et le déroulement de l’enquête … pas ou peu de débordement dans la vie privée et intime des personnages … Dommage à certains moments …

Un clin d’œil à … Arsène Lupin lors de leur visite à Etretat et à … l’Ankou légende Bretonne sur la mort …

Une affaire « bien ficelée » … Une équipe d’enquêteur soudée et efficace !!

Un roman où plane « psychologie mortuaire » … Mal-être adolescent … et où le Gothique trouve sa place …

Beau polar même si il m’a manqué de la « profondeur » et des détails … dans le récit !! « Relation ado » entre Anna et Yann pas assez explicite …
Un étonnant dénouement !!

Polar à découvrir … au rythme d’une danse macabre !!! 

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p 31 « Antoine, était déjà là, de la musique s’échappait du premier étage. Anna grimpa l’escalier, elle se sentait lasse, comment allait-elle aborder le sujet ? Elle poussa lentement la porte de la chambre de son fils. Rivé
sur l’écran de son ordinateur, il tournait le dos à l’entrée.
– Tu peux rentrer maman, assieds-toi. Anna s’exécuta, enjamba les multiples objets qui jonchaient le sol et machinalement tira sur la couette avant de s’asseoir sur le lit. Elle laissa passer un court instant.
– Antoine, je.
– Je suis au courant, maman. Ne te fatigue pas. Il s’était tourné vers elle et lui avait pris les mains comme si c’était lui l’adulte et elle l’enfant. Je sais qu’elle est morte, ça a déjà fait le tour des réseaux sociaux. »

p 55 « ça sentait le café dans la salle du staff. Anna, les cheveux en bataille et le regard vide était déjà sur place depuis tôt le matin. La nuit avait été courte, la lecture scrupuleuse de nombreux articles sur le mouvement
Gothique l’avait quelque peu éclairée. L’équipe arriva en ordre dispersé. Marie-Jeanne dans ses tenues toujours un peu excentriques, portait ce matin une jupe d’un bleu électrique et un pull en coton bleu ciel et comme
à son accoutumée un foulard de couleur criarde autour du cou. Elle avait un dossier sous le bras qu’elle déposa sur le petit bureau. Yves Legodinec, une brindille au coin de la bouche, montra son nez vers sept heures trente tandis que
Dominique Pastor, pour sa part, n’arriva qu’un quart d’heure plus tard en traînant les pieds qu’il avait de taille démesurée. Il avait la tête à l’envers comme chaque matin que Dieu faisait. Une main dans son blouson, il avait l’habitude de
se frotter l’estomac comme Napoléon l’eut fait mais il était loin d’avoir son envergure.
Anna bipa Champotier, déjà dans les murs, qui plaisantait gaiement avec l’agent de faction du rez-de-chaussée. Celui-ci grimpa la volée de marches et s’affala dans un fauteuil au fond de la pièce. Sa décontraction, ne l’avait jamais quittée malgré les années,
c’était peut-être ce qui expliquait que le temps ne semblait pas avoir d’emprise sur lui. »

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p 65 « Anna se sentait prise entre deux feux. L’envie de le suivre et l’irrésistible désir de fuir. Revoir un amour de jeunesse après autant d’années n’était pas une bonne idée et tous les voyants clignotaient à tout va dans son cerveau. Il était là, devant elle, le
visage à peine éclairé par un lampadaire asthmatique, son sourire franc et charmeur aux lèvres. Anna se sentait fondre, perdue, elle sentait son corps se réveiller, ses reins s’électriser. Elle ignora les voyants et suivit son copain de lycée jusque chez lui. Cette
nuit-là, Anna ne rentra chez elle qu’aux premières lueurs du jour. »

p 77 « Les oies Bernaches se rassemblaient au bord de l’eau, elles se laissaient flotter et bringuebaler par les vagues mais jamais ne heurtaient les rochers. Allaient-elles déjà partir ? Il était bien tôt. Anna, assise sur le sable regardait ce spectacle qui lui apportait
le calme dont elle avait besoin. Le temps n’était pas fameux et la plage du Moulin était peu fréquentée en ce jour d’été. Ses pensées vagabondaient d’un sujet à l’autre, puis, le visage d’Estelle Jourdaine fit son apparition entre les vagues.
Anna secoua la tête machinalement comme pour chasser cette vision affreuse. A quoi pouvait bien penser une gamine de seize ans pour préférer se plonger dans les eaux froides plutôt que de mordre la vie à pleines dents ? Qu’est-ce qui clochait pour qu’elle prenne
une telle
décision ? Ses parents avaient l’air on ne peut plus normaux, une famille classique en somme. Anna, les yeux fermés, tenta de se mettre dans la peau de cette jeune Gothique, s’imagina flotter quelques temps à la surface de l’eau, les bras en croix. »

p 88 « – … Vous savez ce que c’est que l’intersigne ? D’après Anatole Le Braz, ce sont des signes avertisseurs. Les intersignes annoncent la mort. Il part du principe que personne ne meurt sans que quelqu’un en ait été informé dans son entourage. Si
on faisait un tant soit peu attention, on sentirait ces signes. ça peut être un courant d’air, un bruit quelque chose. Et, l’ANKOU, vous connaissez des légendes de l’Ankou, vous êtes bretons, vous devez savoir ?
– Est-ce que tu connais les livres de Victoria Francès, on les a trouvés chez Estelle ? ça te dit quelque chose ?
– Oui, alors, ce n’est pas spécifiquement breton mais on peut faire des liens avec les légendes bretonnes sur la mort. De toute façon, Estelle était du genre gothique donc ce genre de bouquins ce n’est pas étonnant qu’elle les ait en sa possession. Vous
savez le mouvement gothique, historiquement parlant, remonte au romantisme noir du 19 ème siècle. Victorienne en somme, parce que c’est surtout en Angleterre qu’il prend ses racines. Plus près de nous, nous avons connu les Punks qui cultivaient un esthétiques noir et décalé. »

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p 95 « Kelly entra dans la maison sur la pointe des pieds. Minuit était passé depuis plusieurs heures. N’ayant trouvé personne pour la raccompagner, son sac sur le dos, Kelly avait emprunté la petite route pour rentrer chez elle. Elle se sentait épuisée, puante, le corps
souillé. Son joli chemisier noir qu’elle était si fière de porter l’après-midi même avait subi le même outrage que son corps. Chacun de ses pas était une souffrance mais Kelly avançait, reniflait, avait envie de mourir mais avançait. La nuit l’enveloppait de son grand manteau noir;
c’était presque un réconfort, cette nuit chaude comme il en existait parfois lorsque la température n’était pas plus clémente la nuit que le jour. »

p 97 « Devant le miroir de l’armoire, elle avait de nouveau scarifié ses bras. Les dernières cicatrices à peine refermées s’étaient ouvertes laissant couler le sang salvateur. Seules ces blessures infligées soulageaient ses angoisses. Après avoir entouré ses bras fins
et meurtris dans de longues bandes de gaze, elle trouvait enfin le sommeil. Le calme ne durait pas et les scarifications devenaient de plus en plus rapprochées. »

p 139 « Les livres, son seul univers, son refuge. La vie de … se résumait à ses lectures. Il ressentait une tranquillité d’esprit en se réfugiant dans les histoires des autres. Il était enfin quelqu’un d’autre., il endossait la personnalité de ces héros de papier.
Il avait bien essayé d’en écrire mais n’arrivait pas au-delà de quelques pages, son imagination s’essoufflait rapidement et le courage lui manquait amèrement. … Il allait bientôt avoir cinquante ans et le bilan de sa vie se résumait en un seul mot ; fiasco !
Il n’en était pas fier et en ressentait une amertume qui ne le quittait plus depuis le départ de sa dernière compagne. Plutôt beau garçon, il était encore un homme agréable à regarder, mais quand il posait son regard sur son reflet dans le miroir, il ne
voyait que les erreurs qu’il avait accumulées tout au long de sa vie et qui provoquait des ruptures à tous les niveaux. « 

Première rencontre avec l’auteure … Festival du livre et des arts dans Tous ses Etats à Dieppe … Avril 2017

Edilivre Édition

Genre : polar

Publié en 2016

Réalisation de la couverture : Laureline Guernion

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