Les cigognes sont immortelles … Alain Mabanckou

Les Années 70 … Le Congo …

une vie tranquille dans le quartier Voungou, pour Michel ce jeune collégien.
Puis le 18 mars 1977 tout bascule !!
On vient d’annoncer à la radio, la mort du Camarade Président Marien Mbougria …
On découvre alors, avec les mots et à travers les yeux de Michel … le Congo  … la politique, la corruption, les alliances, les délations, les rancœurs, …
L’auteur nous dépeint aussi la vie dans les quartiers, avec fausses courtoisies et politesse feinte, mais aussi la famille et la vie au quotidien …

Une écriture « presque enfantine » … un récit comme un conte, à la fois engagé, pragmatique, un brin « perfide » mais sous le regard « tendre » et « naïf » d’un enfant !!
Entre ironie et réalisme !!
Un moment d’histoire et de belle littérature, au doux accent africain !!

« Les fables de Jean de La Fontaine qu’on aimait parce que dedans il y avait des animaux intelligents qui parlaient le français sans faire de fautes de grammaire ou d’orthographe, comme s’ils étaient allés à l’école. »

Alain-Mabanckou-Les-cigognes mini

 

p 13 « C’est Maman Pauline qui a acheté cette parcelle, et elle a chargé son petit frère, Tonton Mompéro, de nous bâtir une maison. C’était trop cher de construire en dur, la
nôtre est donc en planches. Les Ponténégrins donnent un surnom à ce genre d’habitations, ce sont des « maisons » en attendant ».

p 21 « Monsieur Mindondo est membre du Parti Congolais du Travail. Il a étudié pendant cinq ans en URSS. Quand il a voulu ramener une femme de là-bas, ses parents et ses grands-parents l’ont menacé ;
– Si tu prends une femme blanche nous te maudirons, tu n’auras jamais d’enfants avec elle, ou alors vous allez faire des enfants qui auront un museau et des pattes de sanglier ! Nous
allons te choisir nous-mêmes, dans notre ethnie des Kamba, une femme grosse et petite de taille, pas une de ces Blanches qui sont minces et grandes comme si elles ne mangeaient
que des macaronis du matin au soir. »

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p 45 « C’est ce monsieur qui décide qui sera le président de la République de tel ou tel pays que la France a colonisé. Et si un de ces présidents que la France a mis au pouvoir critique trop
fort les Français à l’ONU, là où on sépare les bagarres entre les pays en colère, « le sorcier blanc » se fâche, et le lendemain le vantard africain ne sera plus président de la République,
il se retrouvera en prison si on ne l’a pas tué pendant un coup d’Etat préparé en catimini depuis la France avec d’autres Africains qui ne comprennent pas qu’ils donnent la chicotte pour qu’on
les fouette dans le dos et qu’on continue à piquer leurs richesses à minuit quand les gens sont déjà au lit pour rêver des choses plus importantes que ce pétrole qui nous cause chaque
fois des problèmes en pagaille. »

« Une radio ne doit pas mentir, surtout si elle a coûté très cher et que les piles sont encore neuves. »

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p 241 « Je vois des forêts, des prairies, des animaux de toutes les qualités et de tous les gabarits. J’aperçois la fumée des feux de brousse. Je vois des paysans qui reviennent des
champs avec des sacs remplis d’ignames, de tubercules. Ils souffrent, leur village est en haut, et ils doivent monter la colline avec ces kilos sur la tête. Et j’écris ça dans mon
cahier, je griffonne, je griffonne, j’ai peur que si je note pas ça, ces belles choses vont disparaître comme de la fumée et je ne m’en souviendrai pas. Je note que la fumée
rejoint le ciel, mais que le vent efface la fumée et que le ciel redevient tout bleu, et moi Michel je cours, je cours, j’arrive dans une clairière où Louise m’attend avec une longue
robe toute blanche et des oiseaux bleus qui tournent autour de sa tête. »

p 279 « Elle me dit d’être sage, de répondre à toutes les questions de mon oncle. Je lui promet que je serai l’enfant le plus intelligent de Pointe-Noire, peut être du Congo, et pourquoi pas
de l’Afrique entière. Elle en rigole, me demande d’être déjà l’enfant le plus intelligent du quartier.
Mon fils, avant de se lancer dans les grandes batailles, il faut déjà gagner les petites… »

Edition : Seuil

Publié en 2018 

Genre : Roman (autobiographie)

 

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