L’aigle et la mouette … Sophie Etienbled

Un polar à la « Julie Lescaut » … à la « Navarro« , »tranquille » mais Efficace !!
Un polar où le passé et le présent se croisent … se mélangent … s’imbriquent …

Des personnages troublants, instables et où les failles sont peut être liées au passé ??
Une balade dans Rouen … Une enquête en Normandie avec un meurtre « sordide » sur l’île Lacroix !!
Une équipe d’enquêteur attachante et dynamique !!

Une écriture fluide , très agréable et teintée de poésie
Des dialogues drôles et pertinents !!
Un rythme soutenu … une intrigue captivante et bien ficelée et un dénouement inattendu

Un joli polar « à la française » !! Une belle surprise …

A découvrir absolument !!

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p 25 « Elle court. Elle a peur. Elle a froid. Elle sent à peine les griffures sur ses jambes, sur ses bras qu’elle a relevés pour se protéger le visage. Les branches la fouettent, les racines la font trébucher, les herbes la blessent,
mais elle court. Elle a un nœud dans la gorge et ne parvient à émettre aucun son. Au creux de son ventre un poing serre ses entrailles. Elle court, elle perd l’équilibre, elle se relève, elle court.« 

p 44 « Il raccrocha, un sourire aux lèvres. La peur transpirait dans son souffle retenu. Elle n’osait plus parler quand il appelait maintenant.
Au début elle s’énervait, criait, quémandait une réponse. Puis elle s’était tue, dominant sa colère, mais pas sa peur qui palpitait. Palpable. Et lui, il jouissait. »

p 48 « Enfin le sang a été recueilli dans une bassine placée sous la gorge.
– ça me rappelle quand on tue le cochon dans mon village des Alpes, dit pensivement Béné. Y a plus que les vieux qui font encore ça.
C’est dégueulasse. Mais, eux, ils ne l’anesthésient pas le cochon, et vous n’pouvez pas savoir comme il gueule !
– Mais là, le tueur n’a pas pris le temps de faire le boudin.
T’es nul, Tim, avec tes plaisanteries à trois balles.
Humour, la belle ! Qu’est-ce que t’es susceptible dès qu’on parle de ton pays. Et puis, c’est toi qui as mis ça sur le tapis.
– On se recentre un peu sur la question, s’il vous plait, rappela Darras.
Jean reprit alors :
– Un autre truc étonnant; on dirait que le gars a eu une mèche de cheveux coupée sur le devant de la tête.
– ça, c’est plus du fétichisme que de la cuisine, ironisa Tim.
– Pourquoi pas de le sorcellerie tant que tu y es ? se gaussa Bénédicte. »

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p 26 « Elle cherche à se glisser dans le tronc, à s’en faire une couverture et elle se bouche les oreilles pour faire taire toutes ces vies inconnues qui l’assaillent par tous les pores.
Elle entend un moment encore l’agitation du monde nocturne qui hante le bois, puis sent qu’elle sombre dans une inconscience bénie. A travers le goulot étroit de sa gorge se fraie enfin un souffle pour le mot qu’elle retient depuis tant de temps : – Maman.

p 59 « Il l’écoutait, fasciné par le jeu de ses doigts qui accompagnait ses paroles. Ses mains voletaient et il était sous le charme même s’il n’était pas sûr de tout comprendre ; elle éclaté de rire devant ses yeux vagues. Alors
elle avait fait dévier la conversation, l’avait interrogé sur les rêves de sa jeunesse à lui et voilà qu’il s’était retrouvé à évoquer l’étrange fascination qu’il avait toujours ressentie face à la mer.
Les bateaux qui quittent les ports, confiant aux vents les rêves qui portent les marins vers des lointains qu’ils n’aborderont peut-être jamais. »

p 65 « – Ils ont fini par partir. J’ai attendu un bon bout de temps pour être certain qu’ils n’allaient pas revenir. Puis je suis sorti de ma couverture et je suis allé voir la petite. Elle bougeait pas, mais elle avait les yeux ouverts.
Elle a levé la main pour cacher son visage en me voyant, elle était terrorisée, mais elle a bien vu que je lui voulais pas de mal. Je l’ai aidée à se relever et elle est partie.
– Et c’est tout ? Béné restait médusée.
– Qu’est-ce que voulez de plus ? Si j’étais Zorro, ça se saurait ! L’était vivante, c’était déjà ça. »

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p 103 « – Enlevez-les, suggéra Mélaine rieuse, et faites comme moi pour ne pas tacher votre bas de pantalon. On va marcher un peu sur le sable. Savez-vous que Gide -qui entre parenthèses est venu à plusieurs reprises à Berneval
visiter son ami Oscar Wilde alors exilé, et oui, il y a eu du beau monde à l’époque ! – bref, Gide s’exclame dans les Nourritures terrestres : A quoi me sert de savoir que le sable des plages est chaud si je ne le sens pas sous mes pieds ?
C’est une pensée qui m’a toujours parlé. Ok, là c’est plutôt le froid qu’on sent, ajouta-t-elle avec une moue moqueuse, mais ensuite on est totalement revigoré. On goûte la sensation délicieuse d’être vivant. »

Edition : Les Editions du Bord du lot

Publié en 2016

Genre : Polar

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