La Fontaine Une école Buissonnière d’Erik Orsenna

Une promenade exquise dans la vie de Jean de La Fontaine … où l’on « picore » de ci de là des « anecdotes » historiques
Une biographie ou l’on découvre l’artiste, l’écrivain, le poète mais aussi l’homme, léger … fidèle en amitié … un peu « désorganisés » dans ses relations professionnelles et surtout un amoureux des femmes (p 94) …
Une belle découverte de ses contes « érotiques« , libertins et qui vont aussi courir à sa perte !! Des contes fort galants et « croustillants » …  toutes ces dames « gentilles de corsage »

Un livre joyeux avec des références pour des livres « plus complets et précis » …
Au passage … l’auteur égratigne quelques personnages … quelques personnalités mais toujours en douceur et avec le sourire (p 54)
Une biographie ciblée … on « appuie » sur ce qu’il y a de plus drôle, de plus cocasse ou de plus croustillant !! « Une analyse en acupuncture » !!!
on y découvre ÉsopePhèdreMarot
Puis sa relation familiale et amicale avec Racine
Son amitié pour Fouquet … qui lui causera de réels déboires !!

Une écriture à l’image de l’auteur … pertinenterieuseespièglecharmeuse malicieuse et un humour tout en délicatesse
Chaque chapitre son « anecdote » … sa petite histoire …
Des chapitres courts que l’on déguste avec plaisir …
Une belle plongée dans le XVII … Un beau voyage … même si Erik Orsenna a peut être, un peu, choisi la « facilité » … mais un réel plaisir de retrouver sa « plume rieuse » …

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p 13 « Le père, qu’en ce jour il faut présumer heureux, se nomme Charles de La Fontaine. Le petit Jean est son premier enfant. » … « Chez les La Fontaine, on est de bourgeoisie récente, à peine quatre générations, enrichies dans le commerce et notamment celui du drap. » …
« Au fil du temps, les La Fontaine ont acheté des terres. Ils tirent de leurs fermes l’essentiel de leurs revenus. Une charge et des fermes : on n’est pas encore tout à fait noble, mais on s’en rapproche. Encore un effort, La Fontaine !« 

p 32 « De certains livres on dirait qu’ils vous ont choisi. Dès la première phrase, le cœur vous bat.
Vous entendez une voix vous dire : « Tu veux être mon ami ? » C’est la voix du livre? Vous en pleureriez. Vous avez trouvé quelqu’un, et ce quelqu’un est un livre, quelqu’un pour vous protéger. Comme le ferait un plus âgé dans la cour de récréation.
Vous protéger, mais pas seulement. De page en page, le livre continue de vous parler : « tu es mon ami, oui ou non ? Alors aie confiance ! Et honte de rien. Et surtout pas de tes rêves. Je suis venu pour que tu oses. Pour que tu oses les accomplir. « 

Septembre 2017 … Erik Orsenna à L’Armitière à Rouen … Belle rencontre !!

p 51 « Un peu plus tard, le poète mit en mots son opinion profonde :
« Pauvres gens ! dites-moi, qu’est-ce que cocuage ?
Quel tord vous fait-il, quel dommage ?
Qu’est-ce enfin que ce mal dont tant de gens de bien
Se moquent avec juste cause ?
Quand on l’ignore, ce n’est rien ;
Quand on le sait, c’est peu de chose. »
Comme le dira plus tard Sacha Guitry, maître en la matière : « Le bonheur à deux, ça dure le temps de compter jusqu’à trois ! »
Et, encore plus pertinent pour notre histoire : « Il y a des femmes dont l’infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari »

p 54 « Pour le moment, suivons le parcours accéléré de Fouquet. A peine arrivé chez l’Italien tout-puissant, il devient surintendant, c’est-à-dire ministres des Finances. L’alliance de la jeunesse et de la maitrise du Trésor public a quelque chose de fascinant
auquel personne ne résiste, et encore moins les femmes. Voyez Giscard, secrétaire d’État à trente-trois ans, ministre à trente-six …
Ne me faites pas aller au-delà de la comparaison. Personne n’a jamais douté de l’honnêteté de l’Auvergnat, qui allait devenir notre président. Tandis que le surintendant … « 

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Ma dédicace …. « Pour Véronique, Vive l’école buissonnière et que vive la liberté ! Erik Orsenna »

p 94 « La Fontaine a-t-il, un jour, aimé sa femme ?
Plutôt que tirer des plans sur d’improbables comètes, répondons à cette question par une autre : amoureux de toutes les femmes, La Fontaine avait-il en lui cette disposition particulière, et pas si fréquente, d’après ce que me disent les rares personnes franches qu’il m’ait été donné de rencontrer dans une vie déjà longue : la capacité à préférer ?« 

p 103 « Dans l’édition originale des Fables, chaque titre est suivi du nom de celui qui l’a racontée le premier. Bien loin, comme tant d’autres, d’emprunter sans se gêner puis de dissimuler ses sources, La Fontaine proclame, haut et fort, ce qu’il doit aux Anciens.
Au fond, ce voyage dans le temps fut le seul qu’il fît jamais. Honneur et merci au premier et plus grand de ses prédécesseurs : Ésope. Car c’est bien lui, ce mystérieux Ésope, l’inventeur des légendaires duos entre la cigale et la fourmi, le corbeau et le renard, le loup et l’agneau. C’est
toujours lui, Ésope, qui eut un jour l’idée de faire dialoguer la mort avec un bûcheron. »

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p 117 « L’eau, c’est le modèle de l’écrivain, surtout s’il se veut poète. Rien de plus souple que l’eau courante, de plus varié dans ses rythmes, tantôt s’emballant pour franchir des « rapides », tantôt calmée, reposée, presque immobile. Ainsi doit se faire la langue.
Ainsi doit s’enchaîner tout récit. L’eau nous apprend la liberté. Mieux, elle nous en donne le courage. »

p 135 « La Fontaine, écrivain de la métamorphose, ne sera dans sa vie que contradictions : campagnard mais très urbain, solitaire mais nourri d’amitiés, sauvage mais habitué des salons, abreuvé aux Anciens mais le plus Moderne qui soit … Ajoutons
au cocktail l’ingrédient principal : la liberté, cette liberté qu’il chérit plus que tout.« 

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Ils ( Lafontaine et Racine) savent qu’une autre réalité les rassemble, qui vaut tous les honneurs, et pour toujours : c’est la langue française. Elle est leur royaume, le lieu d’une souveraineté et d’une liberté que personne, jamais, ne pourra leur contester. Cette langue
française qui est déjà vieille de près de dix siècles quand ils la font chanter, comme personne avant eux, tout exprimer en le moins de mots qu’il est possible. Ils savent car ils commencent à l’entendre, qu’on ne cessera, dans les siècles à venir, de leur crier : merci !

Le Point La Fontaine c'est de l'acupuncture
Photo : Le POint … « La Fontaine c’est de l’acupuncture »

Rencontre avec Erik Orsenna en septembre 2017 … à La librairie de L’Armitière à ROUEN

Édition Stock et France Inter

Genre : Biographie, littérature française

Publié en 2017

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