DEGAS Un hiver en Louisiane de Cécile Delile

Un roman … une biographie de Degas ...
Une balade entre la Nouvelle Orléans et Paris

On y découvre les origines maternelles de Degas, sa mère une « créole » de Louisiane …
Une plongée de quelques mois dans cette vie « exotique » … avec son ambiance … ses odeurs … ses sensations … ses couleurs joyeuses et vives …
Ses retrouvailles avec René et Achille ses deux frères qui vivent à la Nouvelle Orléans et dirigent avec leur oncle l’entreprise familiale de coton
Puis cette tendre complicité avec Estelle … sa cousine …la femme de son jeune frère René. Cette femme aveugle, qui fascine Degas par sa vision, sa perception du monde et de son environnement …
Une rencontre … un pays qui va transcender sa peinture !!
Un artiste toujours à l’affut … à la recherche d’une lumière … d’une ambiance … d’une posture … d’un regard … d’une nouvelle sensation à dépeindre et peindre sur ses toiles …

Il vivra cette hiver en Louisiane avec insouciance ! A son retour à Paris … cette insouciance deviendra pour lui un doux souvenir …
Il rapportera de ce voyage sa célèbre toile « Un bureau de coton à la Nouvelle Orléans« .

On y découvre aussi son amour pour Paris … son besoin d’observer et peindre toutes ces femmes … danseuses … acrobates … trapézistes
On y croise Berthe Morissot … Emile Zola …Monet … Maupassant … Gaughin …
le café Guerbois et le monde des Impressionnistes
Edgard Degas déambule dans le monde …dans la société parisienne avec élégance, style … mais avec une certaine mélancolie
Un amoureux des femmes ?? ou en a t’ il un peu peur pour se poser et savourer ??
Difficile pour lui de choisir entre une vie amoureuse et sa peinture ?? Deux passions difficiles à conjuguer ??

Un magnifique roman où il est doux de « se laisser caresser, flotter, bercer, chavirer, guider « p 196 … par la délicate plume de l’auteure…
Une écriture toute en poésie, « en dentelle » …un délicieux récit … un plaisir de retrouver l’univers des Impressionnistes sous la plume finement ciselée de Cécile Delile !!
Un joli coup de cœur  !!

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p 33 « Il comprenait mieux pourquoi les affaires de son frère et de son oncle étaient florissantes, des collines du Mississippi jusqu’à la Louisiane, on vivait dans le coton et pour
le coton. René, voyant son frère subjugué, poursuivit ses explications avec intérêt, ravi pour une fois de piquer sa curiosité, sa voix prit le ton du secret.
– Sous l’effet de la chaleur, la plante se met à bourgeonner et donne une fleur blanche vingt et un jours plus tard. Elle se fane en trois jours laissant apparaître un fruit, une capsule grosse comme un œuf de pigeon remplie
de graines.
Il joignit ses mains comme s’il détenait un précieux trésor.
– Deux mois après, le fruit éclate gorgé de fibres de coton.
– Si j’ai bien compris, ce sont les fibres qui enrobent les graines que l’on nomme « coton » ? »

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Coton et Lumière …

p 39 « Edgar n’avait pas encore franchi la porte et s’étonna qu’elle l’ait déjà reconnu.
– Comment faites-vous ?
– Vous voilà bien curieux Monsieur le peintre. Disons que sans la vue, mes autres sens sont beaucoup plus affûtés que les vôtres, bien que je ne connaisse pas encore tous vos dons. Votre odeur, votre respiration,
vos vibrations sur le parquet me préviennent de votre venue, bien avant que vous ne soyez là.
– Quel talent, je ne vous arrive pas à la cheville.
– Pourtant, je perçois chez vous un regard si perçant sur la nature humaine.« 

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p 70 « Les défauts des hommes sont les mêmes de part et d’autre de l’océan et ne croyez pas ma tâche facile ma cousine, un célibataire se doit d’être aimable avec toutes les femmes qu’il rencontre, jeunes, vieilles, belles ou
laides. Bien des hommes se posent en ennemis face aux femmes, sans savoir qu’en étant leur allié ils obtiendront d’elles bien plus qu’ils ne l’osent espérer. Je vole souvent le corps d’une inconnue dans la rue, mais le savoure volontiers quand il m’est offert. »

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p 89 « Il releva le bord de son chapeau et lui prit la main avec sincérité.
– A vous, je peux le dire … mon théâtre me manque, je suis loin de ma peinture et de ma solitude. « Il me semble qu’aujourd’hui si on veut faire sérieusement de l’art et se faire un petit coin à soi, original ou du moins se garder la plus innocente des personnalités, il faut
se retremper dans la solitude. » J’y cours, je rentre avec de folles idées, des envies d’oser, d’exposer autant que mes amis, je crois qu’à plusieurs nous serons plus forts pour défendre notre travail. Je sens une impatience nouvelle qui me dépasse et m’oblige à
faire mes bagages.
– Courez donc où votre peinture vous appelle, personne ne doit vous retenir mon cousin. »

p 108 « Pissarro, Renoir, Sisley, Rouart, Astuc, Boudin, Cézanne, Lepic, Guillaume, Bracquemond … La liste des noms s’allongeait de jour en jour sur son petit calepin. Attablé dans le coin des artistes, il s’étonnait encore, lui l’aristo, le fils de banquier
qu’on disait aigri, d’être le principal organisateur d’une exposition contestataire réunissant peintres, graveurs et sculpteurs sous le même drapeau. Un vent de rébellion et de liberté soufflait au café depuis quelques jours et il en ressentait un plaisir étrange et délicieux.
Il s’était enflammé pour la proposition de Nadar de leur offrir son atelier pour exposer. Il avait rejeté les idées plus ou moins socialistes et associatives de Pissarro et proposé un choix d’artistes à la fois admis et rejetés du public, pour donner plus de force au mouvement.
Il ne fallait pas que les peintres refusés soient encore une fois montrés du doigt. »

edgar-degas-the-cotton-exchange-in-new-orleans
« Un bureau de coton à la Nouvelle Orléans » p 81 « – Ton tableau est terminé, glissa-t-il à Edgar d’un œil admiratif. Tu vas donc nous quitter … Je ne connais pas ton art mon petit, mais je suis impressionné par la façon dont tu as pu faire rentrer autant de personnes dans un cadre de bois. Quel
courage ! Il faut peut-être que je songe à agrandir le bureau de coton, nous sommes un peu à l’étroit, tu ne crois pas ? »

Portrait de Madame René Degas 1873/L’Art de la Nouvelle Orléans/Danseuse devant la fenêtre/Miss Lala au cirque Fernando

Interview de Cécile Delile sur radio France Bleu …. https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-et-vous-l-invite/normandie-rouen/cecile-delile-degas-un-hiver-en-louisiane

Édition du Petit Pavé

Genre : Roman, biographie

Publié en 2017

Couverture : Clothilde Boutrolle

 

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