Pour l’honneur des Rochambelles … Karine Lebert

Un récit où le passé et le présent s’imbriquent et se mêlent ! 

Un pan de l’histoire avec des personnages presque passé inaperçu !

Qui était les Rochambelles ?

On plonge alors avec plaisir dans la vie de ses infirmières et ambulancières de la seconde guerre mondial, les dangers qu’elles vivent au quotidien, leur abnégation, leur volonté, leur courage, … 

Alma, Alice, Lucie, Anne, Marion, Elise, … toutes ses femmes aux destins liés ! 

Une histoire qui impact plusieurs générations.

Que s’est il passé en 1944 ? Y a t-il un secret de famille ? Un mensonge inavouable ? 

Un roman judicieusement dosé qui mêlent histoire, patrimoine et fiction. On sent l’auteure bien documentée ! 

Une écriture agréable et fluide !

Un rythme soutenu qui nous colle à l’intrigue ! 

Un roman historiquement agréable à découvrir !



P 82 
« Qu’est-ce-que j’ai appris sur ces Rochambelles ? Que Florence Conrad, à l’origine du projet, a décidé de nommer son clan de femmes « groupe Rochambeau » en l’honneur de Vimeur, comte de Rochambeau, officier français qui a brillé lors de la guerre d’Indépendance des Etats-unis. Quoi encore ? Que les Rochambelles sont arrivées en Normandie environ deux mois après le débarquement des Américains. Qu’elles ont sillonné la région en donnant les premiers soins aux blessés, après avoir bénéficié d’une sérieuse formation pour être opérationnelles sur le terrain. Mamie Alma a donc été recrutée à Rabat, où elle vivait avec ses parents et sa soeur à la fin de l’année 1943. Elle m’a raconté que le premier combat de Florence avait été de faire accepter par le général Leclerc la présence des femmes dans une division blindée. Il autorisait les ambulances, mais refusait les femmes ! Il ne sera convaincu qu’après avoir observé les Rochambelles en exercice, et elles seront alors enfin intégrées au sein de la 2 ème DB. Je me souviens des paroles d’Alma ;
« Une victoire ! Mais qui nous a laissé un goût amer quand nous avons dû faire face à la méfiance des hommes de Leclerc, à leurs critiques ouvertes, à leurs remarques pas toujours bien subtiles. Les soldats voyaient d’un mauvais oeil cette invasion féminine. »

P 9 « 1er août 1944, trois heures du matin,

Plage de SaintMartindeVarreville (Utah Beach, Manche, Normandie

La terre normande est proche, mais impossible de débarquer pendant la marée haute. Nous devrons patienter plusieurs heures avant que nos véhicules puissent descendre des bateaux à fond plat et gagner la plage. L’impatience domine la peur. Dans cette aube fraîche et brumeuse se dessine le but tant attendu, et ses nombreux dangers. Nous sommes entraînés pour les affronter. Je suis sur le pont, mon treillis et ma casquette verte n’empêchent pas les frissons qui me parcourent tandis que je contemple la multitude de bateaux sur la Manche. 

Dans le ciel, des centaines de ballons semblent dessiner les figures d’un ballet. Une vision de toute beauté, qui ne parvient pas à éveiller en moi un autre sentiment que l’angoisse : nous sommes une cible si tentante … »

P 138 « Trouville, de nos jours 

Madame, 

Je me permets aujourd’hui de vous écrire car j’ai appris par la presse que Mme Alma Morel, l’une des dernières Rochambelles, est dans le coma. J’ai connu votre grand-mère à Paris en 1955, à l’hôpital Sainte-Anne, où j’exerçais en tant qu’infirmière. Je me nomme Armance Garnier et j’ai plus de quatre-vingts ans. Etant donné mon âge, je vous envoie cette lettre sans tarder. Je ne connais pas les nouvelles technologies, je n’ai pas Internet, et j’ai recours à la bonne vieille lettre, comme les personnes de ma génération. Néanmoins, je vous transmets mon numéro de téléphone à Rabat. 

En effet, je serais heureuse d’évoquer Alma avec sa petite-fille. S’il vous plait, ne tardez pas à m’appeler, mes forces déclinent. 

Bien à vous, 

Armance Garnier

Je repose le feuillet sur mes genoux, intriguée. La curiosité me pousse à obéir, l’angoisse à laisser tomber. Et s’il existait un nouveau mystère ? Mais je suis incapable d’ignorer cette prière … J’ai besoin de savoir, même si ça risque d’être douloureux. »

P 254 

« Il évoque à nouveau la famine sévissant dans les hôpitaux psychiatriques. Même si ce sujet est étranger à Lucie, il me captive et m’épouvante à la fois. On sent le vieil homme bouleversé. Il m’avoue son impuissance. 

– J’ai essayé d’alerter les autorités. Mais on vivait une drôle d’époque, mieux valait ne pas trop râler. Pour éviter les ennuis, certains soignants prétendaient que la maigreur des pensionnaires était la conséquence de leur état mental. Et les proches les croyaient ou faisaient semblant de les crier … Je me souviens d’une patiente, la fille d’un voisin, qui est morte d’une « cachexie d’origine alimentaire », comme mentionné sur le registre de l’asile. Son père a demandé une explication. On lui a répondu que la cachexie était « un profond affaiblissement général en rapport avec une dénutrition sévère »  Eh bien il n’a pas osé réclamer plus de précisions ! On ne s’oppose pas au milieu médical, surtout en temps de guerre. Et puis, ça n’allait pas ressusciter son enfants. »

Edition : Les Presses de la cité; collection Terre de France

Publié en 2021

Genre : Roman

Couverture : Liliane Mangavelle

Photos : Trevor Payne / Trevillons Images

RENCONTRE avec l’auteure … Quelques questions pour tenter de découvrir qui se cache derrière le livre !!

Interview à découvrir dans « Les amants de l’été 44 » du même auteure !

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