Des clous dans le coeur … Danielle Thiéry

Une enquête criminelle …où plutôt deux enquêtes avec peut être un point commun … 

Un récit réaliste et pragmatique où l’auteure nous plonge au coeur d ‘une enquête policière, au milieu des procédures, des procès verbaux, on y découvre alors le quotidien d’une équipe d’enquêteurs !! 

Une équipe soudée avec pour chacun ses états d’âmes, ses démons, ses angoisses, …

Une enquête aux multiples ramifications où un simple détail à toute son importance !! 

J’ai aimé cette écriture fluide, tranchée, précise ! Cette distance prise par l’auteure tout en nous immergeant au plus près d’une enquête. 

Une intrigue finement menée … un dénouement surprenant !

Un roman policier aux sonorités d’un « document-reportage » !!

« Il y a des affaires comme celle-là qui te pourrissent la vie. On a beau faire, elles te hantent, elles restent en toi, plantées dans ta mémoire et dans ton coeur, comme un clou qu’un mauvais plaisant s’amuserait à tripoter à intervalles réguliers »

P 69 « Le visage présentait des tâches rose foncé de petites dimensions, appelées pétéchiales. Elles sont présentes «également sur la conjonctive et indiquent une mort par asphyxie. Sur le cou, notons la présence d’un sillon de six millimètres de large et peu profond, plus marqué sur la partie antérieure. Il est possible d’indiquer que la strangulation a été réalisée par quelqu’un se situant derrière la victime, mais la forme et l’orientation du sillon de strangulation indique plutôt une intervention par suspension. »

P 13 « Rien n’avait changé dans le quartier depuis la dernière fois qu’il était venu là, si l’on exceptait la débauche de guirlandes festives avalées à la sortie de la place Félix-Faure, comme une queue de comète s’engouffrant dans la rue du Général-de-Gaulle. Le manège de chevaux de bois, le Carrousel Palace, était à l’arrêt et la grille du parc du château plongée dans l’ombre. En y regardant de plus près, il sautait aux yeux que les volets de la maison jouxtant le bar La Fanfare avaient été repeints en vert, d’un de ces verts à la mode, sourd et fané. Le nom précis de cette couleur n’avait aucune importance, l’aspect général de la place pas davantage. Mais ce banal ravalement de peinture alerta Maxime Revel. »

P 86 « Louis Gautheron avait fait une grimace qui voulait dire : « Y a rien de nouveau là-dedans », mais s’il s’était exprimé à haute voix, nul doute que Revel l’aurait encore mal pris. Le commandant avait relu les dépositions des parents de Nathan. Ceux-ci étaient à bout de résistance parce que leur fils ne dormait jamais plus d’une heure d’affilée, qu’il passait ses nuits à rôder dans sa chambre comme un fauve en cage, et qu’il ne cessait de marmonner des séries de chiffres, d’additions, de multiplications qui faisaient de lui un surdoué en calcul mental, mais un être totalement désacralisé. Nathan était capable de mémoriser une série de 20 ou 30 chiffres d’un seul coup d’oeil, et rien d’autre ne l’intéressait sinon les moteurs dont il comptait en boucle les pièces sur les photos punaisées dans sa chambre. »

P 211 « Revel n’arrivait pas à rentrer chez lui. Il y avait dans cette répugnance une sorte de prémonitions qu’il n’avait pas envie d’affronter. Contrarié de ne pas avoir rencontré Marlène, il fit une halte au Black Moon, sans raison valable. Une idée en passant, peut-être pour se racheter du peu d’intérêt qu’il avait manifesté pour l’affaire Stark, ou pour voir la tête de ce barman trop curieux. Comme souvent, ses intuitions le guidaient. Mais il se serait fait couper une main plutôt que de l’admettre. Un enquêteur de police criminelle doit être pragmatique, s’en tenir aux faits. »

P 238 « Sur place, plusieurs équipages de pompiers et de Police Secours avaient sécurisé les lieux. L’équipe de l’IJ arriva en même temps que Lazare, Sonia et le divisionnaire Gaillard qui avait tenu à les accompagner.  …  Des fumerolles s’échappaient encore de l’arrière du véhicule assez volumineux dont les pneus avaient fondu ainsi que l’habitacle, et dont il était impossible de définir le couleur, la marque ou l’immatriculation. La portière avant gauche était ouverte et, à la place du conducteur, on distinguait une forme humaine carbonisée. Le médecin légiste avait déjà commencé son examen externe, sans être incommodé par l’odeur épouvantable de chair et de plastique brûlés. L’expert se redressa et fit une grimace à l’adresse des policiers : 

– Il n’en reste pas grand-chose, dit-il, je ne peux même pas vous dire, là, tout de suite, quel est le sexe de cet individu … çà ressemble plus à une chipolata oubliée sur un barbecue qu’à un être humain. » 

  • Edition : J’ai lu
  • Genre : Roman policier
  • Publié en 2012
  • Couverture : Benjamin Harte / Plainpicture

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