La Manufacture des histoires … Luc FIVET

J’ai été fascinée par ce roman ! Mais est ce vraiment un roman ? On avance sans vraiment savoir où l’on va ?? Un monde entre fiction, imaginaire mais ou le réalisme fait aussi sensation !! 

On déambule dans le monde de l’édition, les grands prix littéraire, …  que l’auteur s’ingénu à égratigner !! « Griffer » là où ça fait mal !! Il y est aussi question de politique, de religion, maltraitée avec subtilité et de manière détournée !! Et si le Volume était devenu une religion ??

L’auteur « sonde » la naïveté de l’homme , son envie de grandeur et de suffisance ! Mais aussi le droit de s’approprier sa vie et le droit d’écrire sa propre histoire !! 

Une subtilité dans l’écriture, une mélodie des mots qui enchante et qui percute !!  Des phrases ciselées … Et si les mots avaient plus d’impact qu’on ne le pense !!

Un conte littéraire avec l’apparition de la belle Shéhérazade !! Un monde surprenant mais riche de sens !! 

Bravo pour cette déambulation LITTéRAIRE !! 

P 18 « on gagnait beaucoup à se confronter à de nouvelles visions du monde. Pour moi, la littérature formait une sorte de mur sur lequel on s’amusait à envoyer la balle de sa propre existence. A chaque livre, celle-ci revenait avec un rebond différent. On apprenait ainsi à mieux se connaître, à comprendre les trajectoires de la vie, à anticiper les difficultés. Telle est l’unique outrecuidance des récits, réels ou imaginaires : nous aider à trouver notre propre façon de frapper la balle. Le but ultime, c’est d’arriver à se passer de mur et de regarder l’horizon s’ouvrir en grand devant nos yeux émerveillés. Ce n’est que ça, un livre. Une brique d’imaginaire joliment taguée qui nous donne un avant-goût de la liberté. »

P 100 « Voilà le péril qui nous menace ! S’écria Falconi. L’imaginaire !  Se mettre à rêver plus haut que sa condition ! Perdre contact avec la réalité ! Mais gare ! Une petite erreur, une faute d’inattention, un saut de paragraphe involontaire, et hop ! On finit dans la marge ! Et ça donne ce genre de choses … »

P 31 « Qu’est-ce qui fait qu’on achète un livre ? Il y a le titre et le nom de l’auteur, bien sûr. Mais il y a aussi sa présentation. La couverture, par exemple. C’est très important, la couverture. C’est le début de l’aventure … et très souvent, c’est aussi la fin. 
Ses mains jouèrent avec le carton, qui se tordit en tous sens. 
Voyez comme ce livre manque de fermeté. Personne n’achètera un truc aussi mal foutu ! Eh bien, c’est pareil pour les gens. La couverture compte énormément. Chez certains, elle est tellement soignée qu’on a envie de les suivre les yeux fermés, même si c’est encore ce qu’il y a de plus profond en eux. Chez d’autres, la couverture ne donne pas envie. C’est votre cas. 
Trop aimable. 
C’est surtout rageant ! Chez vous, le contenu est fantastique ! Vous avez toutes les cartes en main pour réussir. Mais quand on vous regarde, que voit-on ? Un manuscrit. Une simple feuille de plastique transparent qui donne sur la page de garde. Voilà le mot : vous êtes transparent, Marc. On a l’impression de vous connaître rien qu’en lisant votre nom, vos coordonnées et le titre de votre roman. On ne voit pas le mystère qui est en vous ! Vous ne donnez pas envie d’aller plus loin ! »

P 349 « Dans tous récit arrive le moment où l’auteur se retrouve face à un carrefour narratif. Faut-il continuer tout droit ? Aller à gauche ? A droite ? Il y a tant de possibilités, et la page qui est posée sur son bureau est vierge. Il ne lui reste plus qu’à la remplir sans savoir s’il va dans le bon sens. Les périls ne manquent pas. Il ne doit pas laisser son histoire s’enliser dans les marécages des lieux communs, ou faire trébucher le lecteur dans les lignes brisées de l’absurde. Il doit le mener à bon port, sans connaître la destination finale. »

P 353 « – Je croyais que Shéhérazade avait appris à survivre grâce à sa science du conte ?

Elle me dévisagea longuement. Sa voix se fit douce, caressante. 

  • Shéhérazade pouvait faire durer le suspense parce qu’elle savait que le roi n’était pas insensible à ses charmes. »

P 383 « Elle posa sa main sur ma joue. 

  • Je vois que vous avez le coeur brisé. 
  • Vous pensez que c’est réparable ?
  • Non. Vous serez marqué pour toujours. C’est justement ce qui fait l’intérêt de l’existence. Cette façon bizarre qu’ont les événements de nous pousser vers l’avant. C’est ce que j’aime en vous. Vous n’abandonnez jamais. 
  • Et d’une voix limpide, elle récita : 
  • « Nul homme n’a le droit d’écrire l’histoire d’un autre homme à sa place. Si on vous humilie, répondez. Si on vous insulte, répliquez. Si on vous pousse à agir sous la contrainte, résistez. Si on bafoue la dignité d’un de vos semblables, révélez. Si on vous exclut, revenez. Si on vous condamne, refusez. Si on vous aime … »
  • Vous aviez deviné que j’étais l’auteur de ce texte ?
  • Qui d’autre ? Ces mots portent votre empreinte. »

Edition Baker Street

Genre : Roman, conte, fable

Publié en 2018

Visuel de couverture : Mark Hooper

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