L’oeil du guetteur … Marc Masse

Un roman policier digne des plus grands !! 

Tout y est, l’intrigue, le rythme, les personnages, … le dénouement inattendu !!

La mélodie est parfaite !! Le rythme est … tel un métronome savamment réglé, puis ce léger décalage chronologique dans la narration … très pertinent !

Une intrigue percutante sur fond de malversation, délit d’initié et … tueur à gage !!

Une écriture précise où chaque mot atteint sa cible.

Il n’y a pas de sentiments, un polar « froid » et une enquête menée avec pragmatisme !!

On sent que l’auteur maitrise son sujet !! Aurait-il aussi ce don, mettre en application les règles de  la morphopsychologie

Quel plaisir de retrouver la plume de Marc Masse ! J’avais déjà eu un beau coup de coeur pour « Virage dangereux » un de ses précédents roman ainsi que « 72 heures » !

Conquise !!      

Bravo !! 

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P 168 
« Le Guetteur polissait le canon de son fusil tout en étudiant la photo de Charles Novert. Il le remit dans l’enveloppe et s’intéressa aux deux feuillets qui donnaient tous les détails utiles pour sa mission. Après quelques minutes, le Guetteur rangea le tout. Ces documents fournissaient des renseignements sur la personnalité de l’intéressé mais pas l’essentiel ; son mode de pensée. Comment réagirait-il pour tenter de s’en sortir ? Il allait devoir le découvrir tout seul.
Le Guetteur avait l’habitude. Sa réputation s’était certes construite sur la précision de ses tirs, mais sa capacité à s’identifier à la proie, à penser comme elle, était tout aussi exceptionnelle que ses dons de tireur. C’est ce qui faisait de lui un tueur hors norme. »

P 84 « Le commissaire Chantourne avait-il lu Simenon ? On pouvait le penser. La cinquantaine, de taille moyenne, corpulent, un visage rond, vêtu d’un costume sans âge, il ne lui manquait plus qu’une pipe aux lèvres, ce que le règlement n’aurait pas autorisé, un chapeau sur la tête et un épais manteau. On les apercevait tous deux accrochés au porte-manteau derrière lui. Le caractère semblait à l’avenant : l’air bougon, les paupières mi-closes protégeant une réflexion intérieur qu’on supposait intense et un visage restant fermé tant qu’il n’avait pas bouclé une enquête. Ses collaborateurs pouvaient en témoigner. Chantourne n’était pas facile à vivre. » 

P 147 « On m’avait donc annoncé comme un consultant envoyé par Aumoites et Bancier, pour valider les comptes. Le chef comptable Henri Camus avait été un peu surpris, cette opération avait été programmée pour le printemps avec l’expert-comptable habituel du département dirigé par de Ménardie. 

Charles Novert, le directeur financier, me reçut brièvement. Il était au courant du but officiel de ma mission. Je lui posais quelques questions pour la forme, je ne m(intéressais pas à ses réponses et l’entretien ne dura pas longtemps. Assez toutefois pour noter des signes de malaise. Ma présence semblait le perturber. Craignait-il que je découvre les lacunes de leur dossier ou bien autre chose ? »

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P 60 « C’était une sensation formidable : en une fraction de seconde je saisissais l’âme des gens que je croisais. Mais il y avait aussi de quoi prendre peur. Lire sur les visages, deviner les pensées les plus intimes n’apportait pas que du plaisir. J’essayais de fermer les yeux, d’éviter de voir, d’éteindre mon projecteur et de mettre ma perception au repos lorsque je n’étais pas en mission et que rien ne m’obligeait à utiliser mes capacités. Ce n’était pas toujours facile. 

Démasquer les gens, sans même le vouloir, en avais-je le droit ? S’introduire dans des têtes qui n’avaient rien demandé, n’était-ce pas une forme d’intrusion dans l’intimité, une psychanalyse non souhaitée ?

Quel agrément pouvait-il y avoir à récolter des secrets, des souvenirs cachés, des récits de vilenies ?

Je ne voulais pas devenir un éboueur des âmes, car il n’y aurait pas toujours des poubelles à proximité où décharger les horreurs que je pourrais ramasser. »

P 62 « On applique en fait de manière inconsciente les règles de la morphopsychologie. 

  • C’est quoi ça ?
  • Une théorie qui date du siècle dernier, des années trente et prétend déterminer la personnalité à partir de critères morphologiques. Elle aurait pour père le Dr Louis Corman qui était médecin chef du service de psychiatrie de l’enfant à l’hôpital Saint-Louis, mais elle existait bien avant sous diverses formes. Dès l’Antiquité, on a essayé d’établir des corrélations entre l’apparence physique et le caractère. La morphopsychologie a eu pour ancêtre le physiognomonie au XVIIIè et au XIXè avec Lombroso qui voulait l’appliquer à le recherche des criminels. On avait déjà tenté de donner à cette approche des critères scientifiques en mesurant par exemple des angles du visage. »

Editions des Falaises 

Publié en 2020

Genre : Roman policier

 

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