Le bal des folles … Victoria Mas

Un roman d’une grande sensibilité

Une approche bouleversante de la condition des femmes et de la psychiatrie à la fin du XIX ème. L’auteure pointe du doigt un «fléau » qui a gangréné le monde de la psychiatrie pendant de nombreuses décennies !! Toutes ces femmes, trop souvent  internées, uniquement parce que considérées comme « dérangeantes » !!

Des femmes muselées, opprimées par une domination masculine et … médicale !

Un roman riche où se mêle science, médecine, spiritualité, spiritisme, … et sadisme !

Un ton juste et « claquant » ! 

Une plume limpide et efficace !! 

Un premier roman passionnant avec une envie de se souvenir de Victoria Mas pour la suite …

« Entre l’asile et la prison, on mettait à la Salpêtrière ce que Paris ne savait pas gérer : les malades et les femmes. »

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p 23 « Autour de la table du souper, les Cléry ne font plus attention aux flocons qui tombent paisiblement derrière les portés-fenêtres et atterrissent sur le tapis blanc du boulevard Haussmann. Les cinq membres de la famille, concentrés sur leurs assiettes, découpent la viande rouge que le domestique vient de servir. Au-dessus des têtes, des moulures habillent le plafond; autour, des meubles et des tableaux, des objets en marbre et en bronze, des lustres et des bougeoirs composent cet appartement bourgeois parisien. C’est un début de soirée habituel : les couverts tintent contre les assiettes en porcelaine ; les pieds des chaises craquent sous les mouvements de leurs occupants; … »

«Ces gens qui l’ont jugée, qui m’ont jugée moi… leur jugement réside dans leur conviction. La foi inébranlable en une idée mène aux préjugés. T’ai-je dit combien je me sentais sereine, depuis que je doute ? Oui, il ne faut pas avoir de convictions : il faut pouvoir douter, de tout, des choses, de soi-même. Douter. »

 «Personne n’aime mieux les salles d’examen que les médecins eux-mêmes. Pour ces esprits pétris de science, c’est ici que les pathologies se découvrent, que le progrès se fait. Leurs mains jouissent de faire usage d’instruments qui terrifient ceux sur qui ils s’apprêtent à les utiliser. Pour ceux-là, ceux contraints de se mettre à nu, ce lieu est fait de craintes et d’incertitudes. Dans une salle d’examen, les deux individus qui s’y trouvent ne sont plus égaux : l’un évalue le sort de l’autre; l’autre croit la parole du premier. L’un détermine sa carrière; l’autre détermine sa vie. Le clivage est d’autant plus prononcé lorsqu’une femme passe les portes du bureau médical. … 

Un médecin pense toujours savoir mieux que son patient, et un homme pense toujours savoir mieux qu’une femme : c’est l’intuition de ce regard-là qui rend aujourd’hui anxieuses les jeunes femmes attendant leur évaluation. »

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« Dans sa chambre silencieuse, elle n’entend pas le cliquetis des secondes de l’horloge; elle ne sent pas non plus la chair de poule qui chatouille ses bras nus et froids. C’est un moment étrange, lorsque le monde tel qu’on le pensait jusqu’ici, lorsque les certitudes les plus intimes, sont soudainement ébranlés – lorsque de nouvelles idées vous font appréhender une autre réalité. IL lui semble que jusqu’ici elle regardait dans la mauvaise direction, et que désormais on la fait regarder ailleurs, précisément là où elle aurait toujours dû regarder. »

Edition : Albin Michel

Genre : Roman

Publié en 2019

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