Le panier à salade … Jean Louis Viot

Une plongée « décapante » dans la vie quotidienne d’un commissariat !!
Du rythme, des enquêtes, des gardes à vue, des anecdotes parfois drôles et fantasques, une vie de brigade où l’humour et l’auto dérision adoucissent le récit parfois effroyable !!

Un coup de cœur tout particulier pour l’écriture !! Une belle technique qui permet à l’auteur de nous « trimbaler » d’une enquête à l’autre avec justesse et émotions !!

Une belle surprise entre « sensations » extrêmes et « éclats de rire » (p 109) le tout, saupoudré de personnages hauts en couleur !!

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p 9 « Dieppe, jour de novembre d’un passé pas si lointain. Première fois que je mets les pieds dans cette ville portuaire de Haute-Normandie. Il tombe des cordes. Ce qui doit être rare.
Je longe un quai en roulant au pas. A droite, un bassin où titubent quelques rafiots. A gauche, des troquets, des restos. Je passe les façades en revue à travers les ruissellement qui inondent
mes vitres latérales.
Je lâche un juron. Un commissariat ça se repère, non ? Je tourne à gauche puis encore à gauche, reviens à la case départ.
Je reprends le même quai. On m’a dit à côté des pompiers« . ça non plus, ça ne peut pas se rater ! Sauf quand ça ressemble à ce que je découvre, enfin. »

p 30 « Le temps est maussade mais je n’ai pas envie de rentrer. Je récupère la clé d’un véhicule banalisé et je patrouille, seul, comme j’aime le faire souvent. J’aime la nuit. J’aime cet
espace où les noctambules perdent leur identité sociale pour donner libre cours à leurs divagations, leur spleen, leur mal-être euphorique. »

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p 31 « Un gardien inspecte l’intérieur du véhicule. Le faisceau de sa torche tombe en arrêt sur une carabine 22 LR à peine dissimulée entre les sièges et la banquette arrière.
– Vous pouvez nous expliquer ça ?
La jeune femme les regarde tour à tour, désorienté. L’arme n’est pas à elle mais à son concubin. Un joujou avec lequel il s’amuse à faire des cartons dans les endroits isolés.
Les policiers poussent plus loin l’examen de la voiture.
Lorsqu’ils ouvrent le coffre, ils restent figés. Le corps d’un homme y est allongé sur le dos, les jambes repliées, un filet de sang sous une oreille. »

p 44 « Nous roulons à dix à l’heure sur les axes verglacés. Je n’ai jamais trouvé un trajet aussi long.
– Vous m’emmenez à l’hôpital ?
– Nous devons d’abord passer au commissariat.
Je sens que la malheureuse commence à se poser des questions.
– ça va être long ?
– Non. Quelques formalités.
J’ai honte de mentir pour gagner du temps.
Ah les gosses ! enchaîne-t-elle. Je lui avais pourtant dit de ne pas prendre son vélo, ce matin. La prochaine fois, elle m’écoutera !
A notre arrivée, je l’invite à s’asseoir dans mon bureau. Mon collègue et moi restons debout.
Le regard de la pauvre femme va de l’un à l’autre, s’affole, tout à coup.
C’est grave ?
Je baisse les yeux.
– Très grave.
– Ne me dites pas qu’elle est …
– Hélas.
J’entends encore ses hurlements. Je la vois encore se lever d’un bond, se jeter dans les murs, taper des deux poings sur le bureau.
Je me vois aussi, impuissant devant ce spectacle de la souffrance, du désespoir, de l’infinie détresse. »

https://www.paris-normandie.fr/region/les-salades-de-l-ancien-commandant-de-police-jean-louis-viot-normand-d-adoption-JB13219808

p 109 « Les plaisanteries vont bon train. Les rafales aussi. Tout en discutant, le vieux chef reprend son flingue, le recharge puis le manipule face aux fenêtres.
Une détonation nous explose les tympans.
Nous restons figés devant le trou rond et étoilé que la balle a laissé dans l’un des carreaux. Ahuri, le pétard encore fumant, Godastré regarde dehors.
– Oh putain ! s’affole-t-il en tordant son gros pif de carnaval.
Nous tendons le cou. Sur le quai, juste en face, une voiture est arrêtée, moteur tournant. Une jambe pend par la portière ouverte du conducteur.
– Oh putain ! continue à geindre le vieux chef. Il est mort !
Nous retenons notre respiration. Les secondes durent des heures. Soudain, l’automobiliste se redresse, referme sa portière et redémarre. Ouf ! Le gars devait régler un truc sous son tableau de bord.
Tout le monde se détend d’un coup.
Godastré s’éponge le front.
– Oh putain ! Le pot !
– En parlant de pot, observe Labri, tu ferais mieux de servir au lieu de dézinguer les carreaux avec ta pétoire.« 

Edition : ESNEVAL

Publié en 2019

Illustration de couverture : Sylvie Park

Genre : Récit, Témoignage

 

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