Au coeur, des larmes ou la promesse des hommes … Didier Pernel

Un roman, une épopée … une plongée historique au cœur du début du siècle !!
L’ histoire d’un secret de famille, sur fond de conflits entre le monde paysan et la bourgeoisie qui a comme seul objectif la modernisation et l’industrialisation !!
On y découvre alors un roman « étonnant » entre force et sensibilité. Des sentiments forts, spirituels et contradictoires , des moments qui nous vrillent le cœur , des scènes où les larmes s’échappent puis des instants où la force, la hargne prédominent !!
Le rythme nous propulse aussi entre lucidité, rêve, espoir … à la recherche, tel une quête, du « bonheur profond ».
Et ce questionnement lancinant sur la nature humaine !
Y aurait-il encore un peu d’espoir ?

Un « beau voyage » entre Cherbourg et Rouen, notre belle Normandie !

J’ai toujours pensé qu’un livre était comme une chanson, il y a la mélodie, le rythme, la voix (les personnages) et l’interprétation !! Et là !! Quelle interprétation !!
L’auteur se livre sans retenu !! Une sincérité, une authenticité « qui prend aux tripes » !! Touchée !!

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p 88 « Je ne suis pas de votre monde, je suis peut-être mal né. Je ne comprends pas grand-chose sur cette évolution dont vous me parlez ! Je n’ai qu’une priorité, celle de travailler pour vivre. Peut-être que vous êtes quelqu’un de bien. Vous faites partie de ceux qui décident et je ne suis qu’un paysan. Cependant, ma situation ne m’empêche pas d’être un homme et comme tant d’autres, je survis en travaillant et je suis fier d’être un homme de la terre. Je ne supporterai pas d’être enfermé dans votre usine, je veux rester libre. »

p 88 « J’admire votre fierté, cet orgueil qui manque chez certaines personnes de mon rang. Mais ce n’est pas elle qui vous sauvera ! Et vous le savez ! Ce serait suicidaire de vous entêter ! Vous aurez plus de liberté en suivant mes conseils et autant de de fierté que si vous restiez dans les champs. L’honneur, la fierté, croyez-vous que les ouvriers qui travaillent en industrie n’en ont pas ? Pensez-vous que ces hommes, qui, après leur journée de travail ne sont pas fier de ramener un salaire dans leur foyer ? Ils ont autant de mérite que vous, ils travaillent de leurs mains, peinent à la tâche pour nourrir leur famille, comme vous ! Il n’y a pas que son métier, il y a le courage de se remettre en question. La volonté de renoncer pour recommencer, pour prendre un autre chemin, qui a un but commun … Celui de subvenir aux besoins des siens ! »

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p 137 « Jean et son père étaient en train d’abattre un vieux chêne, ce serait le dernier avant de rentrer. Deux années s’étaient écoulées, et la vie était devenue bien différente. Lors de l’année 1912, les menaces d’une guerre s’étaient écartées mais dans les Balkans elle faisait rage. En janvier 1913, Poincaré fixa le service militaire à trois ans et l’inquiétude restait omniprésente dans le cœur des français et dans celui de Roger qui s’alarmait pour son fils aîné, qui allait bientôt avoir l’âge de servir sous les drapeaux. »

p 206 « La haine changea de direction. Ceux que l’on haïssait désormais, n’étaient autres que ces donneurs d’ordres des Etats-majors, qui se foutaient de tous les misérables bougres, en train de crever comme des rats, dans le bourbier, dans les odeurs infectes du sang, des excréments et des cadavres. La gangrène, les poux, la gale, le sang, les morts, étaient devenus les seuls compagnons de ces hommes qui ne ressemblaient plus à des hommes. Ils étaient désormais des maudits aux yeux exorbités, aux joues creuses cachées sous des barbes de plusieurs semaines dans des uniformes déchiquetés. »

p 222 « Roselyne adorait se promener dans les voies de cette magnifique commune. Que ce soit la rue du Château, la rue Notre-Dame, la rue des Portes ou encore la rue des Fossés. Tous ces noms rappelaient que Cherbourg fut, jusqu’à la fin du XVIIème siècle, une majestueuse forteresse. Son port militaire avec ses trois bassins, celui de l’Avant-Port dit port Napoléon, le bassin Charles X et enfin le Napoléon III.« 

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P 222 « La rade de Cherbourg fut un gigantesque chantier et l’une des plus grandioses entreprises du XVIIIème siècle. Il s’agissait de créer sur 1500 hectares la plus grande rade artificielle jamais construire. A partir du Premier Empire, l’histoire de la ville se confond avec celle de la construction de sa rase et de son port militaire. Cherbourg, cette ville grandiose, Roselyne avait appris à l’aimer. Elle était stupéfaite devant la richesse de son patrimoine, dominé par l’ensemble exceptionnel de la grande digue. De terre comme de mer, la ville restait dominés par la montagne du Roule. Culminant à 125 mètres, elle surveillait la rade et protégeait la digue et les ports. »

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Genre : Roman

Publié en 2018

RENCONTRE avec l’auteur … Quelques questions pour tenter de découvrir qui se cache derrière le livre !!

Quel est votre premier écrit ? votre premier texte ?
Du plus loin que je me souvienne, mon premier texte était une petite poésie sur la forêt mais je ne l’ai plus. Le texte le plus ancien que j’ai écris et que j’ai gardé, le voici j’avais 11 ans:
Celui qui vit aime tant celui qui écrit.

Pluie,pluie, pourquoi tu tombe sur ma vie?
Vent,vent, pourquoi jamais tu ne m’entends?
Larmes,larmes, la vie me désarme!
Souffle, souffle, toujours je m’étouffe!
Où est celui qui jamais ne vit?
Qui est celui qui n’a jamais écrit?
L’inconnu qui marche auprès de ma vie
Finira t’il par aimer celui que je suis?
Car je ne suis que le vivant
Et il est pour moi si émouvant!
Pourtant, mon âme s’inspire dans la pluie
Et mon coeur voyage dans le vent
Si seulement je pouvais être celui qui écrit
Et abandonner celui qui vit.
Mais alors je ne serai plus ce que je suis….

Votre plus beau souvenir de jeune lecteur ?
Mon plus beau souvenir de lecteur..
Pffuu! Il y en a tellement.
A partir de 9 ou 10 ans, j’ai lu tellement de livres:
Tous les Jules Vernes, les Gaston Leroux, jack London, Zola, Victor Hugo, Maupassant, et tant d’autres…
Mon poète préféré est Arthur Rimbaud, car je n’avais pas son talent de poète mais je lui ressemblait tant d’après mes amis de l’époque surtout des (amies) et mon prof de français.. Qui m’aimait et me plaignait car j’étais si différent et si sensible, fragile et
si rêveur..
Le livre dont j’ai le plus beau souvenir, je ne sais pas car j’en ai aimé tellement, mais je vais peut être dire que ce serait une lecture d’enfance, allez je vais vous répondre Crocs Blancs ou L‘île au trésor, je devais avoir 9 ans quand je les ai lu car ils m’on fait
voyager et donner l’envie de vivre l’aventure tant humaine que découvrir d’autres horizons et cette envie d’être quelqu’un de bien, mais cela est difficile car j’aime tant d’auteurs..

Le livre qui vous a « déstabilisé » ? et pourquoi ?
Le livre qui m’a le plus déstabilisé, serait peut-être Les hauts murs, pour cette violence que je ne pouvais imaginer si forte dans le monde de l’adolescence, car la jeunesse est si prisonnière de la justice des adultes.
L’innocence de notre enfance est tellement à la merci du monde des adultes.
J’ai vécu une période dans mon adolescence où j’ai côtoyé la violence et la délinquance et cette obligation que l’on subit dans ce milieu quand on quitte le monde de l’enfance et que l’on grandi près des cités difficiles, ou je me suis senti
obligé de cacher ma sensibilité auprès de ces jeunes si violents et pourtant, certains d’entre eux, qui , lorsqu’ils étaient seuls pouvaient avoir un coeur merveilleux pour la plupart, mais il ne fallait surtout pas que les autres puissent s’apercevoir de nos
faiblesses. Alors pour être accepté, il fallait faire semblant pour ne pas subir.
Je me suis donc retrouvé dans ce livre qui m’a, je pense, donner conscience que j’étais différent et qu’il fallait que je quitte ce milieu dès que je le pourrai, qu’il fallait protéger l’enfant quel qu’il soit..

Ecrire, vous donne l’illusion de quoi ? La sensation de ???
Écrire est pour moi nécessaire car je n’ai jamais été compris de mes parents, ma mère était une grande dépressive et mon père un homme si courageux mais qui ne savait pas comment parler à ses enfants.
Ma mère m’a appris la peur, l’angoisse, le manque d’assurance et surtout très tôt, la peur de la mort, car elle nous parlais après avoir trop bu, elle nous contais à chaque fois et trop souvent et très tôt le drame de la perte de son frère mort dans la guerre
d’Algérie. Mais elle était, quand j’étais gosse, mon Dieu, mais au fil des années, l’amour de l’enfant s’est transformé en rancœur, en colère, et une haine avait noirci mon cœur envers cette maman. Aujourd’hui cette haine s’efface, car je sais qu’elle était
si malheureuse, sa vie fut un désastre depuis sa plus tendre enfance…
Lorsque j’ai sorti mon premier roman, cette angoisse de mourir a disparu.
Ecrire est pour moi une façon de devenir immortel tant que l’humain existera. Car je sais que lorsque je lis un livre, je découvre l’auteur, je devine qui il était, ses émotions, ses rêves, ses amours, ses colères… il devient mon ami au travers de ses personnages,
il ne peut donc mourir car il devient immortel dans ses écrits et dans ce qu’il nous offre.
Écrire, c’est dessiner des lettres, c’est le désir de partager, d’offrir notre coeur et une partie de nôtre âme aux autres, pour être compris pour partager mes émotions. Certainement aussi, je pense, pour être aimé, pour exister, pour recevoir cette reconnaissance
que je n’ai jamais reçu enfant.. ce besoin peut être de dire que je suis quelqu’un de bien, malgré toutes mes erreurs…
Quand j’écris, celui qui vit rencontre ou plutôt retrouve celui qui rêve et qui ne peut vivre, je ressens une liberté, une délivrance, je voyage, je découvre, je me surprends et j’aime celui que je suis réellement et que je n’arrive pas à être dans la vie, et ma vie
m’a offert tant de rencontres bonnes ou néfastes, alors je découvre le monde des hommes, il m’inspire, je suis si sensible à la condition humaine, j’ai été délégué syndical, conseiller municipal, secrétaire du parti communiste de la cellule de Charleval
et secrétaire de section de la vallée de l’Andelle, je me suis investi pendant 5 ans au secours populaires,
Et je peux me dévoiler aujourd’hui, puisque j’ai quitté ce milieu, car déçu ou peut être trop pressé, j’ai été franc-maçon à la GLDF pendant 12 ans.
J’ai toujours été sensible à la condition humaine.
On dit que je suis un humaniste, mais j’ai aussi plongé dans l’aigreur, dans la colère, J’ai aussi été méchant et en colère envers la vie et le monde des hommes, envers cette société si agressive et si injuste. On dit que je suis un idéaliste et un naïf qui a si
longtemps donné sa confiance, mais je ne regrette rien, car sans ces états d’âmes je n’aurais peut être jamais écris ce livre.
J’ai connu tant d’épreuves , j’ai eu tellement de rêves, fais tant de rencontres, j’ai eu tant de frustrations, de déceptions pour si peu de joies et d’amours, mais j’ai aussi déçus tant de personnes par mon instabilité, par les colères, mes angoisses, mes
départs, ou aussi promesses que je n’ai pas tenu, car j’étais un enfant si instable, si perturbé, si difficile. Un écorché vif et je sais que ce dernier ne me quittera jamais… je pense que c’est grâce à lui que j’écris toutes ces poésies et que mes deux romans
existent aujourd’hui…
Beaucoup qui connaissent ma vie me disent que je devrais écrire ma biographie, mais ce n’est si simple peut être un jour… ma jeunesse perturbé, mes voyages, mes rêves, toutes ces amantes, ces amis, ces mauvaises rencontres, cette mort qui a essayé
de me prendre par quatre fois… j’ai toujours voulu aimer, mais je ne sais pas si je sais aimer..

Quel est votre thématique, votre genre littéraire (polar, roman historique, …), ce qui vous inspire et pourquoi ?
Mon style de roman est surtout les livres sur la condition humaine, des romans sociaux, mais j’aime aussi les livres fantasy, car je retrouve mon imagination d’enfant dans ces mondes merveilleux, et j’aime aussi l’histoire…

Quel est votre relation aux livres ? Pour vous un livre « heureux » est un livre corné, annoté, souligné, déformés, … ou pas ?
Un livre heureux est un livre que l’on partage que l’on emmène dans nos voyages, qui vieilli avec nous, que l’on caresse, que l’on sent l’odeur, et que l’on garde près de soi quand on s’endort…

Voilà, désolé, car j’ai peut être dessiné trop de lettres pour répondre à votre questionnaire …
Gloups 😊
Merci encore…

Merci Didier Pernel d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions !

 

 

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