Khalil … Yasmina Khadra

13 Novembre 2015Khalil quitte Molenbeek direction Paris le stade de France, une ceinture d’explosifs à la taille …

Yasmina Khadra signe ici un roman puissant … son écriture sobre nous plonge avec « horreur » dans le monde fermé du terrorisme ou Khalil, jeune Kamikaze déambule tel une âme perdue !!
On y découvre un récit « glaçant » fait de détermination … de blessures … de frustrations …. de colères … de doutes …
mais ce récit reste malgré tout un hymne à l’amour et à la tolérance …
Un roman coup de poing qui ébranle quelques convictions et dérange … un roman qui nous happe et nous interroge « Peut on résister à la spirale du mal ? « 

« Le devoir, Khalil, est de vivre et laisser vivre. Il n’y a pas plus précieux et nul n’a le droit d’y toucher. »

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p 91 « Un petit homme efflanqué, qui jusque-là n’avait rien dit, réclama un peu d’attention en tapant du doigt sur sa table :
– Élevez le niveau, cousins, dit-il doctement.
Ce qui se passe est l’aboutissement logique d’un processus aussi vieux que l’instinct grégaire : l’exclusion exacerbe les susceptibilités, les susceptibilités
provoquent la frustration, la frustration engendre la haine et la haine conduit à la violence. C’est mathématique. »

p 39 « Aujourd’hui, l’armée aux éléphants, ce sont ces superpuissances autoproclamées qui osent s’en prendre à l’Islam et que nous allons anéantir par la volonté de Dieu.
Car, aujourd’hui, les oiseaux d’Ababil, c’est nous.
Nous volons plus haut que leurs drones, frappons plus loin que leurs fusées, surveillons plus efficacement que leurs satellites … »
A mes tempes résonnèrent des milliers de taqbir. C’était comme si un volcan éruptait en moi. Je glissai ma main dans la poche de mon veston, pensai à Driss, à ma sœur jumelle et à
ma mère, récitai la chahada en mon for intérieur et pressai sur le pressoir relié à ma ceinture d’explosifs … »

 

p 92 « Nous y revoilà ! répliqua le plus vieux d’entre eux, un trentenaire au teint bistre et aux doigts jaunis par la nicotine. Pourquoi veux-tu qu’ils retournent dans un pays qui ne représente pas grand-chose à leurs yeux ? Ils
sont belges. Ils sont nés ici, ont été au collège ici, ont grandi ici. Leur bled, c’est ici. C’est précisément ce genre de réflexion qui leur fait détester leur pays d’adoption. Comment veut-on qu’ils s’intègrent si chaque
fois qu’un bougnoule déconne, on menace de renvoyer sa communauté dans son bled d’origine ?
Les Belges de souche, ils ne font pas de conneries, eux ? Il faut en finir une fois pour toutes avec le discours de l’extrême droite.
Un pays ne se construit pas sur l’identité, mais sur la citoyenneté. »

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Rencontre avec Yasmina Khadra à  la librairie L’Armitière à Rouen le 22 novembre 2018 …. Un magnifique moment …. 

p 82 « Est-ce que tu mesures l’étendue du désastre? Driss voulait tuer des gens qui ne lui avaient rien fait. Où est Dieu dans tout ça? Il s’agit de barbarie. C’est lâche, minable et triste…
– Tu vas réveiller tout l’immeuble.
— Je m’en fiche. Je veux que la terre m’entende d’un bout à l’autre. Dieu n’est pas un chef de guerre, encore moins le parrain d’une organisation criminelle.
Il est écrit dans le Coran que celui qui tue un être aura tué l’humanité entière. Alors, à quoi riment ces massacres gratuits ? Pourquoi faut-il faire croire que lorsque
le muezzin appelle à la prière, c’est l’appel à l’agonie que l’on doit entendre ? »

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p 136 « J’aimerai te réconforter, mais tous les mots sont dérisoires devant une tombe.
— C’est peut-être pour cette raison que le silence est de rigueur dans les cimetières.« 

p 193 « Ce jour-là, j’aurais aimé être une goutte d’eau pour me diluer dans le remous d’un ressac, une infinitésimale éclaboussure dans le blanc de l’écume, une microscopique
particule d’embrun sur le bec d’une mouette. J’aurais aimé disparaître sur-le-champ comme ça, d’un claquement de doigts. Je n’avais pas peur de ne plus voir de
couchers de soleil, puisque j’en cueillerais par paniers entiers dans les vergers du Seigneur. Je n’avais pas à craindre de peiner des êtres qui m’étaient chers puisqu’ils
finiraient tous par ma rejoindre dans les prairies éternelles. Quand le moment de vérité arrive, le bien et le mal s’annulent. Ne reste que ce qu’il faudra accomplir les yeux
fermés. On ne se pose plus de questions. La seule et unique réponse qui s’impose est : « je suis prêt ! » »

Edition : Julliard

Genre : Roman

Publié en 2018

 

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