Voyage au bout de la nuit … Louis Ferdinand Céline

« Voyage au bout de la nuit » …

Difficile de « s’attaquer » à un tel monument de la Littérature Française !
Ce livre qui a bouleversé tant de lecteurs …
Cet auteur qui a provoqué tant de polémiques

« Voyage au bout de la nuit » … où la noirceur humaine, le « non espoir » transpercent chaque page !!
Des vies « avalées », « englouties » sans pouvoir être savourées !!
Ferdinand tel un « Anti héros » vit Sa déchéance avec lucidité ou peut être fatalité …
On y croise le vil … le cru … l’abject … l’argent … le sexe enfin le « derrière » ...
Puis cette prose qui tourbillonne dans la tête … on s’accroche aux phrases, on tente de comprendre avec hargne toutes les subtilités puis on finit, épuisé en se laissant emporter par la poésie des mots ! et là c’est l’extase !!
Un voyage intérieur, fascinant et percutant ..
et en définitive un « Grand plaisir » … « j’ai lu Voyage au bout de la nuit de Céline !! »

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p 295 « On découvre dans tout son passé ridicule tellement de ridicule, de tromperie, de crédulité qu’on voudrait peut-être s’arrêter tout net d’être jeune, attendre la jeunesse qu’elle se détache,
attendre qu’elle vous dépasse, la voir s’en aller, s’éloigner, regarder toute sa vanité, porter la main dans son vide, la voir repasser encore devant soi, et
puis soi partir, être sûr qu’elle s’en est bien allée sa jeunesse et tranquillement alors, de son côté, bien à soi, repasser tout doucement de l’autre côté
du Temps pour regarder vraiment comment qu’ils sont les gens et les choses. »

p 284 « Le soleil qui passe à travers trop de choses ne laisse jamais à la rue qu’une lumière d’automne avec des regrets et des nuages. »

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p 358 « Vous remarquerez qu’il y a toujours deux prostituées en attente au coin de la rue des Dames. Elles tiennent ces quelques heures épuisées qui séparent le fond
du jour au petit matin. Grâce à elles la vie continue à travers les ombres. … Quand on se rapproche d’elles dans l’ombre, il faut faire attention parce qu’elles n’existent qu’à peine ces femmes, tant elles sont spécialisées,
juste restées vivantes ce qu’il faut pour répondre à deux ou trois phrases qui résument tout ce qu’on peut faire avec elles. Ce sont des esprits d’insectes dans des bottines à boutons. »

p 403 « Ils en ont des pitié les gens, pour les invalides et les aveugles et on peut dire qu’ils en ont de l’amour en réserve. Je l’avais bien senti, bien des fois, l’amour en réserve. Y’en a énormément. On peut pas dire le contraire.
Seulement c’est malheureux qu’ils demeurent si vaches avec tant d’amour en réserve, les gens. Ça ne sort pas, voilà tout. C’est pris en dedans, ça reste en dedans,
ça leur sert à rien. Ils en crèvent en dedans, d’amour. »

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p 340 « Les riches n’ont pas besoin de tuer eux-mêmes pour bouffer. Ils les font travailler les gens comme ils disent. Ils ne font pas le mal eux-mêmes, les riches.
Ils payent. On fait tout pour leur plaire et tout le monde est bien content. Pendant que leurs femmes sont belles, celles des pauvres sont vaines. C’est un
résultat qui vient des siècles, toilettes mises à part. Belles mignonnes, bien nourries, bien lavées. Depuis qu’elle dure la vie n’est arrivée qu’à ça. »
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p 345 « Décidément nous n’adorons rien de plus divin que notre odeur. Tout notre malheur vient de ce qu’il nous faut demeurer Jean, Pierre ou Gaston coûte que coûte pendant toutes sortes d’années. Ce corps à nous, travesti de
molécules agitées et banales, tout le temps se révolte contre cette farce atroce de durer. Elles veulent se perdre nos molécules, au plus vite, parmi l’univers ces mignonnes !
Elles souffrent d’être seulement « nous », cocus d’infini. On éclaterait si on avait du courage, on faille seulement d’un jour à l’autre. Notre torture chérie est enfermée là,
atomique, dans notre peau même, avec notre orgueil. »

« Des mots, il y en a des cachés parmi les autres, comme des cailloux. On les reconnaît pas spécialement et puis les voilà qui vous font trembler pourtant toute la vie qu’on possède,
et tout entière, et dans son faible et son fort… C’est la panique alors… Une avalanche… On en reste là comme un pendu, au-dessus des émotions…
C’est une tempête qui est arrivée, qui est passée, bien trop forte pour vous, si violente qu’on l’aurait jamais crue possible rien qu’avec des sentiments…
Donc, on ne se méfie jamais assez des mots, c’est ma conclusion. »

Edition Gallimard, 1952

 

 

 

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