Le Train d’Erlingen … Boualem Sansal

Un roman surprenant et déstabilisant par le style, la forme, la narration où je dois l’avouer j’ai du le redécouvrir en deuxième lecture pour en saisir
toutes les subtilités !! (p 14)
Un livre au limite du fantastique et du « terrifiant » ou le mal … l’ ennemi reste invisible et oppressant !!
On plonge avec stupeur dans cette épopée, ce conte avec comme thème, sans aucun doute … « la tragédie humaine » !!
Entre virtualité et réalité on y découvre un ton perspicace et ironique,où Boualem Sansal nous expose UNE vision ou SA vision … sur des sujets forts, comme la religion, les médias, la mondialisation, la politique, l’immigration, …
Et cette question !! La métamorphose serait elle déjà enclenchée ???

Après « 2084 la fin du monde  » Boualem Sansal garde, pour notre plus grand plaisir un ton « mordant » et « convaincu » !! Une menace rôde !!
Un roman à découvrir sans hésitation !!

« Prends des jumelles et regarde autour de toi,
jusqu’au mur d’enceinte et pose-toi la question :
suis-je libre ?
Et agis en conséquence. » p 11

DSC_1023 fin mini
p 15 « Toi qui entres dans ce livre,
abandonne tout espoir
de distinguer la fantasmagorie de la réalité.« 

p 14 « La construction du roman s’éloigne notablement des cadres habituels de la narration romanesque et peut dérouter, mais ainsi est le chemin de la vérité, bien fait pour nous perdre.
Dans cette vie, rien ne nous est donné gratuitement. La lecture, si elle s’accompagne d’une véritable méditation, est un acte initiatique. »

p 27 « Si on ne croit pas à la vie et à la liberté, on ne peut pas les défendre, pardi, et si on ne le fait pas, il n’y a simplement pas de raison de continuer à vivre. J’ai idée qu’à force de tout avoir, l’essentiel et le superflu,
et en plus le défendu et le nuisible, les gens se sont épuisés, l’ennui les a dévorés.
A croire que la magie de la vie, de la liberté, et l’aspiration au bonheur ne fonctionnent que chez ceux qui souffrent de leur manque. »

 

DSC_1052 fin mini

p 37 « Si les envahisseurs ont pris la ville, il faut que tu ouvres les yeux, regarde-les comme ils sont, des envahisseurs qui viennent t’égorger, et non comme des amis chaleureux qui veulent
t’initier à la nouvelle Fraternité. Penses-y avant de tendre la joue. »

p 38 « … c’est le rouleau compresseur, le gavage par l’entonnoir, on avale de force, indigestion ou pas. L’absence d’événements elle-même, cinq minutes d’affilés, est un événement qui provoque
sa tornade d’interrogations et de commentaires en spirale. Mais que se passe-t-il donc pour qu’il ne se passe rien ? Les conspirationnistes et les cracks de la réinfosphère, convoqués à la hâte,
font exploser l’audimat sous les hourras des badauds, même s’ils ne disent rien, sinon qu’il y a anguille sous roche. »

DSC_1036 fin mini
p 17 « Il y a aussi que ce suspense est insupportable. Chaque jour on nous dit que le train va arriver et chaque jour on nous dit que finalement il ne viendra pas.
Il faut sans cesse se tenir prêt, c’est épuisant. A quoi bon enfin attendre si cette fichue machine ne se montre pas ? Mourir ici ou ailleurs, quelle différence, un trou est un trou. »

p 57 « L’envahisseur est évidemment un immense problème pour nous, pour le monde, mais il ne l’est pas pour l’Histoire, l’humanité n’existe que par le mouvement des peuples et seuls se
meuvent les peuples forts, en qui est actif l’esprit de l’aventure et de la conquête. Si chacun était resté chez lui à cueillir des baies et à regarder pousser l’herbe, l’humanité aurait disparu, emportée
par la consanguinité, l’ennui, l’ignorance, l’obésité, la maladie. Le vrai drame pour un peuple c’est l’ataraxie, lorsque meurt en lui le goût de se battre et c’est ce qui nous arrive, tout nous effraie,
tout nous décourage, un bruit et hop nous voilà à genoux, tremblant, battant notre coulpe, bafouillant des excuses.

« Quand avons-nous cessé d’être intelligents, ou simplement attentifs? »

Edition : Gallimard

Publié en 2018

Genre : Roman 

 

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