La fabrique des pervers … Sophie Chauveau

Une autobiographie ! Un récit !
Une analyse … Un essai sur … l’INCESTE et ses effets pervers et destructeurs !!
Une introspection !! Mettre des mots sur toute cette angoisse enfouie !! Et se reconstruire malgré tout !!

L’auteure nous fait découvrir au fil des pages … au fil des mots … un mal pervers qui gangrène toute une famille !!
L’INCESTE … ce MAL, présent dans la famille, dans SA famille depuis plusieurs générations … un mal qui se transmet en toute impunité … »naturellement »
de père en fils, de père en fille, de grand mère en petits fils, d’oncle en neveux, …
Un livre empli de révolte … de blessures non pansées !!
Il n’y a pas de descriptions, de scènes mais juste des ressentis , des peurs, de l’incompréhension, du « cynisme » envers tous ces bourreaux !!

Un récit puissant de colère, de révolte mais où pointe malgré tout un espoir !! Est il possible de se relever après tout « çA » !!
Après « l’oubli », l’amnésie, l’autodestruction, la dépression, la thérapie ... peut être une certaine « paix » …

Un livre pour ne plus dire JE NE SAVAIS PAS !! Transmettre, pour les générations à venir, un héritage cette fois fait de mots et non de maux …
p 52 « Comment traiter cette famille qui engendre des pervers, comme d’autres fabriquent des yeux bleus, à la façon d’une dynastie ? »

Une écriture juste … Une analyse glaçante et « sidérante » à découvrir !!

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p 12 « Je me souviens avoir écrit, il y a plus de vingt ans, un roman nommé Les Belles Menteuses où je cherchais à déterminer, sinon à inventer une perversion transgénérationnelle que
les femmes se seraient transmise à tâtons, dans le noir, d’inconscient à inconscient, à force de ne l’avoir jamais dévoilée … Je n’étais pas parvenue à nommer cette perversion. J’avais le vague sentiment qu’elle tournait
autour de la sexualité mais j’étais encore trop égarée pour la nommer. »

p 48 « Ah, la culpabilité se s’être laissé faire … Le seul rôle qui un temps peut aider à guérir est celui de victime.
Quand on s’autorise à l’endosser, généralement après les pires turbulences – dépressions, décompensations, autodestructions, thérapies -, on a souvent dépassé les quarante ans, c’est trop tard. Et on n’en veut plus. »

p 92 « Le corps ne montre rien, ça fait partie du viol incestueux de ne rien laisser paraître: « Le viol est un crime dont la victime est toujours en vie ». »

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p 112 « Ce même Philippe se vantait auprès de moi, mais aussi de sa mère, qu’après la naissance d’un de ses fils … pour le calmer quand il pleurait la nuit, il usait du meilleur moyen d’apaisement connu de lui; je le branle, tout
simplement. Je le décalotte et je le branle, ça l’apaise tout de suite, c’est bien la preuve que c’est bon pour lui. »

p 176 « Il (son père) cueille au passage comme on hume une rose fraîchement éclose en passant à sa portée. Aucune volonté de nuire, juste de jouir, et lui exclusivement.
Il me faudra des décennies avant de découvrir, grâce à Bataille, Sade et Pauvert, que telle est précisément la définition du pervers : un qui ne sait pas que l’autre existe,
qui pioche, prélève des morceaux choisis de l’autre sans imaginer que ça peut lui faire mal. Puisque lui ne sent rien. »

« Dans ces familles, comme dans la société entière, tout est organisé pour faire de ces mœurs des choses qu’on ne dit pas. Aucun vocabulaire à disposition pour qui veut se plaindre. Or sans mots, comment penser ? Comment panser ?
Les mots crus aussi bien que les paraphrases sont des pièges. Vider ses couilles dans la bouche de son enfant ? Comment appeler ça ? Comment le dire simplement ? Faut-il user de métaphores ? N’est-ce pas risquer encore une fois
de ménager les bourreaux ?
Les mots grossiers impressionnent si fort qu’ils imposent une image qui fait écran à la pensée, à la conscience : ils horrifient tant qu’on a hâte de s’en éloigner. La langue en personne semble se dresser contre nous. »

p 206 « Je puis me pardonner, mais sans les absoudre. L’absolution ne relève pas de moi – le pardon, oui, mais c’est à moi qu’il était indispensable, c’était moi qui me sentais coupable de lui avoir cédé, de ne pas lui avoir résisté, de ne pas l’avoir
dénoncé … Mon pardon n’implique ni réconciliation ni absolution. Il m’était vital de me pardonner de l’avoir aimé alors qu’il ne le méritait pas, et c’est un euphémisme, me pardonner de l’avoir subi, me pardonner de ne pas m’être révoltée
et de n’en être pas morte. Me pardonner d’avoir eu tellement honte de moi, au lieu de lui, me pardonner de m’être sentie coupable de ses gestes, avilie de me laisser faire …
Pauvre enfant, avais-je le choix ? »

Edition : Gallimard

Publié en 2016

Genre : Récit, Témoignage, autobiographie

 

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