J’ai mené toutes vos batailles … Antoine George

Une vie bien remplie …
Un homme, un militaire, solide et fort … Vincent n’a que 54 ans et Alzheimer frappe !!
A travers la maladie Vincent va se raconter … raconter sa vie, son engagement de militaire … et son amour pour sa femme My-Laï.

Un récit « lucide » sur la vie et la mort … avec comme compagnon « Maitre Alzo » (Alzheimer) qui frappe sans relâche … insidieusement !!
Une maladie où les mots se perdent … mais où les souvenirs refont surface, s’expliquent et s’expriment … parfois avec fureur …
l’Indochine, l’Algérieles illusions et les désillusions de son engagement militaire !

Une écriture forte, parfois tranchante
Un rythme qui nous plonge dans les abîmes de la maladie … mais aussi dans les méandres de la guerre … un témoignage, deux approches …
Un voyage terrifiant avec comme seul issu la mort …

Très difficile de rester insensible à un tel récit … je me suis donc laissé prendre par toutes ces émotions …
Mais une question s’impose !

Comment l’auteur a pu trouver les mots … si justes ?!!

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p 206 « J’aime les mots. J’aurais voulu les garder aussi longtemps que possible. Ils sont l’élégance de la pensée, le vase de fleurs dans la maison. Parfois je les perds et je reste plume en l’air à me demander … « … « Parfois aussi, j’ouvre le dictionnaire
et je me laisse dériver au milieu des mots comme un collectionneur visite son musée préféré. Chacun est une invitation au voyage.

… Il me faut des béquilles pour écrire. Hier, j’écrivais que les arquebusiers avançaient « drapeaux en tête, suivis de leur musique ». Puis, avec mon dictionnaire, j’ai changé « drapeaux » en oriflammes qui donnait un air moyenâgeux,
puis « étendards » qui fait plus guerrier, puis j’ai finalement écrit « gonfalons » qui donne un côté bon enfant méridional. C’était la même troupe, mais les mots lui donnaient des couleurs. »

p 8 « Qu’est – ce que la vie ? Un clignement de cils de l’éternité, un éclair fugitif à l’échelle de l’univers. A l’heure où le soleil disparaît en laissant sur le monde une dernière caresse
d’ombres étirées, je ne veux pas tomber dans le piège de magnifier ma vie. Elle a été. Ni plus ni moins que d’autres, j’ai vécu mon parcours, j’ai été emporté par les émotions, secoué dans les tourmentes,
bercé d’illusions. J’ai commis des erreurs que j’ai payées comptant. J’ai vécu mon destin d’homme. »

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p 10 « Nous autres, soldats, sommes de grands naïfs. Nous aimons les idées simples qui aident à donner et recevoir la mort. Pour les politiques, nous ne sommes qu’un outil, une pièce sur l’échiquier, l’instrument de leur pouvoir.
Même le sachant, je ne peux regretter d’avoir vécu et pensé ainsi. Je me préfère droit que sinueux, simpliste qu’opportuniste, perdant que fourbe. J’assume tout. D’ailleurs, mon pays m’a déjà jugé … et condamné. »

p 65 « Dans le désert torride qui s’ouvrait devant lui, le spectre de la maladie n’était encore qu’une silhouette noire à l’horizon, déformée par la chaleur, mais s’annonçant implacablement et contraignant l’esprit à la suivre,
la chercher quand un mamelon de sable la cachait au regard, puis la redécouvrir avec un frisson de peur et de sécurité mêlées quand elle réapparaissait, toujours plus proche, mais encore lointaine. »

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p 72 « My-Laï était naturellement prude et sensuelle. Prude, elle n’aimait pas se montrer, montrer son corps, surtout depuis la morsure terrible de la bombe. Sensuelle, elle aimait faire l’amour comme une liturgie complexe
à savourer. Secouée de spasmes intenses, elle savait les contrôler et les organiser pour aller au bout du plaisir et de celui de son compagnon. Face à Vincent qui lui semblait toujours trop pressé et emporté, elle gérait le temps, suscitait des ruptures,
changeait les positions, renouvelait les caresses.« 

p 104 « Avec ses frères d’armes, ils avaient cru servir et l’on s’était servi d’eux, ils avaient cru se battre et ils ne faisaient que de la simulation, ils se croyaient acteurs investis d’un rôle essentiel et ils n’étaient que figurants dans le
spectacle de la fête de l’école. L’Indochine était devenue Vietnam avec un régime de fer, l’Algérie libérée n’en finissait pas de s’enfoncer dans la corruption, la violence et la récession, mais la France avait déjà oublié même y avoir tenu une
position pendant un siècle. »

Art3 – Plessis Editions

Genre : Roman Témoignage

Publié en 2018

 

 

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