Le grand bateau … Jean Paul Croizé

Un vrai plaisir de retrouver l’univers de Jean Paul Croizé … son amour des femmes … des sentiments … des émotions …
Un doux voyage où les sensations sont « décortiquées » avec passion

Une errance amoureuse entre deux femmes, Zora et Agathe … deux villes, Cherbourg et Paris … deux vies .. et cette envie dévorante et obsédante de tout posséder au risque de tout perdre … se perdre aussi …
Un hymne à l’amour, à la passion, aimer sans contrepartie … aimer sans comprendre … au risque aussi de se brûler !!

Il y a Zora … il y a Agathe … mais il y a aussi Ben et Norbert !!!
La vie que l’on dévore à pleines dents et où … peut être l’on passe à côté de l’essentiel !! Ne pas savoir se poser et oser déguster la vie !!

J’ai aimé ce beau voyage … cette belle traversée, se laisser cueillir et s’envoler …
Et puis il y a Cherbourg ma ville natale. Comment rester insensible ?

Un beau roman … d’amour, de passion … à découvrir !

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p 201 « Il avait goûté à nouveau le trouble que lui procurait autrefois, à chaque réveil, la vision de ses épaules nues qui dépassaient de la couette. Ses épaules à la couleur de miel qui contrastait magnifiquement
avec le noir de ses cheveux. Ce dos, qui faisait tout d’abord penser à celui d’une adolescente, avant qu’il cède au besoin de l’embrasser, de caresser sa peau avec ses lèvres, jusqu’au creux de ses reins.
Il aimait y voir apparaître ces frissons, ceux d’une femme et non plus d’une enfant, et de sentir naître sous sa bouche les élans qui lui feraient oublier tout ce qui n’était pas désir d’elle. »

p 19 « C’était ce qui l’avait attiré en premier. Il y avait cette ombre de détresse dans son regard, au-delà du plaisir qu’elle éprouvait à se voir admirée.
Contrairement à beaucoup d’autres visiteurs ce jour-là, elle n’avait pas eu peur de lui. L’écrivain qu’il était ne l’intimidait pas. Au contraire. Plus que de le lire, il lui avait semblé qu’elle avait envie de le connaître.
Comme si elle avait voulu se mesurer à lui intellectuellement. Il avait presque vu de l’insolence dans son regard. Elle avait semblé lui lancer un défi. Elle voulait voir si elle pouvait parler à armes égales avec un romancier. »

 

 

p 55 Cherbourg « Paul aime profondément cette ville du Cotentin, injustement considérée comme l’endroit français où il pleut le plus souvent, où il fait le plus frais,le vent n’arrête jamais de soufrer,
où le ciel est uniformément gris, où les gens sont tristes. C’est complètement faux, quoi qu’en disent les cartes météo que l’on voit à la télé. Paul aime emplir ses poumons à plein de l’air iodé qui parfume
toute la ville. Il adore s’imprégner de ce parfum de mer quand il va s’aérer le long de la voie piétonne qui borde la grande rade. »

p 22 « Cela avait été une de ces erreurs sentimentales, de celles qui peuvent naître comme une jolie bulle de couleur, une rencontre, deux ou trois discussions géniales, la
relation physique qui fait vibrer, mais qui, très vite, trop vite, donne l’envie d’être ailleurs. D’aller retrouver les copains, ou d’être amoureux de quelqu’un d’autre, d’une autre,
encore inconnue, celle qui serait mieux capable de vous emmener plus loin et plus haut dans les sentiments. »

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p 25 « Avait-elle changé d’avis, allait-elle le laisser ? Elle avait son téléphone, mais lui n’avait pas le sien. » … « Si elle ne venait pas, il n’aurait aucun moyen de lui demander pourquoi. » …
« L’angoisse cessait d’être plaisante. Le bistrot lui avait semblé devenir gris, tout d’un coup. Il avait trop envie de connaitre cette femme. Si elle ne venait pas,
il en aurait pour des semaines à la regretter, à l’espérer. Cela serait difficile à vivre.
Mais d’un seul coup, les conversations étaient redevenues gaies. L’ambiance retrouvait l’allégresse insouciante qui faisait le plaisir de subir ce vacarme. La joie
se lisait de nouveau sur le visage de ces clients qui s’installaient de plus en plus nombreux, les éclats de rire fusaient de partout, tout chantait la joie de se
retrouver pour se faire un petit plat, suivant l’expression consacrée : elle venait de pousser la porte. »

Edition : Ovadia … « J’ai envie de vous dire » Collection dirigée par Frédéric Ovadia

Genre : Roman

Publié en 2018

RENCONTRE avec l’auteur … Quelques questions pour tenter de découvrir qui se cache derrière le livre !!

Quel est votre premier écrit ? votre premier texte ?
Je ne me souviens pas vraiment. Je devais avoir douze ans, je voulais faire de la Science Fiction. J’ai écris sur un cahier d’écolier, que j’ai perdu je ne sais plus quand . Ma première publication, une étude sur le photographe
David Hamilton. J’en ai été très fier….

Le livre qui vous a « déstabilisé » ? et pourquoi ?
si un livre m’a déstabilisé, c’est « L’étranger » d’Albert Camus. J’étais encore presque ado, j’ai découvert l’injustice, l’incompréhension, en fait la connerie humaine avec ce héros qui a été condamné à mort non pas pour son crime,
mais parce qu’il n’avait pas pleuré à l’enterrement de sa mère…

Ecrire, vous donne l’illusion de quoi ?
Ecrire me donne l’illusion de vivre des choses, des évènements, des situations que je rêve. Ecrire me donne l’illusion d’entrer dans d’autres mondes qui me semblent presque réels.

Quel est votre thématique, votre genre littéraire (polar, roman historique, …), ce qui vous inspire et pourquoi ?
Mon thème de prédilection est la psychologie, l’analyse du sentiment de l’instant, la décortication de la pensée. Sans pour autant, du moins je l’espère, faire de l’analyse à trois sous. Simplement, savourer les joies ou les peines
de moments importants de la vie, en particulier les sentiments amoureux qui, on le sait, mènent le monde.

Question bonus !
Quel est votre relation aux livres ? Pour vous un livre « heureux » est un livre corné, annoté, souligné, déformés, … ou pas ?
Ma relation aux livres est une relation d’amour. J’aime les bouquins qui m’ont emmené loin qand je les ai lus, j’aime les retrouver ensuite dans les rayons de ma bibliothèque presque par hasard, y retrouver des émotions,
un ailleurs, une époque de ma vie. Peu importe pour moi leur état, encore presque neuf ou au contraire cornés et pliés de partout. J’aime bien les vieux livres qui sentent la poussière, le grenier, qui sentent le passé en fait.

Merci Jean Paul d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions.

 

 

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