Devoir de mémoire … Eric Dupuis

Et voilà je me suis « fait surprendre » !!!
Après avoir lu « Aussi noir que le charbon » du même auteur … je m’attendais à un polar « carré » … pragmatique … « épuré« , mais pour « Devoir de mémoire » les émotions et les sentiments ont la part belle !!! Donc surprise !!!

J’ai aussi été un peu déstabilisée au début, l’impression que l’enquête part dans tous les sens !! un suspect … puis deux …
Mais au fil des pages on comprend très vite que l’auteur mène TOUJOURS et ENCORE le jeu … il sait où emmener le lecteur… il sait le « trimbaler » !! La technique est là !! Bravo !!

On y découvre donc une enquête qui piétine, un lieutenant, chef de service, pas vraiment efficace et qui accumule les bévues … Est ce ça l’incompétence et la conséquence d’enquêtes bâclées et « mal résolues » ??

Une plongée aussi dans le monde sombre de la maladie … AlzheimerParkinson … Une dégradation longue et douloureuse …
On y découvre aussi l’après guerre … avec ses règlements de compte !!
Que s’est il passé pendant et après la guerre 39- 45 ??
Le présent et le passé se mélangent !!
Edith Merville … une jeune fille de 17 ans « enlevée » par les Allemands en 1940 … puis maintenant cette vieille femme Edith Cuvelier de 80 ans rongée par la maladie …

Des personnages forts … glaçants pour certains …
Une écriture efficace … ciblée et ciselée … teintée d’émotions et de souffrances !!
Une intrigue palpitante … et quel dénouement !!! Sublime !!

Un polar … un morceau de l’histoire que l’on découvre avec stupeur et horreur !!
Encore un très beau moment de polar !! Bravo !!!

« La guerre et la maladie, ces deux infinis du cauchemar. » Louis Ferdinand Céline (préface)

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p 7 « Le 10 mai 1940, l’armée nazie envahit la France alors que les généraux français pensaient que la ligne Maginot protégerait le pays, et que les Ardennes resteraient infranchissables. Le
matériel et les moyens de communication datant encore de la guerre 14-18, l’armée française se retrouva vite dépassée par son adversaire. Rapidement, la région Nord-Pas-de Calais, théâtre des premiers affrontements, connut un lourd tribut. »

p 52 « Le major n’aurait jamais pu envisager que la vie de son père se termine d’une manière aussi sordide. Après être intervenu de nombreuses fois sur des accidentés de la route, avoir secouru des victimes
d’agressions sauvages et transporté les cadavres en tous genres, du suicidé à l’overdose, en passant par l’homicide sanglant, même blindé, il ne put empêcher ses larmes de couler.
Submergé par son impuissance et ce sentiment terrible d’être revenu dans sa région trop tardivement. Une culpabilité lourde de conséquences, puisqu’il venait de se rendre compte, à l’instant, qu’il ne verrait plus son père. »

p 58 « Elle pénétra à pas de velours dans une chambre, un rasoir dans le prolongement de son bras. Ses yeux globuleux, élargis par ses verres de lunettes, lui donnaient un aspect de psychopathe déjantée. Arrivée à proximité du lit, elle sectionna
tous les câbles des appareils de survie reliés au corps de son époux. Le vieil homme suffoqua d’un râle d’outre-tombe, le temps qu’elle lui tranche la gorge d’un coup sec et sans bavure. Elle poursuivit en découpant, sereinement,
toutes les phalanges, puis les inséra, une à une, dans sa bouche. »

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p 86 « Si la plupart des citoyens ont conscience du mal engendré par les Allemands pendant l’Occupation, ainsi que du niveau de haine déversé lors de l’épuration, je suis convaincu que peu de gens ont eu connaissance d’exactions
commises par les Alliés à cette période sombre, affirma Kaczmarek, dubitatif.
– Et pourtant, ces faits ont été recensés. On parle de milliers de viols, d’agressions et même de crimes ! Sur leur parcours, nos gentils libérateurs semaient la terreur en laissant derrière eux un nombre effroyable de victimes. »

p 225 « Rose, dit « Belfegores », son patronyme de résistante, lorsqu’elle échangeait des informations au sein du réseau « Les secrètes ». Sa pseudo-identité ressortait dans le dossier de l’inspecteur Constantini. Une amie du trio, membres constitutifs de l’association
SOS Toujours Debout. Cette même Rose qui se vit interdire l’accès et hébergement au foyer des femmes battues par ses sœurs d’armes, selon leur registre d’admission. L’inexplicable venait soudainement de prendre le chemin de l’évidence.
La résistante avait visiblement fauté en s’acoquinant avec un Allemand. Au point de tomber enceinte et d’accoucher d’un enfant de la honte. »

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p 241 « Le IIIe Reich prévoyait le développement de la race aryenne par une forte augmentation des naissances. D’où la création de ces centres pour accueillir les progénitures des SS. Les ordres officiels étaient précis en ce qui concernait
le cercle familial. La hiérarchie développait ce principe en favorisant les carrières des soldats qui procréaient au sein de leur foyer. Du côté officieux, les supérieurs hiérarchiques avaient comme
instructions d’inciter leurs troupes à fréquenter les établissements ciblés en multipliant les relations extraconjugales. Des maisons closes où siégeaient des femmes correspondant aux critères spécifiques, exigés pour la race aryenne,
Iwan n’en croyait pas ses yeux. Il n’avait jamais eu connaissance de ces centres appelés les pouponnières du IIIe Reich. »

p 311 « Fais-toi une raison … Ta chef est incompétente, c’est ton sacerdoce que tu traîneras comme un boulet jusqu’à ta retraite, s’obligea-t-il à penser, contraint
et forcé de continuer à travailler dans ces conditions parfois difficiles, voire déplorables. »

Première rencontre avec l’auteur au salon du livre de Pitres … en décembre 2016

Edition : Ravet-Anceau

Genre : Polar 

Publié en 2017

 

 

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