Les Bras en Croix de Patrick Morel

Un polar … Une balade angoissante entre Notre dame de Boscherville … Rouen … Mont Saint Aignan … Saint Étienne du Rouvray … Isneauville …
Des découvertes macabres …des avant- bras retrouvés plantés en terre … puis un suicide, mais peut être pas ??
Deux affaires qui s’imbriquent …
Des « histoires » de passion … de vengeance … d’argent … de cupidité … de jalousie … de rancunes …
Et si le passé refaisait surface ???

Une belle plume, posée … ciselée et efficace !!
Une intrigue bien ficelée … hypnotisante … surprenante …
Une intrigue à la « Patrick Morel » tortueuse mais efficace …telle un labyrinthe fléché !!
On est embarqué … hypnotisé par tant de folie et de machiavélisme !!
Des personnages forts, des enquêteurs tourmentés !!

Et cette petite histoire de fourmi … Une note d’espoir ? D’espérance ?

Un polar sombre … noir de la folie des hommes … une analyse froide et pragmatique !!
« Celui qui s’applique à la vengeance garde fraiches ses blessures. » Francis Bacon, extrait des Essais.

Un « joli » coup de cœur … un beau moment de polar !!! Bravo !!

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p 13 « Saint-Martin-de-Boscherville, lundi 8 avril 2013. pied de l’abbatiale Saint-Georges.
En abandonnant son véhicule, Caroline Mertz embrassa la dimension historique du lieu. Face à elle, l’imposante façade de calcaire, surmontée de sa tour-lanterne, imposait
une quiétude protectrice au village, même si la présence de flics au cœur même de cette bourgade d’ordinaire si tranquille venait contredire cette impression. »… « La femme traversa
la chaussée et rejoignit Gantier, accroupi devant un parterre floral en forme de triangle équilatéral. A l’approche de sa supérieure, le lieutenant déplia son impressionnante carrure de sumo
et désigna l’objet de toutes les curiosités. Un avant-bras planté en pleine terre. »

p 23 « Les trois ados reprirent leur progression, à l’écoute des plaintes de cette tour promise à la démolition. L’héritage d’un boum économique mal maitrisé, à une époque où l’espoir se conjuguait en clapiers communautaires plutôt
qu’en foyers individuels.
Kir ouvrait la colonne. Une main accrochée à une lampe dont le faisceau anorexique pinçait l’obscurité en mouvements désordonnés, débusquant ici et là des fantômes en maraude. Des fragments d’intimité abandonnés dans la fuite
précipitée de leurs occupants. Un départ aussi traumatisant que celui vécu cinquante ans plus tôt, lorsqu’il avait fallu tourner le dos à une terre nourricière pour des banlieues ouvrières aux horizons inexorablement plombés. »

p 35 « Saint Étienne du Rouvray, quartier Château-Blanc, milieu de la nuit.
Son territoire. Celui d’un quartier jamais avare d’éclats. Un quartier agité des soubresauts du monde. De la folie des hommes. Il se tenait prostré, en retrait, prisonnier de l’ombre humide, épiant mouvements et bruits.
Une faculté qu’il avait aiguisée au fil des ans. Au fil de ses combats. Telle une lame toujours plus affutée.
L’homme avait tissé sa toile et il attendait. Plus qu’une nouvelle proie, il guettait un signe. Une lumière. Le signal d’un prochain départ.
Face à lui, dans la profondeur de champ, le château d’eau représentait une certaine force. Cette force qui l’habitait. »

 

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p 41 « Je … Je suis encore là … Aux premières loges … parce que je ne voulais pas rater le spectacle … C’est si réjouissant de voir des flics patauger … Jeu de rôle. Cynique. Morbide. Prophétique … Jeu dont je maitrise les codes …
Les enjeux … Car au risque de me répéter, nos actes ne sont pas sans conséquence … Tout a un prix … Une valeur d’inventaire … Une cote qui ne cesse de grimper devant tant d’inefficacité … Une mise que je raflerai quand bon me semblera … Demain …
Après-demain … Dans un avenir proche … Suffit de laisser la graine germer et laisser ses bras tentaculaires s’enraciner dans le terreau des esprits faibles qui nous entourent … Une noirceur dont personne ne saura se défaire … Même dans
le souvenir de moments à jamais douloureux … »

p 106 « La ville bruissait. Friction de l’air. De pas sur les trottoirs. De bourgeons brisant leur chrysalide. Le printemps s’affichait telle une lumière évaporée au milieu des dernières noirceurs accrochées aux édifices. Des pierres souillées,
rongées, vieillies prématurément par un mal insidieux. Une lèpre rampante et inexorable. La pollution.« 

p 118 « Un contact furtif, ô combien électrisant !
Mélissa ne fut pas insensible à cette approche. Elle posa son verre, se tourna vers sa compagne, glissa une main sur sa nuque dégagée et l’attira à elle. Leurs lèvres se rapprochèrent, s’effleurèrent hésitantes, s’apprivoisèrent, fusionnèrent, dans un
baiser qui se prolongea …
Elles auraient pu en rester là. Mais cet élan libéra d’autres envies. D’autres forces.
Caroline prit l’initiative, entraina Mélissa jusqu’à la chambre à coucher. Là, elles s’abandonnèrent à une houle sensuelle et érotique. Le prélude à un transport torride et dévastateur qui les emmena gaillardement jusqu’aux premières lueurs de l’aube. »

p 138 « – Vous êtes abject !
– Non, pragmatique ! Le monde autour de nous est gangréné et nous sommes tous, à des degrés divers, des enfoirés de première. Les notions de Bien et de Mal sont des visions archaïques d’une morale rétrograde. Une affaire conceptualisée
à dessein par les religions. Mais croyez-moi, il n’y a que du gris autour de nous. Le tout est de savoir où placer le curseur sur le nuancier. »

p 143 « Où ? Quand ? Pourquoi ?
Où risquait-il de frapper à nouveau ?
Quand allait-il repasser à l’acte ?
Pourquoi cette accumulation de bras solitaires ?
Attirée par cette mosaïques en cours d’élaboration, la jeune femme se rapprocha. Des aimants de couleur visualisaient les découvertes sur le terrain. Des lieux a priori sans rapport les uns aux autres.
Saint-Martin-de-Boscherville. Montville. Préaux. Saint Etienne du Rouvray. Quatre destinations en périphérie de Rouen. »

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p 269 « Rouen, place de la Cathédrale, lundi 15 avril 2013
Je … Je suis là … Aux premières loges … A observer cette foule qui se presse … Qui lève les yeux au ciel … Qui s’interroge … Que fait la silhouette à la veste jaune fluo accrochée à la tour-lanterne ? … Ange ou démon égaré en plein ciel ? … » … « Le sommet à 151 mètres du sol … Avec sa girouette et ses points cardinaux aux pieds du coq surplombant la ville … « 
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p 141 « Malgré les ruades et bousculades de la foule, Salomon remarqua l’absence de la jeune fourmi. Il leva la tête, la découvrit dans son trou et lui dit :
Que fais-tu là, bête menue, et pourquoi ne fais-tu pas comme tes congénères ?
– Sire, répondit-elle, ce n’est ni par impolitesse, ni par désobéissance que je ne suis pas venue comme les autres, mais tout simplement, je m’occupe à quelque chose qui me tient particulièrement à cœur ; je veux déplacer cette dune de sable que vous voyez là !
Ha, ha, ha ! Ma pauvre amie, rétorqua le roi Salomon, je doute que tu aies la vertu nécessaire, c’est-à-dire la patience et surtout la chance suffisante, c’est-à-dire la longévité, pour accomplir cette tâche immense.
– Moi non plus je n’en sais rien, confessa la fourmi, mais ce que je sais c’est que la force qui me pousse est plus puissante que la tempête de désert, je veux parler de la force de l’amour, car de l’autre côté de la dune de sable se trouve mon bien-aimé. Si je mourrais avant de l’atteindre, je finirais
ma vie dans la folie de cette chose qui meurt en dernier dans le cœur des êtres, c’est-à-dire l’espérance. »

http://liledepatrickmorel.free.fr/site/accueil.php

Première rencontre avec l’auteur … Espace Culturelle Leclerc … Septembre 2014

Édition : L’Atelier Mosésu

Publié 2017

Genre : Polar Thriller

Illustration de couverture : Sylvie Veyres

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