Mademoiselle RÊVE … Pierre Luneval

Un début de livre tranquille ou l’auteur plante le décors et campe les personnages …
La vie étudiante … les « Amours » de ces jeunes adultes !! Les « fils à papa » et ceux qui travaillent tout en étudiant !!
Une balade sur le campus … l’UCBN (université de Caen Basse Normandie)
Les jours passent … à chacun sa vie … ses aspirations … ses envies
puis il y a cette jeune étudiante Luciesecrète, tourmentée, perturbée par ses cauchemars !! où serait-ce des prémonitions ??? Une jeune fille captivante et intrigante !!
Un professeur séduisant, charismatique, au cours envoûtant et passionnant … une analyse, une approche de la conscience, de la  psychologie différente et innovante !!

Et puis ces expériences bien étranges dans le laboratoire de ce professeur Renoir !!
Pourront ils aider Lucie à comprendre et analyser ses cauchemars et/ou ses prémonitions …
L’existence d’un autre monde ???
Y a t’il quelques choses après la mort !! Des questions existentielles métaphysiquesphysiologiques ?
Le koinos kosmos ?? un monde où l’on se libère de ses démons … de ses peurs … de ses angoisses ? p 151

Mais, plus terre à terre il y a aussi les jalousies … la haine … l’amour … l’égoïsme !!
Et puis ce meurtre ?? Pourquoi ??
et pourquoi pas un rebondissement ? Mystère !!

Une belle poésie dans l’écriture …
Des passages … avec des phrases courtes qui donnent du rythme !!

Une fin comme un « album de famille » … chacun son chemin .. chacun son futur
Un livre qui interpelle !! qui questionne !!
Une belle plongée dans le conscientl’inconscientle subjectif … un roman à découvrir !!

J’avais aussi eu un vrai coup de cœur pour « La Vénule » un précédent roman de Pierre Luneval !!! A découvrir aussi !!

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p 12 « C’était le professeur le plus jeune de l’université. Symbole irritant de réussite qui infirmait la règle selon laquelle la connaissance n’appartenait qu’à quelques élus décatis. Évidemment, sa popularité faisait des jaloux.
A chaque gloire sa rançon … Ce qui plaisait surtout à ses étudiants, c’était la fantaisie avec laquelle il présentait des thèmes réputés « imbitables » sous un nouvel éclairage. C’en était presque jouissif. Son cours portait
sur l’étude de la conscience. Et de ses différents perceptions. Rien que le titre, il y avait de quoi faire demi-tour et s’engager dans la vie active, non ? D’ailleurs, lors des inscriptions, il n’avait pas fait l’unanimité. C’était venu progressivement. »

p 22 « Lucie se retire dans la salle de bains. Agitée de tremblements. Sa tête tourne. Elle a la nausée. Elle connait bien ces sensations. … Inutile de lutter. Ce qui la gêne, surtout, c’est que ça se passe ici. Dans cette maison. Parmi tous ces gens. Elle
s’assoit sur le rebord de la baignoire. Face au miroir qui surplombe le lavabo. Ferme les yeux. S’abandonne au flux qui inonde son esprit avec violence … »

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p 219 « Elle se trouve dans un désert de sable fin et blanc. Cernée à perte de vue par des dunes qui dessinent des courbes alanguies dans le paysage. L’air est doux. Chargé de senteurs envoûtantes. … Des oiseaux multicolores sillonnent l’horizon
en poussant de petits cris aigus. Au loin,comme une pulsion régulière, le chant rythmé d’une derbouka. La forme imprécise d’une silhouette en contre-jour se dirige vers elle. »

p 33 « -Si personne n’éteint l’interrupteur de l’amphithéâtre et que tout le monde est sorti, la lumière brûle-t-elle toujours ? Qu’en penses-tu, Yannick ?
– Ben … C’est ma rétine qui transformera ces ondes en lumière, non ?
– Exactement ! Si tes yeux ne sont plus là pour la voir, la lumière existera-t-elle ? Je veux dire, indépendamment de toi ?
– C’est pas un peu égocentrique, comme conception ?
– C’est une approche du caractère subjectif du monde qui nous environne, en tout cas. »

p 41 « Nébuleux. Le visage flou apparaît dans l’entrebâillement de la porte. Il fait sombre. L’homme sue. De peur. En face de lui, un carreau de lumière pâle danse dans l’obscurité. L’angoisse est en lui. Face à lui. Autour de lui. Il n’est plus qu’une extension
de cette angoisse. Tendu. Vibrant. Le cœur battant dans sa poitrine. Ses yeux – mon dieu ! qu’ils sont beaux ! se dit-elle – ses yeux témoignent, au delà de la peur, d’une volonté implacable. La vitre se brise. Une fois, deux fois, dix fois. Elle veut crier mais n’y
parvient pas. Le carreau explose en mille éclats de verre. Au milieu de la pièce, il y a le bureau. Et la salle qui s’allonge. Ses murs n’en finissent plus de se prolonger. De se dilater. Comme pour l’empêcher d’atteindre son but. L’autre se tient assis. Immobile.
Au centre. Derrière le bureau. Un mauvais sourire se dessine sous sa barbe. Le sourire forcé de celui qui brave la mort.« 

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p 151 « Le ballon éclate en un million de poussières minuscules. Un million de lucioles qui s’évanouissent. C’est très beau, et elle se sent libérée d’un poids. Celui de son égo ? »

p 54 « – Comprenez-moi bien : la lumière a envahi l’obscurité. Ce n’est pas l’inverse qui s’est produit. L’ombre ne sait pas, ne peut en aucun cas envahir une pièce éclairée. C’est un mouvement à sens unique. L’obscurité, la nuit,la pénombre ne sont là que pour révéler l’absence
de clarté. …
– Je me suis alors demandé s’il en allait de même pour d’autres ambivalences. Telles que le silence et la musique. Le mouvement et l’inertie. La vie et la mort … « 

p 55 « – Que signifie, selon vous, une absence de vie ? interrogea une voix, au fond de la salle.
– Cette absence signifie simplement … un déplacement dans la présence. La vie est toujours là. Mais ailleurs. Ou alors, on ne peut pas la percevoir. Cela pourrait être un essai de définition du concept de mort. Car s’il est avéré que le silence nourrit la musique
et que l’ombre met en perspective la lumière, alors, je crois sincèrement que c’est la mort qui donne du sens à notre vie. »

p 219 « Et si l’obscurité n’était effectivement que de la lumière en devenir ? »

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p 85 « Une larve blanchâtre jaillit tout à coup d’une orbite creuse. Bientôt suivie d’une autre, et d’une autre encore. Lucie se recule brusquement et se retrouve accumulée, dos au mur. Une forte odeur de moisissure en émane, provenant d’un mélange de plâtre
et de papier-peint en décomposition. Et le pantin continue de se balancer. Imperturbable. Les bras plaqués le long du corps. Les poignets légèrement fléchis vers l’intérieur. Ses doigts se sont doucement repliés sur eux-mêmes. Ses doigts … »

Postface de l’auteur : « Je ne sais pas ce qui restera de ce livre. Ni s’il s’agit du dernier. Cela ne me regarde plus, de toute façon, maintenant qu’il est publié. Finalement, le rôle de l’auteur est d’esquisser des pistes. Une trame. Nourrie pour moitié de l’imaginaire du lecteur. …
C’est à lui de ressusciter mes personnages, à l’aide de son paysage intérieur. A lui de creuser les contrastes, de raviver les couleurs. Belle responsabilité : il lui appartient désormais de faire en sorte que l’ombre se transforme en lumière. A chaque page. »

Première rencontre avec l’auteur … au Salon Cité Polar à Louviers … en décembre 2015

Édition : COGITO

Genre : Polar

Publié en 2016

Couverture : Olivier Soury; Photographe : Céline Niesawer; Modèle :Déborah Krey

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Une réflexion sur “Mademoiselle RÊVE … Pierre Luneval

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