ASyLUM … Denis Brillet

Un Thriller psychologique oppressant !!
Tout commence par … Un salon littéraire … une célébration pour le centenaire de la capital du Tredjeck, une centaine d’écrivains du monde entier présents … et des rencontres à venir durant quelques jours !!
Une belle soirée, les écrivains se retrouvent tous autour d’une table … le président du Tredjeck, Mordjick , très controversé, fait son discours … l’ambiance est joviale … optimiste … le « gratin »
de la littérature international est réunis !!
puis l’Imprévu arrive … « Le Désastre » …
Une tempête violente, et tout bascule … Tout s’effondre ...
Les invités se retrouvent coincésensevelis sous des tonnes de gravât !! L’affolement est à son comble … Le chacun pour soi est de rigueur !!
Puis un espoir … qui tourne vite au Cauchemar !! Et l’impensable … L’ enfermement … où chacun réagit à sa manière !!
Le découragementl’apathie … la peur l’inespoir … le désespoir …la haine … la soumission pour certains … les choses s’organisent plus ou moins !! L’homme « évolue » et s’adapte … comme il peut !!

On est happé par l’ambiance et l’atmosphère pesante !!
Au delà du désespoir … de l’attente… des souvenirs,des moments de vie, des regrets … remontent à la surface !! Une rétrospective … une introspection !!

Un récit angoissant où il est difficile de décrocher ! Il ne se passe pourtant pas grand chose … les minutes .. les heures …les jours s’étirent, interminables mais l’angoisse est tellement palpable que l’on est transporté et subjugué !!
Un livre troublant !! Un sujet … un thème qui effraie. Être enfermé …à la merci d’autrui … il y a aussi la promiscuitél’insalubrité l’inespérancel’incertitude !!

Chaque émotions et sensations est « disséquées » par l’auteur … un vrai travail d’orfèvre !!
Une belle plume … qui nous transmet l’émotion et les sensations … le frisson est au rendez vous …
Des personnages forts … des valeurs sûre de la littérature … et pourtant, sont ils plus armés, pour cette « aventure cauchemardesque » ? p 105

Et enfin la délivrance … peut être !! Un dénouement en tout cas très inattendu !! Une fin à couper le souffle !!

On découvre à travers ce livre une « vérité » sur l’homme … une plongée au cœur de l’âme humaine …. sa force … ses failles … ses blessures … son obstination … son instinct de survie
Une très belle surprise littéraire … à découvrir au plus vite !!

p 194 « ps : Dépouillé de tt, je ne suis même pas sûr qu’il me reste encore un peu de dignité. Cette question me hante. A partir de quand, de quel seuil, perd-t-on le dignité qui fait de soi un être humain?« 

Citation dans « L’amour Humain » d’Andrei Makine … «On peut donc tuer un être humain sans lui enlever la vie». Pas besoin de les vider de leur sang, de les démembrer. Il suffisait de les affamer, de mélanger femmes et hommes, vieux
ou jeunes, de les obliger à faire leurs besoins devant les autres, de les empêcher de se laver, de leur interdire la parole. En fait, d’effacer tout signe d’appartenance au genre humain. Un cadavre était plus vivant qu’eux car, dans un mort, on reconnaît toujours un
homme. »

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p 17 « A présent, tout cela était impossible. Maud s’éveillait toujours à trois heures du matin – du moins le supposait-elle car sa montre avait rendu l’âme – et scrutait l’obscurité de sa cellule. Pas d’autre choix. La nuit, ils coupaient
l’électricité et la ventilation. Si un besoin pressant
se faisait sentir, c’était à tâtons que l’on se rendait aux toilettes. Surtout, bien prendre ses précautions avant l’extinction des feux à vingt-deux heures sous peine de se retrouver à patauger dans la pisse ou pire encore. »

p 63 « C’était un coup terrible porté au moral. Derrière le discours édulcoré de Mordjick s’esquissait une réalité terrifiante encore assombrie par l’éventualité de ne plus jamais revoir la lumière du soleil, de dépérir lentement
au fond de cet immonde cul-de-basse-fosse, à l’insu des vivants. L’enfer.
… Certains commencèrent à pleurer, à s’arracher les cheveux, le public eut même droit à quelques jolies crises de nerfs … La plupart des auteurs demeurèrent un moment tétanisés, figés dans l’hébétude, attendant
que les rouages secrets de leur cerveau se débloquent et reprennent le fil d’une pensée rationnelle….
Ce fut le cas pour quelques-uns, mais beaucoup se découvrirent en état de mort cérébrale provisoire (toutes les lignes sont occupées, merci de renouveler votre appel) et, après un passage à vide employé à tourner sur eux-mêmes,
migrèrent vers leur cellule, la mort dans l’âme … »

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p 78 « Il ne parlait jamais de son travail d’écriture, … ». » C’était son domaine réservé, une part de sa vie fermée aux autres. Si d’aventure quelqu’un le questionnait sur son travail, il avait toutes les peines du monde à fournir une réponse.
Que dire ? Il était partagé entre le sentiment qu’on cherchait à s’emparer d’une partie de lui-même et que sa parole dénaturait la trame de l’histoire, la vidait de sa substance. Il répugnait à s’épancher sur l’écriture proprement dite, tout cela n’avait de sens que pour lui.
Ce qui comptait, disait-il, c’est le livre, le lecteur se fiche du reste. Le reste n’a d’intérêt que pour son auteur. »

p 95 « Cela tant, ce n’était pas sans une certaine appréhension que les écrivains avaient enregistré la nouvelle. Leur crainte ne se fondait pas tant sur la menace de la faim que sur celle de voir chavirer un quotidien auquel ils s’accrochaient désespérément,
qu’ils avaient appris bon gré mal gré à amadouer. Chaque jour était une réplique de précédent, avec le lot de connu et de prévisible qui les rassurait. Tout changement, même infime, était source d’inquiétude. »

p 103 « Evgueni prétendait que c’était du bœuf, du corned-beef plus exactement, celui que contenaient les milliers de rations entreposées dans le local cuisine. Il disait certainement vrai, c’était filandreux comme du bovin, toutefois Sven
ne pouvait s’empêcher de penser en la voyant au vieux film de Fleischer, Soleil vert, du nom donné à la nourriture fabriquée avec des cadavres humains. Dans le monde de fous où ils se trouvaient … il n’aurait pas été étonné d’apprendre qu’ils devaient leur
survie à un scénario identique. Trente-cinq de leurs compagnons d’infortune étaient morts et ils ne savaient pas ce qu’ils étaient devenus. »

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p 105 « En effet, les bonnes manières s’effaçaient au profit de gestes et d’attitudes de plus en plus frustres et agressives, dictées par la stricte nécessité de se maintenir en vie. Le vernis de l’éducation et de la civilité se craquelait chaque jour davantage
face au chacun pour soi. Comme si l’urgence portait sur la satisfaction des besoins fondamentaux tels que manger, dormir et chier, avant toute autre considération.
Sven avait constaté très tôt – quelques jours seulement après le Désastre – un relâchement général. Ce n’étaient alors que des écarts de langage, insignifiants pour la plupart, mais perceptibles tout de même aux oreilles d’écrivains attentifs au bien parler. »

p 191 « Passé le premier effroi, Lillian rendit les cadavres à l’obscurité avant de refermer la porte. » … « Elle n’était pas sans savoir que l’ignominie était à la mesure de l’univers, infinie, mais elle ne s’était pas attendue à cela. Cela, c’était une brèche sur un passé pas si
lointain, celui des camps de la mort, de la déportation, des chambres à gaz. Un passé qui lui sautait brutalement à la gorge, tel un chien enragé. C’était insupportable, au sens réel du terme. »

p 217 « C’était comme une masse dure et charbonneuse impossible à digérer, tout hérissée de piquants. Cela lui faisait un mal de chien. La haine était une amie de longue date (dans ses souvenirs, elle était déjà là dans son berceau), il se frottait souvent à elle,
avec volupté, elle lui procurait des sensations très, très douces et bienfaisantes ; elle lui chantonnait de jolis refrains au creux de l’oreille. »

Édition : Cogito

Genre : Thriller psychologique

Publié en 2017

Illustration ; La Plume Numérique

 

 

 

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