Le Purgatoire … Chuck Palahniuk

Chuck Palahniuk !!! Tout un programme !!
Un univers … une ambiance surréaliste !!
On le sait !! Ouvrir un livre de Chuck Palahniuk n’est pas sans surprise !! Néanmoins il faut un temps « d’adaptation » et essayer de se laisser emporter dans ce flot de sensations … mais des sensations pas toujours très agréables !!!

Un début de livre ou il est difficile de tout comprendre !!
Y a t’il un message derrière tout ça ?? toutes ces horreurs sur fond de « pipi-caca-zézette » !! (p 15)
Une histoire de fantômed’ectoplasme … de « nouveau-mort » … de « pré-mort » qui déambulent dans le monde des vivants !! Passant les murs … se faufilant dans les fils électriques … se glissant dans les ampoules … à la recherche de quelques vérités !!
On passe du dégoût … à l’incompréhension … de la surprise … à l’intérêt … de l’ennuie … à l’envie que tout s’arrête !!
On est à la fois bouleversé, bousculé et déstabilisé !! Un monde qui nous échappe … Doit-on se laisser attraper ou se cramponner à nos convictions … nos certitudes ??
Mais cette envie d’en savoir plus est la plus forte … Savoir ce que Chuck Palahniuk réserve à Madison … cette jeune fille de 13 ans !! Morte … « pré-morte » … ressuscitée ??? Une anaLySE des lymphes ???
Une analyse du Bien et du Mal ?? Dieu … Satan ??

Une « gastro-littérature » répugnante pour « condamner » la religion !??
Dénoncer avec fureur et écœurement la politique écologique Américaine ?? l’éducation … la « mal-bouffe » … le pouvoir de l’argent ??

On y rencontre Charles Darwin … son voyage dans « le Beagle » … référence à « l’évolution des espèces »
Une « pensée » pour Jane Austen … « Persuasion »

Une écriture qui va loin … dans l’écœurement et l’abject !!
Un dénouement très perspicace !!

Un début de livre très difficile !! Il faut attendre la moitié du livre pour que les pièces du puzzle se mette en place (p 290) et la magie commence tout doucement à opérer !!
J’ai adoré « Choke » et « Les Damnés » deux de ses précédents romans et avait hâte de découvrir ce nouveau roman … mais déception !!

« Le bien et le mal ont toujours existé. Ils existeront toujours. Seuls diffèrent les récits que nous inventons à leur sujet. »

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p 15 « Autant le signaler tout de suite, j’ai toujours conçu mon esprit comme un organe digestif. Un estomac pour digérer le savoir, si tu veux. La boucle ridée qu’est le cerveau humain
ressemble indéniablement à des intestins gris, et c’est dans ces boyaux pensants que mes expériences sont divisées, consommées, de façon à former l’histoire de ma vie. Mes pensées surviennent
comme des rots ou des jets de vomis âcres. Les cartilages et les os indigestes de mes souvenirs sont expulsés sous forme de mots. »

p 16 « J’ai treize ans et je suis grosse – et je vais rester ainsi pour l’éternité. Et, oui, je connais le mot ulcérer. Je suis morte, pas ignare. Vous connaissez l’expression crise du milieu de vie ? Pour le dire simplement;
je souffre à l’heure actuelle d’une « crise du milieu de la mort« . Après quelques huit mois passés dans le monde souterrain explosif de l’Enfer, je me retrouve coincée sous forme d’esprit dans le monde physique des
vivants, une condition connue plus communément sous l’appellation de Purgatoire. C’est exactement comme de voler … et de se retrouver à faire des cercles au-dessus de l’aéroport en attendant l’autorisation d’atterrir.
Pour le dire clairement et simplement, le Purgatoire, c’est l’endroit où l’on désécrit le livre de sa vie. »

p 45 « Remarquez je vous prie, vous futurs morts, que, lorsque vous éteignez une ampoule fluorescente ou un tube cathodique et voyez une lueur résiduelle vert-photon, cette lueur, c’est un ectoplasme humain emprisonné.
Les fantômes n’arrêtent pas de se faire piéger dans des ampoules. »

 

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Photographe : Allan Amato

p 51 « A la recherche de preuves scientifiques du désir charnel de mes parents l’un pour l’autre, lorsque j’étais une enfant pré-morte, j’épluchais le linge sale. La puanteur et la moiteur de draps humides servaient de témoignage
tangible : ma mère et mon père étaient toujours amoureux, et ces taches lubriques rendaient mieux compte de leur romance que ne l’aurait fait un poème écrit d’une main fleurie. Leurs décharges charnelles prouvaient
que tout était stable. »

p 95 « Ce n’est pas pour me vanter, mais un esprit adulte ne pourra jamais être aussi dépravé, aussi perverti que celui d’une vierge innocente de onze ans. Avant d’absorber les informations assommantes sur l’anatomie
reproductrice, encore libre du doigté et du savoir mécanique, les enfants sont capables d’imaginer des rapports sexuels avec des oursins … des zèbres … des flamands roses. »

p 144 « Plissant les yeux, je me suis penchée sur le doigt, tant et si bien que j’ai senti sa chaleur animale. J’ai regardé de si près que mon souffle faisait remuer les courts poils frisés. Je l’ai reniflé avec hésitation. Mon cerveau m’a soufflé que le « doigt »
n’était en fait pas un doigt, et j’ai été choquée par la vraie nature de cette rencontre. L’odeur était inimitable. Ce psychopathe manifeste … ce pervers sexuel … il essayait de me menacer avec une assez longue crotte de chien. »

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p 200 « Et de cette manière, Platon a prédit que le plastique serait nourri de plastique. Une peau s’accumule par-dessus sa peau. Avec un régime abondant de cartons de jus de fruits et de couches jetables, l’ordinaire devient une abomination. »

p 229 « Tandis qu’il flotte au centre du Pacifique, avec ses membres aussi amorphes que des cadavres de noyés, le blême enfant-chose est sans vie, mais il ne cesse de grandir. Nourries de cette soupe de particules, des mèches aussi fines
que des cheveux s’allongent sur sa tête. Deux bulles grossissent et explosent pour former les pavillons de ses oreilles. Des flocons de plastique s’amassent et s’attachent pour devenir un nez, et pourtant l’enfant-chose tout mou n’est pas en vie. »

p 253 « Le résultat, je l’ai vu : ma mère shootée avec ravissement eu Démerol par intraveineuse, étalée sur une espèce de perchoir en vinyle avec des reposes-pieds spéciaux. Une styliste applique de la poudre sur son pubis méticuleusement
épilé et – voilà*– le bulbe rosâtre de ma caboche de nourrisson apparait. Chapitre un : je suis née. »

p 290 « En réponse à Leonardlintellodhades, oui, c’est vrai que je prends mon temps pour planter le décor, mais patience. »

Édition : Sonatine

Genre : Récit Fantastique Gore

Publié en 2017

Couverture : Rémi Pépin

 

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