Comme une respiration … Jean Teulé

Un roman fait … De moments insolites … de moments de vie … des instants ordinairesextraordinaires … cocassescruelssurprenantsflippants ou un peu déjantés !!
Des moments insignifiants ou intenses …on oscille entre douceur et mordant

Chaque chapitre son histoire … chaque chapitre sa bouffée d’air frais !!
On retient son souffle et on attend … la suite … de cette vie au quotidien « morcelée »

Il y a Vanessa et sa balade en métro !! Éthylique ou idyllique ??
Gilles et son aventure en mer …
Ce chevreuil perdu en mer …
Cette rencontre et aventure épistolaire autour de Glux … ce petit oiseau tombé du nid …
et cette détermination … cette lettre qui change un destin !! mécanicien ou « art et dessin » !??

Un plaisir de retrouver l’écriture aiguisée et tranchante de l’auteur à la fois fantasque, malicieuse et cruelle … on reconnait sa « patte » même si plus adoucie dans ce roman …

Ce livre peut faire souriretoucher … laisser perplexe !! Étonnant dans sa « construction » … plusieurs histoires !! Des nouvelles quoi !!

Ce livre ne m’a pas autant embarqué que les autres romans de l’auteur … un agréable moment néanmoins … mais une préférence pour le « Jean Teulé » plus glauque et plus déjanté !!

Une fin sur une note pleine d’émotion !! et oui Jean Teulé sait être tendre ...

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p 7 « C’est une maison qui chante. Au printemps, elle devient miraculeuse. J’en fais souvent le tour. Mésanges charbonnières, bleues, huppées, nonnettes… hirondelles, alouettes, rouges-gorges, tous ensemble se partagent
joyeusement les murs de la demeure historique. Ça tire-lire là-dedans, turlute, carcaille. Ça siffle, pépie, zinzinule, dans toutes les langues d’oiseaux migrateurs ou endémiques. »

p 16 « D’après des dessins de Dubout, une gigantesque dorade aux lèvres pulpeuses tente d’avaler par les jambes puis le buste un petit mari (quelle pipe! ) alors que sa grosse épouse, paraissant crier « chéri, reviens!  » le tire par la barbe . À côté, l’équivoque charmeuse
de serpent, presque dénudée, ôte de sa bouche une clarinette pour contempler avec gourmandise le crotale érectile dressant la tête. Après avoir frôlé un hercule de foire, allongé sur le ventre, qui appuie sur ses paumes pour s’ élever entièrement par la force des
bras (faut le faire ! ) puis un illusionniste glissant un cerceau tout le long du corps d’une femme en lévitation (alors ça! ) , je croise un couple de phoques en habit de bal dansant
langoureusement puis tant d’autres féerie. Je sors de ce bâtiment. Il y a dehors d’autres automates à peau humaine mus par des mécanismes intérieurs compliqués sans doute intéressants aussi à visiter avec leur cœur, leur cerveau, et démerde – toi avec ça,! »

p 14 « Dans ce bled de l ‘Eure je suis comme dans la vie.J’y entre par la rue Coupe-gorge.Je poursuis le long de la rue Sauve-qui-peut. Ah, rue d’Amour! J’ai cru que je n’allais jamais la trouver , celle- là »

p 33 « C’est la paix, loin des chaînes d’infos bruyantes pour un temps oubliées dans la beauté, l’équilibre, et le silence d’un oriental dessin invisible qui se fait alors que l’artiste lui murmure à l’oreille d’une voix suave : « On considère la respiration d’un calligraphe
comme un acte sexuel. Avec
le corps de la lettre, il fait l’amour. Dans le corps de la lettre et le corps humain réside la même sensualité. Le roseau est l’instrument le plus ancien de l’écriture et du graphisme. »

p 49 « Déambuler dans un sens et puis l’autre avec de l’eau seulement juste au-dessus des chevilles avant que de progresser plus loin mais pas trop car on ne sait pas nager. En avoir jusqu’à la taille, presque au milieu du torse. Sentir sous les genoux le balancement tranquille d’une lame
de fond emportant au retour des grains de sable qui vous picotent la peau. Trouver ça doux. Vouloir revenir en marchant mais à chaque pas se retrouver en fait tiré un peu en arrière. S’étonner du niveau de la mer maintenant aux épaules, au milieu de la gorge.  »
Dire : « Oh là là je crois que je m’en vais …  » à son ami resté près du bord et persuadé que vous plaisantez. En avoir jusque sous le nez. Sautiller pour respirer mais retomber contre les talons un peu plus loin. Renversez sa tête en arrière mais en avoir au ras des yeux qui regardent
le ciel immensément bleu, les cocotiers ensoleillés bordant la plage déserte. Agiter les jambes puis se retrouver debout, en apnée, entièrement sous l’eau où vous ne savez que faire. S’y débattre mais en articulant sans doute les gestes inverses d’un nageur et continuer à être déplacé sur le côté. Quel destin de crabe. … »

 

Main sortie de terre !!

p 54 « Le curé affirme : « c’était bon mais le service était trop long ».
– C’est comme moi, réplique Nathalie, quand je vais à la messe, je trouve çà trop long mais je ferme ma gueule.
– Nathalie…. soupire Dominique
Oh, bon, écoute, de temps en temps, çà fait du bien. »

p 81 « Il n’était pas prévu que vous filiez dans une chute de quarante-trois mètres en compagnie d’une mocheté pareille. « Quelle tronche de conne ! Ah oui, avec une telle gueule, on comprend l’envie de se foutre en l’air mais pas quand je passe ! C’est simple à comprendre, non ? »

p 98 « Quand vous dites « coucou« , ils comprennent « gougou« , le nom du diable dans l’islam malékite des nomades, alors ils pensent que vous leur annoncez que vous êtes le démon« .

« Lorsqu’au téléphone elle m’avertit qu’elle viendra le lendemain pour le règlement, alors là, je suis content. Je me dis « Ah, ça y est, je vais la revoir ! » Quand elle repart, je déplore: »
« Et merde, vieux con, tu te retrouveras encore un mois tout seul comme un âne ! » Mon garage, j’aurais dû lui louer à la semaine…

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p 107  » -Alors moi, docteur, je suis venu vous dire que vous pouvez remballer votre arsenal chimio et autres amuse-gueules. J’ai déjà donné il y a dix ans et j’en ai suffisamment chié de ce truc qui, en plus, m’a collé le cul rouge. Il n’est pas question que je refasse un tour du maudit
manège. J’ai une fois attrapé la queue du Mickey. Une seconde fois ce serait abuser. »
p 121 « Et puis un jour, dans la boîte aux lettres, une enveloppe beige sur laquelle on lit: –Art et dessin-, rue madame, adressée à votre nom. Se retrouver le souffle coupé. (…)
Cette lettre… Savoir immédiatement qu’elle sera la plus importante que vous aurez jamais reçue. La plaquer contre son cœur, vouloir la garder toujours en ignorant
qu’il faudra la laisser lors de l’inscription mais avoir conservé son emballage. Alors que , plus grand, on jettera tout, avoir continuellement épargné cette enveloppe où on a un jour trouvé la clé de sa vie. »

Jean Teulé en parle si bien !!

https://www.youtube.com/watch?v=D9JOBNja2fA

Éditions de Noyelles

Genre : Roman Nouvelles

Publié en 2016

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