La Malebête de Jean Paul Croizé

Un roman fait de fantasmes … et d’envie de possession !!
Une promenade entre réalitésurréalismesurnaturellelégendescontes

On entre dans le livre avec douceur … un doux « murmure » des mots … une découverte de ce beau pays d‘Auvergne, ces montagnes … ces causses … puis TOUT bascule !!

Tout commence par … une séparation … une envie d’oublier … de tourner la page ..
Quitter Paris et retrouver l’Auvergne … la beauté des Gorges de l’Allier
Puis une rencontre .. là dans cette petite ville de Monistrol … ET tout bascule

Qui est cette jeune femme, toute de noire vêtue … accompagnée de ses énormes et immenses « bêtes » …
Quelle est donc cette malédiction ???? Vieille de « plusieurs générations » !! Y a t’il un lien avec La bête du Gévaudan ???
Y aura t’il une délivrance ??

Ce héros, emprisonné par cette quête … cette angoisse … cet « état d’urgence » … cette obsession

Et puis Des faucons … des vautours … des aigles … une vieille bâtisse … un fauconnier, un éleveur bien étrange … aux intentions et pouvoirs maléfiques suivant les rumeurs !!
et ces immenses « bêtes » … ces « chiens de guerre » … mi-chien  mi-loup !!

Un livre à la fois angoissanttorturémystique … Une obsession … une quête de l’absolu … une impression de passer de l’autre côté du miroir
Une écriture en « vagues ondulantes » …
un rythme soutenu qui « oppresse » … une fuite en avant …

Ce livre m’a « angoissé » … de drôles de sensations … « sentiment de malaise » !!! Est ce la « Malebête » cachée derrière ces lignes ?? Impressions bien mitigées !!!
Le dénouement malgré tout, une belle surprise … le malaise s’est apaisé puis a disparu … pour retrouver enfin la sérénité !!

Bien loin du romantisme et de la sensualité des précédents romans de l’auteur …

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p 13 « Nous en étions devenus conscients ensemble. Je ne savais même pas qui, d’elle ou de moi, avait décidé le premier
qu’il valait mieux arrêter. Nous étions simplement tombés d’accord, sans cris, sans larmes. Ou presque. Il n’y avait plus d’amour, mais il restait tout de même
quelque chose à préserver : le respect de l’autre. Ce n’était pas de sa faute, ni de la mienne. C’était comme ça, tout simplement. Il y avait, peut-être, malgré tout, un soupçon de regret
que cet avenir commun, certainement confortable, ne soit pas le nôtre.
Cela nous avait fait pleurer quelques instants sur tout ce qui ne nous arriverait pas. Nous avions décidé de ne pas rester amis. On ne peut pas éprouver de l’amitié pour un échec. Je
ne le regrettais pas, même si d’une certaine manière elle me manquait encore. Il faudrait du temps pour que s’effacent de moi les habitudes que j’aurais pu prendre avec elle. »

p 14 La rencontre « Elle était belle, presque trop, presque trop irréelle pour être vraie, sans que je puisse expliquer d’où venait cette impression.
Elle avait ces yeux immenses, intenses, qui, je ne sais pas pourquoi, me faisaient penser à ceux d’une guerrière mythique, ou alors d’un animal sauvage, une louve, ou un oiseau de proie, peut-être un de ces gerfauts dont le vol fait rêver lorsqu’on l’aperçoit planer au dessus des
causses. C’était un regard fier, minéral, comme celui que posent parfois sur vous ces grands seigneurs des montagnes présentés lors de spectacles consacrés à la fauconnerie. Un de ces regards intenses qui vous disent que, contrairement aux apparences, ces
oiseaux ne sont pas apprivoisés, qu’ils restent libres de s’envoler, de ne pas revenir vers leur maître s’ils le décident, si autre chose les appelle.
Elle avait ce regard dans lequel on voit passer en une seconde mille choses que nous ne comprenons pas, mais qui nous appellent, mélange de sagesse, d’indépendance, de savoir qui semble inaccessible aux autres, mais que l’on a instantanément envie de mériter.
Un regard indomptable qui amenait à réaliser que l’homme n’est pas complètement le maître du monde, pas l’être définitivement supérieur à toutes ces autres formes de vie que nous croyons pouvoir asservir. »

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p 39 « Quel bonheur de se savoir seul dans l’arrondi paisible des montagnes que l’on voit onduler jusqu’à l’horizon, comme un étrange océan immobile, lorsque l’on marche sur un causse d’Auvergne. Ces vues infinies
caractérisent si fort la Lozère, et peut-être encore plus, ici, le Gévaudan, pays toujours aussi réel, …Je me suis toujours senti attiré par cette région de la Haute Loire à la puissance étrange, peut-être chargée de mystère parce qu’elle est
connue dans la France entière pour sa sinistre « Bête » qui a terrorisé sa population pendant plus de quatre ans, voici deux siècles et demi. J’ai toujours été intrigué par ce monstre dont la véritable identité n’a jamais pu être établie »

p 69 « Et je revoyais également, avec un reste de terreur, les deux énormes chiens qui accompagnaient ma jeune femme en noir. Ces animaux éveillaient au plus profond de moi une sorte de répulsion ancestrale, comme s’ils avaient symbolisé une épouvantable malédiction. Cela
m’était venu à l’esprit; ils étaient la « Malebête« , la bête féroce, inhumaine, celle qui, bien avant celle du Gévaudan, avait depuis la nuit des temps représenté pour l’homme la crainte de l’obscur, du sortilège qui va se trouver un soir face à vous, au détour d’un chemin oppressant, et va chercher à vous
emporter pour vous infliger la grande punition. »

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p 85 « il n’y avait heureusement plus beaucoup de chiens de ce genre dans la région où ils avaient suffisamment causé de malheur dans le passé. Elle m’avait expliqué qu’il s’agissait d’un mélange de loup, effectivement, et de très gros molosses, des mâtins de Naples, qui étaient autrefois élevés en
Auvergne et dans les Cévennes pour être vendus comme animaux de garde des troupeaux, ou de défense des domaines chez les riches et les nobles. Ils avaient également été utilisés comme chien de guerre, bardés d’une carapace avant d’être lancés contre
les ennemis qu’ils faisaient fuir, terrorisés par ces monstres réputés non seulement pour posséder un caractère extrêmement féroce, mais pour représenter l’incarnation de Diable. »

p 97 « Pour mieux souligner qu’à l’époque le Gévaudan restait une région particulièrement reculée et imprégnée de surnaturel, l’ouvrage rappelait les multiples légendes qui avaient couru ici pendant des siècles et des siècles,
avant ou après l’époque de la « Bête« . C’était une de ces histoires qui venait de ma frapper. Elle rappelait le triste sort d’une très jeune femme qui n’avait pas pu épouser l’homme qu’elle aimait parce qu’elle avait été promise par ses parents à un riche éleveur de la région, un presque vieillard cruel, qui pratiquait le dressage de faucons et de chiens dont il
faisait commerce bien au-delà du seul Gévaudan. »

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p 129 « Je ne parvenais pas à imaginer ce qui allait se passer quand je me trouverai en face de l’éleveur. Allait-il me laisser lui parler ? Allait-il vouloir m’abattre avant même que je puisse lui dire ces premiers mots que je cherchais toujours inconsciemment, avec une angoisse qui me revenait à plein ? Peut être allais-je
mourir dès mon arrivée devant chez lui. A moins qu’il décide de m’enfermer dans son repère pour me supprimer d’une manière que je n’osais pas imaginer. Je ne voulais pas être de nouveau dévoré vivant par des becs et des crocs acérés. »

p 187 « Puis, quand le parfum salé de son dos où je verrai naître des frissons sera devenu un goût de désir sous mes lèvres, je sais que le moment de l’amour sera revenu. Elle partagera de nouveau ce besoin de nous étreindre, avec une force, avec une passion qui, comme à chaque fois, m’apportera cette
même sensation d’absolu. Je sais comment elle s’arrêtera de marcher pour se coller contre moi, avec une force qui me dira oui. Je sais comment elle se prêtera à ces premières caresses que nous échangerons, quand j’aurai plaqué mes mains
sur son ventre, avant de les remonter vers sa poitrine que je voudrai serrer, puis mordre. Je sais qu’elle se fera de plus en plus lascive, de plus en plus consentante dans mes bras avant de se retourner enfin vers moi, avec le regard une flamme fauve qui m’emmènera vers le ciel. Je sais que nous basculerons de nouveau
dans le plaisir qui prendra une ampleur sauvage dans cette nature où personne d’autre que les oiseaux ne nous verra, où nous serons libres de nous retrouver face à face, où nous pourrons nous aimer couchés dans l’herbe, nus et chauffés par le soleil. »

Édition :  Ovadia

Genre : Roman

Publié en 2017

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