Aussi noir que le charbon … Eric Dupuis

Que sont devenus les enfants du bassin minier ?

Tout commence par cette belle amitié entre deux enfants … Iwan, polonais fils de mineur et François-Xavier fils d’un puissant industriel …un monde où tout s’oppose …

Un Roman noir … Un Polar sur la folie meurtrière et pervers
Un cocktail explosif où se mélange … Amitié trompée... Amour bafouémeurtresagressions sexuellesrèglements de comptedes flash-backune affaire vieille de trente ans non élucidée … la drogue …
tout cela tenu d’une main de maître … par l’auteur !!
Il nous guide dans ce labyrinthe … nous plonge dans un abîme de sensations fortes … il distille avec précision ses indices et ses révélations … on y côtoie la noirceur humaine

Sur fond de misère sociale, Le Nord-Pas de Calais … la fermeture des mines … les corons … les industriels et leur nouveau projet sur les énergies renouvelables …

Des personnages fortscomplexes au passé trouble et tourmenté !!

La découverte « très technique » des rouages d’une enquête criminelle…
Une plongée dans la vie quotidienne de la brigade criminelle et la brigade des mineurs
et puis les heures pénibles … épuisantes … stressantes d’une GAV (garde à vue) !! les minutes transformées en heures !!

Un clin d’oeil « noir » à La commedia Dell’arte, théâtre populaire italien !! Pantalone, la Sorcière, Colombine, Arlequin …

Des pièces « infernales » qui s’imbriquent doucement pour un puzzle sans fin …
un rythme a la fois calme et effréné qui tient en haleine … et distillé à petites doses par des chapitres longs … des chapitres longs ou il est difficile de décrocher !!!
Des rebondissements … des surprises jusqu’à la dernière page !!! Un dénouement « Sublissime » !!
Le lecteur est sous l’emprise de l’auteur !!

Une écriture sobre, efficace, tranchante, ciblée … et ciselée

Et si le vieille adage se trompait « le crime parfait n’existe pas » ????

Un magnifique moment de lecture … une belle découverte …

Prix 2016 « Sang pour Sang Polar » au salon du livre de Franqueville Saint Pierre …AMPLEMENT MéRITé !!!

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p 9 « Deux enfants de 6 ans s’amusent en grimpant l’un derrière l’autre sur le terril surplombant leur village. Au premier coup d’œil, on pouvait se rendre compte que ces deux gamins n’étaient pas du même monde.
En tête, le fils de Polonais, Iwan Kaczmarek, habillé comme un « loqueteux« , chemise aussi décousue et rapiécée que son pantalon à l’ourlet maintes fois réajusté, agitait un long morceau de bois, suivi de près par François-Xavier
de Montjarrieux, un gosse de riche, comme on disait dans la région. Guindé tel un prince, il arborait une superbe épée de chevalier en plastique. Iwan, prédisposé aux activités sportives, savait, avant même de donner le signal, qu’une fois de plus, il arriverait en haut le premier.
Pourtant, il laissait sa chance à son ami en ralentissant l’allure. Le temps qu’il regagne du terrain, il accélérait juste la distance nécessaire pour lever les bras au sommet en guise de victoire. Comme d’habitude, le noir de charbon recouvrait le bas de leurs jambes, avec ce sol
meuble, composé de schistes, où chacun de leurs pas s’enfonçait et laissait échapper des nuages de poussière novice. »

p 99 « – Bon, les gars, écoutez s’il vous plait ! Ce que je vais vous dire peut sans doute nous aiguiller sur le profil du ou des tueurs. Bob a effectué des recherches et nous a laissé un descriptif. Sachez que l’origine des masques sur les visages des victimes est La commedia dell’arte,
le théâtre populaire italien. Je commencerai par l’industriel de Montjarrieux, dont le visage était recouvert par le masque de « Pantalone« . Ce personnage principal de la commedia, traditionnellement marchand vénitien, était très riche. Surnommé « le Maître« , il exerçait son autorité et représentait la
bourgeoisie. Malgré son âge avancé, il pouvait se montrer vif et extrêmement dur. Concernant Mme de Montjarrieux, rien de très original puisque son masque représente l’épouse de « Pantalone ». Jusque-là, les criminels ont respecté une certaine cohérence. Par contre, pour recouvrir la tête de leur troisième
victime, la grand-mère de l’avocat, ils ont utilisé celui de « la Sorcière« , décrite comme un personnage inquiétant, une femme aux pouvoirs mystérieux et dotés de puissances surnaturelles. Prenez des notes, les gars, au lieu de glousser.
J’avoue que c’est étrange mais qui sait, on finira peut-être par en tirer quelque chose … L’avenir nous le dira. Et pour finir, lors du meurtre de Bérangère de Montjarrieux, les tueurs ont fait le choix du masque de « Colombine« , humble servante ou soubrette éveillée. Selon Bob, elle incarnait tour à tour le rôle de fille, de femme ou celui de
maîtresse. Belle et très malicieuse, elle menait par le bout du nez son amoureux Arlequin mais également Pantalone. »

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p 117 « Devant l’étonnement de son collègue, Kaczmarek se décida à lui en donner les explications. Tout d’abord, Berthelot, toujours en activité, ne pouvait se permettre de se lancer dans une telle « chasse aux sorcières » au risque de trahir son devoir de réserve et de se voir radié de la police nationale. Si près de la retraite, son dévouement à la cause été trop absurde. D’autre
part, Rupper, chroniqueur judiciaire à La Voix de Nord, qui avait couvert ces meurtres comptait relancer l’enquête dans les années 1985, en publiant un roman qui reprendrait l’affaire dans sa globalité. C’était un acharné, un professionnel qui ne lâchait rien. Et à force de s’impliquer, il avait fini par croiser la route de Berthelot, nouvellement affecté à la brigade des mineurs
de Lens, aussi passionné que lui par cette enquête. Au fil du temps, la complicité entre les deux hommes s’était transformée en véritable amitié. »

p 121 « Décidé à agir, selon ses habitudes en méthodes d’interrogatoire, « la hyène intraitable« , surnom attribué par ses effectifs, ne lâcherait pas sa proie avant d’avoir gain de cause. Sa méthode pour faire craquer le fils de Montjarrieux consistait à ne lui laisser aucun répit. Le fatiguer à outrance, lui accorder des
pauses ou lui faire espérer du repos, des cigarettes, et au final, rompre le contrat pour le ré auditionner à toute heure de la journée ou de la nuit. A force de lui faire perdre ses repères, de l’exténuer et de l’accaparer de toutes parts, l’avocat finirait par craquer
et lâcher le morceau. Des plus durs que lui avaient fini par capituler. Ce n’était qu’une question d’heures. »

p 129 « Les baisers voluptueux s’enchaînèrent naturellement, preuve qu’ils étaient vivants. L’envie fut si soudaine que les vêtements furent arrachés dans la seconde qui s’ensuivit, sans même avoir le temps de profiter de quelques prémices. L’alcool aidant, l’ardeur et les sentiments s’entrechoquèrent à une rapidité effrénée,
poussant FX à prendre sa partenaire avec une ferveur sans pareille. A en croire son extase, il comprit rapidement qu’elle aimait être dominée, voire brutalisée. Alors il continua de plus belle, »… »Le rapport de force prit soudain une étrange tournure avec des maintiens et des frappes à la limite du soutenable. …se faisait violenter par
un de Montjarrieux qui ne se rendait plus compte de sa force. Malgré les quelques suffocations lors d’étranglements trop poussifs, la partenaire ne manifesta aucune objection et aurait même souhaité que l’étreinte se prolonge. Hélas, à force de repousser l’instant fatidique, l’état de grâce surgit soudain en les réunissant simultanément dans l’orgasme. »

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p 132 « 1975 Année noire. » « Le Nord-Pas-de-Calais se remettait difficilement de la tragédie ayant touché le bassin minier lors de l’explosion de la mine de Liévin le 27 décembre 1974. Un bilan très lourd. A deux jours de Noël, les habitants des corons apprenaient que quarante-deux mineurs étaient restés au fond, suite à l’inflammation
du poussier – poussière de charbon en suspension – suivie du coup de grisou, faisant s’écrouler plusieurs galeries souterraines en r’muchant pour l’éternité les gueules noires qui y travaillaient. Ce drame n’allait pas arranger les tensions sociétales sur la région depuis la fermeture progressive des sites. La précarité gagnait l’ensemble des
corons, telle une gangrène, en alimentant un climat très austère envers le patronat et la rhétorique habituelle sur la lutte des classes. En cette période mouvementée survient une affaire criminelle, celle de Burry-en-Artois qui défraya la chronique et enflamma les esprits.
Le soir du 7 mars 1975, les services de police retrouvaient Corinne Plocinizak, fille de mineur polonais, âgée de 15 ans, sur la bas-côté du terril situé à proximité du coron. »

p 204 « Vous vous rendez bien compte de vos propos, monsieur Kaczmarek ? De l’histoire bon enfant de ces deux gamins jouant sur leur terril de Vourroy aux premières bagarres derrière l’église, en passant par vos virés en mobylette et vos amourettes en commun,
le tableau s’est ensuite assombri sur la fin. Surtout quand vous avez abordé la descente en enfer de votre ami François-Xavier de Montjarrieux, à base d’alcool, de fumettes de shit et snifs de coke … sans compter ses relations sexuelles tumultueuses et autres abus en tout genre qui l’ont,
selon vous, conduit droit dans le mur. »

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p 225 « De nos jours, sans équivoque, les enquêteurs parleraient de « l’oeuvre » d’un serial killer. Or, en France, au début de XXe siècle, plusieurs victimes avaient déjà été dépecées, découpées ou brûlées par les mêmes criminels sans que le terme « tueur en série » ne
soit employé. Plus couramment utilisé outre-Atlantique, et plus précisément
aux États-Unis, l’appellation anglo-saxonne serial killer n’eut jamais cours au sein des différentes polices criminelles européennes. Une cinquantaine d’année plus tard, dans les années 1970, les inspecteurs ou les gendarmes ne s’efforçaient toujours pas de regrouper
les affaires, et quand bien même, si des points de convergence pouvaient les relier,
ils rompaient toute concordance à la moindre variante du mode opératoire. Ces enquêtes du bassin minier furent donc traitées individuellement puisque la violence ou les actes commis par le ou les criminels sexuels semblaient différents. L’emplacement de la culotte
étant l’un des éléments déterminants.« … « L’ADN ne commencerait à faire son apparition qu’en 1986, pour vraiment prouver son efficacité en France dans les années 1995. Lorsque plusieurs affaires criminelles imputées à des seriel killer aux Etats-Unis firent
enfin écho en France dans les années 1980, les médias imaginèrent que ce genre de série criminelle aurait déjà pu se produire sur le territoire national. »

p 265 « … ils se dissimulaient derrière des personnages de toutes conditions sociales représentés dans la commedia dell’arte. En « citadins vieillards« , avec Pantalone, Cassandre et le Docteur, ou en « soldats », en Capitan et Coviello, ou encore en « amoureux » comme
Isabella, Lélio et Colombine, ou en « zannis« , les valets du petit peuple, avec Arlequin, Scaramouche et Brighella ... »

Première rencontre avec l’auteur … au salon du livre de Pitres en décembre 2016

Édition : Ravet-Anceau

Genre : Polar

Publié en 2016

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