Le chat silence … Marie Murski

Un conte magnifique … où se mêle le désespoir … la détresse … le tourment … la violence « silencieuse » et « insinueuse » …
Une errance … un mal « morbide » qui ronge

Deux femmes … Fiona et Thérèse … deux écorchées vives … « ligotées » à leurs secrets !!
Une quête de vérité pas vraiment consciente … et sans doute la recherche d’une paix intérieure …

Et puis toutes ces histoires … d’escalier au fond de la pharmaciede lettre non reçue … de manèges …  de ventre qui s’arrondit … et PetitDo dans tout ça … avec ses bobos … ses sept peaux et ses égratignures !!

Et peut être … enfin … Pierre !! Sera t’il apaiser toutes les souffrances ? Apporter une note d’espoir ?

Un roman fort … et émouvant … d’une immense sensibilité

Une écriture subtile et sublime … tant elle nous transperce … et nous transporte
Un beau coup de cœur

« Sage-femme, l’auteure a entouré la naissance d’un enfant qu’elle n’a jamais oublié. Un petit inconnu dans la nuit.
Des années plus tard ce roman est écrit, et Fiona, l’héroïne, pose la question :
– C’est quoi un enfant monstre ?
Peut-il naitre, réussir à venir jusqu’à nous, et pourquoi ?
Peut-on l’aimer sans mesure ?
Cette interrogation fait frémir tout parent en devenir.
La réponse pourrait être : nul être humain ne vient pour rien sur la terre.« 

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Ses sept peaux … et ses égratignures  …

p 25 « Elle écoutait les mouettes crier dans la rue, fermait les yeux. Sa main se levait, atteignait sa nuque. Ses doigts prenaient place : les deux derniers
s’appuyaient sur le renflement osseux du crâne, tandis que le majeur opérait déjà sur la plaie. Un bien-être l’envahit quand la simple douleur apparut et qu’elle sentit le sang venir
sous son ongle. »

p 34 « Les réprimandes qu’elle s’adressait glissaient sur son visage, légères comme la pluie. Plus profond, provoquant un remous qui lui soulevait le cœur, elle pensait : « Ils
sont morts et maintenant, que deviennent les regards ? » Elle cherchait les regards, ceux qu’ils avaient à table ; celui de Fanny venait vite, très net, tandis que dans le visage de son père, elle ne trouvait
plus rien, ni chair, ni couleur, ni paroles, et ce vide penchait avec la tête, rejoignait les yeux qui glissaient jusqu’à s’évanouir eux aussi. Elle fouillait sa mémoire, tâtonnait, s’approchait une
seconde de la forme des yeux et s’égarait dans une foule de regards inconnus. Elle s’arrêta sur le trottoir. « Alors. Que deviennent les choses maintenant ? Que devient-on ? Rien. Le vide.
Comme avant. Et moi avec mes peaux … je continue, je blesse, j’écorche. Comme avant. Quel vide partout. Il faut que je parte d’ici. »

p 38 « La plaie de son ventre était brûlante. Elle posa sa main à plat dessus, pressa avec légèreté. … Elle sentait, sous sa paume, bomber cette chose informe qui voulait encore devenir sa peau malgré des
étages de chair déchirée et refermée vaille que vaille. Des langues de sang tâtonnant l’une vers l’autre, alvéoles suintantes laissées en attente puis oubliées dans la fièvre du but à atteindre. Avancée têtue des langues
cent fois désagrégées et arrachées par l’ongle, qui ne cédaient pas, qui, après un temps de souffle dans le désordre brûlant des restes de tissus, se rassemblaient, drainant au passage la moindre survivance, le
moindre battement. Puis, écrasées les unes contre les autres, se chevauchant sans merci, s’engouffraient dans le seul ruisselet possible afin d’atteindre le lieu de leur plénitude ; la peau, si infime soit-elle, à recommencer. »

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p 54 « Avez-vous vu les mouettes ? Elles marchent à présent dans la rue. Ne s’élèvent plus. C’est à cause du vent qui n’a pas de sens. Voulez-vous me dire d’où vient ce vent ? Je ne comprends plus rien. Mon ventre se remplit de douleur.
Je voudrais marcher comme les mouettes, au ras du bitume. Accrocher le sol comme elles. Et m’en tenir là. »

p 79 « PetitDo regardait sa peau se refaire. La peau avait poussé la blessure vers le dehors, vers un espace froid qui l’avait desséchée.
Étirée, fine, d’un rose pâle à reflets bleus, régnante, silencieuse, obstinée, la peau réorganisait ses étages. »

p 86 « – Quand même, si un manège devait avoir une odeur, ça pourrait bien être celle-là. Ni très propre, ni très sale.
Une odeur de dorures écaillées, avec des ritournelles et des légers tournis …« 

p 87 « – J’aime être ici avec vous. Des heures et des heures. Je suis ici comme à l’intérieur de moi-même. Comme dans une pensée à moi. ça ne dure qu’une seconde, une pensée. Ici, dans cette seconde,
on vogue toute la nuit. Nos ailes sont repliées, on n’a pas besoin de s’en servir, on n’y songe même pas. On est dans ma pensée, bien sagement mises, et c’est elle voyage.
Se peut-il qu’on attende quelque chose ? »

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p 128 « Des jours sans rien sentir et je me dis : Est-ce mort ? Depuis le temps que rien ne bouge … Non. Reviennent les minutes de mollesse, quelque chose qui voudrait devenir poing, qui s’affaisse, qui ne peut pas … Il a du mal à vivre
lui aussi. Il a sans doute un cœur qui bat. Et c’est là qu’est le problème : un cœur qui bat. Il en est des cœurs comme des machines. Savent-ils ce qui se passe autour ? Toute
cette misère ? Non, ils poursuivent, ils s’entêtent, ils battent sans compter. A moins qu’on ne les transperce … « 

p 185 « Alors qu’elle le lavait, il lui sembla voir une lueur différente dans son œil, elle le caressait comme le faisait l’épicière, elle huilait sa peau, la lueur revint.
« Un peu d’os tourmentés, pensait-elle, si peu de chair, trop de peau, tout de travers, démantibulé, désarticulé, disloqué, tout comme jeté là en désordre, comment peut-il ? »

http://www.leveilnormand.fr/2013/11/21/portrait-de-marie-murski-auteur-du-roman-le-chat-silence/

Première rencontre avec l’auteure … au salon du livre de Andé … en octobre 2015

Edition : Léandre

Genre : Roman

Publié en 2013

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