Les Amours du Golfe … Jean Paul Croizé

Quel merveilleux roman !!
Une belle histoire d’amour teintée de suspens, de nostalgie, de passion, de contradictions hantée par un passé troublant et menaçant… un retour au source avec
peut être ou pas … la délivrance !!

Un roman entre innocence et perversité … entre douceur et instinct primaire … ou l’on passe du monde de l’enfance à celui plus ambigu de l’adolescence, la découverte des sens …
« Mon père m’avait parlé de la querelle entre Rousseau et Voltaire à propos
de l’homme naturellement bon ou naturellement mauvais. » p 226

Une balade dans le golfe du Morbihan, cette belle Bretagne … au milieu … des contes, des légendes et des fées

Une plongée dans la vie parisienne et trépidante d’un journaliste de terrain…

Des personnages puissants et attachants, une écriture pleine de poésie … qui vous embarque … vous ensorcelle … vous transporte … vous enivre

Un dénouement qui nous tient en haleine jusqu’au bout … Une fin qui laisse presque « interrogatif », qui plonge dans le … » Et si?? » !!! je n’en dirais pas plus !!!

Un très joli coup de cœur … plein de sensualité, d’émotions et de sensations !!

Roman à savourer avec plaisir et volupté !!

DSC_8202 Finale

p 17 « Je me suis toujours demandé jusqu’à quel âge de notre toute petite enfance peuvent remonter les plus lointains souvenirs d’un être humain, une fois celui-ci devenu adulte.
Je n’ai jamais réussi à croire aux analystes qui prétendent pouvoir nous faire revenir jusqu’au fameux « cri primal », celui que nous poussons à l’instant de notre naissance, quand l’air que nous ne connaissons
pas encore nous envahit pour la première fois, et nous brûle les poumons. »

p 23 « Je préférais nettement m’occuper de mes papiers à moi, et m’en tenir à mon métier de journaliste de terrain, fait d’enquêtes, de rencontres avec des interlocuteurs, toujours intéressants, même
s’ils étaient bien souvent, avant tout des manipulateurs. C’était presque un jeu de les sentir arriver, avec une vérité parfois un peu arrangée, ou avec quelquefois de gros mensonges. Cela ne me vexait
pas que l’on essaie de me manipuler, cela ne me mettais même pas en colère. Cela faisait partie du jeu, un jeu que j’aimais, tant il était stimulant. A moi de rester attentif, ou
de devenir encore plus manipulateur que mes interlocuteurs, dans une sorte de poker menteur où tel est pris qui croyais prendre.
Tout cela ne me semblait jamais très grave, comme si pour moi l’information n’était en définitive qu’une vaste comédie, un jeu dans lequel chacun ne trouve pas forcément
la vérité, mais plutôt ce qu’il veut dire, ou entendre. »

DSC_8215 Finale

 

p 31 « Ce sentiment était encore plus fort avec cette grande petite fille qu’était Marie. Je l’adorais déjà, même si elle se montrait bien autoritaire, surtout avec moi, certainement parce que je lui
semblais plus malléable que les deux autres garçons. Elle jouait la maîtresse, à la directrice d’école, à la maman ou à la princesse, en imposant à ses sujets toutes sortes de punitions ou d’épreuves que
nous devions surmonter pour lui prouver notre courage, et notre allégement à sa royale personne. Nous ne nous en rendions pas compte tant nous étions à ses pieds, mais elle se servait de nous comme
de véritables marionnettes. Les jumeaux se rebiffaient parfois. Moi, je n’osais pas lui désobéir, même s’il fallait pour cela se
livrer à des exigences en forme d’exploits périlleux, tels que lui ramener des algues ramassées dans les rochers les plus glissants
qui fermaient notre plage, zone dangereuse où les parents nous interdisaient d’aller, de peur que l’on se blesse, ou que l’on se fasse piéger par la marée montante. »

DSC_8206 Finale

 

p 43 « C’était à propos de l’origine de notre Golfe du Morbihan, qui, avant même l’époque lointaine du Roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, aurait été rempli par les larmes
de trois jeunes fées bannies en raison de leur désobéissance de la forêt de Brocéliande, qui s’étendait autrefois jusqu’à la toute proximité de Vannes. De rage et de désespoir d’avoir été ainsi punies,
ces fées auraient jeté dans ces eaux nées de leurs pleurs leurs couronnes de fleurs, dont les pétales auraient alors formé les multiples îles et îlots qui parsèment le Golfe. D’après Tatie Romane,
ces couronnes se seraient peu à peu éparpillées dans cette mer de larmes. Une quarantaine d’îles principales seraient nées, ainsi qu’un nombre incalculable d’îlots, comme celui qui nous attirait, situé juste en face de notre
petite anse. »

p 45 « Elle devenait une véritable artiste, sur scène, vivant tour à tour chacun des personnages dont elle nous faisait partager l’histoire. Elle devenait magique, mais elle gardait les pieds sur terre, en
sachant toujours se réserver le rôle principal dans ses contes. Il nous semblait naturel que dans chacune de ces aventures qui se passaient dans des temps magiques, elle s’attribue le rôle de la princesse ou de la fée. La fée parfois qui
punissait, mais qui, souvent, devait être protégée, ou délivrée. Par une perversité qui restait inconsciente, elle profitait de cette situation pour nous mettre en scène en nous laissant nous débrouiller, ce qui nous
amenait à nous chamailler pour décider lequel d’entre nous deviendrait celui qui pourrait aller délivrer la princesse du jour. C’était un rôle très important, car le chevalier ainsi désigné assumerait sa mission en allant embrasser
la prisonnière, le plus souvent endormie. Nous ne pensions pas encore à mal, mais déjà, la lutte était chaude pour avoir le droit de donner ce baiser à notre héroïne. Car, comme elle nous le signalait elle-même, avec une féminité encore innocente, elle ne pourrait pas voir
ce qui allait se passer puisqu’elle aurait les yeux fermés. Ce qui, ajoutait-elle avec tout le charme du monde, nous permettait d’en profiter pour l’embrasser sur la bouche. »

DSC_8438 Finale

p 169 « J’ai réalisé que la cloche d’église que nous entendions était la même qu’autrefois. c’était toujours celle de Sarzeau qui avait sonné l’Angélus sans que je m’en aperçoive. » … »Cette nouvelle caresse sonore apportée
par le Golfe a achevé de me replonger dans le passé avec une acuité extraordinaire. En retrouvant mes souvenirs avec un regard d’adulte, j’ai réalisé tellement de choses qui m’échappaient alors, tant elles me semblaient autrefois normales. J’ai retrouvé à quel point
cette musique avait été celle du bonheur, celui à l’état pur qu’apporte l’instant présent quand n’existe aucune peur de lendemain. J’ai réalisé que seuls les enfants peuvent connaître ce genre de sensation absolue.
Après, une fois adolescent, et pire encore une fois adulte, le moment immédiat devient trop marqué par le poids du passé, et par la crainte de l’avenir. Par les leçons que nous avons subies,
et par celles que l’on redoute de continuer à recevoir. »

DSC_8476 finale

p 190 « J’ai retrouvé l’ambiance irréelle dans laquelle j’avais si souvent aimé me laisser aller à cette heure là lorsque j’étais jeune. C’était le moment de la journée que je préférais, le moment où tous les bruits de la vie s’arrêtent. La plage ne bouge plus,
il n’y a plus de vent, même plus de vaguelettes sur l’eau, qui atteint elle aussi l’heure de l’apaisement. Elle devient lisse, comme si elle se transformait en miroir. Totalement tranquille, à la fois encore brillante de lumière, et pourtant
déjà grise en certains endroits, presque noire de la nuit qui approche au loin, avec des teintes de plus en plus indigos dans le ciel.
Les derniers petits nuages bourgeonnants du ciel breton qui, comme presque toujours, avaient moutonné durant l’après midi s’évaporaient en tournant doucement au rouge puis au rose et enfin au mauve dans ces couchants magiques que seuls
les bords de mer peuvent offrir. En cette heure délicieuse, il ne fallait plus parler, seulement savourer.« 

p 200 « Je ne voulais pas perdre ce nouvel amour qu’elle seule avait pu m’envoyer. J’ai pris ……. par la taille, avec un étrange frisson, qui me semblait ne pas pouvoir s’achever, comme quand un bonheur, une sensation heureuse, devienne trop puissants.
La sentir réelle, présente contre moi,me redonnait la vie, le désir de mordre dans le monde, d’exister de nouveau, par elle et pour elle. »

Première rencontre avec l’auteur … au salon du livre d’ Igoville … Janvier 2016

Edition : Ovadia

Genre : Roman

Publié en 2016

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s