Cris dans un jardin … Marie Murski

Un témoignage … un magnifique livre criant de vérité … poignant … « un vécu douloureux et horriblement pervers » !! ce livre m’a bouleversé … m’a perturbé, déstabilisé, m’a fait pleurer … et au final m’a apaisé !! J’ai croisé la route de ce
pervers narcissique dans ma vie professionnelle et c’est lui cet « Hubert » … !!  je ne pensais pas qu’ils se ressembleraient autant !!  J’ai retrouvé, en lisant, mes douleurs physiques de l’époque !!  Un livre qui restera à jamais dans mon cœur !!!  ♥ ♥12191805_871390816306762_1706469451356395385_n

p 34 « Il torturait psychologiquement avec cette attitude qui est allée en s’accentuant. Il pouvait m’insulter, me menacer, m’humilier de
toutes les façons puisque, au bout du compte – il le répétait sans cesse, sur tous les tons et même en chantant – il était gentil. Il
avait inventé plusieurs chansons dans ce sens, qu’il chantait tous les jours en scandant les mots, et surtout après les violences :
Il est gentil Hubert – Il est pas méchant – Il est très gentil Hubert – Vive Hubert ! Vive Hubert ! Vive le bel Hubert ! »

p 61 « Il mentait avec un aplomb tel, niant l’évidence, que cela m’anéantissait. Ou me mettait en colère. Je n’ai pas un caractère coléreux ni violent, je
ressasse plutôt, essaie de comprendre, avance en me culpabilisant souvent. Il jouissait lorsque j’atteignais la colère, laquelle frôlait alors le désespoir. » …
« Avec le temps, il sut bien provoquer ma colère, mais ne put jamais déclencher de la violence en moi. J’en suis incapable, en quatorze ans, j’ai au moins appris cela. »

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p 64 « Je l’écoutais, pendant des heures, raconter le sien, et surtout la merveilleuse manière dont il dirigeait les employés de sa deuxième société. Je sus
ensuite de quelle odieuse façon il les avait traités, comment il en avait véritablement « brisé » plusieurs. »

p 65 « Commandements
-Ne jamais montrer du bonheur ou de la joie, de la tristesse ou du chagrin devant toi.
– N’être aimée ni admirée par personne. Ne jamais parler de moi. Admettre que je n’existe pas.- Ne jamais montrer d’attirance, de curiosité ou de sympathie pour quelqu’un.
– Ne jamais te contredire, ni discuter tes ordres, ni réfuter tes mensonges et tes contre-vérités.- Ne jamais rien te confier, jamais, absolument jamais.
– Ne jamais être malade, ni fatiguée.
-Reconnaître ma nullité en tout, mon incapacité à travailler et mes dépenses outrancières.
– Me plier sans répondre à tes interdictions et punitions, admettre qu’elles sont méritées.
– Reconnaître que tu as le pouvoir et le savoir absolus.
– Ne jamais te dire que tu mens.« 

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p 70 « Parfois je l’imaginais mort : je voyais le cercueil fermé au fond du trou et entendais une voix qui venait de l’intérieur. C’était lui, c’était sa voix :
_ Sors – moi de là ! Tu entends ? Sors – moi de là tout de suite ! Quest-ce que tu fous quand je t’appelle ? Sors-moi de là !
Imaginer cela m’était insupportable ; je préférais mourir à sa place. C’était lui qui devait vivre, pas moi. »

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p 79 « Depuis huit ans, je me débattais dans les mêmes entrelacs, les fils de la toile monstrueuse : malgré des attaques
en tous genres d’une férocité croissante, dès qu’il me montrait un peu d’amour j’oubliais tout, excusais tout et retombais dans
ses bras, oubliant qu’au bout des bras il y avait des poings. »

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p 87 « Pour qui n’est pas harcelé jour après jour par le dénigrement, le rabaissement systématique, ces petites phrases peuvent paraître anodines, elles sont dites sur le ton de la plaisanterie, presque avec tendresse ; mais elles blessaient au cœur. »

p 145 « Je pense un peu à poursuivre ce récit, tout est si difficile à écrire, j’ai honte, comment ai-je pu sombrer ainsi sans réagir,
accepter tant d’humiliations ?
J’ai grande pitié aujourd’hui pour celle que j’étais alors, pauvre chose courbée sur la terre, apeurée, décervelée, je voudrais lui
dire : « Relève-toi, je t’en prie, relève-toi …« 

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p 170 « Je réalisais soudain cette évidence, vécue pourtant depuis des années ; le comportement de cet homme me rendait malade, au sens propre du mot. Maux de ventre, d’estomac, oppressions folles, douleurs dans la poitrine, impression que mon
cœur allait cesser de battre, que l’air n’atteignait plus mes poumons, douleurs bizarres et généralisées qui n’apparaissaient qu’en
sa présence, rougeurs de peau, démangeaisons suivies de grattages frénétiques jusqu’à l’écorchure. »

p 171 « Quand aux employés qui n’avaient pas retrouvé de travail, c’était ceux « qui n’avaient jamais rien foutu, des bons à rien ! » »

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p 175 « Je n’avais pas de solution pour quitter Hubert Botal; je savais ma vie en danger mais n’étais guère intéressée par cette vie
qui n’était plus que lui. »… « Là, j’eus un désir pour moi : prendre ma pauvre Vie entre mes mains, la réveiller, l’emmener loin; ainsi, me rappelant Nabokov,
« … Saisir mon pauvre Moi, le serrer contre ma poitrine et aller le déposer en lieu sûr. » « 

p 203 « Cette fois je te quitte. C’est dit, c’est juré haut la main vers le nid de l’écureuil là-haut dans les aulnes.
Cette fois je te quitte, je le dois pour sauver ma vie mais j’ai si mal, aide-moi, fais un geste de jardin, ne me laisse pas seule à nous séparer, c’est trop lourd.
Toi, tu es posé comme un pacha; que suis-je pour toi ? Un gargouillis sur ton ventre, là, ici, là-bas, depuis le début de ton temps de jardin ?
Rêves-tu encore de ta terre en friche, ta terre d’avant moi, tes enchevêtrements de ronces et d’orties géantes, ta terre d’avant mon désir de toi ?
Songes-tu parfois, dans le secret, à cette ancienne liberté ?
Tu es là, étalé comme un pacha, avec ton est, ton sud, ton nord, ton ouest, et moi qui te parcours, une redresseuse, ma brouette est pleine de tuteurs.
A peine sur ton sud, je reviens vers ton ouest. Où ai-je laissé mon sécateur ?
Et cette bâche pleine de fleurs fanées, pétales et feuilles alourdies par la pluie, si lourde à traîner, je te quitte j’ai dit, inutile de tirer
cette bâche dégoulinante jusqu’au feu, d’autres s’en chargeront, mais qui ?
Et toi, que deviendras-tu ? Il menace de te broyer … Il menace … Mon jardin, mon beau, mon merveilleux ... Aide-moi, réponds-moi, fais un geste de jardin …« 

p 232 « Très vite, après l’ahurissement du début, ma nouvelle vie fut parsemée de petits bonheurs. »

Première rencontre avec l’auteure … au Salon du livre de Andé … Octobre 2015

Édition : Cogito

Genre : Témoignage

Publié en 2015

Illustration : Benoit Vandenbeuck

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