Trois amis en quête de sagesse.. Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

 Magnifique livre,de bons moments … mais plus sensible aux écrits de Christophe André … plus terre à terre, moins spirituel et religieux qu’Alexandre Jollien et Matthieu Ricard.
Petit extrait que j’aime tout particulièrement de Christophe André « Je me souviens d’une patiente qui m’avait dit : Quand je suis avec des personnes qui m’impressionnent, et que je ne suis pas en forme, j’ai envie de devenir une petite souris, de disparaitre pour qu’on ne s’occupe pas de moi. Alors je pense au travail qu’on a fait en thérapie et je me dis ; « Ne te fais pas si petite, tu n’es pas si grande ! » Autrement dit, ne t’inquiète pas, les gens ne sont pas passionnés par toi, ce n’est pas toujours toi qu’ils regardent, qu’ils jugent. Tant que tu ne montes pas sur la table en poussant des cris, tu as ta place au milieu des autres sans être un objet d’obsession pour eux. »   A lire absolument ! le chemin de la sagesse est très long et … semé d’obstacles !

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p 24 « ce qui faisait ma joie à l’institut, c’était au contraire de vivre dans une déroutante transparence : quand nous étions contents, nous le disions ; quand nous étions tristes, nous
le faisions savoir … Dans le monde extérieur, en revanche, je découvrais qu’il fallait bien souvent masquer ses sentiments, déguiser ses intentions, surtout ne pas tout dévoiler. »

p 61 Christophe André  » Quoi qu’il arrive, tu as toutes les raisons, le matin, d’être joyeux; tu te réveilles, tu vis en démocratie, tu vas vivre une journée sur cette terre, des gens t’aiment et, même si tu as des soucis, eh bien ce soir tu seras toujours vivant, normalement! »

p 70 « Les travaux sur l’estime de soi ont commencé dans les années 1960. Cinquante ans plus tard, on a fait de gros progrès et on comprend que l’objectif, l’idéal du travail sur l’estime de soi est l’oubli de soi. Quand on observe ceux chez qui l’estime de soi semble bien fonctionner, on s’aperçoit qu’ils n’ont pas du tout un ego boursouflé. Ils ne se demandent pas plus que nécessaire ce qu’on pense d’eux
et ils s’engagent dans l’action, le lien, sans se poser incessamment des questions sur eux-mêmes. Les Américains parlent de quiet ego : un ego tranquille, débarrassé de l’obsession du « Qu’est ce qu’on va penser de moi ? est ce que je suis à la hauteur? »… « Je me souviens d’une patiente qui m’avait dit à ce sujet : « Quand je suis avec des personnes qui m’impressionnent, et que je ne suis pas en forme, j’ai envie de devenir une petite souris, de disparaitre pour qu’on ne s’occupe pas de moi. Alors je pense au travail qu’on a fait en thérapie et je me dis ; « Ne te fais pas si petite, tu n’es pas si grande ! » Autrement dit,
ne t’inquiète pas, les gens ne sont pas passionnés par toi, ce n’est pas toujours toi qu’ils regardent, qu’ils jugent. Tant que tu ne montes pas sur la table en poussant des cris, tu
as ta place au milieu des autres sans être un objet d’obsession pour eux. »

p 82 Alexandre « Quand nous ressentons de la joie, l’ego s’éclipse. Il n’y a plus besoin de prouver quoi que ce soit. Voilà pourquoi nous accabler de reproches ne sert à rien. Au contraire, cela aurait plutôt tendance à exacerber le petit moi.
Le chemin de la libération ne passe donc pas par une mortification mais bel et bien par le don de soi, la joie et le partage. Et des petits exercices réitérés au quotidien nous y conduisent. »

p 86 Matthieu « L’ego sain est l’ego transparent de celui qui dispose d’un vaste espace de paix intérieure dans lequel il peut accueillir les autres, car il n’est pas obsédé par sa propre
situation. En rendant son ego moins lourd et concret, on s’épargne beaucoup d’ennuis. On se préoccupe moins des critiques et des louanges. On fait le ménage dans ses pensées et on éteint
Mental FM, qui radote à longueur de journée : « Moi, moi, moi; qu’est-ce qu’il va m’arriver ? Qu’est-ce qu’on va dire de moi ?  » On se met aussi à mieux regarder autour de soi, et à percevoir la beauté des êtres
et des choses.  » ... « il en est de même pour les critiques : une critique n’est pas forcément une vérité, mais c’est toujours une information ! Lorsqu’on me critique (si c’est fondé),
on m’envoie un message, soit sur moi (on me signale certains défauts, et je dois m’en réjouir), soit sur la façon dont la personne me voit et je dois m’en réjouir aussi ! Car, dans les deux cas – rappel à l’ordre ou information nouvelle – , ce sont des messages utiles. »

p 115 Les émotions … Matthieu « il peut paraitre normal de toujours rechercher ce qui nous procure du plaisir, sauf que cela conduit rarement au bonheur. On peut, en revanche, cultiver une satisfaction intérieure qui n’est
pas forcément liée aux sensations agréables et de ce fait nous paraît moins attirante, mais qui procure au bout du compte une plénitude profonde et durable. »

p 126 Alexandre « Il y a quelque chose dans l’âme humaine qui me fascine et m’effraie, c’est cette capacité à nous faire du mal. A quoi servent la culpabilité et les ruminations sinon à nous pourrir la vie ?  » … « Dans l’Epître aux romains, saint Paul pose un diagnostic très déroutant : « Le bien que je veux, je ne le fais pas; mais le mal que je hais, je le fais. »

p 138 Christophe « Je crois en une contamination de l’amour, de la bienveillance, de la douceur et de l’intelligence. Chaque fois qu’on pose un acte de tendresse, d’affection, d’amour, chaque fois qu’on éclaire quelqu’un en lui donnant un conseil, on modifie un tout petit peu l’avenir de l’humanité dans le bon sens. Et chaque fois qu’on dit une vacherie, qu’on commet une méchanceté, et qu’on les répète, on fait perdre du temps aux progrès humains. Que chacun cultive le plus grand nombre
possible de ressentis et d’actes positifs est donc vital pour tout le monde. »

p 139 Christophe  » Étant plutôt un introverti tranquille, je me suis longtemps méfié de la joie parce que je trouvais qu’elle pouvait nous entrainer trop loin, qu’elle était très proche de l’excitation et de l’euphorie. Le bonheur, en revanche,
me semblait une émotion positive tout aussi agréable, mais avec deux avantages sur la joie : en général, il ne pousse pas à l’agitation et il est discret; étant plus intériorisé, il ne peut donc pas faire offense aux autres. Depuis, j’ai
revu cette classification et je vois bien que la joie, par son côté contagieux, spontané, presque animal, a des vertus considérables pour les autres: quand les gens que nous aimons sont joyeux, nous sommes prêts à nous laisser contaminer par eux. »

p 162 Alexandre « Les paroles tuent et guérissent. … face aux moqueries, à la critique ou à une mauvaise nouvelle, j’essaie de considérer les mots qui me blessent comme de simples sons, inoffensifs en soi. Pourquoi leur donner autant de force ? A quoi bon leur conférer le
pouvoir de détruire la joie ? Laisser passer les sons, ce vent, voilà le défi. »

p 178 Christophe « On progresse beaucoup plus en écoutant qu’en parlant. Le proverbe dit : « Tu as deux oreilles et une bouche, ce qui veut dire que tu dois écouter deux fois plus que tu ne dois parler. » La parole nous transforme parce qu’elle nous force à préciser nos idées, mais l’écoute est encore plus puissante, car elle nous ouvre à d’autres univers que le nôtre. »
… « Il faut se désemplir en partie de soi pour bien écouter. Se désemplir de ses peurs, peur de ne pas savoir quoi dire, peur de ne pas avoir de réponses à donner.
Se désemplir de ses certitudes. Se désemplir de ses lassitudes. Mais on a des limites en matière d’écoute : il y a aussi des moments où l’on a juste besoin d’être seul, pour se ressourcer !« 

Vivre la cohérence … p 282 Christophe « Un exemple de pratique importante que j’essaie d’appliquer : tout faire pour ne pas dire du mal des gens; et si je le fais quand même, m’efforcer de ne dire que ce que j’oserais leur dire en face. »

p 323 Alexandre « Quelqu’un avait insulté le Bouddha à maintes reprises. Ce dernier lui a finalement demandé : « Si quelqu’un te fait un cadeau et que tu le refuses, qui, en fin de compte, est le propriétaire du cadeau ?  » Un peu décontenancé, l’homme répond que c’est la personne qui veut faire le cadeau. Et le Bouddha conclut ainsi ; « Tes insultes, je ne les accepte pas, elles restent donc à toi. » 

p 331 Christophe « … on a tendance à voir la gentillesse comme une faiblesse, alors que c’est dans l’arrogance et l’agressivité que je vois des signes de faiblesse. Le jour où
ceux qui sont socialement désignés comme les faibles ne seront plus les gentils, mais les agressifs, les méchants, les arrogants, la société aura vraiment progressé ! » … p 333 « il est faux de penser que si vous allez trop du côté de la gentillesse, vous perdez automatiquement du côté
de la force. Autrement dit, nous pouvons très bien nous situer à un niveau élevé de gentillesse et à un niveau élevé de force ! Surtout ne rien enlever à sa gentillesse mais travailler davantage son assertivité »

p : 369 Matthieu « Ne pas s’attacher ne veut pas dire aimer moins les autres. Au contraire, on les aime mieux, car on est moins préoccupé par le besoin de recevoir leur amour
en échange de celui qu’on leur donne. On les aime tels qu’ils sont, eux, et pas à travers le prisme déformant de notre égo. Plutôt que de s’attacher aux autres pour le bonheur qu’ils nous donnent, on se soucie de leur bonheur ; au lieu
d’attendre anxieusement une gratification, on se réjouit simplement quand notre amour suscite un amour réciproque.
Je préfère le terme « non-attachement », qui évoque l’idée de ne pas « coller » aux choses, au mot « détachement », qui fait penser à un arrachement douloureux. Le non-attachement consiste à apprécier pleinement les êtres
et les situations, mais sans vouloir les accaparer, sans les enduire avec la colle de notre désir possessif. »

« Conseil pour cheminer léger » … p: 387 Matthieu « Simplifier nos pensées, en évitant d’encombrer notre esprit de cogitations inutiles, de vaines attentes et de craintes déraisonnables, en cessant de ruminer le passé et d’anticiper fébrilement l’avenir.
Simplifier nos paroles, en évitant de faire de notre bouche un moulin à bavardages inutiles qui tourne sans pouvoir s’arrêter. Les mots qui s’échappent de nos lèvres sont parfois lourds de conséquences. Cessons
de propager ainsi l’attachement et l’animosité.
Parlons avec douceur et, si la fermeté est nécessaire, qu’elle soit empreinte de bienveillance. »

 Éditeur : Allary Editions

Genre : Entretien, témoignage

Publié en 2016

 

 

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